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     Je propose de publier ici, en quelques articles, une partie du chapitre inclus dans l'ouvrage "Variations autour du patrimoine, un cas d'école, le Forez", de François Tomas,  paru en 2004 (publications de l'Université de Saint-Etienne). Chapitre d'une quinzaine de pages que j'avais rédigé à la demande de l'auteur, qui en avait pris connaissance et l'avait approuvé,  peu  avant son décès en 2003..  
     
     Depuis l'achèvement et l'inauguration, en 2006, de l'église Saint Pierre de Firminy Vert, il m'a souvent été demandé de rappeler les circonstances qui ont accompagné l''histoire de ce site et de cette église. Mais un résumé oral ne remplace pas une mise au point écrite. C'est à l'intention de tels interlocuteurs, ceux d'hier et ceux de demain,  que j'entreprends de livrer à ce blog le texte qui suit, dont j'ai regretté maintes fois de n'avoir pas un exemplaire à leur communiquer. 
     
     Cela ne retranche rien à l'intérêt que trouveraient les lecteurs dans l'ouvrage de François Tomas, qui analyse comment en un quart de siècle, le département de la Loire et son chef-lieu ont "inventé" un patrimoine dont la presque totalité existait déjà antérieurement, mais n'était guère considéré. 
     
     Le classement de Saint-Etienne et d'autres territoires du département en sites ou villes d'art et d'histoire a été un catalyseur de cette reconnaissance patrimoniale.
     
     On trouvera en outre dans l'ouvrage de François Tomas deux chapitres fondamentaux sur l'évolution,  la diversification et la nouvelle signification culturelle de la notion de patrimoine au cours des dernières décennies : le premier s'intitule : " le patrimoine, un élément nouveau de la culture urbaine" ; le second, qui conclut l'ouvrage : "Espace public et patrimoine".  Ce sont là des références devant intéresser et éclairer quiconque s'occupe peu ou prou de gestion de d'aménagement des espace urbains ou ruraux  : élus, administrateurs, associations culturelles, simples citoyens attachés aux valeurs esthétiques ou culturelles de leur environnement, qu'il soit urbain, monumental ou  paysager. 

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      Firminy
possède l'ensemble le plus complet conçu par Le Corbusier en Europe. C'est la seule ville dont la modernisation se soit accomplie avec le concours de l'architecte. Mais la reconnaissance patrimoniale de ces oeuvres n'est pas allée de soi après l'échec électoral (en 1971) du maire qui les avait suscitées, M. Eugène Claudius-Petit. Elle laissa longtemps indifférents, sinon critiques, le plupart des Appelous (tels est le nom des habitants de Firminy), même après leur classement comme monuments historique (1984). En 2003, la reprise du chantier de l'église de Firminy-Vert, abandonné depuis plus d'un quart de siècle, s'est inscrite dans un intéressant processus de revalorisation culturelle, artistique et touristique.

    
Les  dernières oeuvres conçues par Le Corbusier sont à Firminy. En 1965, peu avant sa mort, il a terminé la Maison de la culture,  bientôt complétée par son projet de stade ; il a remis à l'Assocation paroissiale ses plans pour l'église de Firminy-Vert, et posé la première pierre de sa cinquième Unité d'Habitation. A l'origine de ces commandes, l'amitié de M. Claudius-Petit, ancien ministre de la Reconstruction, qui l'avait soutenu pour l'Unité d'habitation de Marseille et l'avait recommandé en 1951 à M. Nehru pour créer à Chandigarh la nouvelle capitale du Pendjab.

      M. Cludius-Petit, député de la Loire depuis 1945, s'était présenté aux élections municipales de 1953, à l'appel d'électeurs comptant sur son expérience de ministre pour que soit engagée la modernisation de cette petite ville industrielle, dont les recensements de 1946 et de 1952 avaient souligné le taux excessif de logements indignes et le dramatique déficit en équipements publics. Les travaux commandés à Le Corbusier ne représentent d'ailleurs qu'une partie des multiples projets réalisés.

      L'hostilité du successeur communiste de Claudius-Petit explique-t-elle à elle seule l'occultation durable de cet héritage après 1971 ?  Ou doit-on considérer aussi la disgrâce idéologique d'une modernité urbaine remis en cause par l'excessive multiplication de ces  grands ensembles immobiliers que le pouvoir politique s'appliqua lui-même à déconsidérer au cours des années 70 ? 

     Au cours des années 80 s'est amorcée la reconnaissance du patrimoine appelou, à l'initiative de quelques défenseurs locaux dont les rangs et les certitudes  se sont étoffés au fil des ans, tant au niveau local qu'au niveau national. Evolution consacrée depuis par la réhabilitation de l'UNité d'habitation, et l'achèvement de l'église. 

       Chaque phase de cette histoire incite à réfléchir sur ce qui peut conditionner la reconnaissance culturelle d'un patrimoine du dernier tiers du 20ème siècle. 

                                                                                                                        A suivre. 

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