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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 19:13

Statue de Michel Rondet.

     Commandée en 1909 par la Fédération C.G.T. des mineurs, et payée par souscription de 4800 F. auprès des mineurs, cette statue fut l'oeuvre du sculpteur Joseph Lamberton..
     D'abord refusée par la Municipalité (sous contrôle de la Compagnie des Mines), elle fut installée discrètement en 1913 à l'écart du centre, dans une zone insalubre. Elle ne prit sa place actuelle devant la Mairie qu'avec son inauguration officielle en 1923.
     Lorsqu'en 1942 l'occupant allemand projeta de l'abattre pour récupérer le bronze, le Maire la sauva en faisant habilement comprendre sa forte valeur symbolique pour les mineurs, alors que le gouvernement de Vichy les pressait de participer à l'effort productif.  La déboulonner, se serait donc compromettre localement la politique de collaboration.  
     Michel Rondet est représenté en mineur de fond, la lampe accrochée à la ceinture. Né en 1841, ce fut son métier dès l'âge de douze ans. Militant pour la dignité de sa corporation et pour qu'elle prenne part au contrôle de la prévention des accidents miniers, il a été en 1868 l'un des fondateurs de la Caisse Fraternelle des Mineurs (les syndicats étant alors interdits). L'année suivante, il participe à la grève déclenchée pour obtenir l'indépendance de cette Caisse vis-à-vis de la Compagnie.
     Le drame du Brûlé (voir la fiche n°2) lui conféra un retentissement national.
     Condamné, il bénéficia de l'amnistie décrétée par Napoléon III pour le centenaire de la naissance de Napoléon Ier. Mais sa participation à la Commune de Saint-Etienne lui valut une nouvelle condamnation. A la fin de sa peine, en 1877, ses camarades lui confièrent la responsabilité du Syndicat de Mineurs récemment créé dans la Loire.
     En 1883, il organisa à Saint-Etienne le congrès fondateur de la Fédération Nationale des Syndicats de Mineurs, dont il resta responsable.
     Reçu en 1893 par le Président du Conseil Casimir Périer, consulté en 1895 par une commission parlementaire consacrée au Travail, il contribua à l'évolution de la législation, particulièrement sur les questions de sécurité des mineurs, des caisses de secours et de retraites.
     En 1895, il fut écarté de son syndicat et du Parti ouvrier de Saint-Etienne en raison de son état d'esprit plus réformiste que révolutionnaire, ce qui lui valut d'être suspecté de collusion avec le patronat. Il termina ses jours en Haute-Loire comme directeur au barrage de La Valette qui alimente Saint-Etienne en eau. Il mourut de silicose en 1908.

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