Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /2010 17:57
    J'ai annoncé dans un précédent article la thèse de M. Burriel Bielza, architecte espagnol de 33 ans, sur "Saint Pierre de Firminy-Vert : le bâtiment comme objet à réaction émouvante".
     Je remplace aujourd'hui cet article par un nouvelle information, annonçant que M. Burriel Bielza soutiendra sa thèse à l'Université de Madrid le 18 mars prochain.

     J'en profite pour rappeler par quelques extraits l'interview qu'il a donnée en janvier dernier à Forez-Info pour expliquer ce qui a motivé ses travaux de recherche.
      
       Le lecteur attentif trouvera dans ces lignes de quoi approfondir la connaissance et les significations esthétiques du bel édifice dont s'est enrichi le patrimoine appelou dans la première décennie du 21ème siècle.  
       
       Il nous reste à souhaiter, après la soutenance, une prompte parution de ce travail, et si possible, une traduction à l'intention des lecteurs francophones.

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       " En 1996,  quand nous sommes arrivés à Firminy, nous  avons effectué un parcours qui comprenait l’Unité d’Habitation, la Maison de la Culture (alors fermée pour des travaux de restauration à l’intérieur) et le stade. Mais au moment de vouloir visiter l’église, la personne qui nous accompagnait nous a informés que l’intérieur du bâtiment n’était pas accessible et qu’ il n’y avait rien d’intéressant à voir.
        Depuis l’extérieur, la volume tout gris et fermé de l’église nous appelait fortement : qu’est ce qui pouvait se passer à l’intérieur ? Quel type d’espace pouvait se développer dans ses entrailles ? Nous avons insisté et finalement nous avons eu la chance d’entrer dans le bâtiment par la petite porte en acier au rez-de-chaussée, au-dessous de l’actuelle entrée de la rampe.
        Nous nous sommes retrouvés dans un endroit très obscur, percé seulement par la lumière qui tombait dramatiquement du vide depuis le trou au niveau de l’autel. La montée de l’escalier et l’arrivée au niveau de l’église, avec ses compressions et ses dilatations, nous ont préparés au spectacle final rendu dans la montée hélicoïdale des gradins.
       La coque de béton n’était qu’arrêtée à ses débuts, tout l’espace ouvert au ciel et aux nuages. En fait, cette première vision était un négatif total de l’expérience qu’on pourrait avoir aujourd’hui du projet fini : lumière au rez-de-chaussée, obscurité dans le sanctuaire. Même le trajet parcouru n’était pas comme Le Corbusier l’avait envisagé. Mais notre coeur d’architecte nous disait que là, un des chapitres les plus importants de l’histoire de l’architecture moderne était à redécouvrir."
                                                . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . .
    

       "Le titre de cette thèse reprend l’expression assez connue de Le Corbusier et fait une sorte de jeu de mots avec la conception de "machine à émouvoir" qu’il utilise pour définir le Parthénon. ....Nous souhaitons attirer l’attention du lecteur sur un des aspects les plus importants de l’architecture pour Le Corbusier : l’émotion.
       Pour illustrer, voici une citation qui évoque, pour le maître  cette connexion avec son expérimentation de l’architecture: "Ma recherche, tout comme mes sentiments, est dirigée vers ce qui est la principal valeur de la vie: la Poésie. La poésie est dans le coeur de l’homme, et c’est pour cela qu’il peut pénétrer les richesses de la nature". Ces objets qui apparaîtront vers la fin des années vingt sont sources d’émotion. Avec sagesse et intuition, ils sont "mis en composition pour faire naître le sentiment poétique". Une définition qui peut s’étendre à la peinture et la sculpture, sujets de travail qui peuvent se transformer aussi en des machines à émouvoir.

        L’église, bien sûr, répond à cette conception mais elle-même renvoie très clairement à un autre sujet d’attention et partage une proche relation avec un des objets à réaction poétiques les plus aimés de le Corbusier : le coquillage. 

        Dans le livre de Paul Valéry intitulé "Variétés V" (1944) qui appartenait à la bibliothèque personnelle de l’architecte, et qu'il a lui-même annoté, nous trouvons un premier essai, "L’homme et la coquille", qui nous sert de point de départ pour confronter les clés de cette analyse avec l’architecture de Le Corbusier.

       Valéry  explique que “ Les Coquillages nous proposent, étrangement unies, les idées d’ordre et de fantaisie, d’invention et de nécessité, de loi et d’exception". En plus, le coquillage est basé sur la répétition d’une loi : l’hélicoïdal, attaché tout particulièrement à l’église, et cette loi peut donner des millions de spécimens semblables et différents. Chaque coquillage est l’expression d’une même idée, retrouvée dans chacun.

         D’une façon assez semblable, on souhaite démontrer dans cette thèse qu’il est possible de retrouver cette église dans d’autres projets de l’architecte mais aussi le contraire :  retrouver tous les autres projets de Le Corbusier dans l’église de Firminy-Vert. On entend évoquer l’église, non pas comme un objet isolé mais comme le produit de toute une carrière professionnelle, le résultat de sa recherche patiente, le résultat de ses voyages, de ses réflexions, des livres qu’il achetait, des tentatives, des réussites, de sa peinture, de sa sculpture, enfin, de sa capacité à concentrer et projeter toutes ses inquiétudes sur un objet absolument intime et personnel........
                                                       
.....Les mots “ objet à réaction poétique ” peuvent être appliqués à toute l’architecture de Le Corbusier. C’est une attitude de vie, une façon de jouer le jeu de l’architecture. J’ai choisi ce projet parce qu’à mon regard, il est le plus lisible et aussi, un des plus inconnus. Je crois, et cette pensée m’est tout à fait personnelle, que cette église est le projet où cet esprit est sorti avec la plus grande intensité, avec la plus grande puissance. Le programme d’une église donnait à Le Corbusier une grande liberté, parce que, comme il le disait à propos de la chapelle de Ronchamp : "Architecture totalement libre, pas d’autre programme que le service de la messe, l’une des plus vieilles institutions humaines". Mais à Firminy, contrairement à Ronchamp, nous trouvons d’autres parties du programme qui rendaient le projet plus complexe. Mais l’Unité d’Habitation appartient aussi à cette catégorie ou, mieux dit, peut être aussi étudiée dans cette perspective.

           Plutôt qu’évoquer les forces supra humaines, l’église montre le lien entre l’homme et la nature. Elle est un passage, un médium comme Le Corbusier considérait ses objets à réaction poétiques. La transition du carré au cercle parle de ce rituel qui met en jeu la terre et le ciel, la matière et l’esprit, ou comme dans La Tourette, "le Bas et le Haut". Enfin, il s’agit de la cristallisation de la verticale, la direction de cette force qui s’oppose a l’horizontale : la pesanteur. Tous les deux forment l’angle droit, comme disait Le Corbusier : "Le lieu de toutes mesures". Alors, l’église est un terrain d’entente entre la géométrie de l’homme et celui de la Nature. Après ces explications, la réaction attendue est claire, provoquer l’émotion,  bien sûr du fidèle, mais aussi du visiteur. Car c’est une émotion qui porte plus loin que le sentiment religieux.

         La forme de l’église ne répond à aucune forme de la nature, ou à aucune forme préfigurée, malgré certaines interprétations qui ont établi un lien avec les tours de refroidissement près de Firminy. La verticalité du schéma est sortie tout naturellement de sa relation avec le paysage plan de la Vallée de l’Ondaine entourée de collines, et de son implantation dans l’ensemble urbain. Le passage du carré au cercle est tout à fait symbolique et c'est aussi une expérimentation pour la dématérialisation de l’espace. L’oblique du toit a été fait pour recueillir et conduire l’eau de pluie. Il faut encore rappeler que quand nous parlons d’objet à réaction poétique, nous ne parlons pas seulement des aspects purement formels mais aussi d’autres concepts plus profonds. Dans la tête de l’architecte, il y a des espaces semblables et aussi des atmosphères semblables (qui sont analisés dans ce travail), mais pas tout à fait des objets semblables. Le Corbusier avait le passé comme seul maître mais il était capable de réinterpréter, de repenser afin de créer de nouveaux objets à partir des nouveaux besoins".
 

Par René Commère
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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 23:57
porche OT 
Il met en valeur l'entrée monumentale des halles de Firminy, constuites en 1905 et démolies en 1965.
TOTEM : sigle de l'Office de tourisme communautaire, pour :
"Tourisme Territoire Saint Etienne Métropole.


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    L'achèvement et l'inauguration de l'Eglise Saint Pierre de Firminy-Vert (oeuvre posthume de Le Corbusier) ont fait de l'année 2006 un moment important de l'histoire culturelle et touristique de Firminy. En février de la même année, le centre ville s'est enrichi d'un nouveau local d'accueil et d'information touristiques.


       En effet, février est le mois anniversaire de l'ouverture de l'actuel bureau de l'Office de tourisme. Ses deux entrées, rue Jean Jaurès et rue Gambetta, ouvrent sur le spacieux local qui a remplacé la modeste boutique de la rue Voltaire dans laquelle s'était installé le syndicat d'initative après sa création en 1986. 
       
      Cet anniversaire est l'occasion d'évoquer les péripéties du système touristique appelou au cours du dernier quart de siècle.
     ("appelou" = habitant de Firminy) .

       Naissance d'un Syndicat d'initiative pour Firminy et l'Ondaine.
       En 1986, l'adjoint chargé du tourisme (municipalité d'union de la gauche),  enseignant et locataire dans l'Unité d'habitation Le Corbusier, pense que la ville aurait besoin d'un syndicat d'intiative pour organiser l'accueil des groupes et des touristes qu'il voit de plus en plus souvent circuler autour des oeuvres de Le Corbusier ; dans l'Unité d'habitation, ne sachant à qui s'adresser, ils sonnent parfois à la porte d'un appartement pour demander à le visiter, ou bien essayent de monter à l'école située au sommet de l'Unité.

        Contournant les réticences d'un partie du Conseil municipal et du maire, il entreprend de solliciter le soutien des communes voisines pour la création d'un syndicat d'intiative couvrant l'ensemble du territoire de l'Ondaine. Ainsi naît une association selon la loi de 1901, dont la déclaration officielle paraît au journal officiel du 5 novembre 1986.

       Concurrence d'un Office de tourisme municipal
       Six mois plus tard, pour contrer cet outil de communication dont il n'avait pas voulu et qu'il ne contrôle pas, le maire décide de créer un Office municipal de tourisme, rapidement agréé par la Préfecture (avant la loi de 1992 sur le tourisme, les critères étaient sans doute plus souples). Il ne s'agit pas vraiment d'une association puisque le maire est président, qu'il n'y a pas d'adhérents cotisants, et que les administrateurs sont désignés par la municipalité. Mais cela ne coûtera guère puisque l'accueil et l'information vont être assurés au guichet d'état civil de la mairie.
      Ce nouvel Office se doit néanmoins d'éditer une petite brochure sur la ville et ses ressources touristiques, et d'y reconnaître l'importance de l'héritage de Le Corbusier qu'on avait plutôt dédaigné, sinon dénigré, jusque là.

(voir à ce sujet dans ce blog la page intitulée "Le Corbusier à Firminy, les détours d'une reconnaissance patrimoniale, 3ème partie : un patrimoine mal aimé")
       
      Ainsi, de 1987 à 2001, deux structures plus ou moins concurrentes se sont chargées d'accueillir et de guider les touristes. Nul monopole de l'une ou de l'autre : on reconnaissait au syndicat d'initiative la compétence et le droit de faire visiter le patrimoine. En tant qu'association rendant des services, il  a même pu obtenir dans les années 90 une petite subvention annuelle de la municipalité.   

      Contrairement à l'échec sans doute escompté par le maire, le syndicat d'intiative a donc tenu bon,  grâce aux aides des autres communes, à l'engagement bénévole de ses adhérents, à un savoir-faire rapidement acquis en matière de communication et d'accueil, et aussi à la possibllité de fonctionner grâce à des emplois aidés (TUC, CES, CEC, et pour finir,emplois-jeunes). On y faisait beaucoup avec les maigres moyens disponibles, à savoir : les cotisations des adhérents, les soutiens de commerçants, les subventions des municipalités, et les ressources propres provenant des visites guidées (Le Corbusier et à Unieux, le moulin de la Fenderie) de plus en plus nombreuses au fil des ans. On ouvrait aussi aux visites le moulin de la Fenderie, à Unieux. Un concours photo annuel et des expositions animaient le local d'accueil.

        Inconvénients de cette dualité
      
Sans insister sur l'irréductible rivalité politique entre les fondateurs des deux structures, disons qu'elle rendait impossible l'idée d'une fusion acceptée par le maire. D'où deux conséquences pour le syndicat d'intiative à l'approche de l'an 2000 :  
     
1 - l'impossibilité de bénéficier du contrat global de développement Ondaine-Haut-Pilat.
       
 En 1997-98, comme beaucoup d'autres associations, le syndicat d'intiatives a été associé à la définition des programmes destinés à être soutenus par la Région dans le cadre de ce contrat. Pour la commission "tourisme" à laquelle il participait, les sujets importants devaient se situer dans le massif du Pilat et dans les gorges de la Loire ; mais au fil des réunions, les représentants du S.I. insistèrent sur deux objectifs essentiels concernant le val d'Ondaine, territoire que beaucoup de participants considéraient comme négligeable sur le plan du tourisme  : 
-  la reconnaissance et la valorisation du patrimoine Le Corbusier
-  le besoin à Firminy ou dans l'Ondaine d'un local mieux adapté pour l'accueil et l'information. 
     Très vite, il apparut évident que la Région ne pourait en aucun cas retenir ce deuxième point, car cela reviendrait à soutenir une situation contraire à la loi d'orientation touristique de 1992, qui interdit pratiquement la coexistence de deux organismes touristiques dans une même commune, parce que cela nuit à la lisibilité extérieure de l'information touristique. 
      
2 - impossibilité du classement en Office de tourisme.
      Plusieurs membres du Bureau de la fédération départementale des Offices de tourisme, estimant qu'il remplissait largement les conditions nécessaires, incitaient le S.I. de Firminy à soumettre à la préfecture un dossier de classement en Office de tourisme "une étoile". Ce qui fut fait courant 2000. Il se trouve qu'en même temps, l'Office municipal devait solliciter le renouvellement de son classement. 
      Ce ne pourrait donc être que l'un ou l'autre....
      A la fin de l'année, on apprit que la commission départementale avait décidé d'ajourner de six mois sa décision....
         
      2001 : la question est tranchée en faveur du syndicat d'initiative. 
 
     C'est la conséquence du changement de majorité municipale. Difficile de croire à une coïncidence fortuite lorsque quarante-huit heures après le résultat du vote, le président du syndicat d'initiative se voit notifier par lettre recommandée de la Préfecture le classement en Office de tourisme.
      Très vite, le nouveau conseil municipal dissout l'Office municipal, et le nouveau maire signe avec l'ex-syndicat d'initiative une convention de délégation de service public. 
     
       2002-2005 : budget et travaux pour le nouveau local.
       La Municipalité s'engage en même temps à aider l'Office nouvellement promu pour la recherche et l'aménagement d'un nouveau local, avec une participation financière désormais envisageable de la Région : car en 2002, à mi-parcours, le bilan d'étape du Contrat global a fait apparaître des ressources inutilisées, conséquence de projets non engagés. Le dossier soumis par l'Office de tourisme peut donc être examiné puis approuvé par le comité permanent du Contrat. Et en automne 2004, c'est le devis de travaux qui est approuvé par le Conseil régional, qui participera à hauteur de 40 %.
       Entre temps, le projet d'installation dans le site des anciennes halles, proposé par la mairie, s'était précisé. On avait obtenu l'accord des communes partenaires pour compléter le financement. Il fallut enfin l'intervention de la réserve parlementaire (27000 euros) du député-maire (M. Ciniéri) pour boucler le budget des travaux et commencer l'ouvrage, en 2005.
       C'est avec le cabinet d'architectes Rythmic, maître d'oeuvre, qu'ont été élaborés les plans de l'aménagement, la maîtrise d'ouvrage étant assurée par le président de l'Office de tourisme avec l'assistance des services techniques de la ville.  
      off tour fy 005                                                                              
Février 2006 : le déménagement et 
 off tour fy 003         l'inauguration.


 










Ce fut pour les bénévoles de l'Association le dernier grand coup de collier : transférer matériel et archives, vider l'ancien local. Entrée en service le 6 février, inauguration le 15. 
Aux visiteurs proches et lointains, la ville présentait un cadre d'accueil digne du patrimoine Le Corbusier et propre à mieux valoriser les autres ressources touristiques dela région.       
      
      Dernière étape : le rattachement métropolitain.  
      En décembre 2007, l'Office de tourisme de Firminy-Ondaine prononçait sa dissolution, et le dévolution de tous ses actifs à l'Office de tourisme communautaire en cours d'installation à Saint-Etienne Métropole. 
     Ainsi se concluait un long travail conduit pour évaluer à l'échelle de l'agglomération le potentiel touristique, définir une politique et se donner les moyens de la mettre en oeuvre. La valorisation du design, du patrimoine Le Corbusier, du futur Zenith, et de l'ensemble des ressources inventoriées sur le territoire (exemple : la chartreuse de Sainte Croix) appelaient à imaginer une structure forte capable de concevoir toute une gamme de produits touristiques, de les promouvoir à l'échelle nationale et internationale, et pour certains, de les gérer. Une professionnalisation des personnel paraissait nécessaire.  
      On étudia d'abord la possibilité d'un Office de pôle fédérant les quatre offices existant sur le territoire (Saint-Etienne, Saint Chamond, Sorbiers et Firminy). Ce fut finalement la solution d'un office communautaire sous statut d'établissement public qui, soumise aux élus des communes, fut approuvée à l'unanimité. Il fallait au préalable transférer à la St Etienne- Métropole la compétence tourisme appartenant jusque là aux municipalités, ce qui fut voté en 2007. Dès le mois d'août, le premier Directeur était recruté et se mettait à l'oeuvre pour organiser la nouvelle structure.

       Conclusion.
       Sur le site Le Corbusier comme au bureau de tourisme de Firminy, le personnel précédemment formé pour accueillir, informer et guider a pu se voir confirmé dans ses fonctions : tous avaient déjà atteint le niveau de compétence et de professionnalisme que l'on attendait d'eux dans la nouvelle structure. Pour le public, les choses ont continué comme avant. 
        Mais il faut reconnaître que si l'on s'en tient au plan local appelou, à côté d'un  fonctionnement qui peut être estimé hautement satisfaisant, il manque peut-être cet esprit quasi militant des bénévoles qui, avec peu de moyens, faisait rayonner sur son proche environnement une dose d'enthousiasme et de passion qui fait un peu défaut. Il est vrai aussi, qu'on avait vu s'amorcer, avec le vieillissement ou le retrait de certains adhérents, une érosion du bénévolat qui aurait peut-être à la longue produit les mêmes effets. 

      En tout cas n'hésitez pas à visiter l'Office de tourisme, à solliciter ses services pour préparer vos visites, vos vacances ou vos voyages : vous y trouverez toute la documentation utile sur la région, les territoires français et les pays limitrophes.
     Sachez aussi que l'espace a été conçu de manière à pouvoir accueillir des expositions d'importance moyenne. 

Pour plus de précisions sur ce qui précède, vous pouvez adresser sur ce blog un commentaire à l'ancien président de l'Office de tourisme, qui ajoute encore une ligne pour saluer cordialement et  remercier encore tous ceux et celles avec qui il a eu plaisir à travailler pendant ses dix années de présidence (1997-2007).
                
René Commère.
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Un coin repos, et une vitrine de la boutique
Par René Commère
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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /2010 17:23

        Il faut tordre le cou à l'image de pays noir quand on évoque les villes jadis minières et métallurgiques de l'Ondaine. Des articles et pages de ce blog ont esquissé l'inventaire des vestiges d'un passé industrieux dont beaucoup de traces ont disparu en cinquante ans, et raconté en plusieurs chapitres les métamorphoses paysagères des cinquante dernières années : prenez un moment pour en faire la connaissance....Voici dans ce sens une nouvelle contribution.  

         Le présent article  vient à la suite de celui de juin 2009 sur les sculptures du Louvre dont s'orne le centre de la ville du Chambon-Feugerolles. Il en reste d'autres à découvrir,  dans le vaste écrin de verdure du Parc de l'Europe, situé au-delà du quartier de La Romière et à côté de l'hopital Claudinon. Bravant le froid hivernal, nous l'avons revisité en ce début de février 2010. europarc9



         On entre dans le parc au bas d'une pente douce qui s'élève peu à peu vers le sud, en direction du quartier du Bouchet.


                      


    europarc7                                                                          
   europarc6

       Premier groupe associant la virilité vêtue d'un Dieu et la gracieuse nudité d'une nymphe.

     (en arrière-plan, l'hopital Claudinon)











           un peu plus loin, ce bel ensemble : Les jeunes aveugles,
oeuvre d'Hippolyte Lefèvre, 1902.
europarc4
europarc3europarc5

















Continuons....le site s'élargit, une oeuvre mutilée l'habite....
                                                                                                    
                                                                                                                      europarc2
                       europarc1
          D'autres découvertes nous attendent dans l'enceinte de l'hopital 
(image de droite) et devant l'école, sur la place centrale de La Romière. 
                                                                                                                                                                                                                 
ecromiere1eurparc1

   Mutilée comme d'autres dans le monde,
cette Vénus courtisée par un aigle (Jupiter ?)
n'en est pas moins gracieuse.








  



Pour finir, un coup d'oeil sur le groupe scolaire Louis Pasteur,  remis à neuf en 2009. 
                                   ecromiere(Je suis preneur de toute information sur ces sculptures, dont plusieurs ne sont pas visiblement signées.  Sitôt reçues, elles apparaîtront dans cet article si mes informateurs le souhaitent. Merci d'avance....)

A bientôt.
René Commère.

Par René Commère
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Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /2009 16:11

         Alors qu'Akers annonce sa décision de fermer prochainement l'usine de Fraisses,  retrouvons l'article paru le 3 décembre 2004 sur une demi-page de la presse locale pour annoncer un investissement d'envergure. On voyait sur une photo M. Sotton, maire de la commune, et M. Petit, conseiller général, en compagnie du Directeur en train de leur exposer le projet de l'entreprise suédoise, qui avait racheté en 1998 la division Forcast du groupe Usinor-Sacilor..  
         Force est de constater, cinq ans après , que les atouts du site de Fraisses énumérés dans l'article, ont été trop fragiles pour être durables aux yeux des dirigeants de la firme.  
        Historien du site de l'ex-CAFL et de l'ex-Creusot- Loire, je  vois ressurgir une constante qui a trop souvent  placé l'Ondaine en position sacrifiée quand survenaient à l'échelle du groupe concerné des revers de conjoncture ou de nouvelles concurrences. L'embellie de 2004 avait semblé contredire cette défaveur. Voici donc un irritant et inquiétant rebond des évènements qui, entre 1973 et 1990, ont peu à peu démantelé la grande usine de l'Ondaine. Voici de nouveau de regrettables disparitions d'emplois et d'activités sur la base de décisions prises très loin d'ici !
      
       Revoyons pour mémoire l'article de décembre 2004. Pour un retour plus complet sur les  évènements qui se sont succédés sur le site  dans la deuxième moitié du 20ème siècle, je renvoie à mon livre : "Mémoires d'acier en Ondaine" (publications de l'Université de Saint-Etienne, année 2000).
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Journal du 3 décembre 2004.
Le groupe Ackers s'investit sur le site fraissillou.


      Dernière descendante de l'entreprise familiale Holtzer, la société Akers Specialty Rolls, intégrée dans le groupe  suédois Akers, se restructure et se développe sur le site originel avec l'aide du Fonds d'aide au développement économique de la Loire.

      Lorsque l'on parle de délocalisation et de restructuration dans une entreprise ou un groupe, il est généralement question de suppressions d'emplois et de transfert de la production vers des pays à faible coût de main d'oeuvre.
      Pour le groupe suédois Akers, fabriquant principalement des cylindres de laminoirs, confronté récemment à une évolution défavorable du marché dans un domaine le contraignant à une compression de ses marges, voir à des pertes,  il devenait urgent de mettre en place un plan de restructuration. Après une étude sérieuse, Akers a décidé de miser sur les sites français du groupe et en particulier sur les divisions de Thionville, Sedan et Fraisses, pour opérer cette restructuration.
    C'est donc pour présenter ce plan audacieux que les dirigeants de l'usine fraissillouse ont invité, ce mercredi 1er décembre (2004),  la presse locale et les élus.

Survivre ou disparaître.
           Ludovic Loew, responsable de l'usine de l'Ondaine, après un rapide historique de l'entreprise, a expliqué à Joseph Sotton, maire de la commune et représentant de Saint-Etienne Métropole, ainsi qu'à Marc Pretit, conseiller général, la situation actuelle.
 "Les mouvements de concentration de la clientèle et l'évolution du marché ont entraîné une surcapacité de production et une baisse des prix. En outre, depuis quelques mois, le coût de la matière première a considérablement augmenté, aggravé par une parité euro/dollar défavorable et une morosité de la conjoncture européenne. Pour survivre, il est apparu nécessaire de délocaliser et de redéployer, pour redevenir compétitifs et s'ouvrir de nouveaux marchés. Le groupe a donc décidé de transférer sa filiale belge fabriquant des cylindres de lamlinoirs de grandes dimensions et devenue non rentable, d'arrêter la production des cylindres moulés de Berlaimont, et de redéployer ces activités, principalement sur le site de Fraisses." 

Une position privilégiée
      Avec ses 50 000 m2 de terrain, dont 14 500 de constructions, le site historique sur lequel la famille Holtzer a créé son entreprise en 1829, occupe une position priviliégiée en bordure d'une voie de communication importante. Seulement 8600 m2 construits étaient opérationnels pour satisfaire aux besoins de la production d'environ 6500 cylindres par an, assurée par 106 personnes, pour un chiffre d'affaires de 16 millions d'Euros. Il y avait donc des possibilités de réhabilitation des locaux vacants susceptibles de recevoir de nouvelles machines, ainsi que des extensions de bâtimnets, ce qui fut fait avec la construction de 700 m2 supplémentaires.

De bons atouts.
        Des atouts importants plaidaient en faveur de Fraisses, et notamment des compétences uniques en matière de traitements thermiques , des compétences humaines et des méthodes de travail optimisées, des produits reconnus pour leur qualité (n° 1 mondial), une certification ISO 2001, un service Recherche et Développement en relations avec l'Ecole des Mines de Saint-Etienne, un savoir-faire très pointu, une bonne densité de sous-traitants locaux efficaces, et un parc de machines atypique fort d'une soixantaine d'exemplaires : fours verticaux basse et haute température, machines à induction et à trempe flamme, ainsi qu'une multitude de tours et fraiseuses conventionnels ou à commande numérique.  
       C'est pour toutes ces raisons que le groupe a fait confiance aux responsables de Fraisses pour se développer et être à nouveau compétitifs, ce qui est en partie réalisé avec l'arrivée de clients asiatiques (Chine, Malaisie, Indonésie) ou d'Amérique latine, et la consolidation des pays déjà clients. 


Suit sur la même page un second article intitulé " Des prévisions optimistes". 

      Outre la création de trente quatre nouveaux emplois, ce rapatriement à Fraisses permet à l'entreprise Ackers d'augmenter son chiffre d'affaires. 

     Avec le rapatriement du parc des machines de l'usine belge et les commandes qui en découlent, 34 emplois nouveaux sont prévus dès 2005, entraînant une augmentation de l'effectif de 33 %.
     Le chiffre d'affaires passera de 16 à 30 millions d'Euros par an ; 8000 tonnes de cylindres sortiront en 2005 au lieu des 1800 tonnes actuelles.
     Tout cela augmentera le travail de la sous-traitance essentiellement locale, ce qui induira 23 emplois supplémentaires...
     Le groupe joue également la solidarité locale et participe à la préservation de l'emploi par des accords de reconversion et de transfert du personnel avec GIAT industries, Imphy Alloys et Ugine-Firminy, Deville et l'ANPE
(nota : Imphy Alloys et Ugine ont été absorbés depuis par Mittal Arcelor).
 
    
Coût total du projet : 1 840 000Euros.
     C'est une opération d'envergure à laquelle le groupe seul ne pouvait répondre complètement, malgré une syndication bancaire, un prêt de restructuration et un accord financier de  Akers.
     Un dossier au titre du Fonds d'Aides pour le développement économique de la Loire (FADEL) a été présenté par Saint-Etienne Métropole qui a accordé une subvention de 141000 Euros pour l'accompagnement de l'extension immobilière de l'usine. Le fonds social européen (FSE) a dégagé 45000 Euros pour la formationdu nouveau personnel, tandis que le Conseil général, qui n'a pas encore délibéré, mettrait 150 000 Euros dans la corbeille
          
Fin de l'article

      Nous relevons donc des subventions estimées à 336 000 Euros (18% de l'investissement annoncé). Qu'en pensent les contribuables, quand ils voient leur effort ne plus compter pour rien au bout de cinq ans ?
          R.C., 14 décembre 2009.

Par René Commère
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Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /2009 22:21
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Nous sommes sur le site de ce qui fut, au temps de la CAFL (1953-70) et de Creusot-Loire (1970-83) l'Usine de l'Ondaine ; auparavant, c'étaient les Aciéries de Firminy , fondées en 1854 par Félix Verdié. Parmi les bâtiments encore debout en 2009, la halle de la moyenne forge ne semble être, même à ceux qui la côtoient tous les jours, rue de Colonel Riez, qu'un décor sans vie.
       C'est pourtant un très vaste bâtiment, comme échoué au bord de l'Ondaine après la débâcle de la métallurgie locale. Sa face sud, marquée des stigmates de l'abandon : vitres brisées, peintures effacées, se voit facilement derrière un portail souvent cadenassé ouvrant sur cette rue qui, reliant Firminy à Unieux, traversait autrefois le territoire de l'usine. Si l'on peut accéder à la face ouest, on a peine à distinguer au-dessus du portail d'entrée l'inscription presque effacée par le temps, qui indiquait sa fonction au temps de Creusot-Loire :
 "moyenne forge"                                                                                                                                                                                                                                                                                                             
                                                                                   
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Le côté sud, tel que vu de la rue                     la façade ouest, principale entrée

     Reste à se demander si l'héritage reste digne d'intérêt, c'est-à-dire, comme c'est souvent nécessaire en matière de patrimoine industriel, s'il est susceptible d'être valorisé à la fois par une nouvelle utilisation et comme témoin d'une histoire séculaire.

 

Le bâtiment est long de 98 mètres, large de 42. Sous un ample toit à double pente culminant à 25 mètres, s'étend la nef centrale large de 25 m, bordée de nefs latérales sous cheddes. La construction date des lendemains de l'exposition universelle de 1889 puisque c'est lors de son démontage que les Aciéries de Firminy ont acquis la charpente métallique : celle-ci est donc contemporaine de la tour Eiffel. Elle a seulement été surélevée en 1913 pour permettre d'installer le chemin de roulement d’un pont de 40 tonnes.                                          
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    Charpente en provenance de l'exposition universelle de 1889, surélevée en 1913.  
 
        On sait qu'avant 1907, la halle abritait un atelier de finition des rails de chemin de fer. Elle est devenue ensuite est un atelier d’ajustage, de chaudronnerie et d’usinage.

En 1953, la CAFL (Compagnie des ateliers et forges de la Loire) y installa une forge équipée d’une presse de 1200 tonnes, que Creusot-Loire remplaça en 1971-72 par une presse de 2000 tonnes, en vue de conforter l'une des spécialisations de l’Usine de l’Ondaine dans le forgeage libre des produits longs en aciers inoxydables et alliés, à partir de lingots étirés à la presse. Un ministre vint à l'époque présider l'inauguration d'un outil hautement moderne et performant. La presse était desservie par un manipulateur intégré sur rails ; un four-tunnel de réchauffage de deux mètres de long placé à l'opposé du manipulateur permettait de maintenir à température nécessaire les parties de la pièce en attente.

C'est là que furent refaits en 1976 et 1982 les arbres du Foch et du Clémenceau, longs de 22 mètres pour un diamètre de 350 millimètres.

 

Le bâtiment et la forge ont cessé de fonctionner après la mise en service en 1992 d’une nouvelle presse de 4500 tonnes dans un autre atelier du même établissement (c'était alors C3F, ou Compagnie française des forges et fonderies, filiale d’USINOR). En principe, la presse de 2000 tonnes et ses équipements annexes étaient “mis en couveuse”, ce qui selon les ingénieurs de l'époque signifiait qu'on les maintenait en état de fonctionner en cas de besoin.

Mais après la fin de C3F, et la reprise majoritaire du site par Aubert et Duval en 1994, il semble que la halle et l'outillage de la moyenne forge aient été peu à peu abandonnés ; apparemment sans intérêt pour le repreneur, laissée plusieurs années sans surveillance, abandonnée aux vols et au vandalisme (j'ai vu en 2000 des appareils et des fils électriques systématiquement arrachés, et les pupitres du poste de commande gravement vandalisés), l'installation devenait de moins en moins récupérable.

Le dernier avatar, en 2005, a été le démontage de la presse et son expédition vers la Chine : outil vendu d'occasion, ou ferraille destinée à être refondue ? On a pu voir pendant plusieurs semaines le socle de ce bel outil en attente d'expédition devant l'entrée de la halle.                                                              

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         Reste donc une sorte d'immense chapiteau (un cirque y serait à l'aise ! Ou peut-être une collection de gros objets tels que des véhicules ou des engins de chantier). La réutilisation est sans doute problématique du fait du manque d'entretien et des difficultés d'isolation d'un bâtiment ouvert à tous les vents. A Lyon, on a sauvé en son temps la halle Tony Garnier en lui inventant une nouvelle utilité qui valorise son originalité archiecturale. Il est à craindre que, malgré son rôle dans l'histoire de la métallurgie locale, la moyenne forge ne puisse avoir la même chance...Mais qui sait ?

René Commère.

Sur l'évolution gobale du site  jusqu'en l'an 2000, je renvoie à mon ouvrage  "Memoires d'acier en Ondaine" édité en 2000 par le service des publications de l'Université de Saint-Etienne.  
On peut aussi consulter dans la revue semestrielle "archéologie industrielle, n°46, de juin 2005, l'article de seize pages illustrées : "Inventaire archéologique de l'usine de l'Ondaine" . Ed : le CILAC, BP 251, 56007 Vannes Cedex
courriel : cilac@wanadoo.fr
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En 1999, la presse de 2000 tonnes et son poste de commande.
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   C3F, de 1983 à 1993.  On lit aussi à droite : "Usine de l'Ondaine"                                             

Par René Commère
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /2009 23:27
                                                                                                                                    
     En visite à Firminy en ce jour de la mi-novembre 2009, il est évident qu'à peu de distance du chef d'oeuvre de Le Corbusier, le temps n'a pas fini d'effacer les traces du drame urbain de juillet : trois soirées de révolte à la suite du suicide d'un jeune habitant du quartier pendant qu'il était en garde à vue dans le commissariat d'une ville voisine. 
    
       Impossible de ne pas partager la peine des parents et amis du jeune homme.
     
      Mais difficile d'excuser le déchainement de fureur aveugle contre les boutiques d'un centre commercial construit en 1960, qui venait d'être remis à neuf. Il procurait au voisinage un utile et précieux service de proximité. 
    Ces cibles des émeutiers n'avaient rien à voir avec la cause de leur colère.
      
      Quatre mois après, adossée à un pan de mur, l'enseigne de la pharmacie incendiée symbolise la stupidité de cette violence, qui a aussi privé le quartier d'une boulangerie, d'un bureau de tabac, d'un cabinet médical, d'un café, d'un coiffeur. De l'autre côté de la rue, on s'en est pris aussi au local des restos du coeur

      Les auteurs du méfait, jeunesse inconsciente, probablement entraînée par une poignée de provocateurs autrement motivés, courent toujours. Il ne s'est trouvé personne pour les féliciter de leur lâcheté. Ils n'ont pas à se prendre pour des héros !       
      Souhaitons seulement que, passé le moment d'une émotion irréfléchie, ils aient pris conscience de la bêtise de leur forfait ; qu'ils aient eu assez d'intelligence pour en mesurer les conséquences dans un esprit public indigné et choqué.
    
 

            Une fois démolies les parties non récupérables des bâtiments, des travaux de "réhabilitation" sont annoncés. En réalité, une reconstruction totale à partir des quelques murs jugés réutilisables. Les photos qui suivent donnent une idée de ce qu'il reste à faire. Et bien sûr, ce ne sont pas les auteurs du méfait qui payeront la facture. Seraient-ils au moins capables de se racheter, par exemple en étant volontaires pour des travaux d'intérêt général ?

                     
            
      
Photos libres de droits.
René Commère.              

Par René Commère
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Vendredi 6 novembre 2009 5 06 /11 /2009 18:39
    Après lecture de ce qui suit, je vous invite à consulter dans ce blog les deux articles sur ce moulin-minoterie situé au Pertuiset, à Unieux :
      1 - article du 3 juin 2008 : " Unieux, le moulin de la Fenderie.
       2 : article du 23 septembre 2008 : "Unieux, un week-end patrimoine au moulin de la Fenderie".
Le deuxième article répond à une question, souvent posée par des visiteurs,  sur les conditions et la possibilité de remise en marche de l'installation, avec en particulier le point de vue de M. Dupuy-Couturier, propiétaire et exploitant du moulin de l'Etrat, sur le Furan, au nord de Saint-Etienne. Il nous a donné en direct l'an dernier des précisions sur le fonctionnement extêmement sophistiqué des minoteries les plus modernes d'aujourd'hui et leur incompatibilités avec l'utilisation de l'énergie hydraulique .
                                                                                                

Après une douzaine d'annnées d'ouverture au public, le moulin n'aurait pas été visité en 2009 s'il n'y avait eu un groupe d'amis des moulins venu de Haute-Loire le dimanche des journées patrimoine (20 septembre) et que j'ai eu le plaisir de guider, à la demande du SMAGL.
     C'est donc un intéressant élément du patrimoine du Val d'Ondaine qui a été quelque peu délaissé. Ni le SMAGL, son propriétaire, ni l'Office communautaire de tourisme (TOTEM), ni la municipalité, ne se sont souciés de sa promotion. A la différence de 2008, la commune d'Unieux n'y a pas annoncé ni organisé de visite lors des journées Patrimoine.
 
     L'image ci-dessus rappelle les éléments du site :  

1 - la route du Pertuiset à Roche la Molière, qui longe un côté du vieux moulin et conduit au bourg d'Unieux.
 
2 - L'ancien moulin, à farine, probablement du 17ème siècle pour sa partie la plus ancienne, délaissé à partir de 1910, c'est-à-dire après la construction d'une minoterie plus moderne. Notons bien que la toiture de ce bâtiment, dont la poutre maîtresse s'était effondrée en 2005, a été entièrement refaite à neuf en novembre 2007. En effet, un projet du SMAGL et de la municipalité était d'y organiser un lieu d'accueil des visiteurs, et un écomusée sur le thème des moulins et minoteries. On pourra voir dans les autres articles rappelés ci-dessus en quoi ce projet pouvait être intéressant. Les perspectives de dissolution du SMAGL (envisagée par le Conseil Général) et le peu de motivation de la nouvelle municipalité d'Unieux en 2008 ont compromis ce projet. Que faire désormais sous ce toit remis à neuf ?

3 - La minoterie du 20ème siècle, qui a fonctionné de 1910 à 1991, actionnée par une turbine. C'est ce bâtiment dont on peut visiter, sur quatre niveaux  la machinerie bien conservée depuis la cessation d'activité de l'établissement. Il s'agit d'un système de machines à cylindres et de blutage par plansichters, le tout actionné à partir d'une turbine dont le mouvement se trasmettait aux différentes machines par des poulies et des courroies. 

4 - Habitations du minotier et de sa famille. Une partie des locaux se situe dans d'anciens silos reconvertis en logements.

5 - Les murs du rez de chaussée de cette villa portent les traces d'une installation industrielle ancienne : la FENDERIE, qui a donné son nom au quartier. A l'aide de laminoirs et de tranchants datant du 17è ou 18ème siècle, actionnés par la force de l'eau, on y "fendait" des plaques de fer pour obtenir des verges à partir desquelles, dans les fermes des environs, on fabriquait des clous. Les murs gardent les traces de ces installations, qui se révèlent conformes au modèle de fenderies représenté dans la célèbre Encyclopédie de Diderot et D'Alembert (18ème siècle). Mais cette partie est privée et ne se visite pas. La fenderie a cessé son activité à la Révolution.

6 - anciennes écuries du 17ème siècle, en belles pierres de taille.







Ci-contre, le panneau qui était encore en place en 1997














Un groupe d'écoliers en visite (an 2000).
A l'initiative du SMAGL, portes et fenêtres de cet ancien moulin ont été ornées en 1999 de fresques rappelant l'ancienne activité.



  Des collégiens en visite, en 1999.
Au premier plan à droite, un toboggan pour trier les graines indésirables éliminées lors du "nettoyage" du blé, mais pouvant servir à l'alimentation animale ; en particulier, séparer les nielles, graines nocives pour le système nerveux des animaux et des humains, mais utiles jadis pour fabriquer de la colle.  



René Commère, guide bénévole de 1996 à 2009....et ancien président de l'Office de tourisme de Firminy.


Par René Commère - Publié dans : région de Saint-Etienne
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /2009 12:17
 

BOUSSINGAULT, 1802-1887
       
Un important personnage du patrimoine local..
     
       Unieux n'est certes pas la seule ville de France qui ait honoré du nom d'une rue le célèbre savant biologiste, géologue et agronome du 19ème siècle. Dans la plupart des cas, cet hommage était déjà ancien, souvent séculaire. 
       Mais à Unieux, c'est à l'extrême fin du 20ème siècle que la Municipalité a choisi de donner son nom à une rue nouvellement ouverte dans le quartier rénové du Vigneron.  
           
      Plus récemment, c'est par le don d'un buste en bronze de Boussingault qu'a pu être réveillé le souvenir de l'illustre savant. On inaugurait le 25 septembre 2009 au château des Bruneaux de Firminy une belle exposition de peintres amateurs d'Unieux. 
     Ce fut en même temps pour le président de la Société d'histoire de Firminy l'occasion de remercier le maire d'Unieux du don qu'il venait de lui faire  : le  buste en bronze de J.B. Boussingault, précédemment installé dans l'escalier  de l'Hôtel de ville d'Unieux.

      Par ce don, expliqua le Président, Boussingault venait rejoindre, dans un  salon récemment rénové du château, les différents souvenirs et portraits se rapportant à la famille Holtzer, fondatrice de l'aciérie qui fut pendant plus d'un siècle renommée par ses innovations en métallurgie.
 
Mais ce n'est pas un enfant du pays...
        
       Contrairement à ce que l'on a pu entendre dans l'un des discours prononcés à cette occasion, l'hommage ainsi rendu à Jean-Baptiste Boussingault ne signifie nullement qu'il soit natif d'Unieux. Ce qui doit être remis en mémoire, c'est son rôle important dans le développement de la métallurgie locale, sans oublier d'ailleurs sa renommée de savant, à la fois chimiste, biologiste et agronome. 
      
        Né à Paris en 1802, c'est seulement lorsque sa fille Berthe épousa en 1861 Jules-Gustave Holtzer, que Boussingault se trouva allié à la famille Holtzer.
       La même année, Jules-Gustave Holtzer et son beau-frère Frédéric Dorian recevaient de Jacob Holtzer la direction de l'usine, déjà forte de cinq cents ouvriers, qu'il avait créée trente ans plus tôt et dont les aciers corroyés et les aciers fondus au creuset avaient déjà une réputation internationale. 
      Or Boussingault s'était toujours intéressé à la transformation des métaux, particulièrement pendant une partie de sa carrière en Amérique du Sud, où il avait mis en évidence le rôle de la silice et d'autres composés tels que le chrome dans les propriétés de l'acier. Aussi conseilla-t-il à son gendre de créer dans l'usine un laboratoire de recherches, pour se dégager des méthodes empiriques de la métallurgie de l'époque.  Pour l'époque, installer un laboratoire de chimie dans une usine de métallurgie était une réelle innovation.

      Pendant plus d'un siècle, ce laboratoire ne cessa d'être à l'avant-garde de la recherche et de l'expérimentaion métallurgiques, non seulement jusqu'à l'absorption de l'entreprose Holtzer dans laC.A.F.L. en 1953, mais encore après 1970 dans le cadre de Creusot-Loire. Il ne disparut qu'en 1994.
        
         Telle fut l'origine de la mise au point des aciers spéciaux, au chrome, au nickel, au tungstène, dont le laboratoire étudia les propriétés, et qui firent prospérer l'usine dans les décennies suivantes. Dans le roman "Travail" d'Emile Zola, qui visita l'usine Holzer en 1900 et s'en inspira pour imaginer un établissement exemplaire sur le plan social, on peut lire ceci (livre 3, chapitre 5) : "Dans les laboratoires, ouverts largement aux recherches, il ne se passait pas une semaine sans qu'on fît des découvertes merveilleuses".

     Sur ces développements, on peut se reférer à l'ouvrage de René Commère édité en l'an 2000 par les publications de l'Université de Saint-Etienne : "Mémoires d'acier en Ondaine".

Une brève biographie de J-B. Boussingault.
- Naissance à Paris en 1802 : fils d'un modeste épicier, le jeune Boussingault se passionne très tôt pour les minéraux, dont il constitue une collection. Adolescent, s'ennuyant au lycée, il préfère suivre le plus possible des cours publics qui s'offraient dans la capitale : collège de France, muséum.
- 1815 - Reçu à l'Ecole polytechnique....mais cette promotion est licenciée par la Restauration, par rejet de l'héritage napoléonien...
- 1818 - Bien qu'il n'ait aucun diplôme universitaire, il est admis après un contrôle de ses connaissances (dont le jury fut étonné !) à la toute nouvelle Ecole des Mineurs de Saint-Etienne, qui n'avait à ce moment que six élèves.
- 1819-20 - séjour et études à Saint-Etienne ; passionné de chimie, dont il avait étudié tous les manuels disponibles à l'époque, il devient très vite préparateur au laboratoire de l'école. Il révèle une curiosité insatiable qui le conduit, par exemple, à  démontrer que la fonte et l'acier peuvent contenir de la silice susceptible de modifier leurs propriétés.  Il réussit la fusion du platine (comme il faut atteindre 1750 degré, ce qui était très difficile à l'époque, il provoque involontairement un incendie...)
        Il découvre aussi la capacité du platine pâteux d'absorber de la silice.
        Il se lie d'amitié avec Fourneyron, son camarade d'école, futur inventeur de la turbine hydraulique, qui devait faire la renommée du Chambon-Feugrerolles. Sa fille aînée épousera Crozet, le neveu de Fourneyron.
 Nombreuses excursions (volcans d'Auvergne, Pilat, gorges de la Loire) où il précise les connaissances géologiques sur la région.
- 1820-21 - se lie d'amitié à Paris avec Gay-Lssac qui lui fait rencontrer Arago et Alexandre de Humboldt. Ceux-ci l'aideront et le conseilleront pour son départ en Amérique du Sud
- 1821-32 - Directeur d'une mine pour le compte d'une compagnie anglaise  en Amérique du sud, puis Ingénieur des Mines en Colombie,  d'où il envoie de nombreux rapports à l'Académie des sciences et à De Humboldt sur la géologie, l'agriculture, le climat. Travaillant aux côtés de Bolivar en Colombie, il est chargé par lui de fonder à Bogota une école d'ingénieurs. Il quitte la Colombie après l'échec de la politique de Bolivar et l'éclatement du pays (1830). Rentre en France après avoir visité plus complètement l'Amérique du Sud...
- 1832-37 - Professeur de chimie puis doyen à la Faculté des sciences de Lyon
- 1835 - Epouse à Péchelbronn (Alsace) une amie d'enfance, et commence à participer à l'exploitation du domaine agricole dont elle hérite. Crée un laboratoire pour étudier la biologie végétale et animale avec l'objectif d'améliorer scientifiquement les rendements de l'agriculture. Partant du principe de Lavoisier que "rien ne se perd, rien ne se crée", il analyse finement les processus de nutrition des plantes et des animaux. Ainsi par exemple, il découvre l'absorption de l'azote par les plantes.
Il en sortira des ouvrages réputés sur l'économie agricole (1843)  
- 1837 : professeur de chimie à la faculté des sciences de Paris
- 1839 - Entre à l'Académie des sciences
- 1841 - Titulaire d'une chaire d'économie rurale nouvellement créée pour lui au Conservatoire national des arts et métiers.
- 1848-49 - député du Bas-Rhin ( Seconde République)
- 1857 - Commandeur de la Légion d'Honneur
- 1866-67 : création du laboratoire de chimie dans l'aciérie Holtzer.
- 1871 : très affecté par la perte de l'Alsace-Lorraine, il partage son temps entre Pechelbronn, Paris ( où il est hébergé au domicile de Madame Holtzer) et Unieux
- 1875 - Mise au point des premiers aciers au chrome...en fait, dans le cadre d'une recherche stratégique sur les blindages et les projectiles capables de les percer.
- 1876 - Grand Officier de la Légion d'honneur.

                                                                                                                                




Monument érigé en 1895 à Paris à côté du CNAM. Commandé à Dalou par les amis, disciples et admirateurs de Boussingault.
Juché sur une colonne de marbre, le buste
est accompagné de deux personnages :
- une figure féminine symbolisant la science (avec ses ustensiles : cornue, mortier, de même que le livre tenu dans la main gauche
- un paysan

La première semble dire au second :" je peux tout pour toi, fais-moi confiance" ; ou bien : "sans moi, tu ne peux rien". 

Toutes les statues sont en bronze



Depuis la rénovation du musée des arts et métiers, ce groupe a été déplacé.








Il est aujourd'hui installé dans le parc des  réserves du musée du CNAM, plaine saint-Denis.

On notera la disparition de l'écusson sur lequel étaient gravés le nom et les dates de naissance et de décès de Boussingault

Il semble que le buste transféré d'Unieux à Firminy soit une copie du buste de 1895.

Reste à savoir quand et comment ce buste est arrivé à Unieux.

Enfin, en 1913, la famille et les amis de Boussingault ont fait don d'un buste en marbre aux Anciens élèves de l'Ecole des Mines de Saint-Etienne. Des discours ont été prononcés à cette occasion, dont une longue biographie du savant, en vérité trop rapide sur la période finale de sa carrière (on trouvera facilement sur le web la relation de cette cérémonie).

René Commère
Par René Commère
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Samedi 18 juillet 2009 6 18 /07 /2009 18:12
Un précédent article de juin 2008 intitulé : "Puits du Marais, quelques images pour remonter le temps",  vous a présenté ce chevalement, qui trône aujourd'hui sur un rond-point routier à la sortie de Chambon-Feugerolles.
Voici, sur une photo prise d'avion en 1981, un petit document complémentaire sur cette mutation paysagère. A côté de l'image brute, la même photo avec l'indication des aménagements de voierie réalisés autour de ce qui est devenu un monument témoin de l'histoire minière.                                                                            









La flèche jaune indique l'entrée de la nouvelle voie d'accès à la zone d'activités de Pigeot-Montrambert.
    Sur la gauche, la zone de jardins ouvriers a laissé place aux terrains viabilisés er préparés pour accueillir de nouvelles activités. 

  De part et d'autre du chevalement, les bâtiments d'exploitation et des machines ont disparu du paysage.
  On peut aussi repérer en bas à gauche de la photo l'emplacement sur lequel a été installé en 2008 le système de traitement des eaux rouges issues d'anciennes mines noyées (voir l'article du 20 mars 2009 : "Ondaine plus pure : le traitement des eaux rouges")

Rendez-vous après les vacances pour d'autres articles.
R.C. - 18 juillet 09..
Par René Commère - Publié dans : région de Saint-Etienne
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Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /2009 11:16
      Depuis quelques semaines ont commencé les travaux de restauration de la toiture de la  maison de la culture ;  il s'agit de rétabir l'étanchéité d'une couverture inédite en son temps : des dalles légères reposant sur des câbles d'acier, dont la courbure en voûte inversée donne à l'édifice sa silhouette insolite.
     Quatre décennies d'exposition aux intempéries, au soleil, à la neige, ont eu raison des revêtements imperméables ; au lieu de s'évacuer le long de la gouttière vers les gargouilles des extrémités, l'eau de pluie tombait à l'intérieur. Des visiteurs se souviennent sans doute des seaux alignés sous la gouttière pour recueillir ces cascades intempestives.
     
       La première étape du chantier a consisté à mettre hors d'eau l'ensemble du bâtiment. Le voici donc pour quelques mois emballé dans une impressionnante structure de métal, dont voici quelques images.                                         
             















 
La hauteur de cette couverture temporaire a été calculée pour :
- éviter les risques liés au vent : que l'air puisse s'écouler sans provoquer de tourbillons dangereux
- ne pas exposer les ouvriers du chantier à de trop fortes tempéatures chaleurs sous les tôles surchauffées par le soleil 

Clichés R.Commère, juin 2009.  


Par René Commère
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