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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 18:39

      La construction de ces  nouveaux lieux de culte catholique fut l'un des effets de la vigoureuse croissance démographique de l'après-guerre en val d'Ondaine, où l'on passa de 54945 habitants en 1946, à 71082 en 1968, année culminante après laquelle la tendance s'inversa sous l'effet des crises industrielles pour revenir à peu près en l'an 2000 l'effectif de 1946.

     Aussi pendant presque un quart de siècle, c'est en moyenne à 700 nouveaux habitants chaque année qu'il fallut procurer un logis ; comme on voulait en même temps compenser les démolitions d'habitats insalubres hérités du passé, la construction de nouveaux logements fut donc très active, surtout à partir de la fin des années cinquante. De nouvelles dispositions législatives en matière d'urbanisme, par exemple l'application de la notion d'utilité publique en faveur du logement, ou la mobilisation plus massive de crédits pour la construction,  favorisèrent la naissance de nouveaux quartiers, incluant les équipements publics désormais imposés en accompagnement de l'habitat. 

     

      Dans ce contexte, avec l'institution de nouvelles paroisses par les autorités ecclésiastiques, cinq lieux de culte ont été alors construits, leur financement étant assuré par des dons et des souscriptions privés :

- en 1950, l'église de Cote Quart à Unieux, Saint Paul sur Ondaine ;

- en 1959, celle du "Bon Pasteur", cité de la Romière, au Chambon-Feugerolles ;

- en 1962, Notre Dame de Nazareth, quartier des Planches à Unieux ;

- en 1963, Notre Dame de Cotatay, au Chambon- Feugerolles 
- vers 1955, la chapelle (non consacrée) de Gaffard, au Chambon-Feugerolles.   

     Un sixième édifice, encore en chantier en 1980, ne sera pas traité dans cet article en raison de son histoire exceptionnelle et de l'abondance documentaire dont il fait déjà l'objet, était l'église de Le Corbusier pour Firminy-Vert, dont la première pierre fut posée en 1970 mais qui n'a été terminée qu'en  2006 ; retardé puis refusé par l'évêché parce que trop coûteux, l'édifice projeté fut remplacé par une chapelle provisoire au cours des années 60 ; celle-ci est maintenant démolie. Retenons que dans la vallée, le béton n'a pas attendu Le Corbusier pour servir l'art sacré ; certains architectes, notamment ceux de N-D .de Cotatay, et de La Ricamarie, ont su lui vouer conjointement d'autres matériaux (métal, bois, verre...).

      Dans le cas de l'église de N.D. de La Ricamarie, il s'agit en fait d'une reconstruction. Menaçant ruine, et trop fragile pour être restaurée, on lui préféra en 1980 un nouvel édifice mais en conservant l'ancien clocher, auquel les Ricamandois restaient attachés comme symbole historique de leur centre-ville.


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Cet article n'a d'autre but que de proposer un regard sur des édifices certes modestes, mais dont la marque architecturale du 20ème siècle tient sa place dans le paysage urbain. Notons qu'à l'exception de N-D. de Nazareth (et de même de Saint Pierre de Firminy-Vert), l'orientation des nefs ne s'accorde nullement aux vénérables règles canoniques....

 

Nota : toutes les photos ont été prises par moi-même en 2008.

 

UNIEUX

 

L'église de Côte-Quart (Saint Paul en Ondaine), 1950.



Côte Quart est un quartier serré entre les usines héritées des anciennes aciéries de Firminy et le versant de la vallée.
Très modeste d'apparence, Saint Paul (1950) ne manifeste aucune recherche de monumentalité et n'expose sur la rue que de discrets et nécessaires symboles : une simple croix, et  un semblant de clocher. Une partie de l'édifice, allongé au bord de la rue Jean-Jacques Rousseau (à l'angle de la rue Lénine), prolonge l'alignement de maisons d'habitation auxquelles il est accolé. Il s'en distingue d'ailleurs à peine si on va le voir sur l'autre face, du côté du "pré du curé" (photo ci-dessous), d'où le clocher, n'est même pas visible au-dessus de la toiture.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Notre Dame de Nazareth (1962) est la plus spacieuse des trois églises d'Unieux.

Mais il faut la découvrir, car elle n'est ni sur une place ni sur une voie publique, mais dans un enclos et comme dissimulée derrière la maison du presbytère.  Devant le panneau d'entrée, on la voit à peine.

 

 

 

 


















 








Géométrie simple et rythmée du béton, appareillage de pierres pour l'entrée et le clocher, grandes verrières, toit à double pente mais dont l'excessive banalité est masquée par le mur dans lequel s'ouvre le porche.


LE CHAMBON-FEUGEROLLES

 Le Bon Pasteur (1959)

(cité de La Romière)

 

 

 

 

Paroisse créée en 1952, mais le culte était célébré dans une ancienne usine, jusqu'à la construction de l'édifice sur un terrain anciennement industriel situé à côté de la spacieuse place principale du quartier ( place Louis Pasteur). Cette place est fermée côté sud par le groupe scolaire construit en 1939-41 sur lequel on lit que "l'ignorance est la plus grande maladie du genre humain".

nef tournée vers l'ouest. Grandes ouvertures latérales.
Architecte : Jean Farat


Notre Dame de Cotatay (1963).
Ce modeste sanctuaire situé en bordure de la rue Benoit Frachon (ancienne R.N.88), à 2 km du centre ville,  ne manque pas d'originalité. Il a été conçu par l'architecte Joseph Belmont selon un plan simple.

(J. Belmont était alors architecte en chef des résidences présidentielles. Il avait réalisé l'ambassade de France au Japon. Il devint par la suite l'un des grands architectes officiels de l'Etat, et président de l'Etablissement public de la Défense, à Paris. Il est décédé en mars 2008). 
Cette église est mentionnée page 147 dans le guide d'architecture du 20ème siècle en Rhône-Alpes, éditions L'Equerre, 1982. 


Du côté ouest, d'amples verrières polychromes éclairent la nef, particulièrement illuminée par les après-midi ensoleillés ; avec ses vitrages de la paroi orientale, le sanctuaire s'offre aux regards comme une maison de verre. Sur la charpente métallique légère portée par une armature en béton, la couverture en cuivre doublée de lamelles de bois se divise pour laisser place à un faîtage en plastique translucide. De sorte qu'au fil des heures et des saisons, l'éclairage naturel joue diversement sur l'élégante simplicité du décor intérieur. Au dehors, face à l'entrée située à l'est, c'est une sobre et légère structure de béton qui fait office de campanile.                                                      

Vue depuis la rue Benoit Frachon.                               côté ouest : verrières







                                                                                      
Par un matin ensoleillé, le vitrage oriental réfléchit le campanile dans une image qui se superpose à celle de la nef.
A suivre.
René Commère.

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