Mardi 30 juin 2009
      Depuis quelques semaines ont commencé les travaux de restauration de la toiture de la  maison de la culture ;  il s'agit de rétabir l'étanchéité d'une couverture inédite en son temps : des dalles légères reposant sur des câbles d'acier, dont la courbure en voûte inversée donne à l'édifice sa silhouette insolite.
     Quatre décennies d'exposition aux intempéries, au soleil, à la neige, ont eu raison des revêtements imperméables ; au lieu de s'évacuer le long de la gouttière vers les gargouilles des extrémités, l'eau de pluie tombait à l'intérieur. Des visiteurs se souviennent sans doute des seaux alignés sous la gouttière pour recueillir ces cascades intempestives.
     
       La première étape du chantier a consisté à mettre hors d'eau l'ensemble du bâtiment. Le voici donc pour quelques mois emballé dans une impressionnante structure de métal, dont voici quelques images.                                         
             















 
La hauteur de cette couverture temporaire a été calculée pour :
- éviter les risques liés au vent : que l'air puisse s'écouler sans provoquer de tourbillons dangereux
- ne pas exposer les ouvriers du chantier à de trop fortes tempéatures chaleurs sous les tôles surchauffées par le soleil 

Clichés R.Commère, juin 2009.  


Par René Commère
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Lundi 15 juin 2009
      Maire entre 1925 et 1971, M. Pétrus Faure eut à coeur d'embellir sa ville en offrant aux regards de sa population ouvrière des oeuvres d'artistes reconnus. Pour cela, il sollicita et obtint la mise en dépôt par le Louvre d'une vingtaine de sculptures, qui ont été réparties dans les jardins publics et les places.
     Le parc Jean Moulin, qui s'ouvre à côté de l'Hôtel de Ville, en a reçu le plus grand nombre.
                                                                     
  

       
        La première image est prise à l'entrée du parc Jean Moulin.

        Tout de suite à droite, une première sculpture (image ci-contre)  accueille le visiteur : appuyé sur une stèle, le personnage, pudique malgré sa nudité, devrait faire jaillir l'eau d'une fontaine...comme le suggèrent les symboles gravés sur la pierre.


















                       Des sujets plus féminins nous attendent pour la suite de la visite...Une déesse nourricière, et une bell e endormie..
                                           

.








 
 

                                                                                  
                                                 Au-delà de cette stèle, un passage sous la voie ferrée   conduit au parc Jean-Jacques Rousseau, qui s'étend entre celle-ci et l'autoroute.

            C'est un vaste espace tranquille de verdure et d'aires de jeux qui se déploie en bordure du Cotatay. Des extensions sont en cours, par suite de la démolition d'anciens ateliers.


                                  
         Pour un moment de détente et de beauté, cela ne vaut-il pas une visite ?
         Sans oublier que d'autres sculptures restent à découvrir en divers points de la ville, par exemple en face de l'hôtel de ville, ou sur les pentes du parc du Bouchet......

             R.C.


 

         
      
Par René Commère
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Vendredi 5 juin 2009

     C'est comme une vue d'avion sur le bourg d'Unieux que l'on peut aller chercher au Dorier.

     Situé dans les collines du bassin houiller d'âge primaire, le bourg est niché à 450 mètres d'altitude au bas du versant sud de la puissante masse granitique qui le domine de plus de 150 mètres et lui procure un abri climatique contre les froidures du nord.

      Plusieurs itinéraires  pour accéder au site de ce belvédère où fut installé en 1965 le relais de télévision, sur un terrain acquis l'année précédente par la Municipalité.   

       Les amateurs de sentiers pittoresques monteront à partir du bourg en empruntant  la piste forestière qui conduit de la rue Jules Verne vers les gorges de la Loire. Goudronnée au départ, elle est bientôt fermée à la circulation des véhicules.




    On est vers 550 m. d'altitude lorsque se dévoile le panorama (ci-contre) sur Le Pertuiset et les gorges. Il faut alors pendre sur la droite le sentier ardu mais bien tracé qui conduit au Dorier. Pour le reconnaître, on l'aborde par les marches d'un escalier mis à mal par l'érosion des eaux courantes et par le piétinement des promeneurs.

  
   Au sommet, le sol de ce qui fut un pré est aujourd'hui mis à nu à force d'avoir trop souvent été une piste de jeu à des apprentis conducteurs de deux et quatre roues.         
     Pour la vue sur Unieux et le panorama qui s'étend jusqu'au Pilat, rendez-vous sur l'étroit cheminement qui contourne le relais de télévision.


     Libre à chacun de faire sa propre lecture du paysage.
     Ainsi, à droite du bourg (cf la première photo ci-dessus), une cascade d'habitats (barres de HLM, lotissements de pavillons) le raccorde à la plaine d'Unieux. 













     

      La plaine se partage entre terrains de sports et zone d'activités. A noter que l'ancien site métallurgique des usines Holtzer est trop éloigné pour apparaître sur cette photo.
      Au fond à droite, une rangée d'arbres ombrage le cours de l'Ondaine qui suit avec la voie ferrée (non visible sur la photo...mais on entend passer les trains !) le pied du versant ouest.
     En arrière-plan, les pentes occidentales du territoire de Fraisses, encore en partie rurales mais grignotées par la conquête pavillonnaire (un lotissement de moins de dix ans d'âge est visible au milieu de l'image).
    Tout au fond, les versants  marquant le rebord du plateau vellave, du côté de Saint Ferréol d'Auroure ( en Haute Loire) dont on devine à gauche, sur une crête, un lotissement résidentiel.
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Pour les rebelles à la marche, des accès sont possibles en voiture : l'un, par l'étroit et très raide chemin goudronné qui commence devant le cimetière. En cas de rencontre avec une voiture, la montée exige une parfaite maîtrise du démarrage en côte ! 
                                                                                                                                                 

Mais où arrivons-nous, par cet itinéraire ? Peu avant le hameau du Dorier, voici qu'un panneau nous annonce de façon inattendue l'entrée dans  Saint-Etienne. Explication : dans les années soixante, la ville a annexé la commune de Saint-Victor, jadis limitrophe d'Unieux en ces lieux.

    C'est donc sur le territoire municipal de Saint-Etienne que l'on traversera le petit hameau et passera, un oeu plus loin, devant l'entrée d'un camp de le fédération française de naturisme, soigneusement soustrait aux regard indiscrets, mais remarquablement situé sur l'un des plus beaux panoramas des gorges de la Loire.

     Continuons cette route étroite, autre élément d'un itinéraire pour accéder au Dorier, en faisant un détour par la Croix de Marlet. Les vues vers le sud constituent un vrai balcon sur Firminy et le val d'Ondaine, mais avec des vues fort lointaines, nécessitant de disposer de bonnes jumelles pour bien en profiter.
  
      Puis on arrive au hameau de Trémas, dont se détache au sud la Tour Philippe, qui fut jadis un rendez-vous de chasse...      
      Un site privé, certes, et récemment restauré : iI faut laisser la voiture au bord de la route si l'on souhaite s'approcher pour compléter la moisson de vue panoramiques offertes par les abords du Dorier.                    Voilà donc les ingrédients d'un grand bol d'air.....Ajoutons que les descriptions qui précèdent n'épuisent pas la diversité des paysages offerts à la vue depuis ces point hauts, perchés jusqu'à 700 mètres sur ce vigoureux massif granitique au fond duquel la Loire a creusé son lit.
     
Pour compléter cet article, voyez dans ce blog les divers articles sur la vallée de l'Ondaine, les gorges de la Loire, Unieux et Le Pertuiset, faciles à trouver en consultant la liste complète des pages et articles.

Bonnes promenades.
R.C.
Par René Commère - Publié dans : région de Saint-Etienne
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Lundi 11 mai 2009
       
Avant-propos, sur l'organisation touristico-administrative des gorges de la Loire dans la région stéphanoise. 
    
      Cet article sur les gorges de la Loire entre Le Pertuiset et le barrage de Grangent évoque un territoire qui, malgré sa manifeste  unité paysagère,  se partage entre les cinq communes d'Unieux, de Caloire, de Saint-Etienne (pour Saint Victor), de Chambles et de Saint Just-Saint Rambert). Pour les trois premières, appartenant à la Communauté d'agglomération de Saint Etienne-Métropole, l'information et la valorisation  touristiques sont l'affaire de TOTEM, office intercommunautaire créé en 2007.
       Les territoires de Chambles et de Saint Just- Saint Rambert, relèvent de l'Office intercommuanutaire de tourisme de  Loire-Forez (siège à Montbrison, bureau d'accueil à Saint Rambert)).
       Il n'existe donc pas d'organisme touristique habilité à faire valoir l'ensemble des territoires des gorges.
       C'est encore plus manifeste si on y ajoute la partie amont entre Le Pertuiset et Aurec, puisqu'on y trouve Saint Paul en Cornillon ((valorisé par TOTEM), mais aussi Aurec et Saint Maurice en Gourgois, situés en Haute Loire, donc dans la région Auvergne.
      C'est là l'héritage de découpages administratifs fondés sur des  frontières traditionnellement  accrochées à des obstacles naturels, dont résulte pour l'instant  l'absence de documentation touristique sur l'ensemble !
      Il existe bien un  syndicat mixte d'aménagement des gorges de la Loire (SMAGL), créé en 1969, seule structure d'action intecommunale sur l'ensemble de ces territoires (Haute Loire exclue). Mais, compétent en matière d'aménagement et d'animation des sites, il n'a pas vocation à s'occuper de tourisme. En outre, menacé de disparition depuis deux ans, son action se limite à l'entretien du paysage. Son bulletin périodique d'information, précédemment distribué dans les communes adhérentes, ne paraît plus. A son actif, le classement des gorges en espace naturel protégé .
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Toute l'année, mais plus encore avec les beaux jours, on se promène dans la partie la plus "sauvage" des gorges de la Loire, celle que ne parcourt aucune route, et dont beaucoup de lieux ne sont accessibles que par de bons chemins piétonniers (à noter l'inexistence de cheminements piétonniers le long de la rive ouest du lac.

. En gros, cela va du Pertuiset ( Unieux) au barrage de Grangent : six kilomètres et demi à vol d'oiseau, entre huit et neuf si l'on épouse les sinuosités du fleuve.


    Un exemple :  cet extraordinaire méandre de la presqu'île du Châtelet, au-dessous de Saint Victor. L'amont est à gauche. Chambles est au sommet du versant qui nous fait face ; c'est de là que part l'unique et plaisant chemin piétonnier en forte pente conduisant vers ce site, transformé en île depuis l'inauguration du barrage de Grangent (1957) ; mais une île accessible à pied sec grâce au pont qui enjambait l'ancienne voie ferrée aujourd'hui noyée sous les eaux.
    
        Au milieu de cette photo, prise d'un rocailleux chemin de crête reliant Les Camaldules à Chambles (donc sur la rive ouest des gorges), c'est le village de Saint Victor, annexé en 1969 par la commune de Saint-Etienne qui souhaitait se doter d'un site touristique et résidentiel, avec un port de plaisance sur le nouveau lac, ce qui en outre autorisait la ville à prendre le nom de Saint-Etienne sur Loire.
Le fleuve arrive à droite, conflue ave l'Iseron dont le golfe agrandit le site du port, puis décrit un ample méandre qui occcupe la moitié inférieure de l'image.

    Continuons vers l'aval jusqu'au site réputé de l'île de Grangent. Isolés sur leur un socle de granite, les restes du château et d'une chapelle du 11ème siècle décorent les abords du barrage mais restent un espace privé qui ne se visite pas.
   Nous sommes sur le territoire de la commune de Saint Just-Saint Rambert.




    Rive gauche, presque en face (commune de Chambles) : le hameau aujourd'hui désert des Camaldules, ancien refuge de moines cherchant à vivre à l'écart du monde pour y pratiquer la règle de Saint Benoît. Fondé en 1628 par Vital de Saint Pol, avec deux compagnons. Au 19ème siècle, ce fut une ferme isolée, mais moins que depuis la formation du lac de barrage. Autour de l'église du 17ème siècle, dans un site verdoyant plein de charme, quelques maisons plus ou moins entretenues. Pour y accéder : en bateau si possible, sinon par deux rudes chemin descendant, l'un d'Essalois, l'autre de Chambles.
        Très fréquenté par les promeneurs, sur la rive droite (côté est), ce tronçon de l'ancienne voie ferrée, avec ses tunnels et ses viaducs conduit un peu au-delà de la Noierie, avant de disparaître dans les eaux du lac. Quelques chemins s'en échappent vers le haut des versants. On peut ensuite continuer par un sentier vers Saint Victor. Un autre, au départ de l'ancien hameau de la Noierie (jadis, avant le chemin de fer, lieu d'embarquement du charbon de l'Ondaine sur les barques appelées "rambertes"), conduit à un site d'escalade d'où l'on surplombe l'ancien viaduc ferroviaire.













        Un panorama inoubliable attend ceux qui oseront grimper au sommet de la tour de Chambles : un escalier d'abord, puis des échelles....Il vaut mieux accompagner les enfants. Pour ceux qui hésiteraient à monter, le panorama reste de grande ampleur depuis le pied de la tour. 
                                                                               
 
      Il  resterait beaucoup à dire et à montrer ! Pour une visite plus complète et des promenades variées, pourquoi ne pas envisager une étape et même quelques jours de séjour dans la magnifique auberge des jeunesse des Echandes, installée dans un ancien hameau rénové ,aujourd'hui totalement isolé sur sa presqu'île, au fond des  gorges de la Loire, à quelques minutes du Pertuiset ? Un site unique.... 

Autres articles de ce blog sur les gorges de la Loire :
-  Le Pertuiset (Unieux) : un by-pass en question (5 mai 2009)
-  Un dolmen à Unieux : préhistoire, ou géologie, aux Echandes ? ( 14/ 01/ 2009).
-  Gorges de la Loire : Le Pertuiset et ses histoires de ponts (11 juillet 2008).
- Unieux : le moulin de la Fenderie ( 3 juin 2008).

et une page :
- 2 novembre 2008 à Grangent (image spectacualaire du barrage au moment de la de la crue de la Loire ).  

 Références touristiques : www.tourisme-st-etienne.com
                                             www.st-etienne.tv
                                             www.loire-forez      
   René Commère.
Par René Commère - Publié dans : région de SaintEtienne
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Mardi 28 avril 2009
          ARCHEOLOGIE INDUSTRIELLE

                             
  
                                                                                                 
     Pour H.B.C. Rogers qui lui a consacré un livre (2002), André Chapelon était le "génie français de la vapeur". 
    
      Si la société d'histoire de Firminy consacre une salle du château des Bruneaux à sa vie et à son oeuvre, c'est parce qu'il a été un enfant du pays. Il est né en 1892 au château de Bois de la Rive, construit à Saint Paul en Cornillon par son grand'père Antoine ; par sa grand'mère Elisabeth, il est descendant de James Jackson.
    Bien que sa carrière se soit déroulée sous d'autres cieux, il conservé toute sa vie (1892-1978) un fidèle attachement à sa demeure natale. Après plusieurs décennies d'abandon, sa rénovation récente a permis d'aménager plusieurs appartements. 

      Sorti en 1921 ingénieur de l'Ecole Centrale des arts et manufactures, André Chapelon se passionnait pour le fonctionnement des locomotives à vapeur. Partant de l'idée qu'elles s'étaient perfectionnées de façon assez empirique au cours du 19ème siècle, il pensait nécessaire de réfléchir plus scientifiquement sur la mécanique des fluides et la thermodynamique.

     Entré à la Compagnie PLM (Paris-Lyon-Méditrerranée), il ne réussit pas à convaincre la Direction lorsqu'il lui en proposa le principe.
    A partir de 1925, au contraire, la Compagnie Paris-Orléans lui demanda d'améliorer le rendement de son parc de locomotives, et surtout de la toute nouvelle Pacific 3500.

      Les principales améliorations portèrent sur :
- l'augmentation de la section des conduits de vapeur,
- l'amélioration du rendement du foyer, en provoquant l'augmentation du tirage,
- et l'étude scientifique de tous les éléments de la locomotive.

     Les résultats furent spectaculaires (la Pacific 3566) : doublement de la puissance avec des consommations moindres de 30% pour l'eau et de 20 % pour le charbon. Il travailla aussi à rendre plus performantes d'autres locomotives de la Compagnie.

     Il acquit rapidement à l'étranger la réputation d'un ingénieur de premier plan. Il travailla pour la SNCF, mais aussi pour des réseaux étrangers. On le consulta encore lorsqu'il fut à la retraite.                                                                                                                 

(ci-dessous : la Pacific 231-3500 du Paris-Orléans transformée en1934)
      
     Son rôle fut ainsi majeur dans le perfectionnement mondial des locomotives à vapeur. Mais vint le moment où celles-ci furent peu àpeu détrônées par la traction Diesel et par l'électrification des grandes lignes. S'orientant vers l'électrification après 1950, la SNCF s'intéressa moins à ses compétences, qu'il continua, même pendant sa retraite, à mettre à disposition de réseaux étrangers.

      La salle Chapelon du château des Bruneaux, riche de souvenirs, de documents et d'images, est donc pour notre temps un lieu intéressant d'archéologie industrielle.
    On peut aussi examiner dans cette salle la grande maquette de l'ancienne Usine de l'Ondaine de Creusot-Loire telle qu'elle était dans les années 70. Beaucoup d'anciens se plaisent à y retrouver les lieux où ils ont travaillé...                                     
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ci-contre : Une "Chapelon" aérodynamique : presque une oeuvre d'art...qui a inspiré le monument inauguré pour le centième anniversaire de la naissance de l'ingénieur.


                                        

 
                Ce monument, qui accueille les visiteurs à l'entrée du parc du château,  au voisinage immédiat de Firminy-Vert, a été érigé après souscription nationale par la Société d'histoire de Firminy.

- On trouvera dans le tome 1 de l'ouvrage de Jean Vigouroux : "C'était hier dans l'Ondaine", paru en 2003, cinq pages (267 à 271) sur le château du bois de la  Rive et André Chapelon.
- Les illustrations de cet article sont loin de représenter toute la richesse iconographique de la salle André Chapelon. 
- J'invite les lecteurs désirant plus d'informations sur Firminy et sa région à consulter le sommaire de ce blog
(articles sur l'urbanisme, sur Firminy-Vert, Le Corbusier, l'histoire et le patrimoine industriels etc...)

René Commère.
Par René Commère - Publié dans : région de SaintEtienne - Communauté : patrimoines
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Vendredi 20 mars 2009
Rétrospective sur la dépollution de l'Ondaine.

      Rappelons-nous : avant 1995, l'Ondaine au joli nom était en réalité un égout à ciel ouvert, drainant toutes les eaux usées -industrielles et domestiques - de la vallée. A ceux qui ont connu ce temps pas si lointain, la rivière laisse le souvenir d'odeurs nauséabondes et de teintes noirâtres largement dûes aux apports de poussières de charbon des anciens sites miniers. Qui aurait eu envie de se promener sur des berges aussi répulsives ?

      Dès 1968 et 1969, une première urgence parut être de créer une station d'épuration destinée à protéger la Loire, et plus précisément le lac de Grangent, de cette intense pollution. L'agence de bassin Loire-Bretagne le réclamait au nom de tous les riverains du fleuve jusqu'à Saint Nazaire. Ce fut donc un projet intercommunal, soutenu au niveau national par l'agence de bassin et à travers elle par l'Etat.

    Ce n'est qu'en 1973 que les travaux débutèrent au Pertuiset. La station entra en service en 1976. 
    Mais cela ne changeait rien aux détestables qualités de l'Ondaine.

     En 1993-94, fut enfin réalisé le projet d'un collecteur des eaux usées, envisagé dès 1969 : de l'ouvrage pour pelleteuses et terrassiers qui installèrent un véritable égout tout au long de la vallée de l'Ondaine, et lui raccordèrent les systèmes d'assainissement des différentes villes. L'ensemble fut opérationnel dès 1995.
     La rivière pouvait redevenir propre. Restait à voir au bout de combien de temps on y verrait des poissons,  et parmi eux les truites. 

     En effet, on ne tarda pas à signaler leur existence, non seulement vers l'aval, mais dès la traversée du Chambon-Feugerolles.

    De 1997 à 2000, de nouveaux travaux mirent la station d'épuration aux normes de dépollution qui imposaient l'élimination des nitrates et des phosphates, principaux facteurs locaux de l'eutrophisation des eaux du lac de Grangent (substances qui ont continué à arriver de la Haute-Loire encore insuffisamment pourvue de systèmes analogues).

Restait le problème des eaux rouges.

     Il s'agissait, aux abord du puits du Marais, d'une émergence d'eaux fortement ferrugineuses et chargées de manganèse. Un héritage de l'époque des mines de charbon : comme on avait cessé de pomper les eaux d'exhaure, les cavités souterraines s'étaient remplies et débordaient d'une eau chargée d'éléments dissous en profondeur. Cette source se déversait directement dans l'Ondaine et contribuait à sa coloration assez sensible dans la traversée du Chambon-Feugerolles. Plus en aval, cette pollution se diluait avec l'apport du Cotatay et du Valchérie.  

      En mars 2008 a été inauguré un système de déferrisation de ces eaux, que l'on peut voir fonctionner au pied du versant qui domine le puits du Marais, au Chambon-Feugerolles. Ce système dépourvu d'intervention chimique est considéré comme parfaitement écologique (on a parlé de déferrisation verte). Les travaux ont été réalisés par les charbonnages de France et le Bureau des rechercrhes géologiques et minières (BRGM). 



 Le site, en arrière du puits du Marais.
Cliché R.C.
mars 2009
(vue vers le sud)





















    L'eau est d'abord oxygénée sur une triple cascade, puis stationne dans un premier bassin de décantation où le fer se dépose.
     Suit un passage dans deux bassins de lagunage plantés de roseaux, qui retiennent ce qu'il reste de fer.

Ainsi en 48 heures, l'épuration est réalisée. L'eau rejetée dans l'Ondaine contient encore un peu de fer, mais 17 fois moins qu'à l'origine. 

 
 














A l'entrée dans les bassins de lagunage, il reste encore un peu  de fer,  qui colore à la longue les parois.   A la sortie, l'eau restituée à l'Ondaine est presque claire.

       
Non loin de là, un pêcheur dans le lit de la rivière aux eaux claires. C'est quelques jours après l'ouverture de la pêche à la truite. 

Désormais fréquentables, les berges n'attendent plus que des aménagements paysagers pour retrouver un rôle d'agrément dans l'environnement urbain.

Clichés du 16 mars 2009.

René Commère.

                                                      







Par René Commère - Publié dans : région de Saint-Etienne
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Mercredi 18 mars 2009

        La cité du Bec, construite pour le personnel de la centrale thermique, ne subit plus aujourd'hui les nuisances de son voisinage originel, fait de poussière (malgré la très grande hauteur des cheminées) et de fumée.

    C'est pour valoriser les charbons de qualité inférieure et concourir au plan d'électrification du pays que la centrale thermique du Bec a été construite au lendemain de la deuxième guerre. Elle est entrée en service en 1950.

         La fin de l'extraction houillère a entraîné sa fermeture puis, en 1986, sa démolition.

   Le premier plan de l'image ci-contre se situe donc à l'emplacement de l'ancien site industriel.
    Sur la façade sud de la barre d'habitation, les fenêtres s'ouvent depuis cette date sur un paysage ouvert et ensoleillé, que les reconversions industrielles n'ont pas encore totalement réoccupé mais qui est équipé des voieries prévues pour de nouvelles installations. Alentour, d'autres industries ont pris le relais.
 

        C'est donc un témoin du passé industriel du Val d'Ondaine que l'on peut découvrir en se donnant la peine de s'écarter des voies principales de la ville : une petite cité ouvrière aux rues étroites, composée de deux sortes d'immeubles :
 - une barre de trois niveaux d'appartements, longée au sud par la voie ferrée sur laquelle roulent silencieusement les T.E.R., et desservie du côté nord par une rue sans ampleur ;
  - des pavillons bi-familiaux avec des jardinets, dont une partie a souvent été utilisée pour ajouter un garage, non prévu à l'origine car à l'époque, l'automobile ne s'était pas généralisée dans la vie domestique .  

       Ces pavillons introduisaient dans la vallée une architecture de chalets assez originale. On remarquera notamment les petites vérandas en saillie abritant les entrées.









   L'exposition crée sur les côtés sud un micro-climat permettant la croissance d'un modeste palmier en pleine terre...

    Une remarque : ce quartier apparemment peu fréquenté par d'autres que ses propres habitants ne paraît exercer aucune attraction, tout simplement parce qu'il n'y a pas de commerce de proximité.
 









      Il est de même dépourvu d'espaces publics verts, sinon cette étroite bande gazonnée et quelque peu ombragée qui s'étire entre la barre et la voie ferrée, mais reste bien cachée par l'immeuble..  
  
     Si l'on se réfère à la trilogie corbuséenne (bien ignorée au moment de cette construction) : "soleil, espace, verdure",  on peut dire que le premier élément était fortement obéré par le monstre industriel trop proche, et que les deux autres étaient à peu près complètement oubliés. C'est la disparition de la centrale qui a ramené un air moins impur et un soleil moins chichement mesuré.

                                                                               

Un  élément inattendu près d'un passage à niveau, dans les quelques maisons plus anciennes situées non loin et aujourd'hui enclavées dans la zone d'activités du Bec : ce petit restaurant sans prétention...qui mérite peut-être d'être découvert. 

     




       Pour mieux situer le contexte de cet article, on peut voir dans ce même blog les deux éditions du printemps 2008 :
    - La Ricamarie et le Chambon-Feugerolles : friches industrielles reconverties ;
    - Le passé industriel du val d'Ondaine : un tour d'horizon patrimonial.

    Et bien d'autres encore si le coeur vous en dit et si vous voulez découvrir les multiples facettes d'un milieu urbain moins uniforme et stéréotypé qu'on pourrait l'imaginer.

René Commère, 17 mars 2009
Par René Commère
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Mardi 13 janvier 2009


        Un dolmen souvent cité, même par des auteurs qui ne l'ont jamais vu sur place. 
      Pour en avoir le coeur net, le mieux est donc d'arpenter la petite montagne à laquelle il s'adosse, mais de préférence après avoir visité ailleurs d'authentiques dolmens, par exemple en Bretagne, et si possible après une visite dans l'un des musées qui reconstituent et expliquent la construction de ce genre d'édifices (exemples : Carnac, ou Les Eyzies).  Disons tout de suite que, jusqu'à qu'on me démontre le contraire, je n'ai vu aucun dolmen authentique installé sur un site aussi escarpé que celui d'Unieux.  Allons-y !


          Les Echandes : une presqu'île dans les gorges de la Loire, au confluent du fleuve et de l'Ondaine. Jadis, un hameau bien isolé valorisait les seules surfaces sans pente excessive de ce territoire très accidenté ; depuis quelques années, une magnifique auberge de jeunesse est installée dans les anciennes bâtisses rurales. 
           Lieu de calme, auquel on n'accède que par une route étroite, sinueuse et à fortes déclivités, car à partir du Pertuiset, on doit franchir un col avant d'atteindre le lieu d'accueil.

      C'est là, au col, qu'un escalier vous invite à grimper à la recherche du dolmen. 
      La pente est forte, le chemin pas toujours bien tracé. On le devine sur la photo, montant vers la droite, mais il faut bientôt tourner à gauche pour atteindre dans le bois un sommet arrondi  culminant à  546 mètres : donc une dénivelée de 75 m. depuis le col (ou de 125 depuis Le Pertuiset). 


        Au sommet, descendez le long de la crête, vers la gauche, en direction du sud-est. Dépassez en les contournant par la gauche les pointements rocheux qui accidentent cette crête. Puis cherchez vers la droite, derrière une crête hérissée de pitons granitiques. Vous êtes à l'aplomb du pont du Pertuiset. 

       C'est dans une très forte pente (photo) que vous finirez par découvrir une sorte de table rocheuse (soulignée sur la photo par un restant de neige). 

       Ne trouvez-vous pas ce site plutôt insolite pour un authentique dolmen ?

      Essayons de descendre devant le monument ; il vaut mieux avoir de bonnes chaussures pour arriver à se placer en face, et forcément en contrebas compte tenu de la déclivité. Difficile de prendre du recul : trop de broussailles.


  







  













  Sommes-nous vraiement en présence d'une oeuvre humaine ? Ou d'un chaos  de blocs éboulés depuis les pinacles granitiques voisins ? 
    La question se pose en examinant la position hasardeuse de la table sur les blocs qui la supportent (photo ci-dessous), et l'allure même du bloc de gauche, qu'on imagine difficilement choisi et dressé par des humains. D'ailleurs, lui-même repose sur quelque chose de chaotique....
             
                          
     
 
                     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Un coup d'oeil maintenant sur le matériel environnant : un granite diaclasé qui se débite naturellement en dalles plus ou moins épaisses et en blocs souvent parallélépipédiques.

       Certes, cela pouvait fournir à des humains les éléments d'une construction sommaire, mais pour quel usage ? Trop petit en tout cas pour une tombe ou un abri, de surcroît bien inconfortable....Sinon, lieu d'un culte ? Mais sur un site trop malcommode et difficile d'accès pour que des gens s'y rassemblent....             
                                                                        
    
  

 

        Pour ma part, je pense jusqu'à preuve du contraire que  c'est le hasard de chutes de blocs détachés des parois rocheuses qui a fabriqué ce dolmen, ce qui n'exclut pas qu'il ait été un site repéré de tous temps pour la qualité du tableau qui s'offre aux regards.

 

         Car, si escarpé qu'elle fût, la péninsule des Echandes a été occupée et aménagée jusque dans ses parties hautes comme en témoignent les murets que l'on peut observer

sur le versant nord, à proximité de l'itinéraire de montée, en gros à la limite floue mais réelle entre la hêtraie qui domine vers le bas et la pinède plus présente à l'approche de la crête.  


                                                                                                             
      C'est dans cette zone que se situe sur un petit replat, un peu en contrebas sur le côté nord de la  ligne de crête,  l'énigmatique structure courbe reproduite sur la photo de droite : peut-être le vestige d'un abri circulaire à la manière des bories : genre de ces constructions précaires dont on sait qu'elles peuvent dater de périodes pas tellement lointaines (entre le Moyen-âge et le 19ème siècle).

     Quant au dolmen, que chacun en pense ce qu'il veut.  L'essentiel est qu'il soit le but d'une belle et presque insolite promenade.
     Il a pu être aussi l'occasion de chantiers bénévoles de débroussaillage, opération nécessaire de temps en temps ; par exemple, en 1988, des jeunes animés par le Centre social d'Unieux, avec l'aide de la Municipalité, ont nettoyé les abords, et gagné ainsi de quoi participer au financement  d'un voyage en Corse. Comme quoi un dolmen, qu'il soit vrai ou imaginaire, peut-il se révéler utile à qui sait s'en servir....pour le tourisme par exemple. 

      Je précise : il vaut mieux avoir de bonnes chaussures, et se soucier d'accompagner les jeunes enfants, en raison des risques de chutes dans les escarpements qui dominent le méandre de la Loire. Quant au balisage, il y a bien çà et là de petites marques accrochées aux arbres, mais il faut être vigilant pour les repérer.

      Attention : les pique-niqueurs sont priés de ne pas laisser leurs déchets dans cette forêt encore indemne de ce genre de salissures.

BONNE PROMENADE !

René Commère.


                                                                                                                   

    


                                                                                                                      

 

 

 

Par René Commère - Publié dans : région de SaintEtienne
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Mardi 9 décembre 2008

Notre Dame de La Ricamarie (1980).

      C'est une nouvelle nef, avec ses dépendances, qui a été inaugurée en 1980. Celle de l'ancien édifice du 19ème siècle donnait au cours des années 70 des signes inquiétants de vétusté : des pierres et du plâtre étaient tombés de la voûte à côté des fonts baptismaux en 1976, la charpente était attaquée par les capricornes. Il fallut condamner l'accès aux zones dangereuses. Le 3 décembre, la commission consultative départementale de la protection civile conclut que le bâtiment devait être interdit à toute forme d'utilisation.
     
       Malgré un coût plus élevé que celui d'une réparation, il apparut aux responsables du diocèse, de la paroisse et de la municipalité qu'une nouvelle construction éviterait des problèmes ultérieurs d'entretien et de réfection du chauffage dans un bâtiment ancien. Elle permettrait en outre le réaménagement complet des abords, avec la création d'espaces publics et de logements neufs. Le clocher, construit en 1867 indépendemment du corps de l'église et solidement ancré sur un rocher, pourrait être conservé, à la fois comme symbole urbain et symbole religieux. Tel fut le projet présenté par l'architecte de la ville, Marion Ferraz, et largement approuvé par la population lors d'une réunion publique le 12 mai 1977.




à gauche, on voit la trace de l'ancien édifice.

A droite, le clocher et le parvis réaménagé 









La construction de 1980, comme à-demi enterrée dans la pente occupée par l'ancienne église, est assez discrète dans le paysage. Au moment de la prise de vue ci-dessus (novembre 2008), des travaux sont en cours sur la toiture. Au premier plan, dans l'herbe, les ouvertures triangulaires sont des entrées de lumière pour la sacristie.


L'entrée principale de la nef est séparée du clocher qui est utilisé par la ville comme dépôt mortuaire et sur les murs duquel ont été fixés les marbres commémorant les morts des deux guerres (photo de novembre 2008).

      La nef peut accueillir jusqu'à 600 personnes. C'est un bâtiment hexagonal en briques dans lequel la lumière du jour entre de tous les côtés par les bandeaux vitrés ménagés sous la toiture, et par des ouvertures vitrées latérales tournées vers le nord. Elles dirigent la lumière vers l'autel qui, comme dans l'ancien édifice, est situé au sud.

Côté sacristie, alliance de la brique, du verre et du béton ; mais c'est à l'intérieur qu'il faudrait voir aussi l'usage du bois en lamellé-collé pour les plafonds.

Au total, une architecture qui ne manque pas d'originalité, malgré certaines analogies de conception avec une des église construite dans les années soixante dans le nouveau grand ensemble de la Duchère, à Lyon.
 (nota - à la différence des nouvelles églises traitées dans le premier article, financées sur fonds privés, celle de La Ricamarie, étant antérieure à la loi de séparation de 1905, dépendait de la Municipalité.)
   
La chapelle du Christ-Roi, quartier de Gaffard, au Chambon-Feugerolles (années 50)













Un quartier résidentiel excentré, actuellement en expansion pavillonnaire. Il existait antérieurement une chapelle en bois. Grande simplicité architecturale de cette nef orientée vers l'ouest. Une jolie grille ornée à l'entrée.                                                                                                                    
      Peu d'informations sur l'histoire de l'église, dans laquelle est célébré en principe un office par semaine.
      Des travaux récents ont nettoyé et réaménagé les abords.


CONCLUSION PROVISOIRE
      Ces deux articles n'ont considéré que l'aspect architectural extérieur. Je prévois pour plus tard un dernier article illustré d'images intérieures.
       Etant donnée la diversité de ces réalisations assez proches les unes des autres dans le temps et dans l'espace, il me semblerait possible d'envisager la possibilité d'un parcours guidé et commenté sur les aspects locaux de l'art sacré, en complément éventuel ou occasionnel de la visite du patrimoine Le Corbusier. Ce parcours dans le 20ème siècle est-il pensable dans le cadre de "ville d'art et d'histoire ?
Notons qu'il y a aussi dans le val d'Ondaine une gamme intéressante de types architecturaux d'habitat social....
René Commère. Décembre 2008.   

Par René Commère - Publié dans : région de Saint-Etienne - Communauté : patrimoines
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Vendredi 28 novembre 2008

      La construction de ces  nouveaux lieux de culte catholique fut l'un des effets de la vigoureuse croissance démographique de l'après-guerre en val d'Ondaine, où l'on passa de 54945 habitants en 1946, à 71082 en 1968, année culminante après laquelle la tendance s'inversa sous l'effet des crises industrielles pour revenir à peu près en l'an 2000 l'effectif de 1946.

     Aussi pendant presque un quart de siècle, c'est en moyenne à 700 nouveaux habitants chaque année qu'il fallut procurer un logis ; comme on voulait en même temps compenser les démolitions d'habitats insalubres hérités du passé, la construction de nouveaux logements fut donc très active, surtout à partir de la fin des années cinquante. De nouvelles dispositions législatives en matière d'urbanisme, par exemple l'application de la notion d'utilité publique en faveur du logement, ou la mobilisation plus massive de crédits pour la construction,  favorisèrent la naissance de nouveaux quartiers, incluant les équipements publics désormais imposés en accompagnement de l'habitat. 

     

      Dans ce contexte, avec l'institution de nouvelles paroisses par les autorités ecclésiastiques, cinq lieux de culte ont été alors construits, leur financement étant assuré par des dons et des souscriptions privés :

- en 1950, l'église de Cote Quart à Unieux, Saint Paul sur Ondaine ;

- en 1959, celle du "Bon Pasteur", cité de la Romière, au Chambon-Feugerolles ;

- en 1962, Notre Dame de Nazareth, quartier des Planches à Unieux ;

- en 1963, Notre Dame de Cotatay, au Chambon- Feugerolles 
- vers 1955, la chapelle (non consacrée) de Gaffard, au Chambon-Feugerolles.   

     Un sixième édifice, encore en chantier en 1980, ne sera pas traité dans cet article en raison de son histoire exceptionnelle et de l'abondance documentaire dont il fait déjà l'objet, était l'église de Le Corbusier pour Firminy-Vert, dont la première pierre fut posée en 1970 mais qui n'a été terminée qu'en  2006 ; retardé puis refusé par l'évêché parce que trop coûteux, l'édifice projeté fut remplacé par une chapelle provisoire au cours des années 60 ; celle-ci est maintenant démolie. Retenons que dans la vallée, le béton n'a pas attendu Le Corbusier pour servir l'art sacré ; certains architectes, notamment ceux de N-D .de Cotatay, et de La Ricamarie, ont su lui vouer conjointement d'autres matériaux (métal, bois, verre...).

      Dans le cas de l'église de N.D. de La Ricamarie, il s'agit en fait d'une reconstruction. Menaçant ruine, et trop fragile pour être restaurée, on lui préféra en 1980 un nouvel édifice mais en conservant l'ancien clocher, auquel les Ricamandois restaient attachés comme symbole historique de leur centre-ville.


                                                                     -------------------------------------------------------------

    
Cet article n'a d'autre but que de proposer un regard sur des édifices certes modestes, mais dont la marque architecturale du 20ème siècle tient sa place dans le paysage urbain. Notons qu'à l'exception de N-D. de Nazareth (et de même de Saint Pierre de Firminy-Vert), l'orientation des nefs ne s'accorde nullement aux vénérables règles canoniques....

 

Nota : toutes les photos ont été prises par moi-même en 2008.

 

UNIEUX

 

L'église de Côte-Quart (Saint Paul en Ondaine), 1950.



Côte Quart est un quartier serré entre les usines héritées des anciennes aciéries de Firminy et le versant de la vallée.
Très modeste d'apparence, Saint Paul (1950) ne manifeste aucune recherche de monumentalité et n'expose sur la rue que de discrets et nécessaires symboles : une simple croix, et  un semblant de clocher. Une partie de l'édifice, allongé au bord de la rue Jean-Jacques Rousseau (à l'angle de la rue Lénine), prolonge l'alignement de maisons d'habitation auxquelles il est accolé. Il s'en distingue d'ailleurs à peine si on va le voir sur l'autre face, du côté du "pré du curé" (photo ci-dessous), d'où le clocher, n'est même pas visible au-dessus de la toiture.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Notre Dame de Nazareth (1962) est la plus spacieuse des trois églises d'Unieux.

Mais il faut la découvrir, car elle n'est ni sur une place ni sur une voie publique, mais dans un enclos et comme dissimulée derrière la maison du presbytère.  Devant le panneau d'entrée, on la voit à peine.

 

 

 

 


















 








Géométrie simple et rythmée du béton, appareillage de pierres pour l'entrée et le clocher, grandes verrières, toit à double pente mais dont l'excessive banalité est masquée par le mur dans lequel s'ouvre le porche.


LE CHAMBON-FEUGEROLLES

 Le Bon Pasteur (1959)

(cité de La Romière)

 

 

 

 

Paroisse créée en 1952, mais le culte était célébré dans une ancienne usine, jusqu'à la construction de l'édifice sur un terrain anciennement industriel situé à côté de la spacieuse place principale du quartier ( place Louis Pasteur). Cette place est fermée côté sud par le groupe scolaire construit en 1939-41 sur lequel on lit que "l'ignorance est la plus grande maladie du genre humain".

nef tournée vers l'ouest. Grandes ouvertures latérales.
Architecte : Jean Farat


Notre Dame de Cotatay (1963).
Ce modeste sanctuaire situé en bordure de la rue Benoit Frachon (ancienne R.N.88), à 2 km du centre ville,  ne manque pas d'originalité. Il a été conçu par l'architecte Joseph Belmont selon un plan simple.

(J. Belmont était alors architecte en chef des résidences présidentielles. Il avait réalisé l'ambassade de France au Japon. Il devint par la suite l'un des grands architectes officiels de l'Etat, et président de l'Etablissement public de la Défense, à Paris. Il est décédé en mars 2008). 
Cette église est mentionnée page 147 dans le guide d'architecture du 20ème siècle en Rhône-Alpes, éditions L'Equerre, 1982. 


Du côté ouest, d'amples verrières polychromes éclairent la nef, particulièrement illuminée par les après-midi ensoleillés ; avec ses vitrages de la paroi orientale, le sanctuaire s'offre aux regards comme une maison de verre. Sur la charpente métallique légère portée par une armature en béton, la couverture en cuivre doublée de lamelles de bois se divise pour laisser place à un faîtage en plastique translucide. De sorte qu'au fil des heures et des saisons, l'éclairage naturel joue diversement sur l'élégante simplicité du décor intérieur. Au dehors, face à l'entrée située à l'est, c'est une sobre et légère structure de béton qui fait office de campanile.                                                      

Vue depuis la rue Benoit Frachon.                               côté ouest : verrières







                                                                                       
Par un matin ensoleillé, le vitrage oriental réfléchit le campanile dans une image qui se superpose à celle de la nef.
A suivre.
René Commère.

Par René Commère - Publié dans : région de Saint-Etienne
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