Un blog dédié à des notes et articles variés sur les héritages patrimoniaux du val d'Ondaine (autour de FIRMINY), sans exclure le reste de la région de Saint-Etienne ni éventuellement
l'Yssingelais.
Rappelons-nous : avant 1995, l'Ondaine au joli nom était en réalité un égout à ciel ouvert, drainant toutes les eaux
usées -industrielles et domestiques - de la vallée. A ceux qui ont connu ce temps pas si lointain, la rivière laisse le souvenir d'odeurs nauséabondes et de teintes noirâtres largement
dûes aux apports de poussières de charbon des anciens sites miniers. Qui aurait eu envie de se promener sur des berges aussi répulsives ?
Dès 1968 et 1969, une première urgence parut être de créer une station d'épuration destinée à protéger la Loire, et
plus précisément le lac de Grangent, de cette intense pollution. L'agence de bassin Loire-Bretagne le réclamait au nom de tous les riverains du fleuve jusqu'à Saint Nazaire. Ce fut donc un
projet intercommunal, soutenu au niveau national par l'agence de bassin et à travers elle par l'Etat.
Ce n'est qu'en 1973 que les travaux débutèrent au Pertuiset. La station entra en service en 1976.
Mais cela ne changeait rien aux détestables qualités de l'Ondaine.
En 1993-94, fut enfin réalisé le projet d'un collecteur des eaux usées, envisagé dès 1969 : de l'ouvrage pour
pelleteuses et terrassiers qui installèrent un véritable égout tout au long de la vallée de l'Ondaine, et lui raccordèrent les systèmes d'assainissement des différentes villes. L'ensemble fut
opérationnel dès 1995.
La rivière pouvait redevenir propre. Restait à voir au bout de combien de temps on y verrait des poissons, et parmi eux les truites.
En effet, on ne tarda pas à signaler leur existence, non seulement vers l'aval, mais dès la traversée du Chambon-Feugerolles.
De 1997 à 2000, de nouveaux travaux mirent la station d'épuration aux normes de dépollution qui imposaient l'élimination des nitrates et des phosphates, principaux facteurs
locaux de l'eutrophisation des eaux du lac de Grangent (substances qui ont continué à arriver de la Haute-Loire encore insuffisamment pourvue de systèmes analogues).
Restait le problème des eaux rouges.
Il s'agissait, aux abord du puits du Marais, d'une émergence d'eaux fortement ferrugineuses et chargées de manganèse. Un héritage de l'époque des mines
de charbon : comme on avait cessé de pomper les eaux d'exhaure, les cavités souterraines s'étaient remplies et débordaient d'une eau chargée d'éléments dissous en profondeur. Cette source se
déversait directement dans l'Ondaine et contribuait à sa coloration assez sensible dans la traversée du Chambon-Feugerolles. Plus en aval, cette pollution se diluait avec l'apport du Cotatay et du
Valchérie.
En mars 2008 a été inauguré un système de déferrisation de ces eaux, que l'on peut voir fonctionner au pied du versant qui domine le puits
du Marais, au Chambon-Feugerolles. Ce système dépourvu d'intervention chimique est considéré comme parfaitement écologique (on a parlé de déferrisation verte). Les travaux ont été réalisés par les
charbonnages de France et le Bureau des rechercrhes géologiques et minières (BRGM).
Le site, en arrière du puits du Marais.
Cliché R.C.
mars 2009
(vue vers le sud)
L'eau est d'abord oxygénée sur une triple cascade, puis stationne dans un premier bassin de décantation où le fer se dépose.
Suit un passage dans deux bassins de lagunage plantés de roseaux, qui retiennent ce qu'il reste de fer.
Ainsi en 48 heures, l'épuration est réalisée. L'eau rejetée dans l'Ondaine contient encore un peu de fer, mais 17 fois moins qu'à l'origine.
A l'entrée dans les bassins de lagunage, il reste encore un peu de fer, qui colore à la longue les parois. A la sortie, l'eau restituée à
l'Ondaine est presque claire.
Non loin de là, un pêcheur dans le lit de la rivière aux eaux claires. C'est quelques jours après l'ouverture de la pêche à la truite.
Désormais fréquentables, les berges n'attendent plus que des aménagements paysagers pour retrouver un rôle d'agrément dans l'environnement urbain.
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