Mercredi 18 mars 2009 3 18 03 2009 21:05

        La cité du Bec, construite pour le personnel de la centrale thermique, ne subit plus aujourd'hui les nuisances de son voisinage originel, fait de poussière (malgré la très grande hauteur des cheminées) et de fumée.

    C'est pour valoriser les charbons de qualité inférieure et concourir au plan d'électrification du pays que la centrale thermique du Bec a été construite au lendemain de la deuxième guerre. Elle est entrée en service en 1950.

         La fin de l'extraction houillère a entraîné sa fermeture puis, en 1986, sa démolition.

   Le premier plan de l'image ci-contre se situe donc à l'emplacement de l'ancien site industriel.
    Sur la façade sud de la barre d'habitation, les fenêtres s'ouvent depuis cette date sur un paysage ouvert et ensoleillé, que les reconversions industrielles n'ont pas encore totalement réoccupé mais qui est équipé des voieries prévues pour de nouvelles installations. Alentour, d'autres industries ont pris le relais.
 

        C'est donc un témoin du passé industriel du Val d'Ondaine que l'on peut découvrir en se donnant la peine de s'écarter des voies principales de la ville : une petite cité ouvrière aux rues étroites, composée de deux sortes d'immeubles :
 - une barre de trois niveaux d'appartements, longée au sud par la voie ferrée sur laquelle roulent silencieusement les T.E.R., et desservie du côté nord par une rue sans ampleur ;
  - des pavillons bi-familiaux avec des jardinets, dont une partie a souvent été utilisée pour ajouter un garage, non prévu à l'origine car à l'époque, l'automobile ne s'était pas généralisée dans la vie domestique .  

       Ces pavillons introduisaient dans la vallée une architecture de chalets assez originale. On remarquera notamment les petites vérandas en saillie abritant les entrées.









   L'exposition crée sur les côtés sud un micro-climat permettant la croissance d'un modeste palmier en pleine terre...

    Une remarque : ce quartier apparemment peu fréquenté par d'autres que ses propres habitants ne paraît exercer aucune attraction, tout simplement parce qu'il n'y a pas de commerce de proximité.
 









      Il est de même dépourvu d'espaces publics verts, sinon cette étroite bande gazonnée et quelque peu ombragée qui s'étire entre la barre et la voie ferrée, mais reste bien cachée par l'immeuble..  
  
     Si l'on se réfère à la trilogie corbuséenne (bien ignorée au moment de cette construction) : "soleil, espace, verdure",  on peut dire que le premier élément était fortement obéré par le monstre industriel trop proche, et que les deux autres étaient à peu près complètement oubliés. C'est la disparition de la centrale qui a ramené un air moins impur et un soleil moins chichement mesuré.

                                                                               

Un  élément inattendu près d'un passage à niveau, dans les quelques maisons plus anciennes situées non loin et aujourd'hui enclavées dans la zone d'activités du Bec : ce petit restaurant sans prétention...qui mérite peut-être d'être découvert. 

     




       Pour mieux situer le contexte de cet article, on peut voir dans ce même blog les deux éditions du printemps 2008 :
    - La Ricamarie et le Chambon-Feugerolles : friches industrielles reconverties ;
    - Le passé industriel du val d'Ondaine : un tour d'horizon patrimonial.

    Et bien d'autres encore si le coeur vous en dit et si vous voulez découvrir les multiples facettes d'un milieu urbain moins uniforme et stéréotypé qu'on pourrait l'imaginer.

René Commère, 17 mars 2009
Par René Commère
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