Vendredi 5 juin 2009

     C'est comme une vue d'avion sur le bourg d'Unieux que l'on peut aller chercher au Dorier.

     Situé dans les collines du bassin houiller d'âge primaire, le bourg est niché à 450 mètres d'altitude au bas du versant sud de la puissante masse granitique qui le domine de plus de 150 mètres et lui procure un abri climatique contre les froidures du nord.

      Plusieurs itinéraires  pour accéder au site de ce belvédère où fut installé en 1965 le relais de télévision, sur un terrain acquis l'année précédente par la Municipalité.   

       Les amateurs de sentiers pittoresques monteront à partir du bourg en empruntant  la piste forestière qui conduit de la rue Jules Verne vers les gorges de la Loire. Goudronnée au départ, elle est bientôt fermée à la circulation des véhicules.




    On est vers 550 m. d'altitude lorsque se dévoile le panorama (ci-contre) sur Le Pertuiset et les gorges. Il faut alors pendre sur la droite le sentier ardu mais bien tracé qui conduit au Dorier. Pour le reconnaître, on l'aborde par les marches d'un escalier mis à mal par l'érosion des eaux courantes et par le piétinement des promeneurs.

  
   Au sommet, le sol de ce qui fut un pré est aujourd'hui mis à nu à force d'avoir trop souvent été une piste de jeu à des apprentis conducteurs de deux et quatre roues.         
     Pour la vue sur Unieux et le panorama qui s'étend jusqu'au Pilat, rendez-vous sur l'étroit cheminement qui contourne le relais de télévision.


     Libre à chacun de faire sa propre lecture du paysage.
     Ainsi, à droite du bourg (cf la première photo ci-dessus), une cascade d'habitats (barres de HLM, lotissements de pavillons) le raccorde à la plaine d'Unieux. 













     

      La plaine se partage entre terrains de sports et zone d'activités. A noter que l'ancien site métallurgique des usines Holtzer est trop éloigné pour apparaître sur cette photo.
      Au fond à droite, une rangée d'arbres ombrage le cours de l'Ondaine qui suit avec la voie ferrée (non visible sur la photo...mais on entend passer les trains !) le pied du versant ouest.
     En arrière-plan, les pentes occidentales du territoire de Fraisses, encore en partie rurales mais grignotées par la conquête pavillonnaire (un lotissement de moins de dix ans d'âge est visible au milieu de l'image).
    Tout au fond, les versants  marquant le rebord du plateau vellave, du côté de Saint Ferréol d'Auroure ( en Haute Loire) dont on devine à gauche, sur une crête, un lotissement résidentiel.
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Pour les rebelles à la marche, des accès sont possibles en voiture : l'un, par l'étroit et très raide chemin goudronné qui commence devant le cimetière. En cas de rencontre avec une voiture, la montée exige une parfaite maîtrise du démarrage en côte ! 
                                                                                                                                                 

Mais où arrivons-nous, par cet itinéraire ? Peu avant le hameau du Dorier, voici qu'un panneau nous annonce de façon inattendue l'entrée dans  Saint-Etienne. Explication : dans les années soixante, la ville a annexé la commune de Saint-Victor, jadis limitrophe d'Unieux en ces lieux.

    C'est donc sur le territoire municipal de Saint-Etienne que l'on traversera le petit hameau et passera, un oeu plus loin, devant l'entrée d'un camp de le fédération française de naturisme, soigneusement soustrait aux regard indiscrets, mais remarquablement situé sur l'un des plus beaux panoramas des gorges de la Loire.

     Continuons cette route étroite, autre élément d'un itinéraire pour accéder au Dorier, en faisant un détour par la Croix de Marlet. Les vues vers le sud constituent un vrai balcon sur Firminy et le val d'Ondaine, mais avec des vues fort lointaines, nécessitant de disposer de bonnes jumelles pour bien en profiter.
  
      Puis on arrive au hameau de Trémas, dont se détache au sud la Tour Philippe, qui fut jadis un rendez-vous de chasse...      
      Un site privé, certes, et récemment restauré : iI faut laisser la voiture au bord de la route si l'on souhaite s'approcher pour compléter la moisson de vue panoramiques offertes par les abords du Dorier.                    Voilà donc les ingrédients d'un grand bol d'air.....Ajoutons que les descriptions qui précèdent n'épuisent pas la diversité des paysages offerts à la vue depuis ces point hauts, perchés jusqu'à 700 mètres sur ce vigoureux massif granitique au fond duquel la Loire a creusé son lit.
     
Pour compléter cet article, voyez dans ce blog les divers articles sur la vallée de l'Ondaine, les gorges de la Loire, Unieux et Le Pertuiset, faciles à trouver en consultant la liste complète des pages et articles.

Bonnes promenades.
R.C.
Par René Commère - Publié dans : région de Saint-Etienne
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Vendredi 20 mars 2009
Rétrospective sur la dépollution de l'Ondaine.

      Rappelons-nous : avant 1995, l'Ondaine au joli nom était en réalité un égout à ciel ouvert, drainant toutes les eaux usées -industrielles et domestiques - de la vallée. A ceux qui ont connu ce temps pas si lointain, la rivière laisse le souvenir d'odeurs nauséabondes et de teintes noirâtres largement dûes aux apports de poussières de charbon des anciens sites miniers. Qui aurait eu envie de se promener sur des berges aussi répulsives ?

      Dès 1968 et 1969, une première urgence parut être de créer une station d'épuration destinée à protéger la Loire, et plus précisément le lac de Grangent, de cette intense pollution. L'agence de bassin Loire-Bretagne le réclamait au nom de tous les riverains du fleuve jusqu'à Saint Nazaire. Ce fut donc un projet intercommunal, soutenu au niveau national par l'agence de bassin et à travers elle par l'Etat.

    Ce n'est qu'en 1973 que les travaux débutèrent au Pertuiset. La station entra en service en 1976. 
    Mais cela ne changeait rien aux détestables qualités de l'Ondaine.

     En 1993-94, fut enfin réalisé le projet d'un collecteur des eaux usées, envisagé dès 1969 : de l'ouvrage pour pelleteuses et terrassiers qui installèrent un véritable égout tout au long de la vallée de l'Ondaine, et lui raccordèrent les systèmes d'assainissement des différentes villes. L'ensemble fut opérationnel dès 1995.
     La rivière pouvait redevenir propre. Restait à voir au bout de combien de temps on y verrait des poissons,  et parmi eux les truites. 

     En effet, on ne tarda pas à signaler leur existence, non seulement vers l'aval, mais dès la traversée du Chambon-Feugerolles.

    De 1997 à 2000, de nouveaux travaux mirent la station d'épuration aux normes de dépollution qui imposaient l'élimination des nitrates et des phosphates, principaux facteurs locaux de l'eutrophisation des eaux du lac de Grangent (substances qui ont continué à arriver de la Haute-Loire encore insuffisamment pourvue de systèmes analogues).

Restait le problème des eaux rouges.

     Il s'agissait, aux abord du puits du Marais, d'une émergence d'eaux fortement ferrugineuses et chargées de manganèse. Un héritage de l'époque des mines de charbon : comme on avait cessé de pomper les eaux d'exhaure, les cavités souterraines s'étaient remplies et débordaient d'une eau chargée d'éléments dissous en profondeur. Cette source se déversait directement dans l'Ondaine et contribuait à sa coloration assez sensible dans la traversée du Chambon-Feugerolles. Plus en aval, cette pollution se diluait avec l'apport du Cotatay et du Valchérie.  

      En mars 2008 a été inauguré un système de déferrisation de ces eaux, que l'on peut voir fonctionner au pied du versant qui domine le puits du Marais, au Chambon-Feugerolles. Ce système dépourvu d'intervention chimique est considéré comme parfaitement écologique (on a parlé de déferrisation verte). Les travaux ont été réalisés par les charbonnages de France et le Bureau des rechercrhes géologiques et minières (BRGM). 



 Le site, en arrière du puits du Marais.
Cliché R.C.
mars 2009
(vue vers le sud)





















    L'eau est d'abord oxygénée sur une triple cascade, puis stationne dans un premier bassin de décantation où le fer se dépose.
     Suit un passage dans deux bassins de lagunage plantés de roseaux, qui retiennent ce qu'il reste de fer.

Ainsi en 48 heures, l'épuration est réalisée. L'eau rejetée dans l'Ondaine contient encore un peu de fer, mais 17 fois moins qu'à l'origine. 

 
 














A l'entrée dans les bassins de lagunage, il reste encore un peu  de fer,  qui colore à la longue les parois.   A la sortie, l'eau restituée à l'Ondaine est presque claire.

       
Non loin de là, un pêcheur dans le lit de la rivière aux eaux claires. C'est quelques jours après l'ouverture de la pêche à la truite. 

Désormais fréquentables, les berges n'attendent plus que des aménagements paysagers pour retrouver un rôle d'agrément dans l'environnement urbain.

Clichés du 16 mars 2009.

René Commère.

                                                      







Par René Commère - Publié dans : région de Saint-Etienne
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Mardi 9 décembre 2008

Notre Dame de La Ricamarie (1980).

      C'est une nouvelle nef, avec ses dépendances, qui a été inaugurée en 1980. Celle de l'ancien édifice du 19ème siècle donnait au cours des années 70 des signes inquiétants de vétusté : des pierres et du plâtre étaient tombés de la voûte à côté des fonts baptismaux en 1976, la charpente était attaquée par les capricornes. Il fallut condamner l'accès aux zones dangereuses. Le 3 décembre, la commission consultative départementale de la protection civile conclut que le bâtiment devait être interdit à toute forme d'utilisation.
     
       Malgré un coût plus élevé que celui d'une réparation, il apparut aux responsables du diocèse, de la paroisse et de la municipalité qu'une nouvelle construction éviterait des problèmes ultérieurs d'entretien et de réfection du chauffage dans un bâtiment ancien. Elle permettrait en outre le réaménagement complet des abords, avec la création d'espaces publics et de logements neufs. Le clocher, construit en 1867 indépendemment du corps de l'église et solidement ancré sur un rocher, pourrait être conservé, à la fois comme symbole urbain et symbole religieux. Tel fut le projet présenté par l'architecte de la ville, Marion Ferraz, et largement approuvé par la population lors d'une réunion publique le 12 mai 1977.




à gauche, on voit la trace de l'ancien édifice.

A droite, le clocher et le parvis réaménagé 









La construction de 1980, comme à-demi enterrée dans la pente occupée par l'ancienne église, est assez discrète dans le paysage. Au moment de la prise de vue ci-dessus (novembre 2008), des travaux sont en cours sur la toiture. Au premier plan, dans l'herbe, les ouvertures triangulaires sont des entrées de lumière pour la sacristie.


L'entrée principale de la nef est séparée du clocher qui est utilisé par la ville comme dépôt mortuaire et sur les murs duquel ont été fixés les marbres commémorant les morts des deux guerres (photo de novembre 2008).

      La nef peut accueillir jusqu'à 600 personnes. C'est un bâtiment hexagonal en briques dans lequel la lumière du jour entre de tous les côtés par les bandeaux vitrés ménagés sous la toiture, et par des ouvertures vitrées latérales tournées vers le nord. Elles dirigent la lumière vers l'autel qui, comme dans l'ancien édifice, est situé au sud.

Côté sacristie, alliance de la brique, du verre et du béton ; mais c'est à l'intérieur qu'il faudrait voir aussi l'usage du bois en lamellé-collé pour les plafonds.

Au total, une architecture qui ne manque pas d'originalité, malgré certaines analogies de conception avec une des église construite dans les années soixante dans le nouveau grand ensemble de la Duchère, à Lyon.
 (nota - à la différence des nouvelles églises traitées dans le premier article, financées sur fonds privés, celle de La Ricamarie, étant antérieure à la loi de séparation de 1905, dépendait de la Municipalité.)
   
La chapelle du Christ-Roi, quartier de Gaffard, au Chambon-Feugerolles (années 50)













Un quartier résidentiel excentré, actuellement en expansion pavillonnaire. Il existait antérieurement une chapelle en bois. Grande simplicité architecturale de cette nef orientée vers l'ouest. Une jolie grille ornée à l'entrée.                                                                                                                    
      Peu d'informations sur l'histoire de l'église, dans laquelle est célébré en principe un office par semaine.
      Des travaux récents ont nettoyé et réaménagé les abords.


CONCLUSION PROVISOIRE
      Ces deux articles n'ont considéré que l'aspect architectural extérieur. Je prévois pour plus tard un dernier article illustré d'images intérieures.
       Etant donnée la diversité de ces réalisations assez proches les unes des autres dans le temps et dans l'espace, il me semblerait possible d'envisager la possibilité d'un parcours guidé et commenté sur les aspects locaux de l'art sacré, en complément éventuel ou occasionnel de la visite du patrimoine Le Corbusier. Ce parcours dans le 20ème siècle est-il pensable dans le cadre de "ville d'art et d'histoire ?
Notons qu'il y a aussi dans le val d'Ondaine une gamme intéressante de types architecturaux d'habitat social....
René Commère. Décembre 2008.   

Par René Commère - Publié dans : région de Saint-Etienne - Communauté : patrimoines
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Vendredi 28 novembre 2008

      La construction de ces  nouveaux lieux de culte catholique fut l'un des effets de la vigoureuse croissance démographique de l'après-guerre en val d'Ondaine, où l'on passa de 54945 habitants en 1946, à 71082 en 1968, année culminante après laquelle la tendance s'inversa sous l'effet des crises industrielles pour revenir à peu près en l'an 2000 l'effectif de 1946.

     Aussi pendant presque un quart de siècle, c'est en moyenne à 700 nouveaux habitants chaque année qu'il fallut procurer un logis ; comme on voulait en même temps compenser les démolitions d'habitats insalubres hérités du passé, la construction de nouveaux logements fut donc très active, surtout à partir de la fin des années cinquante. De nouvelles dispositions législatives en matière d'urbanisme, par exemple l'application de la notion d'utilité publique en faveur du logement, ou la mobilisation plus massive de crédits pour la construction,  favorisèrent la naissance de nouveaux quartiers, incluant les équipements publics désormais imposés en accompagnement de l'habitat. 

     

      Dans ce contexte, avec l'institution de nouvelles paroisses par les autorités ecclésiastiques, cinq lieux de culte ont été alors construits, leur financement étant assuré par des dons et des souscriptions privés :

- en 1950, l'église de Cote Quart à Unieux, Saint Paul sur Ondaine ;

- en 1959, celle du "Bon Pasteur", cité de la Romière, au Chambon-Feugerolles ;

- en 1962, Notre Dame de Nazareth, quartier des Planches à Unieux ;

- en 1963, Notre Dame de Cotatay, au Chambon- Feugerolles 
- vers 1955, la chapelle (non consacrée) de Gaffard, au Chambon-Feugerolles.   

     Un sixième édifice, encore en chantier en 1980, ne sera pas traité dans cet article en raison de son histoire exceptionnelle et de l'abondance documentaire dont il fait déjà l'objet, était l'église de Le Corbusier pour Firminy-Vert, dont la première pierre fut posée en 1970 mais qui n'a été terminée qu'en  2006 ; retardé puis refusé par l'évêché parce que trop coûteux, l'édifice projeté fut remplacé par une chapelle provisoire au cours des années 60 ; celle-ci est maintenant démolie. Retenons que dans la vallée, le béton n'a pas attendu Le Corbusier pour servir l'art sacré ; certains architectes, notamment ceux de N-D .de Cotatay, et de La Ricamarie, ont su lui vouer conjointement d'autres matériaux (métal, bois, verre...).

      Dans le cas de l'église de N.D. de La Ricamarie, il s'agit en fait d'une reconstruction. Menaçant ruine, et trop fragile pour être restaurée, on lui préféra en 1980 un nouvel édifice mais en conservant l'ancien clocher, auquel les Ricamandois restaient attachés comme symbole historique de leur centre-ville.


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Cet article n'a d'autre but que de proposer un regard sur des édifices certes modestes, mais dont la marque architecturale du 20ème siècle tient sa place dans le paysage urbain. Notons qu'à l'exception de N-D. de Nazareth (et de même de Saint Pierre de Firminy-Vert), l'orientation des nefs ne s'accorde nullement aux vénérables règles canoniques....

 

Nota : toutes les photos ont été prises par moi-même en 2008.

 

UNIEUX

 

L'église de Côte-Quart (Saint Paul en Ondaine), 1950.



Côte Quart est un quartier serré entre les usines héritées des anciennes aciéries de Firminy et le versant de la vallée.
Très modeste d'apparence, Saint Paul (1950) ne manifeste aucune recherche de monumentalité et n'expose sur la rue que de discrets et nécessaires symboles : une simple croix, et  un semblant de clocher. Une partie de l'édifice, allongé au bord de la rue Jean-Jacques Rousseau (à l'angle de la rue Lénine), prolonge l'alignement de maisons d'habitation auxquelles il est accolé. Il s'en distingue d'ailleurs à peine si on va le voir sur l'autre face, du côté du "pré du curé" (photo ci-dessous), d'où le clocher, n'est même pas visible au-dessus de la toiture.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Notre Dame de Nazareth (1962) est la plus spacieuse des trois églises d'Unieux.

Mais il faut la découvrir, car elle n'est ni sur une place ni sur une voie publique, mais dans un enclos et comme dissimulée derrière la maison du presbytère.  Devant le panneau d'entrée, on la voit à peine.

 

 

 

 


















 








Géométrie simple et rythmée du béton, appareillage de pierres pour l'entrée et le clocher, grandes verrières, toit à double pente mais dont l'excessive banalité est masquée par le mur dans lequel s'ouvre le porche.


LE CHAMBON-FEUGEROLLES

 Le Bon Pasteur (1959)

(cité de La Romière)

 

 

 

 

Paroisse créée en 1952, mais le culte était célébré dans une ancienne usine, jusqu'à la construction de l'édifice sur un terrain anciennement industriel situé à côté de la spacieuse place principale du quartier ( place Louis Pasteur). Cette place est fermée côté sud par le groupe scolaire construit en 1939-41 sur lequel on lit que "l'ignorance est la plus grande maladie du genre humain".

nef tournée vers l'ouest. Grandes ouvertures latérales.
Architecte : Jean Farat


Notre Dame de Cotatay (1963).
Ce modeste sanctuaire situé en bordure de la rue Benoit Frachon (ancienne R.N.88), à 2 km du centre ville,  ne manque pas d'originalité. Il a été conçu par l'architecte Joseph Belmont selon un plan simple.

(J. Belmont était alors architecte en chef des résidences présidentielles. Il avait réalisé l'ambassade de France au Japon. Il devint par la suite l'un des grands architectes officiels de l'Etat, et président de l'Etablissement public de la Défense, à Paris. Il est décédé en mars 2008). 
Cette église est mentionnée page 147 dans le guide d'architecture du 20ème siècle en Rhône-Alpes, éditions L'Equerre, 1982. 


Du côté ouest, d'amples verrières polychromes éclairent la nef, particulièrement illuminée par les après-midi ensoleillés ; avec ses vitrages de la paroi orientale, le sanctuaire s'offre aux regards comme une maison de verre. Sur la charpente métallique légère portée par une armature en béton, la couverture en cuivre doublée de lamelles de bois se divise pour laisser place à un faîtage en plastique translucide. De sorte qu'au fil des heures et des saisons, l'éclairage naturel joue diversement sur l'élégante simplicité du décor intérieur. Au dehors, face à l'entrée située à l'est, c'est une sobre et légère structure de béton qui fait office de campanile.                                                      

Vue depuis la rue Benoit Frachon.                               côté ouest : verrières







                                                                                       
Par un matin ensoleillé, le vitrage oriental réfléchit le campanile dans une image qui se superpose à celle de la nef.
A suivre.
René Commère.

Par René Commère - Publié dans : région de Saint-Etienne
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Dimanche 23 novembre 2008

      Il n'est pas fréquent de trouver côte à côte en pleine ville deux modèles aussi contrastés d'urbanisme des années 50-70.

     Les Appelous eux-même n'en ont guère conscience lorsqu'ils  passent de l'un à l'autre, à quelques mètres de distance - de part et d'autre de la rue Louis Blanc - , sans s'interroger sur les idéologies opposées qui les sous-tendent.

 

       Il serait bon de lire cet article comme un contrepoint de celui qui a décrit la Place du Centre (3 octobre), héritée du premier plan d'urbanisme (1955-65) de M. Claudius-Petit.

     

      C'est dans un esprit diamétralement opposé qu'à partir du milieu des années 70  la municipalité de M. Théo Vial-Massat entreprend de remodeler de fond en comble la partie du coeur urbain située entre la rue Jean Jaurès et la voie ferrée, laissée à l'écart de ce premier plan d'urbanisme.

     

      Mais rappelons les principales raisons de l'opération :

 

1 -  il fallait continuer l'éradication d'îlots insalubres et de taudis, prévue par le deuxième plan d'urbanisme (1965-75) adopté sous le mandat de Claudius-Petit ;

2 - il a fallu dégager de la place pour l'autoroute, dont le chantier est déjà bien engagé en 1976 ; on a fini de démolir en 1974 le quartier devant la gare, puis les maisons bordant l'ancienne rue du Champ de Mars.

 

 

devant la gare, pour faire place à l'autoroute, les derniers immeubles restant à démolir. Ce sera fait en 1974. Barre de Firminy-Centre en arrière-plan.

   avant les dernières démolitions aux abords de l'autoroute (au fond, la tour du "Vivarais" : la dernière de Firminy, achevée en 1974).                             

   

 

 

3 -  commencé avec la réalisation de Firminy-Centre, l'élargissement de la rue Jean Jaurès sur son côté nord doit se poursuivre en direction du Mas. Les dernières démolitions datent de 1978 : magasin Guyot, cinéma Palace. Il ne s'agissait pas toujours d'immeubles insalubres et irrécupérables.                                                                                                                                     

  de 1973 à 1975 les démolitions progressent ; elle atteignent la salle de la Plantée  (derrière l'immeuble du premier plan en 1973 )                                                                                                                                                             

 

La reconstruction commence dès 1979.

 

     Dans les bulletins municipaux, M. Vial-Massat déclarait vouloir en finir avec un "urbanisme trop brutal" comme celui de Firminy-Vert, des tours du quartier Saint Pierre, et de la place du Centre avec sa grande barre de douze étages. Pour la rénovation du centre, on oubliera la Charte d'Athènes, pour un retour à un urbanisme traditionnel, prétendument plus consensuel, en recréant un paysage de rues, de placettes, de toitures à double pente en tuiles  de façades devant-derrière, (il y aura donc des fenêtres au nord). Toutefois, on maintiendra le long de la rue principale l'idée d'une galerie marchande abritée.  

 

  

Le nouveau quartier de "La Plantée" vu depuis le parking de la gare. Au premier plan, la couverture anti-bruit de l'autoroute.

Pas de grande barre comme celle de Firminy-Centre qui se dresse à l'arrière-plan, ni de ces tours bannies de l'urbanisme depuis une certaine circulaire du ministre Guichard (1972). Mais sous des toitures plus "traditionnelles",  on a quand même densifié avec des immeubles de 7 - 8 étages. 

Enfin, ces balcons et fenêtres orientés au nord sont en contradiction avec les recommandations de la charte d'Athènes... et avec l'exemple donné par l'immeuble de la place du centre, à l'arrière- plan.

 

 

Entre les immeubles une placette vraiment sans ampleur, envahie par les voitures  en dépit du panneau qui la désigne (on le voit au loin au-dessus du toit de la voiture de gauche).

 

"La Plantée" ?

 

Une ancienne et vétuste salle de spectacles du quartier. On y a encore donné des représentations avant la mise en service de la Maison de la Culture en 1967.

 

Seul élément identitaire pour laisser trace d'un passé sans doute déjà ignoré des nouvelles générations.

 

Seule référence à une "tradition" déjà bien effacée après une génération.  

 

R. Commère

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par René Commère - Publié dans : région de Saint-Etienne
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Vendredi 3 octobre 2008

     Comme éclipsée par la renommée du patrimoine Le Corbusier et de Firminy-Vert, je vous invite à découvrir et à comprendre, en plein centre ville, cette place étonnamment discrète, presque cachée au visiteur et que rien n'incite ni n'invite à découvrir : pas de parking puisqu'elle fut conçue pour que les voitures n'y aient pas accès, ni de commerce, ni de terrasse de café. A l'écart des cheminements piétonniers les plus fréquentés dans les rues adjacentes (rue Jean Jaurès, rue de la gare), c'est un havre surprenant de tranquillité, presque de solitude, à quelques mètres seulement de l'animation de la Place du Breuil et du nouveau parvis de la gare.














Voici l'une des trois entrées, pour piétons exclusivement car il faut descendre quelques marches à partir d'un passage ouvrant sur la rue Jean Jaurès.
A droite, une barre d'habitation dont la partie centrale, achevée en 1956, comprte 122 logements HLM. A gauche, des bâtiments administratifs dont l'autre face borde la rue de la gare.
Au centre, l'ombrage accueillant d'un marronnier. 

     Ce dispositf appelle des explications, qui ont été données par M. Claudius-Petit dans un numéro de 1968 de la revue "Urbanisme".

     Il rappelle que dans les années cinquante, la pauvreté et la pénurie de logements appelaient une politique volontariste d'urgence....En plein centre ville, l'emplacement d'une ancienne usine fut affecté à la première réalisation d'un plan de modernisation qui devait apparaître comme le symbole du futur remodelage de la ville. 
     "Tout l'ensemble du quartier fut étudié dans les diverses hypothèses du tracé de l'autoroute...La qualité du sol permettait de construire en hauteur,  c'est-à-dire à la fois d'édifier des logements, et d'aménager une place tranquille pour les promeneurs et les enfants....
     "Le premier immeuble de 122 logements est conçu de telle sorte que sur chaque palier s'ouvrent la porte d'un appartement d'une pièce, d'un appartement de deux pièces, d'un de trois, et d'un de quatre ou cinq pièces, tous dotés du chauffage central, de la distribution d'eau chaude et de vide-ordures....Pour la première fois dans la vallée de l'Ondaine, des logements normalement équipés étaient mis à la disposition de familles ouvrières.     
     Sur le deuxième côté de la place s'installèrent la sécurité sociale, les services financiers, le commissariat de police : commodité pour la population - le bureau de poste est à côté et la gare à 60 mètres - et meilleures conditions de travail à ceux qui abandonnaient des bureaux sans lumière. La réorganisation de la ville était commencée".

 

 












"C'est une vraie place, construite pour le plaisir des yeux et l'agrément de tous dans un respect rigoureux d'une géométrie dimensionnée. Les dalles, les emmarchements, le carré de pelouse, les deux rectangles de fleurs, le marronnier planté en un point défini, tout concourt à une harmonie apaisante...La beauté entrait dans la ville".
 

   Sur le côté nord, une terrasse surélevée au-dessus des garages ouvre une vue dominante sur la gare, le site d'une  production métallurgique (c'était alors l'Usine de l'Ondaine de la CAFL), restée active jusqu'à  nos jours après la faillite et la désintégration de Creusot-Loire. 

      Finalement, un héritage des années cinquante, plus chargé de significations qu'on ne peut l'imaginer au premier abord : concilier en centre ville la nécessaire densification de l'habitat,  et l'ouverture d'espaces publics de qualité.
     Convenons toutefois que malgré ces qualités structurelles, cet espace manque quelque peu d'animation, et reste finalement peu fréquenté...mais ce n'est peut-être pas plus mal pour les habitants qui en bénéficient sous leurs fenêtres.


                                                                          R.C.

Par René Commère - Publié dans : région de Saint-Etienne - Communauté : patrimoines
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Lundi 15 septembre 2008






















               
            Le belvédère est aisément accessible pour les véhicules légers. :
     - soit en passant par le très sinueux "chemin de Marseille au Pin", qui se prend en haut de la rue Joliot Curie : une voie étroite mais pittoresque qui ressemble à un chemin de montagne,
     - soit par la route du Pin, plus rectiligne mais non moins raide ; peut-être accessible à des bus pas trop gros, mais avec précautions. 
     La dénivelée n'étant que d'environ 100 mètres (de 460 en bas du versant à 579 m. sur le site), la montée  pédestre est facile par le cimetière de Fraisses.

    Depuis quelques années, le site a été aménagé avec panneaux et tables d'orientation, dans le cadre des actions de valorisation paysagère de Saint Etienne Métropole.
     Le premier aménagement de ce site remonte à l'installation d'une statue de la vierge Marie, le 24 octobre 1948. Une inscription discrète sur le côté du monument précise qu'il fut inauguré en présence du Cardinal Gerlier, archevêque de Lyon (le diocèse de Saint Etienne n'existait pas encore). Voilà donc soixante ans que la vallée de l'Ondaine est "sous protection".
















     De là, une inscription énumère les onze clochers que l'on peut repérer ; il manque évidemment à la liste l'église de Le Corbusier à Firminy, terminée en 2006, mais aussi au Chambon-Feugerolles, l'église du Bon Pasteur de La Romière, datant des années soixante.
     De là, aussi, le visiteur peut se remémorer les grandes figures de l'ère industrielle, du moins celles des capitaines d'industrie de la métallurgie, ceux qui ont apporté dans la vallée leur remarquable esprit d'invention et d'innovation. Famille Holtzer, et Félix Verdié, fondateurs des aciéries d'Unieux et de Firminy ; Félix Dorian, qui fut aussi député républicain de la Loire à la fin du Second Empire et même ministre de la défense Nationale pendant le conflit de 1870-71 ; James Jackson, appelé d'Angleterre par Napoléon Premier pour apporter de nouveaux savoir-faire dans la production d'acier, et dont les usines prospérèrent sous la Restauration au Chambon-Feugerolles et dans la vallée du Gier ; Benoît Fourneyron, inventeur de la turbine hydraulique grâce à laquelle on démultiplia dans le monde entier la production d'énergie à partir de la force de l'eau ; Georges Claudinon, fondateur de l'aciérie du Chambon-Feugerolles.
     Par leurs implantations industrielles, concurremment avec les mines de chabon, ils ont façonné les paysages et l'organisation spatiale de la vallée. Si beaucoup de leurs établissements ont disparu avec la grande crise de la fin du 20ème siècle, on peut encore en déceler maintes traces dans le territoire actuel.
     Mais les vues très générales du panorama ne permettent pas de bien les repérer. c'est toutefois ce que j'ai essayé de faire sur la photo suivante.

  

      Un trait jaune encadre au premier plan ce qu'il reste d'une partie des anciens établissements Holtzer, c'est-à-dire les extensions réalisées au 20ème siècle dans l'ancien parc du château Dorian (grignoté aussi par un stade dont on voit la tribune au premier plan). Une partie de ces ateliers sont encore utilisés par diverses entreprises métallurgiques ou para-métallurgiques.
     Au secon plan est encadré le site des anciennes aciéries de Firminy, dominé au milieu par la tour de trempe (voir les articles de ce blog à son sujet) ; à droite, l'aciérie fonctionne toujours ; à gauche, les installations autour du laminoir à froid aujourd'hui tombé dans le giron d'Arcelor Mittal. L'ensemble est la partie la plus représentative de ce qui a été le site de Creusot-Loire-Ondaine et avant de la CAFL (voir son histoire dans mon livre "Mémoires d'acier en Ondaine", presses de l'Université de Saint-Etienne, 2000).
     Au fond de l'image, une des forêts de l'Ondaine et (encadrée) en arrière, la décharge contrôlée du Pâteux qui récupère et traite aussi écologiquement que possible une grande partie des déchets de la région.
























    Autre élément du patrimoine industriel repérable depuis le belvédère : le site fondateur des aciéries Holtzer, installées en 1832. La maison marquée "1833" a été la première habitation de Jacob Holtzer et a abrité les premiers bureaux de l'entreprise. On lit encore la date sur le linteau de l'édifice. A gauche, le bâtiment sombre marqué "CA" est l'une des casernes ouvrières construites au 19ème siècle à côté de l'usine. Au milieu, le pavillon d'entrée du parc du château Holtzer, construit en 1862-63 ("CH" sur la photo). Au premier plan, au-delà de la rangée de peupliers, la voie rapide des années 1990 qui a été réalisée à l'emplacement d'anciens ateliers (laminoirs, forge, etc...) de l'aciérie.

    Pour finir, la vue générale d'Unieux, étagé sur ses collines et dans la plaine de l'Ondaine. La douceur des reliefs tient au fait que l'érosion les a façonnés dans des roches sédimentaires peu résistantes du grès houiller, datant de l'ère primaire. Mais les hauteurs du Dorier et les versants plus raides des gorges de la Loire sont redevables de leur vigueur aux roche du socle précambrien  (granites, gneiss et michaschistes) qui constituent le tréfonds général du Massif Central. On peut percevoir, écornant le versant qui s'abaisse vers la gauche de la photo vers les gorges de la Loire, la carrière que exploitait ces roches très résistantes. 

      Voilà donc l'un des endroits qui se prêtent à une lecture de paysage prenant en enfilade l'ensemble du Val d'Ondaine et des reliefs qui l'encadrent.
Bonne visite...si le coeur vous en dit.
                                                                René Commère.
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Jeudi 11 septembre 2008

     Revenant de vacances, j'ai pris un moment dans la fraîcheur du soir pour marcher dans Firminy comme si j'étais un visiteur ne connaissant rien de la ville. Je voulais aller de la gare vers le site Le Corbusier, de renommée internationale.

     Disons tout de suite que pour l'automobiliste, la question ne se pose pas : la signalétique est convenable, quelle que soit la provenance. De même pour qui arrive par un autobus des transports urbains : depuis quelques mois, les autobus de la ligne venant de Saint Etienne ont leur terminus à l'église Le Corbusier.

      Mais c'est le piéton (ou routard) arrivant en chemin de fer qui aurait besoin d'être mieux orienté.

     A la gare, aucune information, aucun plan, aucun indice dans le paysage, même si pour atteindre le vaste parvis aménagé devant elle, il a fallu emprunter la passerelle qui enjambe les voies. 
      Traversons le parvis : voici une sorte de gare routière, terminus de plusieurs lignes locales dont les horaires et les itinéraires sont affichés. Mais aucun plan de la ville.
     Existe-t-il un OFFICE DE TOURISME, comme on en trouve généralement dans les centres des villes et à proximité des gares ? Aucune indication !
                                                                                                                                               
     De ce parvis, où aller sinon gagner le centre ville par l'avenue de la gare ? 

     En marchant, interrogeons le paysage (photo ci-jointe). Seulement cet intéressant et hétéroclite assemblage de formes géométriques : blocs paraléllipipédiques modernes, clocher pointu, fronton triangulaire, colonnade basique..

      Bureau de poste, quelques commerces, mais toujours pas d'information.  Dans certaines villes même peu touristiques, des itinéraires piétons ont été balisés : ce n'est pas (encore) le cas ici.



     En moins de deux minutes, nous voici sur la grande place du Breuil, encombrée de tôles peintes, dominée par  l'harmonieuse façade néo-gothique de saint Firmin ; s'il y a des marques du 20ème siècle, c'est la sommaire géométrie des tours que l'on devine en arrière-plan, et sans doute la boule en acier inoxydable offerte jadis à la ville par la métallurgie locale.   




     C'est peut-être ici qu'on trouvera un plan ? Il y a bien de chaque côté des panneaux Decaux, mais ils n'affichent visiblement que de la publicité (lumineuse la nuit !)

    Enfin, au revers de l'un d'eux, un plan de la ville.
.                                                                                        
   













      Mais quelle idée de le rendre inaccessible, comme un objet inutile en partie masqué par une poubelle géante, elle-même reléguée dans un coin sombre derrière un caisson technique fâcheusement mal placé. Bravo pour le sous-sous-chef urbaniste de la ville !

      Bien sûr, le plan a sans doute été affiché là pour les gens qui ont garé leur voiture sur la place. Quant au piéton arrivant de la gare ou de l'arrêt d'autobus, il ne lui reste qu'à découvrir par lui-même la trop discrète mention : "plan au dos" peinte sous l'affiche publicitaire. car c'est intelligent et perspicace, un piéton !

    Plus loin, car je pense que notre piéton a fini par demander son chemin, et a pu de la sorte apprécier la cordialité légendaire de l 'Appelou, le voici place Marquise.














      Enfin un plan accessible !
      Mais utile ? Pour l'Appelou averti, il se révèle faux sur trois points :
1 - Le : "Vous êtes ici" est mal situé : j'ai marqué d'une croix l'endroit réel ; c'est important car c'est seulement de là qu'on peut voir le carrefour des rues qui aboutissent place Marquise, et donc poursuivre sereinement son chemin..
2 - la représentation de l'îlot bordant au nord la rue Laprat (tracé courbe) est fausse : le passage biscornu indiqué n'existe plus, remplacé par un passage piétonnier rectiligne qui devrait être situé plus à droite sur le plan.
3 - Il y a belle lurette (2001) que l'Office de tourisme n'est plus à l'endroit indiqué (Mairie !).. 

     Il faut donc à nouveau demander son chemin....ou y  aller à l'intuition si l'on a le sens de l'orientation....Car de là, on ne voit toujours rien du site Le Corbusier, en raison de la courbure des  rues qui y mènent ( par héritage d'anciennes voieries,  et non par volontarisme d'urbaniste) !                                                                                   R.C.                







    

Enfin ! Il ne reste plus qu'à consacrer à la visite le temps nécessaire (ce qui laisse le temps d'une promenade dans Firminy-Vert : voir sur ce sujet un autre atricle de ce blog). Une demi-journée n'est pas de trop, sous la conduite de guides jeunes et compétents. Sur place, la signalétique donne toutes les indications utiles...Que le visiteur se souvienne de la notion de "promenade architecturale" chère à Le Corbusier : à la différence de ce qui se faisait ordinairement dans les villes du 19ème siècle, un édifice comme les voulait l'architecte ne se réduit pas à une façade ornée donnant sur la rue ; il est un volume autour duquel il faut marcher pour le découvrir sous différentes perspectives. ses oeuvres à Firminy en donnent une magnifique illustration. Bonne visite !  
                                                                                                                    R.C.
                           
       photo : vue partielle des façades ouest et nord, dans la lumière d'un soleil couchant de septembre. La façade ouest est la seule de l'édifice qui soit entièrement verticale. En avant, le porche. Plus haut, le canon de lumière (10 09 2008). Copyright Fondation Le Corbusier

Par René Commère - Publié dans : région de Saint-Etienne - Communauté : patrimoines
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Vendredi 11 juillet 2008
     Quittez le val d'Ondaine et Unieux en direction de l'ouest : un changement radical de paysage vous attend dans les gorges de la Loire, au lieu-dit Le Pertuiset. 
     Jusqu'en 1989, le contraste avec la vallée industrielle qu'on laissait derrière soi était d'autant plus fort qu'on débouchait dans les gorges par un étroit tunnel. C'est encore le cas si l'on passe par le chemin de fer (ligne Firminy-Le Puy en Velay).
     La construction d'un nouveau pont sur le fleuve s'est accompagnée depuis vingt ans de l'ouverture d'une large tranchée pour ouvrir le passage à une circulation routière plus intense en direction d'Aurec et des plateaux de l'ouest forezien
.
     Le pont traverse le lac de retenue du barrage de Grangent, mis en eau en 1957 :
ce qui fut comme un sacrifice en faveur de la production électrique, car les berges de la Loire sont devenues moins accueillantes, alors que jadis, elles étaient pour les habitants des villes industrielles voisines un lieu de loisirs et de baignades.     
     Restent les paysages d'une nature encore intacte : une grande partie des versants encadrant le fleuve, classée en espaces naturels protégés, offre de nombreux itinéraires de randonnées.
      Le pont actuel date de 1989. Deux autres l'ont précédé depuis 1842.  Auparavant, ce sont des  barques de passeurs qui faisaient traverser la Loire, non sur le site actuel, mais plus en aval, au confluent de l'Ondaine du fleuve, ou plus en amont, à Saint Paul en Cornillon.
    Ce pont suspendu fut parmi les premiers de ce type construits en France : dans son ouvrage de 1850 sur la géographie de la France, Jules Verne l'a représenté comme l'un des symboles du progrès scientifique et technique.    
    
      La portée était de 100 mètres, la largeur de 2,20 mètres. 
     Pour accéder au pont, il fallait traverser l'obstacle rocheux qui séparait encore à cet endroit la vallée de l'Ondaine et celle de la Loire. Le tunnel fut alors percé par des mineurs. Le pont fut à péage jusqu'à son rachat en 1884 par le Département.
     En 1934, ce pont se révéla insuffisant pour faire face à l'augmentation du trafic. Par exemple, pour l'emprunter, les autocars faisaient descendre leurs passagers car il fallait alléger au maximum le véhicule. Des images de l'époque rappellent aussi que la chaussée étant trop étroite, un côté du car devait rouler sur le trottoir.
     On consolida donc les piliers, on renforça les câbles qui furent, du côté est, ancrés dans le versant au-dessus du tunnel. Un tablier métallique remplaça le tablier en bois.


     




    En 1987, il s'avéra que les câbles d'acier étaient devenus cassants et donc fragiles en cas de gel intense. Le pont devenait donc dangereux, surtout en hiver. D'autre part, il ne pouvait être autorisé au passage des poids lourds, auxquels s'imposait un long détour par Saint Just-Saint Rambert pour accéder au plateau de Saint Bonnet le Château. 
     C'est donc dans une relative urgence que le Conseil Général du département dut décider de construire un nouveau pont. Il fut demandé aux entreprises de prévoir une étude architecturale d'insertion dans le site. 
     Le projet retenu fut apprécié pour son aspect innovant : un pont suspendu haubanné, porté par un seul pylone de béton précontraint (hauteur : 48,5 mètres) enjambant la chaussée. Cela constitua ultérieurement un modèle pour le pont de Normandie. 
      Inauguration le 28 janvier 1989, sous le nom de "pont du bicentenaire". 
      Un ouvrage désormais accessible aux poids lourds, ce qui allait avoir pour conséquence d'intensifier le trafic dans la traversée d'Unieux et de contraindre à l'aménagement d'une nouvelle voie rapide, pour laquelle les anciens sites de l'aciérie Holtzer pourraient être utilisés.
                                                    
   






L'image de droite est prise à peu près du même point d'observation que celle de Jules Verne.






    
     Pendant l'année 1989, on a pu voir les deux ponts côte à côte.

                                                                                                                                     




















              Conclusion : 
Une visite dans les gorges de la Loire, c'est une invitation à la promenade, à la découverte de belvédères exceptionnels (depuis Chambles, depuis le Dorier, depuis Essalois etc...),  de paysages végétaux et de faunes préservés, et d'une architecture innovante qui a fait école...
     Dans le site, une auberge de jeunesse refaite à neuf (Les Echandes), installée dans un ancien hameau, dans unsite isolé qui fait penser à une sorte de bout du monde. Mais aussi, à proximité immédiate,  des gîtes ruraux accueillants...
   A proximité, le moulin de la Fenderie (hors ouvertures quotidiennes en juillet et août, visites de groupes sur rendez-vous : office de tourisme à Firminy).
    N'oublions pas les restaurants....mais ils sont moins nombreux qu'autrefois, et il n'y a plus d'hôtel.
         R. Commère.
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Lundi 7 juillet 2008

       Les établissements Crozet-Fourneyron ont été l'une des pièces maîtresses de l'industrie métallurgique et mécanique  chambonnaire.
      Benoît Fourneyron (brillant élève d'une des premières promotions de l'Ecole des Mines de Saint Etienne) les créa en 1850 pour fabriquer lui-même des turbines hydrauliques dont il avait été l'inventeur vingt ans plus tôt ; il éviterait ainsi les inconvénients du recours à des sous-traitants, source de retards et d'inexactitudes.  
      Le site choisi était au débouché du Valchéry, affluent de l'Ondaine, où une chute d'eau de cinq à six mètres fournirait l'énergie nécessaire pour fabriquer, étudier et essayer des turbines. On ne sait s'il y avait auparavant un moulinage de soierie ou un martinet d'étirage du fer. 
      Après 1870, les frères Crozet, neveux et successeurs de Benoît Fourneyron, s'appuyèrent sur le savoir-faire mécanique de l'entreprise pour diversifier les productions : machines à vapeur, appareils de levage, appareils de meunerie etc...A la fin du 19ème siècle, s'ajoutèrent de nouvelles orientations vers l'armement, en particulier le matériel d''artillerie ; l'usine fut un temps réputée pour ses obus de rupture destinés à la marine, avec des procédés de fabrication dont elle gardait jalousement le secret.
      Une autre invention, celle des vis globiques utilisées comme réducteurs de vitesse, fut un extraordinaire succès économique, et dut satisfaire une clientèle de dimension planétaire.
      En 1980, atteinte de plein fouet par une crise aux causes multiples, l'entreprise dépose son bilan. Une partie de ses savoir-faire et de ses fabrications est reprise par un société (ATAMEC) qui transfère la production à Saint-Etienne. Une entreprise de chaudronnerie réutilise sur place une partie des anciens ateliers, le reste est voué à la démolition.
     



Xbâtiments Les bâtiments du tout premier plan ont été en partie conservés après 1980, mais transformés par la nouvelle entreprise qui les a adaptés à ses besoins 1980 ; des machines ultra-modernes (découpe laser, découpe à jet d'eau, presses plieuses à commande numérique) y ont pris place.
Au milieu de la photo, les bâtiment allongés ont été démolis, de même que la maison de maitres visible à droite.
En haut de la photo subsiste la grande halle (voir ci-dessous).
L'espace en friches à gauche de cette halle est maintenant occupé par un lotissement pavillonnaire.    
________________________________________________________________ 
  


                                                                                                                                                                                                             
Sur la photo de droite, la belle halle (photo ci-dessous) qui a échappé aux démolitions et loge une entreprise de constructions mécaniques.
Elle mesure 67 mètres de long, 32 de large, et 18 de hauteur maxima.  Construite en 1912-1913, ce fut initialement un atelier d'ajustage et de montage, mais c'est à la fabrication d'obus de gros calibres qu'elle fut affectée pendant la première guerre, avant de retrouver en temps de paix sa destination première.
Elle est intéressante par sa charpente métallique étonnante de légèreté et les immenses verrières qui l'éclairent de chaque côté : il faut la voir au moment du couchant, quand les rayons solaires la traversent de part en part.  Elle mériterait une inscription à l'inventaire des monuments historiques. En attendant, il serait bon qu'elle soit localement considérée comme un élément du patrimoine industriel. 



Cliché R. Commère,

Pour plus d'informations sur ce site, son histoire, l'état actuel des lieux, voir l'article  (onze pages) de Luc Rojas : 
"Les anciens ateliers Crozet-Fourneyron, Le Chambon-Feugerolles",
dans le numéro 51 (décembre 2007) de "L'archéologie industrielle en France", 
publication semestrielle du CILAC, (secrétariat national : BP 251, 56007 Vannes cedex)
Le CILAC a un site internet : www.cilac.com  

Par René Commère - Publié dans : région de Saint-Etienne - Communauté : patrimoines
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