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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 01:14

  stephloco 005

 

         Dans son numéro du 2 juin 1927, le quotidien "La Tribune républicaine" consacrait trois colonnes de sa "une" à la fête prévue à Saint-Etienne pour célébrer, dix jours plus tard, le centenaire du premier chemin de fer français.

        En attendant un probable bicentenaire dans 17 ans, voici cet article (non signé) qui rappelle l'époque où le bassin houiller de Saint-Etienne était le plus important du pays....Ne manquez pas la description des premiers voyages de passagers, dont l'expérience toute nouvelle était une curiosité encore inconnue des Parisiens. A noter qu'il n'y avait pas en 1827 l'équivalent d'une "biennale du design" pour exposer au plus large public l'innovation réalisée dans la Loire....

               ____________________________________

(nota : il n'y avait pas de sous-titres dans l'article d'origine)

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La première locomotive du St-Etienne-Lyon 

                            1829 

 

 

          On sait que le premier chemin de fer a relié notre ville à la coquette cité gallo-romaine d'Andrézieux.

         

Premier motif : expédier le charbon

         C'est pour assurer des débouchés à la production houillère du bassin stéphanois, qui s'élevait annuellement à 760 000 tonnes, que fut créé ce mode de locomotion.

        Jusqu'au 18ème siècle, les charbons de Saint-Etienne et de Roche la Molière s'embarquaient sur la Loire à Saint-Just. A cette époque, la route royale de Roanne au Rhône et celle de Montbrison à Saint-Etienne furent construites ; dès lors Saint-Just fut, au profit d'Andrézieux, déclassé comme port d'embarquement, mais les transports étaient longs, coûtaient fort cher et ne permettaient pas l'envoi de grandes quantités de houille.

        Le canal de Rive-de-Gier à Givors, creusé pour faciliter le transport du charbon vers le Rhône, avait appris quels bénéfices appréciables il était possible de retirer d'une nouvelle voie. Au début du 19ème siècle, il était fortement question de créer une seconde voie d'eau qui, en établissant la liaison avec la Loire, permît de transporter le charbon de Saint-Etienne jusqu'à la région parisienne. Mais un rapport présenté en 1818 à l'Académie des Sciences par M. Gallois avait démontré la supériorité économique des chemins de fer sur les canaux : les premiers étaient sensiblement moins coûteux à réaliser et offraient de plus grands avantages d'exploitation.

       

L'initiative du Directeur de l'Ecole des Mines

         L'ingénieur Louis Beaunier, directeur de l'Ecole des Mines créée à Saint-Etienne pour remplacer celle de Kaiserslautern, se mit en quête des appuis financiers nécessaires pour la construction du chemin de fer dont il avait l'idée ; il trouva ces appuis chez de riches amis : MM. Milleret, Louis Boignes, Hochet, Bricogne et Lur-Saluces, puis se rendit en Angleterre pour étudier les chemins de fer qui y fonctionnaient déjà.

        A son retour en 1821, une "demande en autorisation de construire un chemin de fer tracé sur le territoire houiller de Saint-Etienne" fut adressée au Ministre de l'Intérieur par MM. Amédée de Lur-Saluces, Jacques Milleret, Bricogne, Hochet, Boigne et fils.

        

 Une demande assez rapidement exaucée...      

        Cette demande fut instruite en 1821 et 1822 ; successivement, le Conseil Général de la Loire, la Chambre consultative des arts et manufactures de Saint-Etienne, la Direction des Ponts et Chaussées donnèrent leur avis. Enfin, le 26 février 1823, le roi Louis XVIII rendit une ordonnance "autorisant les sieurs de Lur-Saluces etc..., sous le titre de Compagnie du chemin de fer, à établir une ligne, de la Loire au Pont de l'Ane sur la rivière Furens par le territoire houiller de Saint-Etienne". A titre d'indemnité, cette Compagnie était "autorisée à percevoir à perpétuité, sur le chemin de fer, un droit d'un centime quatre-vingt cinq centièmes de centime par mille mètres de distance et par hectolitre de houille et de coke".

       La constitution de la Compagnie fut approuvée par ordonnance royale du 21 juillet 1824 : les actions étaient de 5000 Francs. Beaunier, chargé de la construction du chemin de fer, recevait en qualité de Directeur, un traitement annuel de 4000 Francs.

 

 

Des travaux menés rondement !

        Les travaux commencèrent dans le premier trimestre de 1826 ; le 6 juillet, Madame la Dauphine, fille de Louis XVI, les visita. Elle faisait une cure à Vichy. Après s'être arrêtée à Saint-Etienne, elle se rendit sur les chantiers de la "route du fer".

        Au début de 1827, les travaux étaient terminés. La ligne avait 20 kilomètres, 473 de longueur. Son point initial à Saint-Etienne était Pont de l'Ane, à l'est de la ville, près de la route royale de Lyon à Toulouse, et au centre de nombreuses mines. Elle suivait la vallée du Furan et, par les Mottetières, le Bois-Monzil, Curnieux, le Moulin-Saint-Paul et le Moulin-Thibaud, se terminait près de la Loire à Andrézieux. La dépense totale s'éleva à 1 783 195 Francs, soit 87 Fr par mètre. La ligne n'avait qu'une voie. L'écartement ders rails était de 1m.45, comme aujourd'hui.

        Le 30 juin 1827, les premiers convois circulèrent. La traction choisie fut la traction animale. On divisa la ligne en relais. D'un relais à l'autre, un cheval traînait quatre chariots contenant chacun, à la descente, 1.920 kilos de houille.... Il devait arriver quotidiennement à la Loire 128 chariots, ou 3072 hectolitres de houille (un hectolitre étant compté pour 80 kilos). A la remonte, les transports étaient évalués à environ un tiers de ceux prévus à la descente.

 

 

Et les voyageurs ?

        Cinq ans plus tard, le 1er mars 1832, la faveur de circuler sur la voie fut accordée aux voyageurs. Il convient d'en rappeler les conditions, grâce aux détails donnés en leur temps par le MERCURE SEGUSIEN :

        "Les voyageurs partent du bureau de l'entrepreneur, place de l'Hôtel de Ville. La voiture les conduit avec ses roues vulgaires jusqu'au lieu de La Terrasse. Là, au moyen d'une grue, la voiture est soulevée, son train se détachant aisément pour être remplacé par un autre, adapté aux rails. Cette opération se fait en cinq minutes et sans secousse, sans ébranlement pour les voyageurs qui n'ont pas à mettre pied à terre. Arrivée sur les bords de la Loire, le voiture retrouve là des roues propres à cheminer sur la grande route pour les conduire à Montbrison".

 

       Ce nouveau mode de transport eut un très vif succès.  Le chemin de fer, écrivait Jules Janin dans la "Revue de Paris", est une des merveilles du monde....Il ne s'agit que de deux bandes de fer placées à quelques pieds l'une de l'autre et se prolongeant sur une chaussée pratiquée pour les recevoir : mais ces deux lignes de fer parcourent avec la rapidité de l'éclair quarante lieues de poste....

        Et Jules Janin ajoutait : "ces deux lignes de fer réuniront le Rhône et la Loire, les plus beaux chemins qui marchent, et feront de Saint-Etienne un entrepôt universel".

 

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La Stephenson-Seguin de 1829,

reconstituée pour la foire de Saint-Etienne, en 2002. photo R.Commère.

 

Un projet qui en nourrit un autre : le Saint-Etienne-Lyon.

        Le célèbre publiciste stéphanois faisait allusion à la ligne Saint-Etienne-Lyon. Les frères Seguin, d'Annonay, avaient en effet sollicité en 1829 le droit de construire entre les deux villes un chemin de fer "qui serait le moyen le plus sûr et le plus praticable de réaliser le grand bienfait si longtemps désiré de la jonction de la Loire et du Rhône"

        L'entreprise fut mise en adjudication, et cette dernière fut prononcée au profit de MM. Seguin, P. Biot et Compagnie, au prix de 0fr.098 par tonne de maerchandise et par kilomètre.....

 

Encore des innovations !

        Marc Seguin s'occupa spécialement de résoudre la question du matériel de traction. C'est ainsi qu'il imagina la chaudière tubulaire, réalisant un progrès considérable pour la machine à vapeur et permettant ainsi à Stephenson de sortir vainqueur du concours de locomotives ouvert en 1829 par le chemin de fer de Liverpool à Manchester.

         La construction de la nouvelle ligne fut vivement poussée. La section de Rive de Gier à Givors fut achevée en 1830 et mise aussitôt en exploitation ; on employa pour la traction des locomotives concurremment avec des chevaux et au début, on ne transporta que de la houille ; dans le sens de Rive de Gier à Givors, des trains de voitures à voyageurs descendaient grâce à la pente, sans chevaux ni machines.

       Le 15 décembre 1832, les travaux de voie étaient terminés. Deux progrès importants avaient été réalisés : le remplacement des rails en fonte employés en Angleterre par des rails en fer, et la substitution des traverses en bois aux dés de pierre sur lesquels reposaient les rails.

        En 1838, le service des voyageurs entre Rive de Gier et Lyon put être assuré par des locomotives. En 1839, la traction mécanique fut prolongée jusqu'à Saint-Chamond, puis jusqu'à Terrenoire.

       

Plus besoin de chevaux à partir de 1844.

         Le 1er août 1844, les chevaux furent définitivement supprimés aussi bien sur la ligne Lyon-Saint-Etienne que sur la ligne d'Andrézieux. Le trafic, dès lors, ne cessa d'augmenter.

 

       La ville de St-Etienne a été le centre des premiers chemins de fer français. Quand on pense au développement formidable pris par notre réseau ferroviaire, on comprend que la grande cité industrielle s'attache à fêter par d'éclatantes cérémonies le centenaire de la création des "routes de fer".

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Reste maintenant à prévoir ce que pourrait être le bicentenaire en 2027!

R.C.

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                                                              cliché R. Commère

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 18:39

    (  VOIR EN FIN DE CET ARTICLE LA NOTE AJOUTEE LE 11 AVRIL 2010 )

 

 

      Pour un descriptif commenté du moulin de la fenderie,veuillez vous reporter dans ce blog à l'article du 3 juin 2008 intitulé :
 " Unieux, le moulin de la Fenderie.
       En particulier, vous y trouverez une réponse à la question, souvent posée par des visiteurs,  sur les conditions et la possibilité de remise en marche de l'installation : il s'agit du point de vue de M. Dupuy-Couturier, propiétaire et exploitant du moulin de l'Etrat, sur le Furan, au nord de Saint-Etienne. Il nous a donné en direct précisions sur le fonctionnement extêmement sophistiqué des minoteries les plus modernes d'aujourd'hui et leur incompatibilités avec l'utilisation de l'énergie hydraulique .

                                                                                                

Après une douzaine d'annnées d'ouverture au public, le moulin n'aurait pas été visité en 2009 s'il n'y avait eu un groupe d'amis des moulins venu de Haute-Loire le dimanche des journées patrimoine (20 septembre) et que j'ai eu le plaisir de guider, à la demande du SMAGL.
     C'est donc un intéressant élément du patrimoine du Val d'Ondaine qui a été quelque peu délaissé. Ni le SMAGL, son propriétaire, ni l'Office communautaire de tourisme (TOTEM), ni la municipalité, ne se sont souciés de sa promotion. A la différence de 2008, la commune d'Unieux n'y a pas annoncé ni organisé de visite lors des journées Patrimoine.
 
     L'image ci-dessus rappelle les éléments du site :  

1 - la route du Pertuiset à Roche la Molière, qui longe un côté du vieux moulin et conduit au bourg d'Unieux.
 
2 - L'ancien moulin, à farine, probablement du 17ème siècle pour sa partie la plus ancienne, délaissé à partir de 1910, c'est-à-dire après la construction d'une minoterie plus moderne. Notons bien que la toiture de ce bâtiment, dont la poutre maîtresse s'était effondrée en 2005, a été entièrement refaite à neuf en novembre 2007. En effet, un projet du SMAGL et de la municipalité était d'y organiser un lieu d'accueil des visiteurs, et un écomusée sur le thème des moulins et minoteries. On pourra voir dans les autres articles rappelés ci-dessus en quoi ce projet pouvait être intéressant. Les perspectives de dissolution du SMAGL (envisagée par le Conseil Général) et le peu de motivation de la nouvelle municipalité d'Unieux en 2008 ont compromis ce projet. Que faire désormais sous ce toit remis à neuf ?

3 - La minoterie du 20ème siècle, qui a fonctionné de 1910 à 1991, actionnée par une turbine. C'est ce bâtiment dont on peut visiter, sur quatre niveaux  la machinerie bien conservée depuis la cessation d'activité de l'établissement. Il s'agit d'un système de machines à cylindres et de blutage par plansichters, le tout actionné à partir d'une turbine dont le mouvement se trasmettait aux différentes machines par des poulies et des courroies. 

4 - Habitations du minotier et de sa famille. Une partie des locaux se situe dans d'anciens silos reconvertis en logements.

5 - Les murs du rez de chaussée de cette villa portent les traces d'une installation industrielle ancienne : la FENDERIE, qui a donné son nom au quartier. A l'aide de laminoirs et de tranchants datant du 17è ou 18ème siècle, actionnés par la force de l'eau, on y "fendait" des plaques de fer pour obtenir des verges à partir desquelles, dans les fermes des environs, on fabriquait des clous. Les murs gardent les traces de ces installations, qui se révèlent conformes au modèle de fenderies représenté dans la célèbre Encyclopédie de Diderot et D'Alembert (18ème siècle). Mais cette partie est privée et ne se visite pas. La fenderie a cessé son activité à la Révolution.

6 - anciennes écuries du 17ème siècle, en belles pierres de taille.







Ci-contre, le panneau qui était encore en place en 1997














Un groupe d'écoliers en visite (an 2000).
A l'initiative du SMAGL, portes et fenêtres de cet ancien moulin ont été ornées en 1999 de fresques rappelant l'ancienne activité.



  Des collégiens en visite, en 1999.
Au premier plan à droite, un toboggan pour trier les graines indésirables éliminées lors du "nettoyage" du blé, mais pouvant servir à l'alimentation animale ; en particulier, séparer les nielles, graines nocives pour le système nerveux des animaux et des humains, mais utiles jadis pour fabriquer de la colle.  



René Commère, guide bénévole de 1996 à 2009....et ancien président de l'Office de tourisme de Firminy.

Note ajoutée le 11 avril 2010 au lendemain d'une visite du moulin par les congressistes de la Fédération des moulins de France. 

Avant de se rendre au moulin de Vignal, à Apinac, les congressistes ont fait une halte rapide au moulin de la Fenderie, où ils ont été accueillis par deux représentantes de TOTEM (office de tourisme de Saint-Etienne Métropole) et moi-même. C'est un bâtiment parfaitement remis en état par l'équipe verte du SMAGL (syndicat mixte d'aménagement des gorges de la Loire) qu'ils ont eu le plaisir de visiter.

Je ne peux m'empêcher de transmettre ici leur commentaire, d'autant plus significatif qu'il vient de personnes très compétentes en la matière. 

"Bien sûr il est regrettable que l'installation ne soit plus en état de fonctionner, que le bief et le bassin d'alimentation en eau soient comblés,  mais c'est un ensemble démonstratif et muséal de qualité et de caractère exceptionnels, qui mériterait une mise en valeur pédagogique et touristique, à défaut de pouvoir remettre les machines en mouvement".

 

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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 18:12
Un précédent article de juin 2008 intitulé : "Puits du Marais, quelques images pour remonter le temps",  vous a présenté ce chevalement, qui trône aujourd'hui sur un rond-point routier à la sortie de Chambon-Feugerolles.
Voici, sur une photo prise d'avion en 1981, un petit document complémentaire sur cette mutation paysagère. A côté de l'image brute, la même photo avec l'indication des aménagements de voierie réalisés autour de ce qui est devenu un monument témoin de l'histoire minière.                                                                           









La flèche jaune indique l'entrée de la nouvelle voie d'accès à la zone d'activités de Pigeot-Montrambert.
    Sur la gauche, la zone de jardins ouvriers a laissé place aux terrains viabilisés er préparés pour accueillir de nouvelles activités. 

  De part et d'autre du chevalement, les bâtiments d'exploitation et des machines ont disparu du paysage.
  On peut aussi repérer en bas à gauche de la photo l'emplacement sur lequel a été installé en 2008 le système de traitement des eaux rouges issues d'anciennes mines noyées (voir l'article du 20 mars 2009 : "Ondaine plus pure : le traitement des eaux rouges")

Rendez-vous après les vacances pour d'autres articles.
R.C. - 18 juillet 09..
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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 11:54

     C'est comme une vue d'avion sur le bourg d'Unieux que l'on peut aller chercher au Dorier.

     Situé dans les collines du bassin houiller d'âge primaire, le bourg est niché à 450 mètres d'altitude au bas du versant sud de la puissante masse granitique qui le domine de plus de 150 mètres et lui procure un abri climatique contre les froidures du nord.

      Plusieurs itinéraires  pour accéder au site de ce belvédère où fut installé en 1965 le relais de télévision, sur un terrain acquis l'année précédente par la Municipalité.   

       Les amateurs de sentiers pittoresques monteront à partir du bourg en empruntant  la piste forestière qui conduit de la rue Jules Verne vers les gorges de la Loire. Goudronnée au départ, elle est bientôt fermée à la circulation des véhicules.




    On est vers 550 m. d'altitude lorsque se dévoile le panorama (ci-contre) sur Le Pertuiset et les gorges. Il faut alors pendre sur la droite le sentier ardu mais bien tracé qui conduit au Dorier. Pour le reconnaître, on l'aborde par les marches d'un escalier mis à mal par l'érosion des eaux courantes et par le piétinement des promeneurs.
    On chemine dans une lande parsemée d'arbres, par endroits défrichée en prairie.
  
   Au sommet, le sol de ce qui fut un pré est aujourd'hui mis à nu à force de servir de piste de jeu à des apprentis conducteurs de deux et quatre roues.         
     Pour la vue sur Unieux et le panorama qui s'étend jusqu'au Pilat, rendez-vous sur l'étroit cheminement qui contourne le relais de télévision.


     Libre à chacun de faire sa propre lecture du paysage.
     Ainsi, à droite du bourg (cf la première photo ci-dessus), une cascade d'habitats (barres de HLM, lotissements de pavillons) le raccorde à la plaine d'Unieux. 













     

      La plaine se partage entre terrains de sports et zone d'activités. A noter que l'ancien site métallurgique des usines Holtzer est trop éloigné pour apparaître sur cette photo.
      Au fond à droite, une rangée d'arbres ombrage le cours de l'Ondaine qui suit avec la voie ferrée (non visible sur la photo...mais on entend passer les trains !) le pied du versant ouest.
     En arrière-plan, les pentes occidentales du territoire de Fraisses, encore en partie rurales mais grignotées par la conquête pavillonnaire (un lotissement de moins de dix ans d'âge est visible au milieu de l'image).
    Tout au fond, les versants  marquant le rebord du plateau vellave, du côté de Saint Ferréol d'Auroure ( en Haute Loire) dont on devine à gauche, sur une crête, un lotissement résidentiel.
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Pour les rebelles à la marche, des accès sont possibles en voiture : l'un, par l'étroit et très raide chemin goudronné qui commence devant le cimetière. En cas de rencontre avec une voiture, la montée exige une parfaite maîtrise du démarrage en côte ! 
                                                                                                                                                 

Mais où arrivons-nous, par cet itinéraire ? Peu avant le hameau du Dorier, voici qu'un panneau nous annonce de façon inattendue l'entrée dans  Saint-Etienne. Explication : dans les années soixante, la ville a annexé la commune de Saint-Victor, jadis limitrophe d'Unieux en ces lieux.

    C'est donc sur le territoire municipal de Saint-Etienne que l'on traversera le hameau et passera, un peu plus loin, devant l'entrée d'un camp de le fédération française de naturisme, soigneusement soustrait aux regard indiscrets, mais remarquablement situé sur l'un des plus beaux panoramas des gorges de la Loire.

     Continuons cette route étroite, autre élément d'un itinéraire pour accéder au Dorier, en faisant un détour par la Croix de Marlet. Les vues vers le sud constituent un vrai balcon sur Firminy et le val d'Ondaine ; avec de bonnes jumelles, on pourra détailler par temps clair les éléments de ce panorama. Bien mieux, parvenu au point le plus haut de la montée, il arrive que l'on distingue très loin à l'est, si l'air est limpide, le massif du Mont Blanc (il est à 205 kilomètres).   
      Puis on arrive au hameau de Trémas, dont se détache au sud la Tour Philippe, qui fut jadis un rendez-vous de chasse...      
      Un site privé, certes, et récemment restauré : iI faut laisser la voiture au bord de la route si l'on souhaite s'approcher pour compléter la moisson de vue panoramiques offertes par les abords du Dorier.                   Voilà donc les ingrédients d'un grand bol d'air.....Ajoutons que les descriptions qui précèdent n'épuisent pas la diversité des paysages offerts à la vue depuis ces point hauts, perchés jusqu'à 700 mètres sur ce vigoureux massif granitique dans lequel la Loire a creusé sa gorge.
     
Pour compléter cet article, voyez dans ce blog les divers articles sur la vallée de l'Ondaine, les gorges de la Loire, Unieux et Le Pertuiset, faciles à trouver en consultant la liste complète des pages et articles.

Bonnes promenades.
R.C.
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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 11:17
Rétrospective sur la dépollution de l'Ondaine.

      Rappelons-nous : avant 1995, l'Ondaine au joli nom était en réalité un égout à ciel ouvert, drainant toutes les eaux usées -industrielles et domestiques - de la vallée. A ceux qui ont connu ce temps pas si lointain, la rivière laisse le souvenir d'odeurs nauséabondes et de teintes noirâtres largement dûes aux apports de poussières de charbon des anciens sites miniers. Qui aurait eu envie de se promener sur des berges aussi répulsives ?

      Dès 1968 et 1969, une première urgence parut être de créer une station d'épuration destinée à protéger la Loire, et plus précisément le lac de Grangent, de cette intense pollution. L'agence de bassin Loire-Bretagne le réclamait au nom de tous les riverains du fleuve jusqu'à Saint Nazaire. Ce fut donc un projet intercommunal, soutenu au niveau national par l'agence de bassin et à travers elle par l'Etat.

    Ce n'est qu'en 1973 que les travaux débutèrent au Pertuiset. La station entra en service en 1976. 
    Mais cela ne changeait rien aux détestables qualités de l'Ondaine.

     En 1993-94, fut enfin réalisé le projet d'un collecteur des eaux usées, envisagé dès 1969 : de l'ouvrage pour pelleteuses et terrassiers qui installèrent un véritable égout tout au long de la vallée de l'Ondaine, et lui raccordèrent les systèmes d'assainissement des différentes villes. L'ensemble fut opérationnel dès 1995.
     La rivière pouvait redevenir propre. Restait à voir au bout de combien de temps on y verrait des poissons,  et parmi eux les truites. 

     En effet, on ne tarda pas à signaler leur existence, non seulement vers l'aval, mais dès la traversée du Chambon-Feugerolles.

    De 1997 à 2000, de nouveaux travaux mirent la station d'épuration aux normes de dépollution qui imposaient l'élimination des nitrates et des phosphates, principaux facteurs locaux de l'eutrophisation des eaux du lac de Grangent (substances qui ont continué à arriver de la Haute-Loire encore insuffisamment pourvue de systèmes analogues).

Restait le problème des eaux rouges.

     Il s'agissait, aux abord du puits du Marais, d'une émergence d'eaux fortement ferrugineuses et chargées de manganèse. Un héritage de l'époque des mines de charbon : comme on avait cessé de pomper les eaux d'exhaure, les cavités souterraines s'étaient remplies et débordaient d'une eau chargée d'éléments dissous en profondeur. Cette source se déversait directement dans l'Ondaine et contribuait à sa coloration assez sensible dans la traversée du Chambon-Feugerolles. Plus en aval, cette pollution se diluait avec l'apport du Cotatay et du Valchérie.  

      En mars 2008 a été inauguré un système de déferrisation de ces eaux, que l'on peut voir fonctionner au pied du versant qui domine le puits du Marais, au Chambon-Feugerolles. Ce système dépourvu d'intervention chimique est considéré comme parfaitement écologique (on a parlé de déferrisation verte). Les travaux ont été réalisés par les charbonnages de France et le Bureau des rechercrhes géologiques et minières (BRGM). 



 Le site, en arrière du puits du Marais.
Cliché R.C.
mars 2009
(vue vers le sud)





















    L'eau est d'abord oxygénée sur une triple cascade, puis stationne dans un premier bassin de décantation où le fer se dépose.
     Suit un passage dans deux bassins de lagunage plantés de roseaux, qui retiennent ce qu'il reste de fer.

Ainsi en 48 heures, l'épuration est réalisée. L'eau rejetée dans l'Ondaine contient encore un peu de fer, mais 17 fois moins qu'à l'origine. 

 
 














A l'entrée dans les bassins de lagunage, il reste encore un peu  de fer,  qui colore à la longue les parois.   A la sortie, l'eau restituée à l'Ondaine est presque claire.

       
Non loin de là, un pêcheur dans le lit de la rivière aux eaux claires. C'est quelques jours après l'ouverture de la pêche à la truite. 

Désormais fréquentables, les berges n'attendent plus que des aménagements paysagers pour retrouver un rôle d'agrément dans l'environnement urbain.

Clichés du 16 mars 2009.

René Commère.

                                                      







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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 11:22

Notre Dame de La Ricamarie (1980).

      C'est une nouvelle nef, avec ses dépendances, qui a été inaugurée en 1980. Celle de l'ancien édifice du 19ème siècle donnait au cours des années 70 des signes inquiétants de vétusté : des pierres et du plâtre étaient tombés de la voûte à côté des fonts baptismaux en 1976, la charpente était attaquée par les capricornes. Il fallut condamner l'accès aux zones dangereuses. Le 3 décembre, la commission consultative départementale de la protection civile conclut que le bâtiment devait être interdit à toute forme d'utilisation.
     
       Malgré un coût plus élevé que celui d'une réparation, il apparut aux responsables du diocèse, de la paroisse et de la municipalité qu'une nouvelle construction éviterait des problèmes ultérieurs d'entretien et de réfection du chauffage dans un bâtiment ancien. Elle permettrait en outre le réaménagement complet des abords, avec la création d'espaces publics et de logements neufs. Le clocher, construit en 1867 indépendemment du corps de l'église et solidement ancré sur un rocher, pourrait être conservé, à la fois comme symbole urbain et symbole religieux. Tel fut le projet présenté par l'architecte de la ville, Marion Ferraz, et largement approuvé par la population lors d'une réunion publique le 12 mai 1977.




à gauche, on voit la trace de l'ancien édifice.

A droite, le clocher et le parvis réaménagé 









La construction de 1980, comme à-demi enterrée dans la pente occupée par l'ancienne église, est assez discrète dans le paysage. Au moment de la prise de vue ci-dessus (novembre 2008), des travaux sont en cours sur la toiture. Au premier plan, dans l'herbe, les ouvertures triangulaires sont des entrées de lumière pour la sacristie.


L'entrée principale de la nef est séparée du clocher qui est utilisé par la ville comme dépôt mortuaire et sur les murs duquel ont été fixés les marbres commémorant les morts des deux guerres (photo de novembre 2008).

      La nef peut accueillir jusqu'à 600 personnes. C'est un bâtiment hexagonal en briques dans lequel la lumière du jour entre de tous les côtés par les bandeaux vitrés ménagés sous la toiture, et par des ouvertures vitrées latérales tournées vers le nord. Elles dirigent la lumière vers l'autel qui, comme dans l'ancien édifice, est situé au sud.

Côté sacristie, alliance de la brique, du verre et du béton ; mais c'est à l'intérieur qu'il faudrait voir aussi l'usage du bois en lamellé-collé pour les plafonds.

Au total, une architecture qui ne manque pas d'originalité, malgré certaines analogies de conception avec une des église construite dans les années soixante dans le nouveau grand ensemble de la Duchère, à Lyon.
 (nota - à la différence des nouvelles églises traitées dans le premier article, financées sur fonds privés, celle de La Ricamarie, étant antérieure à la loi de séparation de 1905, dépendait de la Municipalité.)
   
La chapelle du Christ-Roi, quartier de Gaffard, au Chambon-Feugerolles (années 50)













Un quartier résidentiel excentré, actuellement en expansion pavillonnaire. Il existait antérieurement une chapelle en bois. Grande simplicité architecturale de cette nef orientée vers l'ouest. Une jolie grille ornée à l'entrée.                                                                                                                    
      Peu d'informations sur l'histoire de l'église, dans laquelle est célébré en principe un office par semaine.
      Des travaux récents ont nettoyé et réaménagé les abords.


CONCLUSION PROVISOIRE
      Ces deux articles n'ont considéré que l'aspect architectural extérieur. Je prévois pour plus tard un dernier article illustré d'images intérieures.
       Etant donnée la diversité de ces réalisations assez proches les unes des autres dans le temps et dans l'espace, il me semblerait possible d'envisager la possibilité d'un parcours guidé et commenté sur les aspects locaux de l'art sacré, en complément éventuel ou occasionnel de la visite du patrimoine Le Corbusier. Ce parcours dans le 20ème siècle est-il pensable dans le cadre de "ville d'art et d'histoire ?
Notons qu'il y a aussi dans le val d'Ondaine une gamme intéressante de types architecturaux d'habitat social....
René Commère. Décembre 2008.   

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 18:39

      La construction de ces  nouveaux lieux de culte catholique fut l'un des effets de la vigoureuse croissance démographique de l'après-guerre en val d'Ondaine, où l'on passa de 54945 habitants en 1946, à 71082 en 1968, année culminante après laquelle la tendance s'inversa sous l'effet des crises industrielles pour revenir à peu près en l'an 2000 l'effectif de 1946.

     Aussi pendant presque un quart de siècle, c'est en moyenne à 700 nouveaux habitants chaque année qu'il fallut procurer un logis ; comme on voulait en même temps compenser les démolitions d'habitats insalubres hérités du passé, la construction de nouveaux logements fut donc très active, surtout à partir de la fin des années cinquante. De nouvelles dispositions législatives en matière d'urbanisme, par exemple l'application de la notion d'utilité publique en faveur du logement, ou la mobilisation plus massive de crédits pour la construction,  favorisèrent la naissance de nouveaux quartiers, incluant les équipements publics désormais imposés en accompagnement de l'habitat. 

     

      Dans ce contexte, avec l'institution de nouvelles paroisses par les autorités ecclésiastiques, cinq lieux de culte ont été alors construits, leur financement étant assuré par des dons et des souscriptions privés :

- en 1950, l'église de Cote Quart à Unieux, Saint Paul sur Ondaine ;

- en 1959, celle du "Bon Pasteur", cité de la Romière, au Chambon-Feugerolles ;

- en 1962, Notre Dame de Nazareth, quartier des Planches à Unieux ;

- en 1963, Notre Dame de Cotatay, au Chambon- Feugerolles 
- vers 1955, la chapelle (non consacrée) de Gaffard, au Chambon-Feugerolles.   

     Un sixième édifice, encore en chantier en 1980, ne sera pas traité dans cet article en raison de son histoire exceptionnelle et de l'abondance documentaire dont il fait déjà l'objet, était l'église de Le Corbusier pour Firminy-Vert, dont la première pierre fut posée en 1970 mais qui n'a été terminée qu'en  2006 ; retardé puis refusé par l'évêché parce que trop coûteux, l'édifice projeté fut remplacé par une chapelle provisoire au cours des années 60 ; celle-ci est maintenant démolie. Retenons que dans la vallée, le béton n'a pas attendu Le Corbusier pour servir l'art sacré ; certains architectes, notamment ceux de N-D .de Cotatay, et de La Ricamarie, ont su lui vouer conjointement d'autres matériaux (métal, bois, verre...).

      Dans le cas de l'église de N.D. de La Ricamarie, il s'agit en fait d'une reconstruction. Menaçant ruine, et trop fragile pour être restaurée, on lui préféra en 1980 un nouvel édifice mais en conservant l'ancien clocher, auquel les Ricamandois restaient attachés comme symbole historique de leur centre-ville.


                                                                     -------------------------------------------------------------

    
Cet article n'a d'autre but que de proposer un regard sur des édifices certes modestes, mais dont la marque architecturale du 20ème siècle tient sa place dans le paysage urbain. Notons qu'à l'exception de N-D. de Nazareth (et de même de Saint Pierre de Firminy-Vert), l'orientation des nefs ne s'accorde nullement aux vénérables règles canoniques....

 

Nota : toutes les photos ont été prises par moi-même en 2008.

 

UNIEUX

 

L'église de Côte-Quart (Saint Paul en Ondaine), 1950.



Côte Quart est un quartier serré entre les usines héritées des anciennes aciéries de Firminy et le versant de la vallée.
Très modeste d'apparence, Saint Paul (1950) ne manifeste aucune recherche de monumentalité et n'expose sur la rue que de discrets et nécessaires symboles : une simple croix, et  un semblant de clocher. Une partie de l'édifice, allongé au bord de la rue Jean-Jacques Rousseau (à l'angle de la rue Lénine), prolonge l'alignement de maisons d'habitation auxquelles il est accolé. Il s'en distingue d'ailleurs à peine si on va le voir sur l'autre face, du côté du "pré du curé" (photo ci-dessous), d'où le clocher, n'est même pas visible au-dessus de la toiture.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Notre Dame de Nazareth (1962) est la plus spacieuse des trois églises d'Unieux.

Mais il faut la découvrir, car elle n'est ni sur une place ni sur une voie publique, mais dans un enclos et comme dissimulée derrière la maison du presbytère.  Devant le panneau d'entrée, on la voit à peine.

 

 

 

 


















 








Géométrie simple et rythmée du béton, appareillage de pierres pour l'entrée et le clocher, grandes verrières, toit à double pente mais dont l'excessive banalité est masquée par le mur dans lequel s'ouvre le porche.


LE CHAMBON-FEUGEROLLES

 Le Bon Pasteur (1959)

(cité de La Romière)

 

 

 

 

Paroisse créée en 1952, mais le culte était célébré dans une ancienne usine, jusqu'à la construction de l'édifice sur un terrain anciennement industriel situé à côté de la spacieuse place principale du quartier ( place Louis Pasteur). Cette place est fermée côté sud par le groupe scolaire construit en 1939-41 sur lequel on lit que "l'ignorance est la plus grande maladie du genre humain".

nef tournée vers l'ouest. Grandes ouvertures latérales.
Architecte : Jean Farat


Notre Dame de Cotatay (1963).
Ce modeste sanctuaire situé en bordure de la rue Benoit Frachon (ancienne R.N.88), à 2 km du centre ville,  ne manque pas d'originalité. Il a été conçu par l'architecte Joseph Belmont selon un plan simple.

(J. Belmont était alors architecte en chef des résidences présidentielles. Il avait réalisé l'ambassade de France au Japon. Il devint par la suite l'un des grands architectes officiels de l'Etat, et président de l'Etablissement public de la Défense, à Paris. Il est décédé en mars 2008). 
Cette église est mentionnée page 147 dans le guide d'architecture du 20ème siècle en Rhône-Alpes, éditions L'Equerre, 1982. 


Du côté ouest, d'amples verrières polychromes éclairent la nef, particulièrement illuminée par les après-midi ensoleillés ; avec ses vitrages de la paroi orientale, le sanctuaire s'offre aux regards comme une maison de verre. Sur la charpente métallique légère portée par une armature en béton, la couverture en cuivre doublée de lamelles de bois se divise pour laisser place à un faîtage en plastique translucide. De sorte qu'au fil des heures et des saisons, l'éclairage naturel joue diversement sur l'élégante simplicité du décor intérieur. Au dehors, face à l'entrée située à l'est, c'est une sobre et légère structure de béton qui fait office de campanile.                                                      

Vue depuis la rue Benoit Frachon.                               côté ouest : verrières







                                                                                      
Par un matin ensoleillé, le vitrage oriental réfléchit le campanile dans une image qui se superpose à celle de la nef.
A suivre.
René Commère.

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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 10:55

      Il n'est pas fréquent de trouver côte à côte en pleine ville deux modèles aussi contrastés d'urbanisme des années 50-70.

     Les Appelous eux-même n'en ont guère conscience lorsqu'ils  passent de l'un à l'autre, à quelques mètres de distance - de part et d'autre de la rue Louis Blanc - , sans s'interroger sur les idéologies opposées qui les sous-tendent.

 

       Il serait bon de lire cet article comme un contrepoint de celui qui a décrit la Place du Centre (3 octobre), héritée du premier plan d'urbanisme (1955-65) de M. Claudius-Petit.

     

      C'est dans un esprit diamétralement opposé qu'à partir du milieu des années 70  la municipalité de M. Théo Vial-Massat entreprend de remodeler de fond en comble la partie du coeur urbain située entre la rue Jean Jaurès et la voie ferrée, laissée à l'écart de ce premier plan d'urbanisme.

     

      Mais rappelons les principales raisons de l'opération :

 

1 -  il fallait continuer l'éradication d'îlots insalubres et de taudis, prévue par le deuxième plan d'urbanisme (1965-75) adopté sous le mandat de Claudius-Petit ;

2 - il a fallu dégager de la place pour l'autoroute, dont le chantier est déjà bien engagé en 1976 ; on a fini de démolir en 1974 le quartier devant la gare, puis les maisons bordant l'ancienne rue du Champ de Mars.

 

 

devant la gare, pour faire place à l'autoroute, les derniers immeubles restant à démolir. Ce sera fait en 1974. Barre de Firminy-Centre en arrière-plan.

   avant les dernières démolitions aux abords de l'autoroute (au fond, la tour du "Vivarais" : la dernière de Firminy, achevée en 1974).                             

   

 

 

3 -  commencé avec la réalisation de Firminy-Centre, l'élargissement de la rue Jean Jaurès sur son côté nord doit se poursuivre en direction du Mas. Les dernières démolitions datent de 1978 : magasin Guyot, cinéma Palace. Il ne s'agissait pas toujours d'immeubles insalubres et irrécupérables.                                                                                                                                   

  de 1973 à 1975 les démolitions progressent ; elle atteignent la salle de la Plantée  (derrière l'immeuble du premier plan en 1973 )                                                                                                                                                             

 

La reconstruction commence dès 1979.

 

     Dans les bulletins municipaux, M. Vial-Massat déclarait vouloir en finir avec un "urbanisme trop brutal" comme celui de Firminy-Vert, des tours du quartier Saint Pierre, et de la place du Centre avec sa grande barre de douze étages. Pour la rénovation du centre, on oubliera la Charte d'Athènes, pour un retour à un urbanisme traditionnel, prétendument plus consensuel, en recréant un paysage de rues, de placettes, de toitures à double pente en tuiles , de façades devant-derrière, (il y aura donc des fenêtres au nord). Toutefois, on maintiendra le long de la rue principale l'idée d'une galerie marchande abritée.  

 

  

Le nouveau quartier de "La Plantée" vu depuis le parking de la gare. Au premier plan, la couverture anti-bruit de l'autoroute.

Pas de grande barre comme celle de Firminy-Centre qui se dresse à l'arrière-plan, ni de ces tours bannies de l'urbanisme depuis une certaine circulaire du ministre Guichard (1972). Mais sous des toitures plus "traditionnelles",  on a quand même densifié avec des immeubles de 7 - 8 étages. 

Enfin, ces balcons et fenêtres orientés au nord sont en contradiction avec les recommandations de la charte d'Athènes... et avec l'exemple donné par l'immeuble de la place du centre, à l'arrière- plan.

 

 

Entre les immeubles une placette vraiment sans ampleur, envahie par les voitures  en dépit du panneau qui la désigne (on le voit au loin au-dessus du toit de la voiture de gauche).

 

"La Plantée" ?

 

Une ancienne et vétuste salle de spectacles du quartier. On y a encore donné des représentations avant la mise en service de la Maison de la Culture en 1967.

 

Seul élément identitaire pour laisser trace d'un passé sans doute déjà ignoré des nouvelles générations.

 

Seule référence à une "tradition" déjà bien effacée après une génération.  

 

R. Commère

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 11:00

     Comme éclipsée par la renommée du patrimoine Le Corbusier et de Firminy-Vert, je vous invite à découvrir et à comprendre, en plein centre ville, cette place étonnamment discrète, presque cachée au visiteur et que rien n'incite ni n'invite à découvrir : pas de parking puisqu'elle fut conçue pour que les voitures n'y aient pas accès, ni de commerce, ni de terrasse de café. A l'écart des cheminements piétonniers les plus fréquentés dans les rues adjacentes (rue Jean Jaurès, rue de la gare), c'est un havre surprenant de tranquillité, presque de solitude, à quelques mètres seulement de l'animation de la Place du Breuil et du nouveau parvis de la gare.














Voici l'une des trois entrées, pour piétons exclusivement car il faut descendre quelques marches à partir d'un passage ouvrant sur la rue Jean Jaurès.
A droite, une barre d'habitation dont la partie centrale, achevée en 1956, comprte 122 logements HLM. A gauche, des bâtiments administratifs dont l'autre face borde la rue de la gare.
Au centre, l'ombrage accueillant d'un marronnier. 

     Ce dispositf appelle des explications, qui ont été données par M. Claudius-Petit dans un numéro de 1968 de la revue "Urbanisme".

     Il rappelle que dans les années cinquante, la pauvreté et la pénurie de logements appelaient une politique volontariste d'urgence....En plein centre ville, l'emplacement d'une ancienne usine fut affecté à la première réalisation d'un plan de modernisation qui devait apparaître comme le symbole du futur remodelage de la ville. 
     "Tout l'ensemble du quartier fut étudié dans les diverses hypothèses du tracé de l'autoroute...La qualité du sol permettait de construire en hauteur,  c'est-à-dire à la fois d'édifier des logements, et d'aménager une place tranquille pour les promeneurs et les enfants....
     "Le premier immeuble de 122 logements est conçu de telle sorte que sur chaque palier s'ouvrent la porte d'un appartement d'une pièce, d'un appartement de deux pièces, d'un de trois, et d'un de quatre ou cinq pièces, tous dotés du chauffage central, de la distribution d'eau chaude et de vide-ordures....Pour la première fois dans la vallée de l'Ondaine, des logements normalement équipés étaient mis à la disposition de familles ouvrières.     
     Sur le deuxième côté de la place s'installèrent la sécurité sociale, les services financiers, le commissariat de police : commodité pour la population - le bureau de poste est à côté et la gare à 60 mètres - et meilleures conditions de travail à ceux qui abandonnaient des bureaux sans lumière. La réorganisation de la ville était commencée".

 

 












"C'est une vraie place, construite pour le plaisir des yeux et l'agrément de tous dans un respect rigoureux d'une géométrie dimensionnée. Les dalles, les emmarchements, le carré de pelouse, les deux rectangles de fleurs, le marronnier planté en un point défini, tout concourt à une harmonie apaisante...La beauté entrait dans la ville".
 

   Sur le côté nord, une terrasse surélevée au-dessus des garages ouvre une vue dominante sur la gare, le site d'une  production métallurgique (c'était alors l'Usine de l'Ondaine de la CAFL), restée active jusqu'à  nos jours après la faillite et la désintégration de Creusot-Loire. 

      Finalement, un héritage des années cinquante, plus chargé de significations qu'on ne peut l'imaginer au premier abord : concilier en centre ville la nécessaire densification de l'habitat,  et l'ouverture d'espaces publics de qualité.
     Convenons toutefois que malgré ces qualités structurelles, cet espace manque quelque peu d'animation, et reste finalement peu fréquenté...mais ce n'est peut-être pas plus mal pour les habitants qui en bénéficient sous leurs fenêtres.


                                                                          R.C.

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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 10:04






















               
            Le belvédère est aisément accessible pour les véhicules légers. :
     - soit en passant par le très sinueux "chemin de Marseille au Pin", qui se prend en haut de la rue Joliot Curie : une voie étroite mais pittoresque qui ressemble à un chemin de montagne,
     - soit par la route du Pin, plus rectiligne mais non moins raide ; peut-être accessible à des bus pas trop gros, mais avec précautions. 
     La dénivelée n'étant que d'environ 100 mètres (de 460 en bas du versant à 579 m. sur le site), la montée  pédestre est facile par le cimetière de Fraisses.

    Depuis quelques années, le site a été aménagé avec panneaux et tables d'orientation, dans le cadre des actions de valorisation paysagère de Saint Etienne Métropole.
     Le premier aménagement de ce site remonte à l'installation d'une statue de la vierge Marie, le 24 octobre 1948. Une inscription discrète sur le côté du monument précise qu'il fut inauguré en présence du Cardinal Gerlier, archevêque de Lyon (le diocèse de Saint Etienne n'existait pas encore). Voilà donc soixante ans que la vallée de l'Ondaine est "sous protection".
















     De là, une inscription énumère les onze clochers que l'on peut repérer ; il manque évidemment à la liste l'église de Le Corbusier à Firminy, terminée en 2006, mais aussi au Chambon-Feugerolles, l'église du Bon Pasteur de La Romière, datant des années soixante.
     De là, aussi, le visiteur peut se remémorer les grandes figures de l'ère industrielle, du moins celles des capitaines d'industrie de la métallurgie, ceux qui ont apporté dans la vallée leur remarquable esprit d'invention et d'innovation. Famille Holtzer, et Félix Verdié, fondateurs des aciéries d'Unieux et de Firminy ; Félix Dorian, qui fut aussi député républicain de la Loire à la fin du Second Empire et même ministre de la défense Nationale pendant le conflit de 1870-71 ; James Jackson, appelé d'Angleterre par Napoléon Premier pour apporter de nouveaux savoir-faire dans la production d'acier, et dont les usines prospérèrent sous la Restauration au Chambon-Feugerolles et dans la vallée du Gier ; Benoît Fourneyron, inventeur de la turbine hydraulique grâce à laquelle on démultiplia dans le monde entier la production d'énergie à partir de la force de l'eau ; Georges Claudinon, fondateur de l'aciérie du Chambon-Feugerolles.
     Par leurs implantations industrielles, concurremment avec les mines de chabon, ils ont façonné les paysages et l'organisation spatiale de la vallée. Si beaucoup de leurs établissements ont disparu avec la grande crise de la fin du 20ème siècle, on peut encore en déceler maintes traces dans le territoire actuel.
     Mais les vues très générales du panorama ne permettent pas de bien les repérer. c'est toutefois ce que j'ai essayé de faire sur la photo suivante.

  

      Un trait jaune encadre au premier plan ce qu'il reste d'une partie des anciens établissements Holtzer, c'est-à-dire les extensions réalisées au 20ème siècle dans l'ancien parc du château Dorian (grignoté aussi par un stade dont on voit la tribune au premier plan). Une partie de ces ateliers sont encore utilisés par diverses entreprises métallurgiques ou para-métallurgiques.
     Au secon plan est encadré le site des anciennes aciéries de Firminy, dominé au milieu par la tour de trempe (voir les articles de ce blog à son sujet) ; à droite, l'aciérie fonctionne toujours ; à gauche, les installations autour du laminoir à froid aujourd'hui tombé dans le giron d'Arcelor Mittal. L'ensemble est la partie la plus représentative de ce qui a été le site de Creusot-Loire-Ondaine et avant de la CAFL (voir son histoire dans mon livre "Mémoires d'acier en Ondaine", presses de l'Université de Saint-Etienne, 2000).
     Au fond de l'image, une des forêts de l'Ondaine et (encadrée) en arrière, la décharge contrôlée du Pâteux qui récupère et traite aussi écologiquement que possible une grande partie des déchets de la région.
























    Autre élément du patrimoine industriel repérable depuis le belvédère : le site fondateur des aciéries Holtzer, installées en 1832. La maison marquée "1833" a été la première habitation de Jacob Holtzer et a abrité les premiers bureaux de l'entreprise. On lit encore la date sur le linteau de l'édifice. A gauche, le bâtiment sombre marqué "CA" est l'une des casernes ouvrières construites au 19ème siècle à côté de l'usine. Au milieu, le pavillon d'entrée du parc du château Holtzer, construit en 1862-63 ("CH" sur la photo). Au premier plan, au-delà de la rangée de peupliers, la voie rapide des années 1990 qui a été réalisée à l'emplacement d'anciens ateliers (laminoirs, forge, etc...) de l'aciérie.

    Pour finir, la vue générale d'Unieux, étagé sur ses collines et dans la plaine de l'Ondaine. La douceur des reliefs tient au fait que l'érosion les a façonnés dans des roches sédimentaires peu résistantes du grès houiller, datant de l'ère primaire. Mais les hauteurs du Dorier et les versants plus raides des gorges de la Loire sont redevables de leur vigueur aux roche du socle précambrien  (granites, gneiss et michaschistes) qui constituent le tréfonds général du Massif Central. On peut percevoir, écornant le versant qui s'abaisse vers la gauche de la photo vers les gorges de la Loire, la carrière que exploitait ces roches très résistantes. 

      Voilà donc l'un des endroits qui se prêtent à une lecture de paysage prenant en enfilade l'ensemble du Val d'Ondaine et des reliefs qui l'encadrent.
Bonne visite...si le coeur vous en dit.
                                                                René Commère.
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