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Combien d'habitants ont-ils eu pour cadre de vie les villes qui ont fait cortège aux mines, aux usines et aux ateliers ? Nous considérons ici les populations des communes du Chambon-Feugerolles, de Firminy, de La Ricamarie, de Fraisses et d'Unieux. 

Le contexte du nombre : flux et reflux démographiques dans les villes du val d'Ondaine.

 
      Avec constance, les mines et les usines ont attiré des ruraux des départements proches, principalement l’Ardèche et surtout la Haute-Loire, reliée par voie ferrée à partir de 1866 ; d'autres, moins nombreux, sont venus de plus loin,  comme la poignée de métallurgistes anglais venus en 1815 initier avec Jackson, au Chambon-Feugerolles, de nouveaux procédés de fusion de l'acier, ou encore les Alsaciens installés au cours du 19ème siècle à Unieux, à l'appel des Holtzer, en raison de leur savoir-faire. Au 20ème siècle, c’est essentiellement de Pologne, d’Europe du sud, d’Afrique du nord, que des immigrants sont venus se fondre dans le creuset ouvrier de la vallée.


      La croissance de la population, encore lente avant le milieu du XIXème siècle (de 11000 habitants en 1806 à 18600 en 1851), s’accéléra ensuite pour atteindre un total de 50800 en 1911, soit, pendant ces six décennies, une moyenne de 536 personnes supplémentaires chaque année.
     L'augmentation fut ensuite moins rapide et irrégulière jusqu’en 1946, en cette période perturbée par les deux guerres mondiales et la crise économique des années trente, et bien que les besoins de l’armement aient réclamé un surcroît de main-d’oeuvre à l'approche de 1939. On a recensé 55700 habitants au lendemain de la Deuxième Guerre, ce qui représente une moyenne annuelle 140 habitants supplémentaires depuis 1911.


      La croissance reprit avec vigueur après 1946, et même une accélération entre 1954 et 1962, jusqu’à un maximum de 71082 habitants au recensement de 1968, soit en moyenne près de 700 nouveaux habitants par an pour la période 1946-68. On peut voir là les effets cumulés du "baby-boom", d’une relative reprise économique (malgré les réductions d’effectifs dans les mines), et en fin de période, d’une offre accrue de logements grâce aux importants programmes réalisés dès le milieu des années cinquante pour remplacer les habitats insalubres et recevoir de nouveaux habitants..


     Pour prévoir ce que serait la population vers la fin du siècle, les planificateurs, comme beaucoup d’autres en France, se basèrent alors sur le taux moyen d'accroissement annuel des vingt dernières années : 1,14 % (alors très semblable au taux national). Conséquence possible, comme on pouvait le lire dans le Livre blanc de l'agglomération stéphanoise ("SAINT-ETIENNE VERS L'AVENIR", EPURES 1971)  : "plus de logements à construire d'ici à l'an 2000 qu'il n'en existe actuellement"...


      Déjouant ces prévisions, la tendance démographique s’inversa, modérément d’abord  (2123 habitants de moins entre 1968 et 1975, 300 par an), plus fortement ensuite (moins 13260 entre 1975 et 1999, 553 par an). Au recensement de 1999, on retrouva à peu près le chiffre global de 1946. Comme dans toute la région stéphanoise, cette érosion humaine accompagnait fermeture des mines et la cessation de nombreuses activités industrielles. Mais il faut aussi compter avec l’effet négatif de l’attrait résidentiel exercé par les campagnes proches sur des catégories sociales bénéficiaires de l’élévation générale des niveaux de vie.

     D'après les résultats donnés par l'INSEE pour 2006, la tendance à la baisse démographique s'est maintenue : on tomberait pour cette année à 51200 habitants, soit 20 000 de moins qu'en 1968. Commentaire d'un des maires : ce n'est pas une catastrophe ; disposant de plus d'espace, les citadins vivent plus à l'aise.          
      Composantes de cette baisse : un fort déficit migratoire, mal compensé par des naissances à peine plus nombreuses que les décès. Le vieillissement, l’exode des "cerveaux," sont allés de pair avec des programmes de démolitions de logements sociaux en surnombre.
       Résultat : le Val d'Ondaine a retrouvé en 2009 le nombre d'habitants de 1921, mais dans un cadre qui n'inspirerait plus à Zola ses descriptions du début du siècle..



       

Firminy (vue vers le sud) : le nouveau "look" ! En dehors des toitures déjà anciennes du centre ville, repérons des transformation du dernier demi-siècle :
- grands immeubles d'habitation (barres et tours) ; sur la droite, l'étagement des immeubles de Firminy-Vert et au fond, derrière un écran de verdure (parc des Bruneaux), l'unité d'habitation Le Corbusier.
- à gauche de la gare, visible au milieu de la photo, l'autoroute et sa couverture anti-bruit.
- au fond, les lotissements pavillonnaires montés à l'assaut des collines.
- au premier plan,une partie  l'ancien site métallurgique (CAFL puis Creusot-Loire), où subsistent quelques halles de production (à droite, l'atelier de trempe associé à la forge toujours en activité), mais où des espaces ouverts ont pu reverdir
- un peu à gauche du milieu de la photo, un signal fort de modernité architecturale avec la silhouette de l'église conçue par Le Corbusier (chantier démarré en 1970, et terminé seulement en 2006, après trente ans d'abandon...)

On compend que les nouvelles générations aient quelque difficulté à imaginer la ville d'autrefois....

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