Dimanche 23 novembre 2008

      Il n'est pas fréquent de trouver côte à côte en pleine ville deux modèles aussi contrastés d'urbanisme des années 50-70.

     Les Appelous eux-même n'en ont guère conscience lorsqu'ils  passent de l'un à l'autre, à quelques mètres de distance - de part et d'autre de la rue Louis Blanc - , sans s'interroger sur les idéologies opposées qui les sous-tendent.

 

       Il serait bon de lire cet article comme un contrepoint de celui qui a décrit la Place du Centre (3 octobre), héritée du premier plan d'urbanisme (1955-65) de M. Claudius-Petit.

     

      C'est dans un esprit diamétralement opposé qu'à partir du milieu des années 70  la municipalité de M. Théo Vial-Massat entreprend de remodeler de fond en comble la partie du coeur urbain située entre la rue Jean Jaurès et la voie ferrée, laissée à l'écart de ce premier plan d'urbanisme.

     

      Mais rappelons les principales raisons de l'opération :

 

1 -  il fallait continuer l'éradication d'îlots insalubres et de taudis, prévue par le deuxième plan d'urbanisme (1965-75) adopté sous le mandat de Claudius-Petit ;

2 - il a fallu dégager de la place pour l'autoroute, dont le chantier est déjà bien engagé en 1976 ; on a fini de démolir en 1974 le quartier devant la gare, puis les maisons bordant l'ancienne rue du Champ de Mars.

 

 

devant la gare, pour faire place à l'autoroute, les derniers immeubles restant à démolir. Ce sera fait en 1974. Barre de Firminy-Centre en arrière-plan.

   avant les dernières démolitions aux abords de l'autoroute (au fond, la tour du "Vivarais" : la dernière de Firminy, achevée en 1974).                             

   

 

 

3 -  commencé avec la réalisation de Firminy-Centre, l'élargissement de la rue Jean Jaurès sur son côté nord doit se poursuivre en direction du Mas. Les dernières démolitions datent de 1978 : magasin Guyot, cinéma Palace. Il ne s'agissait pas toujours d'immeubles insalubres et irrécupérables.                                                                                                                                     

  de 1973 à 1975 les démolitions progressent ; elle atteignent la salle de la Plantée  (derrière l'immeuble du premier plan en 1973 )                                                                                                                                                             

 

La reconstruction commence dès 1979.

 

     Dans les bulletins municipaux, M. Vial-Massat déclarait vouloir en finir avec un "urbanisme trop brutal" comme celui de Firminy-Vert, des tours du quartier Saint Pierre, et de la place du Centre avec sa grande barre de douze étages. Pour la rénovation du centre, on oubliera la Charte d'Athènes, pour un retour à un urbanisme traditionnel, prétendument plus consensuel, en recréant un paysage de rues, de placettes, de toitures à double pente en tuiles  de façades devant-derrière, (il y aura donc des fenêtres au nord). Toutefois, on maintiendra le long de la rue principale l'idée d'une galerie marchande abritée.  

 

  

Le nouveau quartier de "La Plantée" vu depuis le parking de la gare. Au premier plan, la couverture anti-bruit de l'autoroute.

Pas de grande barre comme celle de Firminy-Centre qui se dresse à l'arrière-plan, ni de ces tours bannies de l'urbanisme depuis une certaine circulaire du ministre Guichard (1972). Mais sous des toitures plus "traditionnelles",  on a quand même densifié avec des immeubles de 7 - 8 étages. 

Enfin, ces balcons et fenêtres orientés au nord sont en contradiction avec les recommandations de la charte d'Athènes... et avec l'exemple donné par l'immeuble de la place du centre, à l'arrière- plan.

 

 

Entre les immeubles une placette vraiment sans ampleur, envahie par les voitures  en dépit du panneau qui la désigne (on le voit au loin au-dessus du toit de la voiture de gauche).

 

"La Plantée" ?

 

Une ancienne et vétuste salle de spectacles du quartier. On y a encore donné des représentations avant la mise en service de la Maison de la Culture en 1967.

 

Seul élément identitaire pour laisser trace d'un passé sans doute déjà ignoré des nouvelles générations.

 

Seule référence à une "tradition" déjà bien effacée après une génération.  

 

R. Commère

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par René Commère - Publié dans : région de Saint-Etienne
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Mardi 21 octobre 2008
       Par cet article, je voudrais signaler la série de cinq "pages" que je viens d'éditer dans ce même blog (lunieutaire.over-blog.com) à propos de la reconnaissance patrimoniale de l'oeuvre de Le Corbusier à Firminy, et donner aux lecteurs éventuels la possibilité de s'exprimer par des commentaires, ce qui n'est pas possible dans le format "page". 
      
     A peu de variantes près, j'ai reproduit le texte d'un chapitre qui m'avait été demandé par François Tomas pour son ouvrage  : "Variations autour du patrimoine - un cas d'école : le Forez" (publications de l'Université de Saint-Etienne, 2004). Ouvrage que je recommande d'ailleurs très fortement au public cultivé s'intéressant aux questions de patrimoine, de gestion des espaces publics, d'urbanisme, de tourisme, de protection des sites, voire de développement durable.
    
     François Tomas  
     Arrivé au terme de sa brillante et féconde carrière universitaire, fort de tous ses travaux de recherche et de tous ceux des étudiants qu'il avait dirigés sur l'histoire et la géographie du département de la Loire, nourri de son expérience d'adjoint à l'urbanisme à Saint Etienne, et de Directeur de l'école d'architecture, François Tomas venait d'obtenir du ministère la création à l'Université de Saint Etienne d'un l'institut d'études destiné à former des spécialistes et praticiens de haut niveau sur les questions d'identification, de gestion, de valorisation des patrimoines. Cet institut, l'IERP, forme avec succès chaque année des étudiants au niveau du troisième cycle (DEA). On trouvera à son sujet de plus amples informations, sur le site de l'Université de Saint Etienne.  
      Brusquement emporté en septembre 2003 par une maladie foudroyante, il avait réussi à écrire ses "Variations", à l'approche de la retraite, particulièrement à l'intention des étudiants auxquels les exemples vécus en Forez pourraient apporter des éléments de réflexion et des repères méthodologiques. 

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     C'était pour moi un honneur d'être invité à y participer en ce qui concerne Le Corbusier à Firminy, avec en arrière-plan l'interrogation suivante, sous-jacente à l'ensemble des cas traités dans l'ouvrage : qu'est-ce qui définit un patrimoine, et peut conditionner sa reconnaissance en tant que tel ?
      Le milieu stéphanois et ligérien constituait un bon terrain pour cette étude, dans la mesure où beaucoup d'éléments reconnus à la fin du siècle pour définir des villes ou territoires "d'art et d'histoire" n'étaient l'objet d'aucune considération quelques décennies plus tôt. Questionnement  d'autant plus pertinent lorsqu'il s'agit, comme c'est fréquemment le cas en région stéphanoise, d'oeuvres du 20ème siècle ne bénéficiant pas du prestige d'une grande ancienneté historique.
        
      A cette occasion, je voudrais signaler aussi le très bel ouvrage paru en 2008 : "Firminy, Le Corbusier en héritage", réalisé par différents auteurs universitaires et magnifiquement illustré (publications de l'Université de Saint-Etienne).
    
      Les différents édifices corbuséens y sont analysés, dans leur réception, leur histoire, leur devenir, leur fonctionnement ; il faut voir en particulier, les études conduites par Christelle Morel-Journel et Loïc Etiembre sur la maison de la culture, et par Vincent Veschambre sur l'Unité d'habitation. Une partie : "du conflit au consensus", replace les denières décennies de l'histoire apppelouse dans le contexte de la désindustrialisation et de nouvelles stratégies territoriales qui dépassent le seul cadre géographique appelou : il suffit pour comprendre cette notion d'évoquer des cadres qui n'existaient pas au moment de Claudius-Petit, comme Saint-Etienne Métropole ou Rhône-Alpes, et qui introduisent de nouvelles échelles dans les conceptions territoriales et patrimoniales.
     Sont inclus dans l'ouvrage deux DVD : l'un retraçant l'évolution du chantier de l'église (filmée par une équipe de l'école d'architecture), l'autre basé sur des interviews des principaux acteurs de cette réalisation.


 
Par René Commère - Publié dans : région de SaintEtienne - Communauté : patrimoines
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Mercredi 8 octobre 2008
    Flanquée d'un métallique tribut aux transmissions électro-magnétiques, la madone de Poix, ou Notre-Dame du Chambon, domine, surveille ou protège le centre de la ville. Ses bras généreusement ouverts répondent aux mains implorantes de Notre Dame de Cotatay.
   
   D'où une plaisanterie familière que vous confirneront peut-être d'ironiques chambonnaires : alors que la vierge de Cotatay prie en se disant : "que les gens d'ici sont bêtes ! ", l'autre répond, laissant tomber ses bras : "Mais qu'est-ce que j'y peux ?"
   
  On atteint ce haut lieu, perché sur le rebord du plateau de grès qui borde la rive droite de l'Ondaine, par la seule route (D 10) qui l'escalade en direction de Roche la Molière ; mais il ne faut pas tarder à la quitter vers la droite, en direction de Poix (et d'un lieu dit au nom pittoresque : "Tailllefer au coq"), par un étroit chemin goudronné, en pente raide. Un lacet serré,  et l'on arrive. On est passé de 515 à 600 mètres d'altitude.
   
     Certes, la vue est étendue, en direction des pentes de la retombée du plateau du Velay. C'est l'abrupt adouci de la faille dite du Pilat, qui délimite au sud le bassin houiller. Micaschistes, gneiss et granites du Velay septentrional sont entaillés par les ravins du Cotatay et du Valchérie (ce dernier n'est pas sur la photo).
Une petite déception pour la lecture du paysage : à la différence de ce que j'avais pu observer et photographier il y a dix ou quinze ans (voir l'article du 7 juillet : "opération table rase au Chambon- Feugerolles"), la profusion végétale du premier plan a masqué à peu près totalement le fond de la vallée, et évidemment le centre-ville, totalement invisible. Le château d'eau de l'ancienne cokerie aide à situer la zone d'activités de la Silardière, dont par ailleurs on ne perçoit  que quelques terrasses d'édifices difficiles à identifier.

Finalement, on prend  ici conscience :
- de la faible largeur à cet endroit du ruban urbanisé dans le val d'Ondaine : 1300 à 1500 mètres,
- et de son encadrement champêtre et forestier, à l'assaut duquel sont montés quelques lotissements, à la faveur de pentes plutôt douces, et malgré une situation tournée vers le nord.

Marchant vers l'est à travers champs sur le rebord du talus, j'ai cherché s'il y aurait d'autres points de vue, mais en vain : l'écran des taillis et bois ne laisse place à aucune trouée. On imagine le chemin en balcon qui pourrait être aménagé (voir ci-dessous)....

Enfin, à presque deux kilomètres à l'est, bien au-delà du hameau de Poix, une ouverture. Un chemin récemment élargi et sommairement empierré amorce une descente vers le val. Allons voir : 100 ou 200 mètres seulement pour élargir le panorama.   


De là, c'est vers La Ricamarie que la vue s'étend, jusqu'au massif du Pilat,  et   vers les hauteurs du sud stéphanois qu'on devine tout-à-fait à gauche.


De plus près, grâce au zoom, voici une partie de la zone d'activités de Pigeot-Montrambert, là où l'on extrayait autrefois le charbon. On voit qu'il reste de l'espace à occuper, bien desservi par une voierie confortable (voir l'article de ce blog sur la reconversion des anciens sites industriels et miniers).
On repère plus loin le viaduc autoroutier franchissant la vallée de l'Ondenon, mais on distingue plus difficilement les différentes parties de la ville, dont le centre reste en dehors de l'image. Voir aussi le pylone du Guizay, qui se dresse dans l'axe de la grande rue de Saint-Etienne. Même remarque que précédemment au sujet des lotissements  sur le côté sud du val d'Ondaine. 
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Mais revenons en arrière en quête d'un point de vue sur le Chambon-Feugerolles....
A 800 m. à l'ouest de la Madone, voici un bon chemin piétonnier descendant vers la ville : il ouvre enfin des perspectives sur le centre.
Il suffit de faire quelques dizaines de mètres.  Autour de l'élégant clocher "classique" de Saint Clément, voici au sud une partie du centre. En arrière, la cité de la Romière et son église dont on distingue clocher tout-à-fait à droite. A gauche, des voitures sur l'autoroute qu'on perçoit en tranchée. 
  



Regardons plus à gauche, vers le sud-est  : c'est la partie du centre ville reconstruite pendant les années 80, à la place d'un quartier où prédominaient la vétusté et le taudis, image disparue de la "rue sans joie" stigmatisée dans les années cinquante.
Au-delà, l'entrée du ravin du Valchérie, dont les eaux arrivent claires sur la place principale du centre ville. Culminant au milieu des arbres qui coiffent le versant à gauche (à l'est) du ravin, le château médiéval de Feugerolles se fait extrêmement discret dans le paysage.

Moralité en deux points : 
1 - Le belvédère ne tient pas les promesses que l'on pourrait en attendre du fait de son site exceptionnel. Un problème d'élagage. Plus tard, une table d'orientation ? Des panneaux de "lecture du paysage" ?
2 - Un cheminement serait possible sur ce rebord de plateau, agrémenté de quatre ou cinq belvédères ouvrant sur le val d'Ondaine des perspectives multiples et variées ; un parcours aérien, en somme. Au passage, il faudrait peut-être déranger quelques ruches entrevues près de l'orée du bois. Ainsi cet ensemble de beaux sites prometteurs serait-il aménagé en un agréable espace public, à quelques minutes de promenade du coeur urbain, et cela, je suppose, avec peu de moyens. Il yaurait même peut-être du bénévolat quelque peu écolo pour créer une promenade économe en carbone...
Il suffirait d'y penser...

René Commère, reportage inédit (photos comprises)  du 7 octobre 2008..
Par René Commère
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Vendredi 3 octobre 2008

     Comme éclipsée par la renommée du patrimoine Le Corbusier et de Firminy-Vert, je vous invite à découvrir et à comprendre, en plein centre ville, cette place étonnamment discrète, presque cachée au visiteur et que rien n'incite ni n'invite à découvrir : pas de parking puisqu'elle fut conçue pour que les voitures n'y aient pas accès, ni de commerce, ni de terrasse de café. A l'écart des cheminements piétonniers les plus fréquentés dans les rues adjacentes (rue Jean Jaurès, rue de la gare), c'est un havre surprenant de tranquillité, presque de solitude, à quelques mètres seulement de l'animation de la Place du Breuil et du nouveau parvis de la gare.














Voici l'une des trois entrées, pour piétons exclusivement car il faut descendre quelques marches à partir d'un passage ouvrant sur la rue Jean Jaurès.
A droite, une barre d'habitation dont la partie centrale, achevée en 1956, comprte 122 logements HLM. A gauche, des bâtiments administratifs dont l'autre face borde la rue de la gare.
Au centre, l'ombrage accueillant d'un marronnier. 

     Ce dispositf appelle des explications, qui ont été données par M. Claudius-Petit dans un numéro de 1968 de la revue "Urbanisme".

     Il rappelle que dans les années cinquante, la pauvreté et la pénurie de logements appelaient une politique volontariste d'urgence....En plein centre ville, l'emplacement d'une ancienne usine fut affecté à la première réalisation d'un plan de modernisation qui devait apparaître comme le symbole du futur remodelage de la ville. 
     "Tout l'ensemble du quartier fut étudié dans les diverses hypothèses du tracé de l'autoroute...La qualité du sol permettait de construire en hauteur,  c'est-à-dire à la fois d'édifier des logements, et d'aménager une place tranquille pour les promeneurs et les enfants....
     "Le premier immeuble de 122 logements est conçu de telle sorte que sur chaque palier s'ouvrent la porte d'un appartement d'une pièce, d'un appartement de deux pièces, d'un de trois, et d'un de quatre ou cinq pièces, tous dotés du chauffage central, de la distribution d'eau chaude et de vide-ordures....Pour la première fois dans la vallée de l'Ondaine, des logements normalement équipés étaient mis à la disposition de familles ouvrières.     
     Sur le deuxième côté de la place s'installèrent la sécurité sociale, les services financiers, le commissariat de police : commodité pour la population - le bureau de poste est à côté et la gare à 60 mètres - et meilleures conditions de travail à ceux qui abandonnaient des bureaux sans lumière. La réorganisation de la ville était commencée".

 

 












"C'est une vraie place, construite pour le plaisir des yeux et l'agrément de tous dans un respect rigoureux d'une géométrie dimensionnée. Les dalles, les emmarchements, le carré de pelouse, les deux rectangles de fleurs, le marronnier planté en un point défini, tout concourt à une harmonie apaisante...La beauté entrait dans la ville".
 

   Sur le côté nord, une terrasse surélevée au-dessus des garages ouvre une vue dominante sur la gare, le site d'une  production métallurgique (c'était alors l'Usine de l'Ondaine de la CAFL), restée active jusqu'à  nos jours après la faillite et la désintégration de Creusot-Loire. 

      Finalement, un héritage des années cinquante, plus chargé de significations qu'on ne peut l'imaginer au premier abord : concilier en centre ville la nécessaire densification de l'habitat,  et l'ouverture d'espaces publics de qualité.
     Convenons toutefois que malgré ces qualités structurelles, cet espace manque quelque peu d'animation, et reste finalement peu fréquenté...mais ce n'est peut-être pas plus mal pour les habitants qui en bénéficient sous leurs fenêtres.


                                                                          R.C.

Par René Commère - Publié dans : région de Saint-Etienne - Communauté : patrimoines
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Lundi 15 septembre 2008






















               
            Le belvédère est aisément accessible pour les véhicules légers. :
     - soit en passant par le très sinueux "chemin de Marseille au Pin", qui se prend en haut de la rue Joliot Curie : une voie étroite mais pittoresque qui ressemble à un chemin de montagne,
     - soit par la route du Pin, plus rectiligne mais non moins raide ; peut-être accessible à des bus pas trop gros, mais avec précautions. 
     La dénivelée n'étant que d'environ 100 mètres (de 460 en bas du versant à 579 m. sur le site), la montée  pédestre est facile par le cimetière de Fraisses.

    Depuis quelques années, le site a été aménagé avec panneaux et tables d'orientation, dans le cadre des actions de valorisation paysagère de Saint Etienne Métropole.
     Le premier aménagement de ce site remonte à l'installation d'une statue de la vierge Marie, le 24 octobre 1948. Une inscription discrète sur le côté du monument précise qu'il fut inauguré en présence du Cardinal Gerlier, archevêque de Lyon (le diocèse de Saint Etienne n'existait pas encore). Voilà donc soixante ans que la vallée de l'Ondaine est "sous protection".
















     De là, une inscription énumère les onze clochers que l'on peut repérer ; il manque évidemment à la liste l'église de Le Corbusier à Firminy, terminée en 2006, mais aussi au Chambon-Feugerolles, l'église du Bon Pasteur de La Romière, datant des années soixante.
     De là, aussi, le visiteur peut se remémorer les grandes figures de l'ère industrielle, du moins celles des capitaines d'industrie de la métallurgie, ceux qui ont apporté dans la vallée leur remarquable esprit d'invention et d'innovation. Famille Holtzer, et Félix Verdié, fondateurs des aciéries d'Unieux et de Firminy ; Félix Dorian, qui fut aussi député républicain de la Loire à la fin du Second Empire et même ministre de la défense Nationale pendant le conflit de 1870-71 ; James Jackson, appelé d'Angleterre par Napoléon Premier pour apporter de nouveaux savoir-faire dans la production d'acier, et dont les usines prospérèrent sous la Restauration au Chambon-Feugerolles et dans la vallée du Gier ; Benoît Fourneyron, inventeur de la turbine hydraulique grâce à laquelle on démultiplia dans le monde entier la production d'énergie à partir de la force de l'eau ; Georges Claudinon, fondateur de l'aciérie du Chambon-Feugerolles.
     Par leurs implantations industrielles, concurremment avec les mines de chabon, ils ont façonné les paysages et l'organisation spatiale de la vallée. Si beaucoup de leurs établissements ont disparu avec la grande crise de la fin du 20ème siècle, on peut encore en déceler maintes traces dans le territoire actuel.
     Mais les vues très générales du panorama ne permettent pas de bien les repérer. c'est toutefois ce que j'ai essayé de faire sur la photo suivante.

  

      Un trait jaune encadre au premier plan ce qu'il reste d'une partie des anciens établissements Holtzer, c'est-à-dire les extensions réalisées au 20ème siècle dans l'ancien parc du château Dorian (grignoté aussi par un stade dont on voit la tribune au premier plan). Une partie de ces ateliers sont encore utilisés par diverses entreprises métallurgiques ou para-métallurgiques.
     Au secon plan est encadré le site des anciennes aciéries de Firminy, dominé au milieu par la tour de trempe (voir les articles de ce blog à son sujet) ; à droite, l'aciérie fonctionne toujours ; à gauche, les installations autour du laminoir à froid aujourd'hui tombé dans le giron d'Arcelor Mittal. L'ensemble est la partie la plus représentative de ce qui a été le site de Creusot-Loire-Ondaine et avant de la CAFL (voir son histoire dans mon livre "Mémoires d'acier en Ondaine", presses de l'Université de Saint-Etienne, 2000).
     Au fond de l'image, une des forêts de l'Ondaine et (encadrée) en arrière, la décharge contrôlée du Pâteux qui récupère et traite aussi écologiquement que possible une grande partie des déchets de la région.
























    Autre élément du patrimoine industriel repérable depuis le belvédère : le site fondateur des aciéries Holtzer, installées en 1832. La maison marquée "1833" a été la première habitation de Jacob Holtzer et a abrité les premiers bureaux de l'entreprise. On lit encore la date sur le linteau de l'édifice. A gauche, le bâtiment sombre marqué "CA" est l'une des casernes ouvrières construites au 19ème siècle à côté de l'usine. Au milieu, le pavillon d'entrée du parc du château Holtzer, construit en 1862-63 ("CH" sur la photo). Au premier plan, au-delà de la rangée de peupliers, la voie rapide des années 1990 qui a été réalisée à l'emplacement d'anciens ateliers (laminoirs, forge, etc...) de l'aciérie.

    Pour finir, la vue générale d'Unieux, étagé sur ses collines et dans la plaine de l'Ondaine. La douceur des reliefs tient au fait que l'érosion les a façonnés dans des roches sédimentaires peu résistantes du grès houiller, datant de l'ère primaire. Mais les hauteurs du Dorier et les versants plus raides des gorges de la Loire sont redevables de leur vigueur aux roche du socle précambrien  (granites, gneiss et michaschistes) qui constituent le tréfonds général du Massif Central. On peut percevoir, écornant le versant qui s'abaisse vers la gauche de la photo vers les gorges de la Loire, la carrière que exploitait ces roches très résistantes. 

      Voilà donc l'un des endroits qui se prêtent à une lecture de paysage prenant en enfilade l'ensemble du Val d'Ondaine et des reliefs qui l'encadrent.
Bonne visite...si le coeur vous en dit.
                                                                René Commère.
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Jeudi 11 septembre 2008

     Revenant de vacances, j'ai pris un moment dans la fraîcheur du soir pour marcher dans Firminy comme si j'étais un visiteur ne connaissant rien de la ville. Je voulais aller de la gare vers le site Le Corbusier, de renommée internationale.

     Disons tout de suite que pour l'automobiliste, la question ne se pose pas : la signalétique est convenable, quelle que soit la provenance. De même pour qui arrive par un autobus des transports urbains : depuis quelques mois, les autobus de la ligne venant de Saint Etienne ont leur terminus à l'église Le Corbusier.

      Mais c'est le piéton (ou routard) arrivant en chemin de fer qui aurait besoin d'être mieux orienté.

     A la gare, aucune information, aucun plan, aucun indice dans le paysage, même si pour atteindre le vaste parvis aménagé devant elle, il a fallu emprunter la passerelle qui enjambe les voies. 
      Traversons le parvis : voici une sorte de gare routière, terminus de plusieurs lignes locales dont les horaires et les itinéraires sont affichés. Mais aucun plan de la ville.
     Existe-t-il un OFFICE DE TOURISME, comme on en trouve généralement dans les centres des villes et à proximité des gares ? Aucune indication !
                                                                                                                                               
     De ce parvis, où aller sinon gagner le centre ville par l'avenue de la gare ? 

     En marchant, interrogeons le paysage (photo ci-jointe). Seulement cet intéressant et hétéroclite assemblage de formes géométriques : blocs paraléllipipédiques modernes, clocher pointu, fronton triangulaire, colonnade basique..

      Bureau de poste, quelques commerces, mais toujours pas d'information.  Dans certaines villes même peu touristiques, des itinéraires piétons ont été balisés : ce n'est pas (encore) le cas ici.



     En moins de deux minutes, nous voici sur la grande place du Breuil, encombrée de tôles peintes, dominée par  l'harmonieuse façade néo-gothique de saint Firmin ; s'il y a des marques du 20ème siècle, c'est la sommaire géométrie des tours que l'on devine en arrière-plan, et sans doute la boule en acier inoxydable offerte jadis à la ville par la métallurgie locale.   




     C'est peut-être ici qu'on trouvera un plan ? Il y a bien de chaque côté des panneaux Decaux, mais ils n'affichent visiblement que de la publicité (lumineuse la nuit !)

    Enfin, au revers de l'un d'eux, un plan de la ville.
.                                                                                        
   













      Mais quelle idée de le rendre inaccessible, comme un objet inutile en partie masqué par une poubelle géante, elle-même reléguée dans un coin sombre derrière un caisson technique fâcheusement mal placé. Bravo pour le sous-sous-chef urbaniste de la ville !

      Bien sûr, le plan a sans doute été affiché là pour les gens qui ont garé leur voiture sur la place. Quant au piéton arrivant de la gare ou de l'arrêt d'autobus, il ne lui reste qu'à découvrir par lui-même la trop discrète mention : "plan au dos" peinte sous l'affiche publicitaire. car c'est intelligent et perspicace, un piéton !

    Plus loin, car je pense que notre piéton a fini par demander son chemin, et a pu de la sorte apprécier la cordialité légendaire de l 'Appelou, le voici place Marquise.














      Enfin un plan accessible !
      Mais utile ? Pour l'Appelou averti, il se révèle faux sur trois points :
1 - Le : "Vous êtes ici" est mal situé : j'ai marqué d'une croix l'endroit réel ; c'est important car c'est seulement de là qu'on peut voir le carrefour des rues qui aboutissent place Marquise, et donc poursuivre sereinement son chemin..
2 - la représentation de l'îlot bordant au nord la rue Laprat (tracé courbe) est fausse : le passage biscornu indiqué n'existe plus, remplacé par un passage piétonnier rectiligne qui devrait être situé plus à droite sur le plan.
3 - Il y a belle lurette (2001) que l'Office de tourisme n'est plus à l'endroit indiqué (Mairie !).. 

     Il faut donc à nouveau demander son chemin....ou y  aller à l'intuition si l'on a le sens de l'orientation....Car de là, on ne voit toujours rien du site Le Corbusier, en raison de la courbure des  rues qui y mènent ( par héritage d'anciennes voieries,  et non par volontarisme d'urbaniste) !                                                                                   R.C.                







    

Enfin ! Il ne reste plus qu'à consacrer à la visite le temps nécessaire (ce qui laisse le temps d'une promenade dans Firminy-Vert : voir sur ce sujet un autre atricle de ce blog). Une demi-journée n'est pas de trop, sous la conduite de guides jeunes et compétents. Sur place, la signalétique donne toutes les indications utiles...Que le visiteur se souvienne de la notion de "promenade architecturale" chère à Le Corbusier : à la différence de ce qui se faisait ordinairement dans les villes du 19ème siècle, un édifice comme les voulait l'architecte ne se réduit pas à une façade ornée donnant sur la rue ; il est un volume autour duquel il faut marcher pour le découvrir sous différentes perspectives. ses oeuvres à Firminy en donnent une magnifique illustration. Bonne visite !  
                                                                                                                    R.C.
                           
       photo : vue partielle des façades ouest et nord, dans la lumière d'un soleil couchant de septembre. La façade ouest est la seule de l'édifice qui soit entièrement verticale. En avant, le porche. Plus haut, le canon de lumière (10 09 2008). Copyright Fondation Le Corbusier

Par René Commère - Publié dans : région de Saint-Etienne - Communauté : patrimoines
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Vendredi 11 juillet 2008
     Quittez le val d'Ondaine et Unieux en direction de l'ouest : un changement radical de paysage vous attend dans les gorges de la Loire, au lieu-dit Le Pertuiset. 
     Jusqu'en 1989, le contraste avec la vallée industrielle qu'on laissait derrière soi était d'autant plus fort qu'on débouchait dans les gorges par un étroit tunnel. C'est encore le cas si l'on passe par le chemin de fer (ligne Firminy-Le Puy en Velay).
     La construction d'un nouveau pont sur le fleuve s'est accompagnée depuis vingt ans de l'ouverture d'une large tranchée pour ouvrir le passage à une circulation routière plus intense en direction d'Aurec et des plateaux de l'ouest forezien
.
     Le pont traverse le lac de retenue du barrage de Grangent, mis en eau en 1957 :
ce qui fut comme un sacrifice en faveur de la production électrique, car les berges de la Loire sont devenues moins accueillantes, alors que jadis, elles étaient pour les habitants des villes industrielles voisines un lieu de loisirs et de baignades.     
     Restent les paysages d'une nature encore intacte : une grande partie des versants encadrant le fleuve, classée en espaces naturels protégés, offre de nombreux itinéraires de randonnées.
      Le pont actuel date de 1989. Deux autres l'ont précédé depuis 1842.  Auparavant, ce sont des  barques de passeurs qui faisaient traverser la Loire, non sur le site actuel, mais plus en aval, au confluent de l'Ondaine du fleuve, ou plus en amont, à Saint Paul en Cornillon.
    Ce pont suspendu fut parmi les premiers de ce type construits en France : dans son ouvrage de 1850 sur la géographie de la France, Jules Verne l'a représenté comme l'un des symboles du progrès scientifique et technique.    
    
      La portée était de 100 mètres, la largeur de 2,20 mètres. 
     Pour accéder au pont, il fallait traverser l'obstacle rocheux qui séparait encore à cet endroit la vallée de l'Ondaine et celle de la Loire. Le tunnel fut alors percé par des mineurs. Le pont fut à péage jusqu'à son rachat en 1884 par le Département.
     En 1934, ce pont se révéla insuffisant pour faire face à l'augmentation du trafic. Par exemple, pour l'emprunter, les autocars faisaient descendre leurs passagers car il fallait alléger au maximum le véhicule. Des images de l'époque rappellent aussi que la chaussée étant trop étroite, un côté du car devait rouler sur le trottoir.
     On consolida donc les piliers, on renforça les câbles qui furent, du côté est, ancrés dans le versant au-dessus du tunnel. Un tablier métallique remplaça le tablier en bois.


     




    En 1987, il s'avéra que les câbles d'acier étaient devenus cassants et donc fragiles en cas de gel intense. Le pont devenait donc dangereux, surtout en hiver. D'autre part, il ne pouvait être autorisé au passage des poids lourds, auxquels s'imposait un long détour par Saint Just-Saint Rambert pour accéder au plateau de Saint Bonnet le Château. 
     C'est donc dans une relative urgence que le Conseil Général du département dut décider de construire un nouveau pont. Il fut demandé aux entreprises de prévoir une étude architecturale d'insertion dans le site. 
     Le projet retenu fut apprécié pour son aspect innovant : un pont suspendu haubanné, porté par un seul pylone de béton précontraint (hauteur : 48,5 mètres) enjambant la chaussée. Cela constitua ultérieurement un modèle pour le pont de Normandie. 
      Inauguration le 28 janvier 1989, sous le nom de "pont du bicentenaire". 
      Un ouvrage désormais accessible aux poids lourds, ce qui allait avoir pour conséquence d'intensifier le trafic dans la traversée d'Unieux et de contraindre à l'aménagement d'une nouvelle voie rapide, pour laquelle les anciens sites de l'aciérie Holtzer pourraient être utilisés.
                                                    
   






L'image de droite est prise à peu près du même point d'observation que celle de Jules Verne.






    
     Pendant l'année 1989, on a pu voir les deux ponts côte à côte.

                                                                                                                                     




















              Conclusion : 
Une visite dans les gorges de la Loire, c'est une invitation à la promenade, à la découverte de belvédères exceptionnels (depuis Chambles, depuis le Dorier, depuis Essalois etc...),  de paysages végétaux et de faunes préservés, et d'une architecture innovante qui a fait école...
     Dans le site, une auberge de jeunesse refaite à neuf (Les Echandes), installée dans un ancien hameau, dans unsite isolé qui fait penser à une sorte de bout du monde. Mais aussi, à proximité immédiate,  des gîtes ruraux accueillants...
   A proximité, le moulin de la Fenderie (hors ouvertures quotidiennes en juillet et août, visites de groupes sur rendez-vous : office de tourisme à Firminy).
    N'oublions pas les restaurants....mais ils sont moins nombreux qu'autrefois, et il n'y a plus d'hôtel.
         R. Commère.
Par René Commère - Publié dans : région de Saint-Etienne - Communauté : patrimoines
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Lundi 7 juillet 2008

       Les établissements Crozet-Fourneyron ont été l'une des pièces maîtresses de l'industrie métallurgique et mécanique  chambonnaire.
      Benoît Fourneyron (brillant élève d'une des premières promotions de l'Ecole des Mines de Saint Etienne) les créa en 1850 pour fabriquer lui-même des turbines hydrauliques dont il avait été l'inventeur vingt ans plus tôt ; il éviterait ainsi les inconvénients du recours à des sous-traitants, source de retards et d'inexactitudes.  
      Le site choisi était au débouché du Valchéry, affluent de l'Ondaine, où une chute d'eau de cinq à six mètres fournirait l'énergie nécessaire pour fabriquer, étudier et essayer des turbines. On ne sait s'il y avait auparavant un moulinage de soierie ou un martinet d'étirage du fer. 
      Après 1870, les frères Crozet, neveux et successeurs de Benoît Fourneyron, s'appuyèrent sur le savoir-faire mécanique de l'entreprise pour diversifier les productions : machines à vapeur, appareils de levage, appareils de meunerie etc...A la fin du 19ème siècle, s'ajoutèrent de nouvelles orientations vers l'armement, en particulier le matériel d''artillerie ; l'usine fut un temps réputée pour ses obus de rupture destinés à la marine, avec des procédés de fabrication dont elle gardait jalousement le secret.
      Une autre invention, celle des vis globiques utilisées comme réducteurs de vitesse, fut un extraordinaire succès économique, et dut satisfaire une clientèle de dimension planétaire.
      En 1980, atteinte de plein fouet par une crise aux causes multiples, l'entreprise dépose son bilan. Une partie de ses savoir-faire et de ses fabrications est reprise par un société (ATAMEC) qui transfère la production à Saint-Etienne. Une entreprise de chaudronnerie réutilise sur place une partie des anciens ateliers, le reste est voué à la démolition.
     



Xbâtiments Les bâtiments du tout premier plan ont été en partie conservés après 1980, mais transformés par la nouvelle entreprise qui les a adaptés à ses besoins 1980 ; des machines ultra-modernes (découpe laser, découpe à jet d'eau, presses plieuses à commande numérique) y ont pris place.
Au milieu de la photo, les bâtiment allongés ont été démolis, de même que la maison de maitres visible à droite.
En haut de la photo subsiste la grande halle (voir ci-dessous).
L'espace en friches à gauche de cette halle est maintenant occupé par un lotissement pavillonnaire.    
________________________________________________________________ 
  


                                                                                                                                                                                                             
Sur la photo de droite, la belle halle (photo ci-dessous) qui a échappé aux démolitions et loge une entreprise de constructions mécaniques.
Elle mesure 67 mètres de long, 32 de large, et 18 de hauteur maxima.  Construite en 1912-1913, ce fut initialement un atelier d'ajustage et de montage, mais c'est à la fabrication d'obus de gros calibres qu'elle fut affectée pendant la première guerre, avant de retrouver en temps de paix sa destination première.
Elle est intéressante par sa charpente métallique étonnante de légèreté et les immenses verrières qui l'éclairent de chaque côté : il faut la voir au moment du couchant, quand les rayons solaires la traversent de part en part.  Elle mériterait une inscription à l'inventaire des monuments historiques. En attendant, il serait bon qu'elle soit localement considérée comme un élément du patrimoine industriel. 



Cliché R. Commère,

Pour plus d'informations sur ce site, son histoire, l'état actuel des lieux, voir l'article  (onze pages) de Luc Rojas : 
"Les anciens ateliers Crozet-Fourneyron, Le Chambon-Feugerolles",
dans le numéro 51 (décembre 2007) de "L'archéologie industrielle en France", 
publication semestrielle du CILAC, (secrétariat national : BP 251, 56007 Vannes cedex)
Le CILAC a un site internet : www.cilac.com  

Par René Commère - Publié dans : région de Saint-Etienne - Communauté : patrimoines
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Vendredi 4 juillet 2008

La cokerie de la Silardière. 
      
        A l'est du Chambon-Feugerolles.
       Après la nationalisation des houillères en 1946, la création de la cokerie (1952) et celle de la centrale thermique du Bec (dès 1950) ont résulté d'une politique de modernisation des équipements et de valorisation sur place de charbons de mauvaise qualité marchande. 
       Passer de nuit en chemin de fer à côté de la cokerie au moment de l'ouverture des fours était un spectacle     assez saisissant, mais les habitants de la vallée se souviennent sans doute mieux de l'odeur sulfurée qui en émanait. Dans le train venant de Saint-Etienne, nul besoin de haut parleurs pour annoncer l'arrivée imminente en gare du Chambon-Feugerolles : le nez suffisait. 
      De jour, les défournages se signalaient de loin par de grands panaches de vapeur.
       La cokéfaction exigeait beaucoup d'eau, ce qui explique la présence du château d'eau, qui est actuellement au bord de l'autoroute le seul vestige archéologique du site, justifiant l'appellation de l'hôtel qui a repris la place ("hôtel de la tour"). Il a échappé à la démolition parce qu'un entrepreneur inventif y a aménagé des bureaux...et qu'il est un peu le porte-enseigne de la ville de Chambon- Feugerolles.   


     La vue ci-contre date de 1975. Au fond à gauche, la cokerie : arrêtée l'année précédente, elle n'est déjà plus accompagnée des cheminées encore en service en 1973.
    
     En avant, les installations du puits Flottard (qui ne sera fermé qu'en 1983). On devine devant lui le passage de la voie ferrée. 



Phase finale d'une démolition qui s'est faite sans délai. (voir aussi l'article sur le même blog : lunieutaire.over-blog.com/La Ricamarie et le Chambon-Feugerolles, friches reconverties)
                                                                                         
La centale thermique du Bec.
     Le premier grand chantier de l'après-guerre dans la vallée, lancé dès 1946. La priorité nationale était de retrouver un potentiel énergétique élevé. On ne se souciait pas du rejet de CO2 et de gaz à effet de serre.  La première tranche fut mise en service en 1950, la seconde en 1954, la troisième en 1960.
     Les cheminées aussi hautes que possible devaient faciliter la dispersion de la pollution qui emportait beaucoup de suie jusqu'à Saint-Etienne et au-delà. Est-ce pour cette raison qu'on n'a pas craint d'implanter la cité du Bec, construite en 1948 et principalement destinée à héberger les travailleurs de la centrale, carrément au pied de celle-ci ? Cela veut dire que pendant un tiers de siècle, des familles ouvrières ont vécu et respiré dans des conditions inquiétantes...malgré la proximité des vertes campagnes qu'on devine à l'arrière-plan.  
.

     
   


     Avec la cessation de l'extraction charbonnière, l'arrivée du gaz de Lacq, l'essor national du nucléaire, l'usage croissant du mazout, la centrale a perdu sa raison d'être. On étudia dès la fin des années 70 la possibilité de la transformer en une gigantesque centrale de chauffage urbain pour tpte la vallée de l'Ondaine et même une partie de Saint-Etienne. Les conclusions ne furent pas probantes. Pendant un certain temps, la centrale ne fonctionna qu'avec une seule tranche, celle dont la cheminée était la mieux équipée pour filtrer les poussières.   
      Démolition : 1986.


ci-contre: baraques de jardins (et non bidonvilles) et condenseurs. 


à suivre  

Un lien pour compléter : voir
 lunieutaire.over-blog.com/

Par René Commère - Publié dans : région de Saint-Etienne - Communauté : patrimoines
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Mercredi 2 juillet 2008
     Riche en cathédrales industrielle : halles métallurgiques, chevalement minier géant, centrale thermique, cokerie, le val d'Ondaine les a vu disparaître dans les dernières décennies du 20ème siècle.
     Voici quelques séries d'images saisies en leur temps, un peu au hasard, par un géographe toujours attentif aux éléments significatifs des paysages, et à leurs transformations .
     Dans la vallée étirée entre ses versants évasés, ces "décors" ne passaient pas inaperçus des voyageurs, qu'ils fussent sur rail ou sur route : leurs imposantes statures étaient baignées des fumées qui embrumaient ce territoire voué de longue date à l'extraction et à l'utilisation massive du charbon.  Il fut même un temps où, pour les cartes postales ou d'autres publications illustrées, les cheminées et leurs panaches étaient complaisamment photographiés, car ils soulignaient indirectement la nature industrieuse du territoire. 

LE PUITS PIGEOT FOUDROYE.
      A tout seigneur, tout honneur ! Le puits Pigeot, à La Ricamarie : foncé en 1933, jusqu'à plus de 800 mètres de profondeur, puis doté en 1941 d'un monumental chevalement de béton accompagné de structures non moins spectaculaires pour le tri, le lavage, les manutentions du charbon, alimenté à partir de chevalements proches par des bandes transporteuses. L'ensemble doté des derniers perfctionnements techniques de l'époque.
    
      
Légende ou réalité, il se dit que les ingénieurs n'ont pas lésiné sur le béton, pour en soustraire le plus possible aux appétits des occupants dont les besoins étaient colossaux pour leur "mur de l'Atlantique". Si par hasard ce blog arrive sous le regard d'un de ces acteurs encore vivant, ou d'un héritier qui aurait recueilli ses confidences , qu'il veuille bien donner un avis sur cette hypothèse... 
Cessation d'activité : 1983. La tour principale est abattue. Les bandes transporteuses sont démontées.  On  a commencé l'exploitation en carrière du crassier (à droite), et celle en découverte ((à gauche).

Vues prises depuis le sud, sur une voie qui longe l'autoroute.













     1985 - les bulldozers ont relayé mineurs, cages et wagonnets, pour extraire près de la surface des veines épaisses qui avaient été respectées aux abords des sites d'exploitation, car il ne fallait pas que des affaissements du sol compromettent la solidité des installations. 
     Au lieu grossir les crassiers comme celui de Saint Pierre (à l'arrière-plan), on enfouira dans le trou, à la place du charbon, les gravats de démolition du puits et de ses annexes, et aussi ceux de la centrale thermique du Bec (au Chambon-Feugerolles).
   

                                                                                                                                                                                       


Le coup de grâce...
Et les archéologues des siècles à venir auront du mal à retrouver sur place de quelconques vestiges, et même à imaginer que des hommes ont travaillé ici jusqu'aux tréfonds de la terre.
Le crassier, peut-être, sera un indice...

Resteront les noms : "Pigeot, Montrambert", et peut-être sur le terrain la question de savoir pourquoi en ce lieu les urbanistes du 21ème siècle ont décidé qu'il y aurait une zone d'activités.  Leur hypothèse sera-t-elle étayée pas la proximité immédiate de la gare ferroviaire de La Ricamarie ?

R.C. (à suivre).
Par René Commère - Publié dans : région de Saint-Etienne - Communauté : patrimoines
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