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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 16:33
     Quittez le val d'Ondaine et Unieux en direction de l'ouest : un changement radical de paysage vous attend dans les gorges de la Loire, au lieu-dit Le Pertuiset. 
     Jusqu'en 1989, le contraste avec la vallée industrielle qu'on laissait derrière soi était d'autant plus fort qu'on débouchait dans les gorges par un étroit tunnel. C'est encore le cas si l'on passe par le chemin de fer (ligne Firminy-Le Puy en Velay).
     La construction d'un nouveau pont sur le fleuve s'est accompagnée depuis vingt ans de l'ouverture d'une large tranchée pour ouvrir le passage à une circulation routière plus intense en direction d'Aurec et des plateaux de l'ouest forezien
.
     Le pont traverse le lac de retenue du barrage de Grangent, mis en eau en 1957 :
ce qui fut comme un sacrifice en faveur de la production électrique, car les berges de la Loire sont devenues moins accueillantes, alors que jadis, elles étaient pour les habitants des villes industrielles voisines un lieu de loisirs et de baignades.     
     Restent les paysages d'une nature encore intacte : une grande partie des versants encadrant le fleuve, classée en espaces naturels protégés, offre de nombreux itinéraires de randonnées.
      Le pont actuel date de 1989. Deux autres l'ont précédé depuis 1842.  Auparavant, ce sont des  barques de passeurs qui faisaient traverser la Loire, non sur le site actuel, mais plus en aval, au confluent de l'Ondaine du fleuve, ou plus en amont, à Saint Paul en Cornillon.
    Ce pont suspendu fut parmi les premiers de ce type construits en France : dans son ouvrage de 1850 sur la géographie de la France, Jules Verne l'a représenté comme l'un des symboles du progrès scientifique et technique.    
    
      La portée était de 100 mètres, la largeur de 2,20 mètres. 
     Pour accéder au pont, il fallait traverser l'obstacle rocheux qui séparait encore à cet endroit la vallée de l'Ondaine et celle de la Loire. Le tunnel fut alors percé par des mineurs. Le pont fut à péage jusqu'à son rachat en 1884 par le Département.
     En 1934, ce pont se révéla insuffisant pour faire face à l'augmentation du trafic. Par exemple, pour l'emprunter, les autocars faisaient descendre leurs passagers car il fallait alléger au maximum le véhicule. Des images de l'époque rappellent aussi que la chaussée étant trop étroite, un côté du car devait rouler sur le trottoir.
     On consolida donc les piliers, on renforça les câbles qui furent, du côté est, ancrés dans le versant au-dessus du tunnel. Un tablier métallique remplaça le tablier en bois.


     




    En 1987, il s'avéra que les câbles d'acier étaient devenus cassants et donc fragiles en cas de gel intense. Le pont devenait donc dangereux, surtout en hiver. D'autre part, il ne pouvait être autorisé au passage des poids lourds, auxquels s'imposait un long détour par Saint Just-Saint Rambert pour accéder au plateau de Saint Bonnet le Château. 
     C'est donc dans une relative urgence que le Conseil Général du département dut décider de construire un nouveau pont. Il fut demandé aux entreprises de prévoir une étude architecturale d'insertion dans le site. 
     Le projet retenu fut apprécié pour son aspect innovant : un pont suspendu haubanné, porté par un seul pylone de béton précontraint (hauteur : 48,5 mètres) enjambant la chaussée. Cela constitua ultérieurement un modèle pour le pont de Normandie. 
      Inauguration le 28 janvier 1989, sous le nom de "pont du bicentenaire". 
      Un ouvrage désormais accessible aux poids lourds, ce qui allait avoir pour conséquence d'intensifier le trafic dans la traversée d'Unieux et de contraindre à l'aménagement d'une nouvelle voie rapide, pour laquelle les anciens sites de l'aciérie Holtzer pourraient être utilisés.
                                                    
   






L'image de droite est prise à peu près du même point d'observation que celle de Jules Verne.






    
     Pendant l'année 1989, on a pu voir les deux ponts côte à côte.

                                                                                                                                    




















              Conclusion : 
Une visite dans les gorges de la Loire, c'est une invitation à la promenade, à la découverte de belvédères exceptionnels (depuis Chambles, depuis le Dorier, depuis Essalois etc...),  de paysages végétaux et de faunes préservés, et d'une architecture innovante qui a fait école...
     Dans le site, une auberge de jeunesse refaite à neuf (Les Echandes), installée dans un ancien hameau, dans unsite isolé qui fait penser à une sorte de bout du monde. Mais aussi, à proximité immédiate,  des gîtes ruraux accueillants...
   A proximité, le moulin de la Fenderie (hors ouvertures quotidiennes en juillet et août, visites de groupes sur rendez-vous : office de tourisme à Firminy).
    N'oublions pas les restaurants....mais ils sont moins nombreux qu'autrefois, et il n'y a plus d'hôtel.
         R. Commère.
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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 11:28

       Les établissements Crozet-Fourneyron ont été l'une des pièces maîtresses de l'industrie métallurgique et mécanique  chambonnaire.
      Benoît Fourneyron (brillant élève d'une des premières promotions de l'Ecole des Mines de Saint Etienne) les créa en 1850 pour fabriquer lui-même des turbines hydrauliques dont il avait été l'inventeur vingt ans plus tôt ; il éviterait ainsi les inconvénients du recours à des sous-traitants, source de retards et d'inexactitudes.  
      Le site choisi était au débouché du Valchéry, affluent de l'Ondaine, où une chute d'eau de cinq à six mètres fournirait l'énergie nécessaire pour fabriquer, étudier et essayer des turbines. On ne sait s'il y avait auparavant un moulinage de soierie ou un martinet d'étirage du fer. 
      Après 1870, les frères Crozet, neveux et successeurs de Benoît Fourneyron, s'appuyèrent sur le savoir-faire mécanique de l'entreprise pour diversifier les productions : machines à vapeur, appareils de levage, appareils de meunerie etc...A la fin du 19ème siècle, s'ajoutèrent de nouvelles orientations vers l'armement, en particulier le matériel d''artillerie ; l'usine fut un temps réputée pour ses obus de rupture destinés à la marine, avec des procédés de fabrication dont elle gardait jalousement le secret.
      Une autre invention, celle des vis globiques utilisées comme réducteurs de vitesse, fut un extraordinaire succès économique, et dut satisfaire une clientèle de dimension planétaire.
      En 1980, atteinte de plein fouet par une crise aux causes multiples, l'entreprise dépose son bilan. Une partie de ses savoir-faire et de ses fabrications est reprise par un société (ATAMEC) qui transfère la production à Saint-Etienne. Une entreprise de chaudronnerie réutilise sur place une partie des anciens ateliers, le reste est voué à la démolition.
     



Xbâtiments Les bâtiments du tout premier plan ont été en partie conservés après 1980, mais transformés par la nouvelle entreprise qui les a adaptés à ses besoins 1980 ; des machines ultra-modernes (découpe laser, découpe à jet d'eau, presses plieuses à commande numérique) y ont pris place.
Au milieu de la photo, les bâtiment allongés ont été démolis, de même que la maison de maitres visible à droite.
En haut de la photo subsiste la grande halle (voir ci-dessous).
L'espace en friches à gauche de cette halle est maintenant occupé par un lotissement pavillonnaire.    
________________________________________________________________ 
  


                                                                                                                                                                                                             
Sur la photo de droite, la belle halle (photo ci-dessous) qui a échappé aux démolitions et loge une entreprise de constructions mécaniques.
Elle mesure 67 mètres de long, 32 de large, et 18 de hauteur maxima.  Construite en 1912-1913, ce fut initialement un atelier d'ajustage et de montage, mais c'est à la fabrication d'obus de gros calibres qu'elle fut affectée pendant la première guerre, avant de retrouver en temps de paix sa destination première.
Elle est intéressante par sa charpente métallique étonnante de légèreté et les immenses verrières qui l'éclairent de chaque côté : il faut la voir au moment du couchant, quand les rayons solaires la traversent de part en part.  Elle mériterait une inscription à l'inventaire des monuments historiques. En attendant, il serait bon qu'elle soit localement considérée comme un élément du patrimoine industriel. 



Cliché R. Commère,

Pour plus d'informations sur ce site, son histoire, l'état actuel des lieux, voir l'article  (onze pages) de Luc Rojas : 
"Les anciens ateliers Crozet-Fourneyron, Le Chambon-Feugerolles",
dans le numéro 51 (décembre 2007) de "L'archéologie industrielle en France", 
publication semestrielle du CILAC, (secrétariat national : BP 251, 56007 Vannes cedex)
Le CILAC a un site internet : www.cilac.com  

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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 15:24

La cokerie de la Silardière. 
      
        A l'est du Chambon-Feugerolles.
       Après la nationalisation des houillères en 1946, la création de la cokerie (1952) et celle de la centrale thermique du Bec (dès 1950) ont résulté d'une politique de modernisation des équipements et de valorisation sur place de charbons de mauvaise qualité marchande. 
       Passer de nuit en chemin de fer à côté de la cokerie au moment de l'ouverture des fours était un spectacle     assez saisissant, mais les habitants de la vallée se souviennent sans doute mieux de l'odeur sulfurée qui en émanait. Dans le train venant de Saint-Etienne, nul besoin de haut parleurs pour annoncer l'arrivée imminente en gare du Chambon-Feugerolles : le nez suffisait. 
      De jour, les défournages se signalaient de loin par de grands panaches de vapeur.
       La cokéfaction exigeait beaucoup d'eau, ce qui explique la présence du château d'eau, qui est actuellement au bord de l'autoroute le seul vestige archéologique du site, justifiant l'appellation de l'hôtel qui a repris la place ("hôtel de la tour"). Il a échappé à la démolition parce qu'un entrepreneur inventif y a aménagé des bureaux...et qu'il est un peu le porte-enseigne de la ville de Chambon- Feugerolles.  


     La vue ci-contre date de 1975. Au fond à gauche, la cokerie : arrêtée l'année précédente, elle n'est déjà plus accompagnée des cheminées encore en service en 1973.
    
     En avant, les installations du puits Flottard (qui ne sera fermé qu'en 1983). On devine devant lui le passage de la voie ferrée. 



Phase finale d'une démolition qui s'est faite sans délai. (voir aussi l'article sur le même blog : lunieutaire.over-blog.com/La Ricamarie et le Chambon-Feugerolles, friches reconverties)
                                                                                         
La centale thermique du Bec.
     Le premier grand chantier de l'après-guerre dans la vallée, lancé dès 1946. La priorité nationale était de retrouver un potentiel énergétique élevé. On ne se souciait pas du rejet de CO2 et de gaz à effet de serre.  La première tranche fut mise en service en 1950, la seconde en 1954, la troisième en 1960.
     Les cheminées aussi hautes que possible devaient faciliter la dispersion de la pollution qui emportait beaucoup de suie jusqu'à Saint-Etienne et au-delà. Est-ce pour cette raison qu'on n'a pas craint d'implanter la cité du Bec, construite en 1948 et principalement destinée à héberger les travailleurs de la centrale, carrément au pied de celle-ci ? Cela veut dire que pendant un tiers de siècle, des familles ouvrières ont vécu et respiré dans des conditions inquiétantes...malgré la proximité des vertes campagnes qu'on devine à l'arrière-plan.  
.

     
   


     Avec la cessation de l'extraction charbonnière, l'arrivée du gaz de Lacq, l'essor national du nucléaire, l'usage croissant du mazout, la centrale a perdu sa raison d'être. On étudia dès la fin des années 70 la possibilité de la transformer en une gigantesque centrale de chauffage urbain pour tpte la vallée de l'Ondaine et même une partie de Saint-Etienne. Les conclusions ne furent pas probantes. Pendant un certain temps, la centrale ne fonctionna qu'avec une seule tranche, celle dont la cheminée était la mieux équipée pour filtrer les poussières.   
      Démolition : 1986.


ci-contre: baraques de jardins (et non bidonvilles) et condenseurs. 


à suivre  

Un lien pour compléter : voir
 lunieutaire.over-blog.com/

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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 10:59
     Riche en cathédrales industrielle : halles métallurgiques, chevalement minier géant, centrale thermique, cokerie, le val d'Ondaine les a vu disparaître dans les dernières décennies du 20ème siècle.
     Voici quelques séries d'images saisies en leur temps, un peu au hasard, par un géographe toujours attentif aux éléments significatifs des paysages, et à leurs transformations .
     Dans la vallée étirée entre ses versants évasés, ces "décors" ne passaient pas inaperçus des voyageurs, qu'ils fussent sur rail ou sur route : leurs imposantes statures étaient baignées des fumées qui embrumaient ce territoire voué de longue date à l'extraction et à l'utilisation massive du charbon.  Il fut même un temps où, pour les cartes postales ou d'autres publications illustrées, les cheminées et leurs panaches étaient complaisamment photographiés, car ils soulignaient indirectement la nature industrieuse du territoire. 

LE PUITS PIGEOT FOUDROYE.
      A tout seigneur, tout honneur ! Le puits Pigeot, à La Ricamarie : foncé en 1933, jusqu'à plus de 800 mètres de profondeur, puis doté en 1941 d'un monumental chevalement de béton accompagné de structures non moins spectaculaires pour le tri, le lavage, les manutentions du charbon, alimenté à partir de chevalements proches par des bandes transporteuses. L'ensemble doté des derniers perfctionnements techniques de l'époque.
    
      
Légende ou réalité, il se dit que les ingénieurs n'ont pas lésiné sur le béton, pour en soustraire le plus possible aux appétits des occupants dont les besoins étaient colossaux pour leur "mur de l'Atlantique". Si par hasard ce blog arrive sous le regard d'un de ces acteurs encore vivant, ou d'un héritier qui aurait recueilli ses confidences , qu'il veuille bien donner un avis sur cette hypothèse... 
Cessation d'activité : 1983. La tour principale est abattue. Les bandes transporteuses sont démontées.  On  a commencé l'exploitation en carrière du crassier (à droite), et celle en découverte ((à gauche).

Vues prises depuis le sud, sur une voie qui longe l'autoroute.













     1985 - les bulldozers ont relayé mineurs, cages et wagonnets, pour extraire près de la surface des veines épaisses qui avaient été respectées aux abords des sites d'exploitation, car il ne fallait pas que des affaissements du sol compromettent la solidité des installations. 
     Au lieu grossir les crassiers comme celui de Saint Pierre (à l'arrière-plan), on enfouira dans le trou, à la place du charbon, les gravats de démolition du puits et de ses annexes, et aussi ceux de la centrale thermique du Bec (au Chambon-Feugerolles).
   

                                                                                                                                                                                       


Le coup de grâce...
Et les archéologues des siècles à venir auront du mal à retrouver sur place de quelconques vestiges, et même à imaginer que des hommes ont travaillé ici jusqu'aux tréfonds de la terre.
Le crassier, peut-être, sera un indice...

Resteront les noms : "Pigeot, Montrambert", et peut-être sur le terrain la question de savoir pourquoi en ce lieu les urbanistes du 21ème siècle ont décidé qu'il y aurait une zone d'activités.  Leur hypothèse sera-t-elle étayée pas la proximité immédiate de la gare ferroviaire de La Ricamarie ?

R.C. (à suivre).
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29 juin 2008 7 29 /06 /juin /2008 11:48

     Quels parcs ? En marge du quartier, il y a l'ancien parc du château des Bruneaux, 11 hectares devenus municipaux à la fin des années soixante, ombragés de beaux et grands arbres de part et d'autre de la crête arrondie qui sépare la cuvette de Firminy et la vallée de Chazeau ; de là s'offrent des points de vue dominants, surplombés eux-mêmes par l'imposante et géométrique présence (pensons : nombre d'or) de l'Unité d'habitation Le Corbusier ; en termes familiers, le Corbu, dit-on familièrement à Firminy.
     Aujourd'hui, il n'y a que la rue de Chanzy à traverser, et le parc se prolonge largement au coeur de l'ensemble de Firminy-Vert. Les habitants y sont dès le seuil des immeubles.
     Il a été conçu en même temps que le quartier : "les arbres, les plantes, les gazons, font partie intégrante de l'architecture et sont traités avec soin" (revue Urbanisme, n°104, 1968). En quelques années, les gazons se sont affirmés, les arbres, fragiles plumeaux au début, ont pris leur place dans l'organisation des volumes.  

 
                                                                                                            
                                                                                                                                               
   
               

 














                                                                                   

          Après trente ans de présence d'un disgrâcieux blockhaus, 
         le chantier abandonné de l'église Saint-Pierre, l'oeuvre sculpturale est devenue depuis 2006 l'ornement magnifique de ce quartier d'habitations sociales. L'ensemble, déjà prix national d'urbanisme depuis 1961, est maintenant classé et protégé comme ZPPAUP (zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager). En attendant la probable inscription des ouvrages de Le Corbusier, qui font partie de Firminy-Vert, au patrimoine mondial de l'UNESCO. 
Un voisinage qui n'intimide pas les joueurs de pétanque sur l'espace public de jeux aménagé entre les deux immeubles hauts.  

 

René Commère

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24 juin 2008 2 24 /06 /juin /2008 15:14
(Suite des articles sur Firminy-Vert)

Quelques préceptes de la Charte d'Athènes (1933) mis en oeuvre à Firminy par un urbanisme volontariste.
     " Il est de la plus urgente nécessité que chaque ville établisse son programme"
(article 85).
     " Les plans détermineront le structure de chacun des secteurs attribués aux quatre fonctions-clés et ils fixeront leur emplacement respectif dans l'ensemble". (article 78).
     "Le cycle des fonctions quotidiennes (habiter, travailler, se recréer, circuler) sera réglé dans l'économie de temps la plus stricte, l'habitation étant considérée comme le centre même des préoccpations urbanistiques". (art. 79)

     "L'échelle des travaux à entreprendre d'urgence pour l'aménagement des villes, et l'état infiniment morcelé de la propriété foncière, sont deux réalités antagonistes" (art.93).

     "La périlleuse contradiction constatée ici pose l'une des questions les plus périlleuses de notre époque : l'urgence de régler, par le moyen légal, la disposition de tout sol utile pour équilibrer les besoins vitaux de l'individu en pleine harmonie avec les besoins collectifs" (article 94). 
    
     "L'intérêt privé sera subordonné à l'intérêt collectif" (art 95, le dernier).

                                         
Commentaire de la photo aérienne de 1953 :
En traits discontinus verts, le périmètre de Firminy-Vert.
Au centre, entourés d'arbres épais, les tennis, conservés dans le nouveau quartier, de même que les pavillons avec jardinets tout proches.
Petits traits rouges : à gauche, site du grand "H" (voir Firminy-vert (1)).
                               à droite, site de la maison de la culture Le Corbusier (construction : 1962-65)     
Rectangle noir : emplacement approximatif du stade, avec à droite la falaise mal visible d'anciennes carrières.
Carré rouge : site de l'église Le Corbusier(1973-2006)
Les deux immeubles allongés près du site de l'église : cité de mineurs des années 20. 
Voie rectiligne en haut à gauche : la route nationale 88 vers Le Puy, et au milieu d'une zone de jardins, les travaux d'ouverture du boulevard Saint Charles.   
En bas à gauche, le "château" des Bruneaux et son parc                                                                           

L'opportunité foncière.
     Dans le Firminy des années cinquante, un zonage de fait était déjà en place pour la fonction "travailler", les aciéries (7000 emplois) étant essentiellement situées au fond de la vallée, au-delà du chemin de fer (partie non visible ci-dessus). 
     
     A l'ouest et au sud de la ville, une cuvette tournée vers le nord, crevée de carrières abandonnées, percée de galeries de mines anciennes, était à peu près dépourvue d'habitat et d'activités. Des jardins potagers et quelques prairies se partageaient un territoire pourtant assez proche du centre urbain. Sans voierie, sans aménagement significatif, les valeurs foncières étaient faibles. 
     
      C'est donc là que fut décidée la création d'un nouveau quartier, auquel le Maire (M. Claudius-Petit) et les urbanistes (conduits par M. Delfante) voulurent conférer un caractère résolument novateur. Réserver 80 % de la surface aux espaces verts, séparer les circulations, l'automobile ayant le moins possible  le droit de circuler dans un territoire que les enfants des écoles pourraient parcourir en toute sécurité, inventer une architecture inédite dans la vallée de l'Ondaine, la disposer de telle sorte qu'elle ne fasse pas offense au paysage, prévoir les emplacements et le financement des services et équipements publics : tout cela fut étudié et conçu par l'équipe cohérente des architectes et urbanistes.     
      Une valeur démonstrative : non seulement on refusait la rue traditionnelle poussiéreuse, bruyante et accidentogène des villes industrielles ordinaires  classique, mais on tenait la gageure de fixer sur le nouveau territoire des densités d'habitants analogues à celles du tissu dense existant. C'était donc une autre manière de concevoir l'habitation destinée à toutes les catégories de la société. 
      Incognito, à l'invitation de Claudius-Petit, Le Corbusier vint prendre connaissance sur place du projet, et lui donner son assentiment.   


                                                                                                          
Ci-dessus, le prisme rouge signale le site de l'église Saint-Pierre. Les tribunes du stade sont à l'emplacement des cabanes visibles à droite ; au-delà, la falaise sur laquelle est juchée la maison de la culture Le Corbusier. 

Ci-contre : un petit trait rouge à droite de l'image localise le site où j'ai pris la photo des cabanons : reliquat condamné d'un habitat manifestement précaire, de même que le vieux bâtiment en arrière-plan ! Au fond, les immeubles de la corniche étaient déjà construits en 1963. En réponse au besoin de logements, le second plan d'urbanisme prévoyait trois Unités d'Habitation de Le Corbusier, dont la première démarra en 1965 et fut la seule construite.


                                                                 





                 
Couverture de la Maison de la culture Le Corbusier: des dalles légères reposant sur des câbles.
C'est bien de la fumée qu'on voit en arrière-plan : dans l'aciérie, au fond de la vallée, à 1300 mètres de là, le four électrique a été ouvert pour mélanger au métal en fusion les éléments qui compléteront l'alliage. Riches en oxyde de fer, ces fumées étaient souvent rousses. A l'heure actuelle, dans l'aciérie modernisée et toujours active, les émanations sont filtrées et les fumées rousses plus rares. (cliché d'après diapo personnelle)
                                    
A suivre - R.C.                                                
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24 juin 2008 2 24 /06 /juin /2008 07:59

     Des H.L.M. dans un parc : un ensemble propice à la promenade architecturale.
     Je retourne souvent à Firminy-Vert, où j'ai habité dès l'été 1961, bien content de pouvoir alors installer ma famille sans attendre, dans un appartement neuf et confortable. 
     Affecté à Firminy après des débuts professionnels en Algérie, j'ai donc été été parmi les premiers habitants d'un quartier que j'aime toujours revisiter : me promenant hier encore au bord de ses larges pelouses bien entretenues et sous les ombrages de ses allées de marronniers, j'y appréciais une fois encore l'application de la Charte d'Athènes : un morceau de ville avec au moins 80 % d'espaces verts, et l'adaptation de l'architecture au site. Car celle-ci, loin de peser sur le paysage, fait alliance avec le relief et les verdures pour en composer les perspectives variées. C'est la "promenade architecturale" au sens corbuséen du terme !
       Le parc public n'est pas en dehors de l'espace habité, ce sont les habitations qui sont réparties dans le parc, et contribuent par leurs volumes et la qualité de leurs façades à son paysage.

    Le Prix national d'urbanisme  
     Ce n'est pourtant pas pour son aspect actuel de parc que le Ministère de la Construction décerna à ses concepteurs et réalisateurs le prix national d'urbanisme pour l'année 1961 : en bien des endroits, l'herbe n'avait pas encore verdi les sols bouleversés par les chantiers ; les arbres, qui ont magnifiquement prospéré depuis, n'étaient au mieux que de minuscules plumeaux ; et plusieurs équipements restaient à terminer : centre commercial, maison de la culture, écoles, etc...
     Il serait ici trop long d'analyser ici les conceptions d'urbanisme et d'architecture qui ont valu  cette distinction à Firminy-Vert. Disons pour simplifier que leurs auteurs et réalisateurs ont pu les déployer sans les entraves ni les impératifs de la Propriété et de la Spéculation foncière, qui poussent habituellement à la densification et ont souvent limité en d'autres lieux la liberté des choix. C'est ce que préconisait effectivement la "charte d'Athènes", dans ses derniers articles : une maîtrise publique absolue du foncier, ce qui ne manquait pas d'avoir (c'était en 1934 !) , face à la Propriété et à la Spéculation, un caractère quelque peu révolutionnaire...
     
     

 Le grand "H" .
      Ainsi se désigne l'un des deux immeubles hauts, dans le bas du quartier, les plus proches de la ville ancienne. Application d'un modèle urbain selon lequel les densités  sont (ou doivent être) décroissantes du centre vers les périphéries.
       En 1962, les abords restent à verdir et aménager. Mais Casino vient d'installer son premier supermarché, avant de le dépacer plus tard vers Chazeau.
        Initialement, les parois des façades étaient en verre sur fond en bois de couleur très claire. Certains pensaient à une appellation "Firminy-verre", pour souligner la clarté et l'éclat de cette innovation architecturale
     Mais cela posait des problèmes d'entretien : depuis 1985, la rénovation des façades dans tout Firminy-Vert les a habillées de plaques diversement colorées en matière plastique. Les fenêtres ont été munies de volets roulants.
     Devant le côté est de l'immeuble s'étend désormais une aire de détente et de jeux, envahie par les pétanqueurs dès qu'il fait beau.  Encore la Charte ! Compléments essentiels du logis,  des lieux de loisir et de détente seront au pied des immeubles.


Façade ouest du Grand H, au printemps 1964.

Préfabrication et architecture : l'exemple des façades.
Dans tout Firminy-Vert, les façades d'origine ont été composées à partir de 8 panneaux-types. Chaque élément était constitué par un cadre et des remplissages. Ces derniers étaient, soit des parties ouvrantes transparentes  (fenêtres), soit des parties fixes : transparentes, translucides ou opaques. 
La peinture donnant la teinte était appliquée sur les panneaux de lin aggloméré situés en arrière des glaces trempées. 
Ce sont toujours des teintes très claires, à la limite de la blancheur, qui ont été choisies, pour faire contraste avec le noircissement historique des murs traditionnels par les fumées industrielles de la vallée. Pour l'entretien de cette clarté , le verre devait avoir un rôle auto-nettoyant. 
Sur la photo ci-contre, les parois captent et renvoient fidèlement les couleurs du soleil couchant.

A suivre...

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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 16:56


Un "beau"  monument-témoin aux portes de la ville. 

     Le chevalement de l'ancien puits de mine Du Marais trône depuis l'an 2000 sur un rond-point créé l'année précédente  à la sortie orientale du Chambon-Feugerolles ;  il ouvre confortablement l'accès à la nouvelle zone d'activités de Pigeot-Montrambert, aménagée sur les anciens sites miniers de la commune et de sa voisine, La Ricamarie. La nuit, il est ordinairement illuminé.
     Ce chevalement étant le seul vestige du passé minier du Chambon-Feugerolles, on comprend et approuve que la Municipalité ait saisi une opportunité de le conserver et de le mettre en valeur, à titre de témoin historique. D'autant qu'il a la particularité rare de jumeler deux molettes.
      Heureuse initiative, qui a d'ailleurs mérité en 2002 l'attribution par le Sénat du prix "Territoria", dans la catégorie "Aménagement et urbanisme".
    
           
Deux précisions...

       La première, sur l'appellation de ce puits, contradictoire avec la position relativement perchée du monument. En 1907, on le baptisa du nom d'un membre du Conseil d'administration de la société des Mines de Montrambert-La Béraudière, M. Du Marais. 
       La deuxième, sur son implantation. A cause de son allure monumentale qui pourrait donner l'impression d'un décor de théatre, et du fait que rien autour de lui n'évoque plus l'état ancien,  il est arrivé que des visiteurs me demandent à partir de quel site on l'avait transporté et reconstruit. Alors que, bien entendu, c'est  le rond-point qui a été aménagé autour de lui !

Une valeur plus symbolique que documentaire.

     Isolé au milieu de pelouses, et même fleuri, ce décor munumental est en effet loin de représenter la réalité d'une ancienne installation minière, avec salles des machines, rails et wagonnets, réserve à bois, stockage de charbon, lavabos, crassier, etc....Le visiteur pouvait donc à bon droit se poser la question qui vient d'être évoquée.
     Notons d'ailleurs qu'en région stéphanoise, aucune installation minière n'a été conservée dans son intégrité. Après chaque fermeture, la politique des Houillères devait être de rendre les terrains disponibles le plus rapidement possible pour d'autres usages, de préférence générateurs d'emplois. C'est donc essentiellement sur des plans ou des photos que peut s'appuyer une archéologie minière.
     Une exception : celle du puits Couriot, à Saint-Etienne, réaménagé en musée. Pendant quelques années, le voisinage d'un marchand de charbon entretenait une certaine idée d'authenticité, renforcée par les puissants crassiers surplombants.   
       Néanmoins, le puits Du Marais reste intéressant, en particulier son originalité architecturale : outre la double molette, construction soignée en style 1900, toit à quatre pans ornés de festons, association de la pierre, de la brique et du métal. 

                                          
 

Un peu d'histoire.

     Le puits a été foncé en 1903 par la Société des Mines de Montrambert-La Béraudière, et plusieurs fois approfondi au cours du siècle, jusqu'à 840 mètres en 1950 (soit 320 sous le niveau zéro).
     On accédait au fond par deux cages, actionnées à partir des deux salles de machines autrefois situées e de part et d'autre du chevalement. Au milieu, des rails fixés sur des poutres métalliques guidaient le mouvement des cages : la séparation permettait la circulation indépendante de l'une et de l'autre. 
     A partir de 1957, du fait de la concentration de l'extraction au puits Pigeot de La Ricamarie, le puits Du Marais ne servit plus qu'au remblayage, à l'aération et au secours, jusqu'à la cessation de toute exploitation en 1983.
     Les salles des machines ont été détruites en 1987. 
     En 1998, l'emplacement a incité la Municipalité à valoriser ce qu'il restait comme monument, au lieu de le détruire pour laisser place à un carrefour routier à l'entrée du parc d'activités Pigeot-Montrambert. 

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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 14:43

      Petit certes, mais riche de documents et de souvenirs.
      Un peu confidentiel, car il est géré par un syndicat de retraités mineurs qui l'ouvre au public aux horaires de ses permanences, le mercredi après-midi, ou sur rendez-vous (04 77 80 15 84). En plus des objets et documents exposés, vous aurez peut-être la chance d'une conversation avec un de ces des anciens qui entretiennent avec ferveur la mémoire vivante de leur histoire. En attendant, voyons quelques échantillons de ce qu'on peut y trouver.                                                                                        
                                                                                                                        
                                                                                             
Il faut d'abord accéder au sous-sol de l'école communale.
      C'est au fond d'un couloir obscur ouvrant sur la cour de récréation que l'on parvient au musée. Nous sommes sous le beau groupe scolaire communal érigé en 1929 à côté de l'Hôtel de Ville : la rigoureuse symétrie des deux écoles (garçons et filles), de part et d'autre d'une partie médiane monumentale ornée d'un arc, de pilastres et d'un fronton.
      Par leur architecture soignée, les écoles publiques de cette époque expriment l'attention portée par les Municipalités à la dignité et à la qualité de l'enseignement laïc. Par contraste avec la médiocrité de l'environnement bâti ordinaire dans cette ville, elles ont représenté de rares exemples publics de qualité architecturale.  Mais il faut peut-être rappeler que dès 1872, tous les enfants de la commune étaient scolarisés, y compris les plus pauvres, aux bons soins d'établissements religieux aidés, s'il le fallait, par la Compagnie des Mines et la Municipalité. C'est seulement à la fin du 19ème siècle qu'une école publique fut installée au rez-de-chaussée de la Mairie. 


Sainte Barbe.

     
      Dès l'entrée, la protectrice des mineurs (mais aussi des canonniers, des pompiers  et des carriers) accueille le visiteur. Elle a été remontée du fond d'une mine où, placée dans une niche spécialement aménagée, elle rappelait aux mineurs sa bienveillante
présence. On continue à  la fêter le 4 décembre dans toute la vallée.







Un mini-grévin.


    
      Les épouses ne descendaient pas au fond. Celle-ci apporte au mineur sa soupe dans un "bichou".
      Derrière, notez que c'est un enfant qui pousse le wagonnet rempli de charbon : histoire de ne pas oublier, et de raconter aux élèves des écoles visitant habituellement le musée, que des enfants étaient souvent employés pour cette tâche, en surface comme au fond.



Les pompes d'exhaure.
      Sans ces machines, les mines auraient été rapidement noyées. Elles le sont maintenant, depuis que l'exploitation a cessé. L'exhaure était donc une absolue nécessité. Au début, dans de petites exploitations peu profondes, les pompes à bras pouvaient suffire. Dans les sites plus profonds, il fallait disposer de machines plus puissantes fonctionnant en permanence. A cause des étincelles pouvant déclencher des explosions de grisou, impossible d'employer des moteurs électriques : des pompes comme celle-ci étaient actionnées par des turbines hydrauliques entraînées par des circuits d'eau sous pression.


Un vélorail.   

      Ce véhicule à pédales à quatre roues permettait de se déplacer rapidement dans les galeries équipées pour la circulation des wagonnets qui amenaient le charbon vers les puits d'extraction. Un passager pouvait se tenir debout à l'arrière. Qui utilisait ce type d'engins ? Essentiellement les ingénieurs ou cadres, ou ceux qui avaient mission d'intervenir rapidement en cas d'accident. On s'en servait aussi pour transporter au moindre risque les explosifs servant à abattre les fronts de taille. Les anciens mineurs consultés n'ont pas d'autre terme que "le vélo" pour désigner ce véhicule.

Le puits Saint Dominique.



   
       Un exemple des multiples documents exposés : cette carte postale représente un lieu totalement métamorphosé, puisque c'est à cet emplacement que se situent le Géant Casino et ses parkings : un bout de territoire dont les jeunes générations ignorent l'identité historique, comme j'ai pu m'en rendre compte il y a quelques année en montrant une diapositive actuelle à un auditoire d'adolescents du centre social pour lequel on m'avait demandé d'évoquer les traces du passé industriel du Val d'Ondaine. Il est vrai que, topographiquement, on ne voit plus que l'horizontalité de l'implantation commerciale et la raideur des pentes artificielles de l'ancien crassier. 
   
      Mais il y a tant à voir : photos, coupures de presse, plans, une lettre manuscrite de Zola à Michel Rondet, une photo de Séverine, etc.....
       
R.C. (avec mes remerciements aux responsables du musée Michel Rondet).    

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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 09:14

    

     Voici une photo publiée dans l'hebdomadaire Marianne, numéro 576 (3 mai 2008). Au loin, le bourg d'Unieux dans son environnement de collines verdoyantes, un patrimoine paysager appréciable, souligné par la scène bien agreste du premier plan. Image banale....
     Sinon qu'elle illustrait un reportage de deux pages sur des trafics illicites qui  seraient en train de gangrener la France profonde, jusque dans ses campagnes et ses villages. La preuve ? Il y a quelques semaines, on y a saisi des produits peu recommandables, dans le cadre d'une opération qui s'est déroulée dans plusieurs communes du département et de l'agglomération stéphanoise. Aux marges de celle-ci, Unieux, village de la France profonde ? Sous un certain regard, on pourrait l'imaginer, avec le renfort d'un providentiel bourricot.....   

Un paysage instrumentalisé...

    L'auteur a donc mis en scène le patrimoine paysager de la commune et accessoirement celui la commune limitrophe (Fraisses) sur laquelle broute l'âne du premier plan, pour raconter l'intrusion d'une économie souterraine crapuleuse dans une petite bourgade paisible et verte. 
     C'est depuis un chemin peu fréquenté de la commune voisine que la vue a été prise. J'ai dû chercher pour retrouver cet endroit, à l'écart des voies les plus fréquentées, mais sans y voir l'animal de la photo.

La part escamotée de l'environnement réel.  
      Pourtant, nous sommes sur des territoires qui ont été métamorphosés depuis plus d'un siècle par de puissantes industries métallurgiques et sur lesquels s'est constituée une société principalement ouvrière. Et malgré les disparitions d'activités  amorcées dès les années 70 par le déclin et la faillite de Creusot-Loire, on est loin d'en avoir fini avec l'industrie, dont se sont perpétuées et adaptées les productions les plus performantes.
   Le reportage aurait été plus véridique s'il avait représenté le lieu réel de la saisie. Mais cela aurait peut-être été trop banal pour donner un décor à cet article sur le thème d'une gangrène généralisée du territoire national.
     Je ne ferai pas au journaliste l'injure de croire qu'il n'a pas osé aller sur les lieux : un tranquille et banal petit ensemble d'habitat social dont la silhouette se profile au fond d'un vallon, au milieu de la photo. 
     
Encore une fois, l'imaginaire contre le réel...
     C'est habituel dans cette région industrielle, où Emile Zola lui-même est venu en 1900 chercher des images pour son dernier roman ("Travail"). D'autres reporters sont venus avec leurs préjugés, et se sont ingéniés à ne chercher que ce qui pourrait les illustrer ou confirmer sur le terrain ce qu'on leur avait peut-être demandé d'y retrouver.
     Pendant les dernières décennies, c'est le "pays noir" du Val d'Ondaine qu'il fallait rapporter dans la boîte à images, avec si possible ses fumées, ses usines, ses murs noircis et ses taudis. Une centrale thermique (aujourd'hui disparue), un puits de mine, des cheminées, des murs couleur charbon, une rue sombre, c'est ce qu'on voyait avant tout. Ce devait être "la rue sans joie", héritière infortunée d'une industrialisation inhumaine, celle dont des élus entreprenants tels que Claudius-Petit à Firminy voulurent éradiquer les stigmates.  Les exemples de tels reportages, avec photos ou films, ont été nombreux, et mériteraient presque qu'on essaye d'en reconstituer une anthologie. 
     Mais avec les transformations urbaines et paysagères qui ont fait suite aux reconversions industrielles, il se révèle de plus en plus difficile de remplir ainsi la boîte à images.
    
      Il me paraît donc intéressant de souligner que, dans ce reportage de 2008, ce soit l'environnement vert du val d'Ondaine qui ait été mis en vedette !
     Au point de le rattacher à un "France profonde" à laquelle les habitants n'ont certainement pas conscience d'appartenir. 

     De récents ouvrages suscités par l'achèvement à Firminy de l'oeuvre de Le Corbusier (voir www.sitelecorbusier.com), commencent à donner, dans les publications de dimension nationale et internationale, des images plus véridiques du territoire. Je suggère par exemple l'ouvrage récemment publié par l'Université de Saint-Etienne : "Firminy, Le Corbusier en héritage".
     

R. Commère

photo du bourg prise depuis le même point que celle de l'article, mais avec zoom. Clocher, mairie-école, cimetière, forêt : image bien villageoise ! Seul indice pour en douter : les terrasses modernes du premier plan. Pour en savoir plus, voyez sur le même site l'article "bref historique d'Unieux".

          

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