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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 11:33
       
Avant-propos, sur l'organisation touristico-administrative des gorges de la Loire dans la région stéphanoise. 
    
      Cet article sur les gorges de la Loire entre Le Pertuiset et le barrage de Grangent évoque un territoire qui, malgré sa manifeste  unité paysagère,  se partage entre les cinq communes d'Unieux, de Caloire, de Saint-Etienne (pour Saint Victor), de Chambles et de Saint Just-Saint Rambert). Pour les trois premières, appartenant à la Communauté d'agglomération de Saint Etienne-Métropole, l'information et la valorisation  touristiques sont l'affaire de TOTEM, office intercommunautaire créé en 2007.
       Les territoires de Chambles et de Saint Just- Saint Rambert, relèvent de l'Office intercommuanutaire de tourisme de  Loire-Forez (siège à Montbrison, bureau d'accueil à Saint Rambert)).
       Il n'existe donc pas d'organisme touristique habilité à faire valoir l'ensemble des territoires des gorges.
       C'est encore plus manifeste si on y ajoute la partie amont entre Le Pertuiset et Aurec, puisqu'on y trouve Saint Paul en Cornillon ((valorisé par TOTEM), mais aussi Aurec et Saint Maurice en Gourgois, situés en Haute Loire, donc dans la région Auvergne.
      C'est là l'héritage de découpages administratifs fondés sur des  frontières traditionnellement  accrochées à des obstacles naturels, dont résulte pour l'instant  l'absence de documentation touristique sur l'ensemble !
      Il existe bien un  syndicat mixte d'aménagement des gorges de la Loire (SMAGL), créé en 1969, seule structure d'action intecommunale sur l'ensemble de ces territoires (Haute Loire exclue). Mais, compétent en matière d'aménagement et d'animation des sites, il n'a pas vocation à s'occuper de tourisme. En outre, menacé de disparition depuis deux ans, son action se limite à l'entretien du paysage. Son bulletin périodique d'information, précédemment distribué dans les communes adhérentes, ne paraît plus. A son actif, le classement des gorges en espace naturel protégé.
_________________________

Toute l'année, mais plus encore avec les beaux jours, on se promène dans la partie la plus "sauvage" des gorges de la Loire, celle que ne parcourt aucune route, et dont beaucoup de lieux ne sont accessibles que par de bons chemins piétonniers (à noter l'inexistence de cheminements piétonniers le long de la rive ouest du lac.

. En gros, cela va du Pertuiset ( Unieux) au barrage de Grangent : six kilomètres et demi à vol d'oiseau, entre huit et neuf si l'on épouse les sinuosités du fleuve.


    Un exemple :  cet extraordinaire méandre de la presqu'île du Châtelet, au-dessous de Saint Victor. L'amont est à gauche. Chambles est au sommet du versant qui nous fait face ; c'est de là que part l'unique et plaisant chemin piétonnier en forte pente conduisant vers ce site, transformé en île depuis l'inauguration du barrage de Grangent (1957) ; mais une île accessible à pied sec grâce au pont qui enjambait l'ancienne voie ferrée aujourd'hui noyée sous les eaux.
    
        Au milieu de cette photo, prise d'un rocailleux chemin de crête reliant Les Camaldules à Chambles (donc sur la rive ouest des gorges), c'est le village de Saint Victor, annexé en 1969 par la commune de Saint-Etienne qui souhaitait se doter d'un site touristique et résidentiel, avec un port de plaisance sur le nouveau lac, ce qui en outre autorisait la ville à prendre le nom de Saint-Etienne sur Loire.
Le fleuve arrive à droite, conflue ave l'Iseron dont le golfe agrandit le site du port, puis décrit un ample méandre qui occcupe la moitié inférieure de l'image.

    Continuons vers l'aval jusqu'au site réputé de l'île de Grangent. Isolés sur leur un socle de granite, les restes du château et d'une chapelle du 11ème siècle décorent les abords du barrage mais restent un espace privé qui ne se visite pas.
   Nous sommes sur le territoire de la commune de Saint Just-Saint Rambert.




    Rive gauche, presque en face (commune de Chambles) : le hameau aujourd'hui désert des Camaldules, ancien refuge de moines cherchant à vivre à l'écart du monde pour y pratiquer la règle de Saint Benoît. Fondé en 1628 par Vital de Saint Pol, avec deux compagnons. Au 19ème siècle, ce fut une ferme isolée, mais moins que depuis la formation du lac de barrage. Autour de l'église du 17ème siècle, dans un site verdoyant plein de charme, quelques maisons plus ou moins entretenues. Pour y accéder : en bateau si possible, sinon par deux rudes chemin descendant, l'un d'Essalois, l'autre de Chambles.
       Très fréquenté par les promeneurs, sur la rive droite (côté est), ce tronçon de l'ancienne voie ferrée, avec ses tunnels et ses viaducs conduit un peu au-delà de la Noierie, avant de disparaître dans les eaux du lac. Quelques chemins s'en échappent vers le haut des versants. On peut ensuite continuer par un sentier vers Saint Victor. Un autre, au départ de l'ancien hameau de la Noierie (jadis, avant le chemin de fer, lieu d'embarquement du charbon de l'Ondaine sur les barques appelées "rambertes"), conduit à un site d'escalade d'où l'on surplombe l'ancien viaduc ferroviaire.













        Un panorama inoubliable attend ceux qui oseront grimper au sommet de la tour de Chambles : un escalier d'abord, puis des échelles....Il vaut mieux accompagner les enfants. Pour ceux qui hésiteraient à monter, le panorama reste de grande ampleur depuis le pied de la tour. 
                                                                               
 
      Il  resterait beaucoup à dire et à montrer ! Pour une visite plus complète et des promenades variées, pourquoi ne pas envisager une étape et même quelques jours de séjour dans la magnifique auberge des jeunesse des Echandes, installée dans un ancien hameau rénové ,aujourd'hui totalement isolé sur sa presqu'île, au fond des  gorges de la Loire, à quelques minutes du Pertuiset ? Un site unique.... 

Autres articles de ce blog sur les gorges de la Loire :
-  Le Pertuiset (Unieux) : un by-pass en question (5 mai 2009)
-  Un dolmen à Unieux : préhistoire, ou géologie, aux Echandes ? ( 14/ 01/ 2009).
-  Gorges de la Loire : Le Pertuiset et ses histoires de ponts (11 juillet 2008).
- Unieux : le moulin de la Fenderie ( 3 juin 2008).

et une page :
- 2 novembre 2008 à Grangent (image spectacualaire du barrage au moment de la de la crue de la Loire ).  

 Références touristiques : www.tourisme-st-etienne.com
                                             www.st-etienne.tv
                                             www.loire-forez      
   René Commère.
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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 11:24
          ARCHEOLOGIE INDUSTRIELLE

                             
  
                                                                                                 
     Pour H.B.C. Rogers qui lui a consacré un livre (2002), André Chapelon était le "génie français de la vapeur". 
    
      Si la société d'histoire de Firminy consacre une salle du château des Bruneaux à sa vie et à son oeuvre, c'est parce qu'il a été un enfant du pays. Il est né en 1892 au château de Bois de la Rive, construit à Saint Paul en Cornillon par son grand'père Antoine ; par sa grand'mère Elisabeth, il est descendant de James Jackson.
    Bien que sa carrière se soit déroulée sous d'autres cieux, il conservé toute sa vie (1892-1978) un fidèle attachement à sa demeure natale. Après plusieurs décennies d'abandon, sa rénovation récente a permis d'aménager plusieurs appartements. 

      Sorti en 1921 ingénieur de l'Ecole Centrale des arts et manufactures, André Chapelon se passionnait pour le fonctionnement des locomotives à vapeur. Partant de l'idée qu'elles s'étaient perfectionnées de façon assez empirique au cours du 19ème siècle, il pensait nécessaire de réfléchir plus scientifiquement sur la mécanique des fluides et la thermodynamique.

     Entré à la Compagnie PLM (Paris-Lyon-Méditrerranée), il ne réussit pas à convaincre la Direction lorsqu'il lui en proposa le principe.
    A partir de 1925, au contraire, la Compagnie Paris-Orléans lui demanda d'améliorer le rendement de son parc de locomotives, et surtout de la toute nouvelle Pacific 3500.

      Les principales améliorations portèrent sur :
- l'augmentation de la section des conduits de vapeur,
- l'amélioration du rendement du foyer, en provoquant l'augmentation du tirage,
- et l'étude scientifique de tous les éléments de la locomotive.

     Les résultats furent spectaculaires (la Pacific 3566) : doublement de la puissance avec des consommations moindres de 30% pour l'eau et de 20 % pour le charbon. Il travailla aussi à rendre plus performantes d'autres locomotives de la Compagnie.

     Il acquit rapidement à l'étranger la réputation d'un ingénieur de premier plan. Il travailla pour la SNCF, mais aussi pour des réseaux étrangers. On le consulta encore lorsqu'il fut à la retraite.                                                                                                                 

(ci-dessous : la Pacific 231-3500 du Paris-Orléans transformée en1934)
      
     Son rôle fut ainsi majeur dans le perfectionnement mondial des locomotives à vapeur. Mais vint le moment où celles-ci furent peu àpeu détrônées par la traction Diesel et par l'électrification des grandes lignes. S'orientant vers l'électrification après 1950, la SNCF s'intéressa moins à ses compétences, qu'il continua, même pendant sa retraite, à mettre à disposition de réseaux étrangers.

      La salle Chapelon du château des Bruneaux, riche de souvenirs, de documents et d'images, est donc pour notre temps un lieu intéressant d'archéologie industrielle.
    On peut aussi examiner dans cette salle la grande maquette de l'ancienne Usine de l'Ondaine de Creusot-Loire telle qu'elle était dans les années 70. Beaucoup d'anciens se plaisent à y retrouver les lieux où ils ont travaillé...                                    
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ci-contre : Une "Chapelon" aérodynamique : presque une oeuvre d'art...qui a inspiré le monument inauguré pour le centième anniversaire de la naissance de l'ingénieur.


                                        

 
                Ce monument, qui accueille les visiteurs à l'entrée du parc du château,  au voisinage immédiat de Firminy-Vert, a été érigé après souscription nationale par la Société d'histoire de Firminy.

- On trouvera dans le tome 1 de l'ouvrage de Jean Vigouroux : "C'était hier dans l'Ondaine", paru en 2003, cinq pages (267 à 271) sur le château du bois de la  Rive et André Chapelon.
- Les illustrations de cet article sont loin de représenter toute la richesse iconographique de la salle André Chapelon. 
- J'invite les lecteurs désirant plus d'informations sur Firminy et sa région à consulter le sommaire de ce blog
(articles sur l'urbanisme, sur Firminy-Vert, Le Corbusier, l'histoire et le patrimoine industriels etc...)

René Commère.
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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 11:17
Rétrospective sur la dépollution de l'Ondaine.

      Rappelons-nous : avant 1995, l'Ondaine au joli nom était en réalité un égout à ciel ouvert, drainant toutes les eaux usées -industrielles et domestiques - de la vallée. A ceux qui ont connu ce temps pas si lointain, la rivière laisse le souvenir d'odeurs nauséabondes et de teintes noirâtres largement dûes aux apports de poussières de charbon des anciens sites miniers. Qui aurait eu envie de se promener sur des berges aussi répulsives ?

      Dès 1968 et 1969, une première urgence parut être de créer une station d'épuration destinée à protéger la Loire, et plus précisément le lac de Grangent, de cette intense pollution. L'agence de bassin Loire-Bretagne le réclamait au nom de tous les riverains du fleuve jusqu'à Saint Nazaire. Ce fut donc un projet intercommunal, soutenu au niveau national par l'agence de bassin et à travers elle par l'Etat.

    Ce n'est qu'en 1973 que les travaux débutèrent au Pertuiset. La station entra en service en 1976. 
    Mais cela ne changeait rien aux détestables qualités de l'Ondaine.

     En 1993-94, fut enfin réalisé le projet d'un collecteur des eaux usées, envisagé dès 1969 : de l'ouvrage pour pelleteuses et terrassiers qui installèrent un véritable égout tout au long de la vallée de l'Ondaine, et lui raccordèrent les systèmes d'assainissement des différentes villes. L'ensemble fut opérationnel dès 1995.
     La rivière pouvait redevenir propre. Restait à voir au bout de combien de temps on y verrait des poissons,  et parmi eux les truites. 

     En effet, on ne tarda pas à signaler leur existence, non seulement vers l'aval, mais dès la traversée du Chambon-Feugerolles.

    De 1997 à 2000, de nouveaux travaux mirent la station d'épuration aux normes de dépollution qui imposaient l'élimination des nitrates et des phosphates, principaux facteurs locaux de l'eutrophisation des eaux du lac de Grangent (substances qui ont continué à arriver de la Haute-Loire encore insuffisamment pourvue de systèmes analogues).

Restait le problème des eaux rouges.

     Il s'agissait, aux abord du puits du Marais, d'une émergence d'eaux fortement ferrugineuses et chargées de manganèse. Un héritage de l'époque des mines de charbon : comme on avait cessé de pomper les eaux d'exhaure, les cavités souterraines s'étaient remplies et débordaient d'une eau chargée d'éléments dissous en profondeur. Cette source se déversait directement dans l'Ondaine et contribuait à sa coloration assez sensible dans la traversée du Chambon-Feugerolles. Plus en aval, cette pollution se diluait avec l'apport du Cotatay et du Valchérie.  

      En mars 2008 a été inauguré un système de déferrisation de ces eaux, que l'on peut voir fonctionner au pied du versant qui domine le puits du Marais, au Chambon-Feugerolles. Ce système dépourvu d'intervention chimique est considéré comme parfaitement écologique (on a parlé de déferrisation verte). Les travaux ont été réalisés par les charbonnages de France et le Bureau des rechercrhes géologiques et minières (BRGM). 



 Le site, en arrière du puits du Marais.
Cliché R.C.
mars 2009
(vue vers le sud)





















    L'eau est d'abord oxygénée sur une triple cascade, puis stationne dans un premier bassin de décantation où le fer se dépose.
     Suit un passage dans deux bassins de lagunage plantés de roseaux, qui retiennent ce qu'il reste de fer.

Ainsi en 48 heures, l'épuration est réalisée. L'eau rejetée dans l'Ondaine contient encore un peu de fer, mais 17 fois moins qu'à l'origine. 

 
 














A l'entrée dans les bassins de lagunage, il reste encore un peu  de fer,  qui colore à la longue les parois.   A la sortie, l'eau restituée à l'Ondaine est presque claire.

       
Non loin de là, un pêcheur dans le lit de la rivière aux eaux claires. C'est quelques jours après l'ouverture de la pêche à la truite. 

Désormais fréquentables, les berges n'attendent plus que des aménagements paysagers pour retrouver un rôle d'agrément dans l'environnement urbain.

Clichés du 16 mars 2009.

René Commère.

                                                      







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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 21:05

        La cité du Bec, construite pour le personnel de la centrale thermique, ne subit plus aujourd'hui les nuisances de son voisinage originel, fait de poussière (malgré la très grande hauteur des cheminées) et de fumée.

    C'est pour valoriser les charbons de qualité inférieure et concourir au plan d'électrification du pays que la centrale thermique du Bec a été construite au lendemain de la deuxième guerre. Elle est entrée en service en 1950.

         La fin de l'extraction houillère a entraîné sa fermeture puis, en 1986, sa démolition.

   Le premier plan de l'image ci-contre se situe donc à l'emplacement de l'ancien site industriel.
    Sur la façade sud de la barre d'habitation, les fenêtres s'ouvent depuis cette date sur un paysage ouvert et ensoleillé, que les reconversions industrielles n'ont pas encore totalement réoccupé mais qui est équipé des voieries prévues pour de nouvelles installations. Alentour, d'autres industries ont pris le relais.
 

        C'est donc un témoin du passé industriel du Val d'Ondaine que l'on peut découvrir en se donnant la peine de s'écarter des voies principales de la ville : une petite cité ouvrière aux rues étroites, composée de deux sortes d'immeubles :
 - une barre de trois niveaux d'appartements, longée au sud par la voie ferrée sur laquelle roulent silencieusement les T.E.R., et desservie du côté nord par une rue sans ampleur ;
  - des pavillons bi-familiaux avec des jardinets, dont une partie a souvent été utilisée pour ajouter un garage, non prévu à l'origine car à l'époque, l'automobile ne s'était pas généralisée dans la vie domestique.  

       Ces pavillons introduisaient dans la vallée une architecture de chalets assez originale. On remarquera notamment les petites vérandas en saillie abritant les entrées.









   L'exposition crée sur les côtés sud un micro-climat permettant la croissance d'un modeste palmier en pleine terre...

    Une remarque : ce quartier apparemment peu fréquenté par d'autres que ses propres habitants ne paraît exercer aucune attraction, tout simplement parce qu'il n'y a pas de commerce de proximité.
 









      Il est de même dépourvu d'espaces publics verts, sinon cette étroite bande gazonnée et quelque peu ombragée qui s'étire entre la barre et la voie ferrée, mais reste bien cachée par l'immeuble..  
  
     Si l'on se réfère à la trilogie corbuséenne (bien ignorée au moment de cette construction) : "soleil, espace, verdure",  on peut dire que le premier élément était fortement obéré par le monstre industriel trop proche, et que les deux autres étaient à peu près complètement oubliés. C'est la disparition de la centrale qui a ramené un air moins impur et un soleil moins chichement mesuré.

                                                                              

Un  élément inattendu près d'un passage à niveau, dans les quelques maisons plus anciennes situées non loin et aujourd'hui enclavées dans la zone d'activités du Bec : ce petit restaurant sans prétention...qui mérite peut-être d'être découvert. 

     




       Pour mieux situer le contexte de cet article, on peut voir dans ce même blog les deux éditions du printemps 2008 :
    - La Ricamarie et le Chambon-Feugerolles : friches industrielles reconverties ;
    - Le passé industriel du val d'Ondaine : un tour d'horizon patrimonial.

    Et bien d'autres encore si le coeur vous en dit et si vous voulez découvrir les multiples facettes d'un milieu urbain moins uniforme et stéréotypé qu'on pourrait l'imaginer.

René Commère, 17 mars 2009
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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 19:13


        Un dolmen souvent cité, même par des auteurs qui ne l'ont jamais vu sur place. 
      Pour en avoir le coeur net, le mieux est donc d'arpenter la petite montagne à laquelle il s'adosse, mais de préférence après avoir visité ailleurs d'authentiques dolmens, par exemple en Bretagne, et si possible après une visite dans l'un des musées qui reconstituent et expliquent la construction de ce genre d'édifices (exemples : Carnac, ou Les Eyzies).  Disons tout de suite que, jusqu'à qu'on me démontre le contraire, je n'ai vu aucun dolmen authentique installé sur un site aussi escarpé que celui d'Unieux.  Allons-y !


          Les Echandes : une presqu'île dans les gorges de la Loire, au confluent du fleuve et de l'Ondaine. Jadis, un hameau bien isolé valorisait les seules surfaces sans pente excessive de ce territoire très accidenté ; depuis quelques années, une magnifique auberge de jeunesse est installée dans les anciennes bâtisses rurales. 
           Lieu de calme, auquel on n'accède que par une route étroite, sinueuse et à fortes déclivités, car à partir du Pertuiset, on doit franchir un col avant d'atteindre le lieu d'accueil.

      C'est là, au col, qu'un escalier vous invite à grimper à la recherche du dolmen. 
      La pente est forte, le chemin pas toujours bien tracé. On le devine sur la photo, montant vers la droite, mais il faut bientôt tourner à gauche pour atteindre dans le bois un sommet arrondi  culminant à  546 mètres : donc une dénivelée de 75 m. depuis le col (ou de 125 depuis Le Pertuiset). 


        Au sommet, descendez le long de la crête, vers la gauche, en direction du sud-est. Dépassez en les contournant par la gauche les pointements rocheux qui accidentent cette crête. Puis cherchez vers la droite, derrière une crête hérissée de pitons granitiques. Vous êtes à l'aplomb du pont du Pertuiset. 

       C'est dans une très forte pente (photo) que vous finirez par découvrir une sorte de table rocheuse (soulignée sur la photo par un restant de neige). 

       Ne trouvez-vous pas ce site plutôt insolite pour un authentique dolmen ?

      Essayons de descendre devant le monument ; il vaut mieux avoir de bonnes chaussures pour arriver à se placer en face, et forcément en contrebas compte tenu de la déclivité. Difficile de prendre du recul : trop de broussailles.


  







  













  Sommes-nous vraiement en présence d'une oeuvre humaine ? Ou d'un chaos  de blocs éboulés depuis les pinacles granitiques voisins ? 
    La question se pose en examinant la position hasardeuse de la table sur les blocs qui la supportent (photo ci-dessous), et l'allure même du bloc de gauche, qu'on imagine difficilement choisi et dressé par des humains. D'ailleurs, lui-même repose sur quelque chose de chaotique....
             
                          
     
 
                    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Un coup d'oeil maintenant sur le matériel environnant : un granite diaclasé qui se débite naturellement en dalles plus ou moins épaisses et en blocs souvent parallélépipédiques.

       Certes, cela pouvait fournir à des humains les éléments d'une construction sommaire, mais pour quel usage ? Trop petit en tout cas pour une tombe ou un abri, de surcroît bien inconfortable....Sinon, lieu d'un culte ? Mais sur un site trop malcommode et difficile d'accès pour que des gens s'y rassemblent....             
                                                                        
    
  

 

        Pour ma part, je pense jusqu'à preuve du contraire que  c'est le hasard de chutes de blocs détachés des parois rocheuses qui a fabriqué ce dolmen, ce qui n'exclut pas qu'il ait été un site repéré de tous temps pour la qualité du tableau qui s'offre aux regards.

 

         Car, si escarpé qu'elle fût, la péninsule des Echandes a été occupée et aménagée jusque dans ses parties hautes comme en témoignent les murets que l'on peut observer

sur le versant nord, à proximité de l'itinéraire de montée, en gros à la limite floue mais réelle entre la hêtraie qui domine vers le bas et la pinède plus présente à l'approche de la crête.  


                                                                                                             
      C'est dans cette zone que se situe sur un petit replat, un peu en contrebas sur le côté nord de la  ligne de crête,  l'énigmatique structure courbe reproduite sur la photo de droite : peut-être le vestige d'un abri circulaire à la manière des bories : genre de ces constructions précaires dont on sait qu'elles peuvent dater de périodes pas tellement lointaines (entre le Moyen-âge et le 19ème siècle).

     Quant au dolmen, que chacun en pense ce qu'il veut.  L'essentiel est qu'il soit le but d'une belle et presque insolite promenade.
     Il a pu être aussi l'occasion de chantiers bénévoles de débroussaillage, opération nécessaire de temps en temps ; par exemple, en 1988, des jeunes animés par le Centre social d'Unieux, avec l'aide de la Municipalité, ont nettoyé les abords, et gagné ainsi de quoi participer au financement  d'un voyage en Corse. Comme quoi un dolmen, qu'il soit vrai ou imaginaire, peut-il se révéler utile à qui sait s'en servir....pour le tourisme par exemple. 

      Je précise : il vaut mieux avoir de bonnes chaussures, et se soucier d'accompagner les jeunes enfants, en raison des risques de chutes dans les escarpements qui dominent le méandre de la Loire. Quant au balisage, il y a bien çà et là de petites marques accrochées aux arbres, mais il faut être vigilant pour les repérer.

      Attention : les pique-niqueurs sont priés de ne pas laisser leurs déchets dans cette forêt encore indemne de ce genre de salissures.

BONNE PROMENADE !

René Commère.


                                                                                                                   

    


                                                                                                                      

 

 

 

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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 11:22

Notre Dame de La Ricamarie (1980).

      C'est une nouvelle nef, avec ses dépendances, qui a été inaugurée en 1980. Celle de l'ancien édifice du 19ème siècle donnait au cours des années 70 des signes inquiétants de vétusté : des pierres et du plâtre étaient tombés de la voûte à côté des fonts baptismaux en 1976, la charpente était attaquée par les capricornes. Il fallut condamner l'accès aux zones dangereuses. Le 3 décembre, la commission consultative départementale de la protection civile conclut que le bâtiment devait être interdit à toute forme d'utilisation.
     
       Malgré un coût plus élevé que celui d'une réparation, il apparut aux responsables du diocèse, de la paroisse et de la municipalité qu'une nouvelle construction éviterait des problèmes ultérieurs d'entretien et de réfection du chauffage dans un bâtiment ancien. Elle permettrait en outre le réaménagement complet des abords, avec la création d'espaces publics et de logements neufs. Le clocher, construit en 1867 indépendemment du corps de l'église et solidement ancré sur un rocher, pourrait être conservé, à la fois comme symbole urbain et symbole religieux. Tel fut le projet présenté par l'architecte de la ville, Marion Ferraz, et largement approuvé par la population lors d'une réunion publique le 12 mai 1977.




à gauche, on voit la trace de l'ancien édifice.

A droite, le clocher et le parvis réaménagé 









La construction de 1980, comme à-demi enterrée dans la pente occupée par l'ancienne église, est assez discrète dans le paysage. Au moment de la prise de vue ci-dessus (novembre 2008), des travaux sont en cours sur la toiture. Au premier plan, dans l'herbe, les ouvertures triangulaires sont des entrées de lumière pour la sacristie.


L'entrée principale de la nef est séparée du clocher qui est utilisé par la ville comme dépôt mortuaire et sur les murs duquel ont été fixés les marbres commémorant les morts des deux guerres (photo de novembre 2008).

      La nef peut accueillir jusqu'à 600 personnes. C'est un bâtiment hexagonal en briques dans lequel la lumière du jour entre de tous les côtés par les bandeaux vitrés ménagés sous la toiture, et par des ouvertures vitrées latérales tournées vers le nord. Elles dirigent la lumière vers l'autel qui, comme dans l'ancien édifice, est situé au sud.

Côté sacristie, alliance de la brique, du verre et du béton ; mais c'est à l'intérieur qu'il faudrait voir aussi l'usage du bois en lamellé-collé pour les plafonds.

Au total, une architecture qui ne manque pas d'originalité, malgré certaines analogies de conception avec une des église construite dans les années soixante dans le nouveau grand ensemble de la Duchère, à Lyon.
 (nota - à la différence des nouvelles églises traitées dans le premier article, financées sur fonds privés, celle de La Ricamarie, étant antérieure à la loi de séparation de 1905, dépendait de la Municipalité.)
   
La chapelle du Christ-Roi, quartier de Gaffard, au Chambon-Feugerolles (années 50)













Un quartier résidentiel excentré, actuellement en expansion pavillonnaire. Il existait antérieurement une chapelle en bois. Grande simplicité architecturale de cette nef orientée vers l'ouest. Une jolie grille ornée à l'entrée.                                                                                                                    
      Peu d'informations sur l'histoire de l'église, dans laquelle est célébré en principe un office par semaine.
      Des travaux récents ont nettoyé et réaménagé les abords.


CONCLUSION PROVISOIRE
      Ces deux articles n'ont considéré que l'aspect architectural extérieur. Je prévois pour plus tard un dernier article illustré d'images intérieures.
       Etant donnée la diversité de ces réalisations assez proches les unes des autres dans le temps et dans l'espace, il me semblerait possible d'envisager la possibilité d'un parcours guidé et commenté sur les aspects locaux de l'art sacré, en complément éventuel ou occasionnel de la visite du patrimoine Le Corbusier. Ce parcours dans le 20ème siècle est-il pensable dans le cadre de "ville d'art et d'histoire ?
Notons qu'il y a aussi dans le val d'Ondaine une gamme intéressante de types architecturaux d'habitat social....
René Commère. Décembre 2008.   

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 18:39

      La construction de ces  nouveaux lieux de culte catholique fut l'un des effets de la vigoureuse croissance démographique de l'après-guerre en val d'Ondaine, où l'on passa de 54945 habitants en 1946, à 71082 en 1968, année culminante après laquelle la tendance s'inversa sous l'effet des crises industrielles pour revenir à peu près en l'an 2000 l'effectif de 1946.

     Aussi pendant presque un quart de siècle, c'est en moyenne à 700 nouveaux habitants chaque année qu'il fallut procurer un logis ; comme on voulait en même temps compenser les démolitions d'habitats insalubres hérités du passé, la construction de nouveaux logements fut donc très active, surtout à partir de la fin des années cinquante. De nouvelles dispositions législatives en matière d'urbanisme, par exemple l'application de la notion d'utilité publique en faveur du logement, ou la mobilisation plus massive de crédits pour la construction,  favorisèrent la naissance de nouveaux quartiers, incluant les équipements publics désormais imposés en accompagnement de l'habitat. 

     

      Dans ce contexte, avec l'institution de nouvelles paroisses par les autorités ecclésiastiques, cinq lieux de culte ont été alors construits, leur financement étant assuré par des dons et des souscriptions privés :

- en 1950, l'église de Cote Quart à Unieux, Saint Paul sur Ondaine ;

- en 1959, celle du "Bon Pasteur", cité de la Romière, au Chambon-Feugerolles ;

- en 1962, Notre Dame de Nazareth, quartier des Planches à Unieux ;

- en 1963, Notre Dame de Cotatay, au Chambon- Feugerolles 
- vers 1955, la chapelle (non consacrée) de Gaffard, au Chambon-Feugerolles.   

     Un sixième édifice, encore en chantier en 1980, ne sera pas traité dans cet article en raison de son histoire exceptionnelle et de l'abondance documentaire dont il fait déjà l'objet, était l'église de Le Corbusier pour Firminy-Vert, dont la première pierre fut posée en 1970 mais qui n'a été terminée qu'en  2006 ; retardé puis refusé par l'évêché parce que trop coûteux, l'édifice projeté fut remplacé par une chapelle provisoire au cours des années 60 ; celle-ci est maintenant démolie. Retenons que dans la vallée, le béton n'a pas attendu Le Corbusier pour servir l'art sacré ; certains architectes, notamment ceux de N-D .de Cotatay, et de La Ricamarie, ont su lui vouer conjointement d'autres matériaux (métal, bois, verre...).

      Dans le cas de l'église de N.D. de La Ricamarie, il s'agit en fait d'une reconstruction. Menaçant ruine, et trop fragile pour être restaurée, on lui préféra en 1980 un nouvel édifice mais en conservant l'ancien clocher, auquel les Ricamandois restaient attachés comme symbole historique de leur centre-ville.


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Cet article n'a d'autre but que de proposer un regard sur des édifices certes modestes, mais dont la marque architecturale du 20ème siècle tient sa place dans le paysage urbain. Notons qu'à l'exception de N-D. de Nazareth (et de même de Saint Pierre de Firminy-Vert), l'orientation des nefs ne s'accorde nullement aux vénérables règles canoniques....

 

Nota : toutes les photos ont été prises par moi-même en 2008.

 

UNIEUX

 

L'église de Côte-Quart (Saint Paul en Ondaine), 1950.



Côte Quart est un quartier serré entre les usines héritées des anciennes aciéries de Firminy et le versant de la vallée.
Très modeste d'apparence, Saint Paul (1950) ne manifeste aucune recherche de monumentalité et n'expose sur la rue que de discrets et nécessaires symboles : une simple croix, et  un semblant de clocher. Une partie de l'édifice, allongé au bord de la rue Jean-Jacques Rousseau (à l'angle de la rue Lénine), prolonge l'alignement de maisons d'habitation auxquelles il est accolé. Il s'en distingue d'ailleurs à peine si on va le voir sur l'autre face, du côté du "pré du curé" (photo ci-dessous), d'où le clocher, n'est même pas visible au-dessus de la toiture.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Notre Dame de Nazareth (1962) est la plus spacieuse des trois églises d'Unieux.

Mais il faut la découvrir, car elle n'est ni sur une place ni sur une voie publique, mais dans un enclos et comme dissimulée derrière la maison du presbytère.  Devant le panneau d'entrée, on la voit à peine.

 

 

 

 


















 








Géométrie simple et rythmée du béton, appareillage de pierres pour l'entrée et le clocher, grandes verrières, toit à double pente mais dont l'excessive banalité est masquée par le mur dans lequel s'ouvre le porche.


LE CHAMBON-FEUGEROLLES

 Le Bon Pasteur (1959)

(cité de La Romière)

 

 

 

 

Paroisse créée en 1952, mais le culte était célébré dans une ancienne usine, jusqu'à la construction de l'édifice sur un terrain anciennement industriel situé à côté de la spacieuse place principale du quartier ( place Louis Pasteur). Cette place est fermée côté sud par le groupe scolaire construit en 1939-41 sur lequel on lit que "l'ignorance est la plus grande maladie du genre humain".

nef tournée vers l'ouest. Grandes ouvertures latérales.
Architecte : Jean Farat


Notre Dame de Cotatay (1963).
Ce modeste sanctuaire situé en bordure de la rue Benoit Frachon (ancienne R.N.88), à 2 km du centre ville,  ne manque pas d'originalité. Il a été conçu par l'architecte Joseph Belmont selon un plan simple.

(J. Belmont était alors architecte en chef des résidences présidentielles. Il avait réalisé l'ambassade de France au Japon. Il devint par la suite l'un des grands architectes officiels de l'Etat, et président de l'Etablissement public de la Défense, à Paris. Il est décédé en mars 2008). 
Cette église est mentionnée page 147 dans le guide d'architecture du 20ème siècle en Rhône-Alpes, éditions L'Equerre, 1982. 


Du côté ouest, d'amples verrières polychromes éclairent la nef, particulièrement illuminée par les après-midi ensoleillés ; avec ses vitrages de la paroi orientale, le sanctuaire s'offre aux regards comme une maison de verre. Sur la charpente métallique légère portée par une armature en béton, la couverture en cuivre doublée de lamelles de bois se divise pour laisser place à un faîtage en plastique translucide. De sorte qu'au fil des heures et des saisons, l'éclairage naturel joue diversement sur l'élégante simplicité du décor intérieur. Au dehors, face à l'entrée située à l'est, c'est une sobre et légère structure de béton qui fait office de campanile.                                                      

Vue depuis la rue Benoit Frachon.                               côté ouest : verrières







                                                                                      
Par un matin ensoleillé, le vitrage oriental réfléchit le campanile dans une image qui se superpose à celle de la nef.
A suivre.
René Commère.

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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 10:55

      Il n'est pas fréquent de trouver côte à côte en pleine ville deux modèles aussi contrastés d'urbanisme des années 50-70.

     Les Appelous eux-même n'en ont guère conscience lorsqu'ils  passent de l'un à l'autre, à quelques mètres de distance - de part et d'autre de la rue Louis Blanc - , sans s'interroger sur les idéologies opposées qui les sous-tendent.

 

       Il serait bon de lire cet article comme un contrepoint de celui qui a décrit la Place du Centre (3 octobre), héritée du premier plan d'urbanisme (1955-65) de M. Claudius-Petit.

     

      C'est dans un esprit diamétralement opposé qu'à partir du milieu des années 70  la municipalité de M. Théo Vial-Massat entreprend de remodeler de fond en comble la partie du coeur urbain située entre la rue Jean Jaurès et la voie ferrée, laissée à l'écart de ce premier plan d'urbanisme.

     

      Mais rappelons les principales raisons de l'opération :

 

1 -  il fallait continuer l'éradication d'îlots insalubres et de taudis, prévue par le deuxième plan d'urbanisme (1965-75) adopté sous le mandat de Claudius-Petit ;

2 - il a fallu dégager de la place pour l'autoroute, dont le chantier est déjà bien engagé en 1976 ; on a fini de démolir en 1974 le quartier devant la gare, puis les maisons bordant l'ancienne rue du Champ de Mars.

 

 

devant la gare, pour faire place à l'autoroute, les derniers immeubles restant à démolir. Ce sera fait en 1974. Barre de Firminy-Centre en arrière-plan.

   avant les dernières démolitions aux abords de l'autoroute (au fond, la tour du "Vivarais" : la dernière de Firminy, achevée en 1974).                             

   

 

 

3 -  commencé avec la réalisation de Firminy-Centre, l'élargissement de la rue Jean Jaurès sur son côté nord doit se poursuivre en direction du Mas. Les dernières démolitions datent de 1978 : magasin Guyot, cinéma Palace. Il ne s'agissait pas toujours d'immeubles insalubres et irrécupérables.                                                                                                                                   

  de 1973 à 1975 les démolitions progressent ; elle atteignent la salle de la Plantée  (derrière l'immeuble du premier plan en 1973 )                                                                                                                                                             

 

La reconstruction commence dès 1979.

 

     Dans les bulletins municipaux, M. Vial-Massat déclarait vouloir en finir avec un "urbanisme trop brutal" comme celui de Firminy-Vert, des tours du quartier Saint Pierre, et de la place du Centre avec sa grande barre de douze étages. Pour la rénovation du centre, on oubliera la Charte d'Athènes, pour un retour à un urbanisme traditionnel, prétendument plus consensuel, en recréant un paysage de rues, de placettes, de toitures à double pente en tuiles , de façades devant-derrière, (il y aura donc des fenêtres au nord). Toutefois, on maintiendra le long de la rue principale l'idée d'une galerie marchande abritée.  

 

  

Le nouveau quartier de "La Plantée" vu depuis le parking de la gare. Au premier plan, la couverture anti-bruit de l'autoroute.

Pas de grande barre comme celle de Firminy-Centre qui se dresse à l'arrière-plan, ni de ces tours bannies de l'urbanisme depuis une certaine circulaire du ministre Guichard (1972). Mais sous des toitures plus "traditionnelles",  on a quand même densifié avec des immeubles de 7 - 8 étages. 

Enfin, ces balcons et fenêtres orientés au nord sont en contradiction avec les recommandations de la charte d'Athènes... et avec l'exemple donné par l'immeuble de la place du centre, à l'arrière- plan.

 

 

Entre les immeubles une placette vraiment sans ampleur, envahie par les voitures  en dépit du panneau qui la désigne (on le voit au loin au-dessus du toit de la voiture de gauche).

 

"La Plantée" ?

 

Une ancienne et vétuste salle de spectacles du quartier. On y a encore donné des représentations avant la mise en service de la Maison de la Culture en 1967.

 

Seul élément identitaire pour laisser trace d'un passé sans doute déjà ignoré des nouvelles générations.

 

Seule référence à une "tradition" déjà bien effacée après une génération.  

 

R. Commère

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 17:18
       Par cet article, je voudrais signaler la série de cinq "pages" que je viens d'éditer dans ce même blog (lunieutaire.over-blog.com) à propos de la reconnaissance patrimoniale de l'oeuvre de Le Corbusier à Firminy, et donner aux lecteurs éventuels la possibilité de s'exprimer par des commentaires, ce qui n'est pas possible dans le format "page". 
      
     A peu de variantes près, j'ai reproduit le texte d'un chapitre qui m'avait été demandé par François Tomas pour son ouvrage  : "Variations autour du patrimoine - un cas d'école : le Forez" (publications de l'Université de Saint-Etienne, 2004). Ouvrage que je recommande d'ailleurs très fortement au public cultivé s'intéressant aux questions de patrimoine, de gestion des espaces publics, d'urbanisme, de tourisme, de protection des sites, voire de développement durable.
    
     François Tomas  
     Arrivé au terme de sa brillante et féconde carrière universitaire, fort de tous ses travaux de recherche et de tous ceux des étudiants qu'il avait dirigés sur l'histoire et la géographie du département de la Loire, nourri de son expérience d'adjoint à l'urbanisme à Saint Etienne, et de Directeur de l'école d'architecture, François Tomas venait d'obtenir du ministère la création à l'Université de Saint Etienne d'un l'institut d'études destiné à former des spécialistes et praticiens de haut niveau sur les questions d'identification, de gestion, de valorisation des patrimoines. Cet institut, l'IERP, forme avec succès chaque année des étudiants au niveau du troisième cycle (DEA). On trouvera à son sujet de plus amples informations, sur le site de l'Université de Saint Etienne.  
      Brusquement emporté en septembre 2003 par une maladie foudroyante, il avait réussi à écrire ses "Variations", à l'approche de la retraite, particulièrement à l'intention des étudiants auxquels les exemples vécus en Forez pourraient apporter des éléments de réflexion et des repères méthodologiques. 

                                                          ------------------------
     C'était pour moi un honneur d'être invité à y participer en ce qui concerne Le Corbusier à Firminy, avec en arrière-plan l'interrogation suivante, sous-jacente à l'ensemble des cas traités dans l'ouvrage : qu'est-ce qui définit un patrimoine, et peut conditionner sa reconnaissance en tant que tel ?
      Le milieu stéphanois et ligérien constituait un bon terrain pour cette étude, dans la mesure où beaucoup d'éléments reconnus à la fin du siècle pour définir des villes ou territoires "d'art et d'histoire" n'étaient l'objet d'aucune considération quelques décennies plus tôt. Questionnement  d'autant plus pertinent lorsqu'il s'agit, comme c'est fréquemment le cas en région stéphanoise, d'oeuvres du 20ème siècle ne bénéficiant pas du prestige d'une grande ancienneté historique.
        
      A cette occasion, je voudrais signaler aussi le très bel ouvrage paru en 2008 : "Firminy, Le Corbusier en héritage", réalisé par différents auteurs universitaires et magnifiquement illustré (publications de l'Université de Saint-Etienne).
    
      Les différents édifices corbuséens y sont analysés, dans leur réception, leur histoire, leur devenir, leur fonctionnement ; il faut voir en particulier, les études conduites par Christelle Morel-Journel et Loïc Etiembre sur la maison de la culture, et par Vincent Veschambre sur l'Unité d'habitation. Une partie : "du conflit au consensus", replace les denières décennies de l'histoire apppelouse dans le contexte de la désindustrialisation et de nouvelles stratégies territoriales qui dépassent le seul cadre géographique appelou : il suffit pour comprendre cette notion d'évoquer des cadres qui n'existaient pas au moment de Claudius-Petit, comme Saint-Etienne Métropole ou Rhône-Alpes, et qui introduisent de nouvelles échelles dans les conceptions territoriales et patrimoniales.
     Sont inclus dans l'ouvrage deux DVD : l'un retraçant l'évolution du chantier de l'église (filmée par une équipe de l'école d'architecture), l'autre basé sur des interviews des principaux acteurs de cette réalisation.


 
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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 15:15
    Flanquée d'un métallique tribut aux transmissions électro-magnétiques, la madone de Poix, ou Notre-Dame du Chambon, domine, surveille ou protège le centre de la ville. Ses bras généreusement ouverts répondent aux mains implorantes de Notre Dame de Cotatay.
   
   D'où une plaisanterie familière que vous confirneront peut-être d'ironiques chambonnaires : alors que la vierge de Cotatay prie en se disant : "que les gens d'ici sont bêtes ! ", l'autre répond, laissant tomber ses bras : "Mais qu'est-ce que j'y peux ?"
   
  On atteint ce haut lieu, perché sur le rebord du plateau de grès qui borde la rive droite de l'Ondaine, par la seule route (D 10) qui l'escalade en direction de Roche la Molière ; mais il ne faut pas tarder à la quitter vers la droite, en direction de Poix (et d'un lieu dit au nom pittoresque : "Tailllefer au coq"), par un étroit chemin goudronné, en pente raide. Un lacet serré,  et l'on arrive. On est passé de 515 à 600 mètres d'altitude.
   
     Certes, la vue est étendue, en direction des pentes de la retombée du plateau du Velay. C'est l'abrupt adouci de la faille dite du Pilat, qui délimite au sud le bassin houiller. Micaschistes, gneiss et granites du Velay septentrional sont entaillés par les ravins du Cotatay et du Valchérie (ce dernier n'est pas sur la photo).
Une petite déception pour la lecture du paysage : à la différence de ce que j'avais pu observer et photographier il y a dix ou quinze ans (voir l'article du 7 juillet : "opération table rase au Chambon- Feugerolles"), la profusion végétale du premier plan a masqué à peu près totalement le fond de la vallée, et évidemment le centre-ville, totalement invisible. Le château d'eau de l'ancienne cokerie aide à situer la zone d'activités de la Silardière, dont par ailleurs on ne perçoit  que quelques terrasses d'édifices difficiles à identifier.

Finalement, on prend  ici conscience :
- de la faible largeur à cet endroit du ruban urbanisé dans le val d'Ondaine : 1300 à 1500 mètres,
- et de son encadrement champêtre et forestier, à l'assaut duquel sont montés quelques lotissements, à la faveur de pentes plutôt douces, et malgré une situation tournée vers le nord.

Marchant vers l'est à travers champs sur le rebord du talus, j'ai cherché s'il y aurait d'autres points de vue, mais en vain : l'écran des taillis et bois ne laisse place à aucune trouée. On imagine le chemin en balcon qui pourrait être aménagé (voir ci-dessous)....

Enfin, à presque deux kilomètres à l'est, bien au-delà du hameau de Poix, une ouverture. Un chemin récemment élargi et sommairement empierré amorce une descente vers le val. Allons voir : 100 ou 200 mètres seulement pour élargir le panorama.   


De là, c'est vers La Ricamarie que la vue s'étend, jusqu'au massif du Pilat,  et   vers les hauteurs du sud stéphanois qu'on devine tout-à-fait à gauche.


De plus près, grâce au zoom, voici une partie de la zone d'activités de Pigeot-Montrambert, là où l'on extrayait autrefois le charbon. On voit qu'il reste de l'espace à occuper, bien desservi par une voierie confortable (voir l'article de ce blog sur la reconversion des anciens sites industriels et miniers).
On repère plus loin le viaduc autoroutier franchissant la vallée de l'Ondenon, mais on distingue plus difficilement les différentes parties de la ville, dont le centre reste en dehors de l'image. Voir aussi le pylone du Guizay, qui se dresse dans l'axe de la grande rue de Saint-Etienne. Même remarque que précédemment au sujet des lotissements  sur le côté sud du val d'Ondaine. 
                                        -------------------------------------
Mais revenons en arrière en quête d'un point de vue sur le Chambon-Feugerolles....
A 800 m. à l'ouest de la Madone, voici un bon chemin piétonnier descendant vers la ville : il ouvre enfin des perspectives sur le centre.
Il suffit de faire quelques dizaines de mètres.  Autour de l'élégant clocher "classique" de Saint Clément, voici au sud une partie du centre. En arrière, la cité de la Romière et son église dont on distingue clocher tout-à-fait à droite. A gauche, des voitures sur l'autoroute qu'on perçoit en tranchée. 
  



Regardons plus à gauche, vers le sud-est  : c'est la partie du centre ville reconstruite pendant les années 80, à la place d'un quartier où prédominaient la vétusté et le taudis, image disparue de la "rue sans joie" stigmatisée dans les années cinquante.
Au-delà, l'entrée du ravin du Valchérie, dont les eaux arrivent claires sur la place principale du centre ville. Culminant au milieu des arbres qui coiffent le versant à gauche (à l'est) du ravin, le château médiéval de Feugerolles se fait extrêmement discret dans le paysage.

Moralité en deux points : 
1 - Le belvédère ne tient pas les promesses que l'on pourrait en attendre du fait de son site exceptionnel. Un problème d'élagage. Plus tard, une table d'orientation ? Des panneaux de "lecture du paysage" ?
2 - Un cheminement serait possible sur ce rebord de plateau, agrémenté de quatre ou cinq belvédères ouvrant sur le val d'Ondaine des perspectives multiples et variées ; un parcours aérien, en somme. Au passage, il faudrait peut-être déranger quelques ruches entrevues près de l'orée du bois. Ainsi cet ensemble de beaux sites prometteurs serait-il aménagé en un agréable espace public, à quelques minutes de promenade du coeur urbain, et cela, je suppose, avec peu de moyens. Il yaurait même peut-être du bénévolat quelque peu écolo pour créer une promenade économe en carbone...
Il suffirait d'y penser...

René Commère, reportage inédit (photos comprises)  du 7 octobre 2008..
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