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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 16:47

  



       A Firminy, on a finalement construit en ce 21ème siècle naissant un "monument historique" !
      Autre paradoxe, celui d'un monument classé avant d'être pleinement réalisé. 
      Je vous en livre quelques impressions....rétrospectives.

     Depuis l'achèvement et l'inauguration en novembre 2006 de ce chef-d'oeuvre d'architecture sculpturale, l'église Saint Pierre de Firminy-Vert, c'est un béton joyeux et serein qui dresse vers le ciel ses lignes obliques et ses courbes parfaites.  

      Il était dramatiquement triste lorsque l'ouvrage abandonné dans son état d'inachèvement s'exposait à ciel ouvert, la seule consolation étant peut-être le reflet rythmé du ciel dans les flaques des gradins inutiles. 

     Aujourd'hui, ce sont les éclairages plus mesurés des canons de lumière et de la constellation, étincelante au grand jour derrière le maître autel, qui font entrer le ciel dans la vaste coupole de l'édifice, tandis que pénètrent à leur rencontre par les lucarnes colorées périphériques, les lueurs réfléchies du sol extérieur.

     Je retourne souvent sur les lieux, dont j'ai maintes fois guidé bénévolement la visite pendant une dizaine d'année. Et l'émotion reste la même, pour moi comme pour ceux qui ont eu à connaître l'état antérieur, car nous gardons en mémoire les images de ce que, parfois, de jeunes visiteurs prenaient pour des ruines archéologiques dont ils ne comprenaient pas la raison, auxquelles on accédait par une minuscule porte blindée ouvrant sur de caverneuses et énigmatiques profondeurs.

     Voici donc, pour ceux-là, mais aussi pour les visiteurs présents et futurs, ces images de 1983, prises un peu par hasard au début de cette année cruciale où, face à un projet municipal néfaste, annonciateur d'une probable démolition, allaient surgir les refus : local, national et international, qui conduiraient, sur demande du Président de la République, à l'inscription protectrice au titre des monuments historiques. Sauf la première, ces images ne représentent que la partie aujourd'hui sous coupole, la nef du sanctuaire corbuséen. 

     Après elles, l'attente incertaine allait encore durer plus de quinze ans ; visites tarifées conduites par les bénévoles du syndicat d'initiative, visites gratuites lors des journées patrimoine, ont donné des moments de vie au vide architectural de ce chantier abandonné, qu'il fallut murer pour qu'il cessât d'être un dangereux terrain de jeu des enfants du quartier, sinon le repaire de trafics illicites. Ce fut le temps de ce blockhaus dont on se demandait ce qu'il faisait là, si loin du "mur de l'Atlantique" érigé par les occupants pendant la guerre.

      A ces guides, dont parfois les prouesses d'évocation dans ce béton triste, émaillé de flaques d'eau, couvert de mousse dans les endroits sans soleil, maculé de coulures, hérissé de ferrailles rougissant de rouille, accidenté de dangereuses chausse-trapes, arrivaient quand même à susciter chez les visiteurs quelque émotion, il était souvent demandé s'ils pensaient que l'ouvrage se terminerait un jour. Que répondre, sinon par une boutade du genre : "croyez-vous que si l'on n'y croyait pas un peu, seulement un petit peu, on serait ici au lieu d'aller pêcher à la ligne" ? Et voiià le peu dont vivait l'édifice énigmatique et pourtant prometteur. 

     Hommage soit rendu à tous les acteurs, bénévoles, architectes, artistes, politiques de tous rangs, administrateurs, qui ont joué la scène compliquée et majestueuse du dernier mouvement de ce qui aurait pu rester une symphonie inachevée....Bravo pour la finale !

René Commère, ancien président du syndicat d'initiative de Firminy-Ondaine-gorges de la Loire.

  

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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 10:16

         



Dernier né du bassin stéphanois, c'est avec les crédits du plan Marshall qu'il a été construit en 1951, sur un site où le charbon a été repéré et sommairement exploité depuis 1935.
Situé à l'écart de la ville dans un écrin de verdure, ce chevalement n'est guère représentatif des images minières traditionnelles : pas de cité d'habitation au voisinage, les mineurs étant acheminés en car (mais plus tard un petit lotissement sans rapport avec la mine a été réalisé à proximité) ; pas de criblage ni d'infrastructure ferroviaire, ni de crassier (ou terril), puisqu'on lavait et triait le charbon dans les installations modernes du puits Pigeot (abattu en 1989), vers lequel le transférait un convoyeur à bande.
L'exploitation a atteint 469 mètres de profondeur et obtenu pendant une dizaine d'années les plus forts rendements de la région, avec 1000 à 1200 tonnes par jour.
Puis la concentration de l'extraction au puits Pigeot ne lui laissa qu'une fonction d'exhaure (pompage de l'eau) et de service ; le convoyeur a été démoli en 1973.
L'activité a cessé en 1983, et le site pourrait faire l'objet d'une valorisation comme lieu de culture et de mémoire : la municipalité a obtenu en 2003 son inscription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.
L'architecture, d'une grande simplicité de lignes, est entièrement en béton, dans une forme à la fois pure et fonctionnelle.
R.C. 

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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 21:52

 

                                                   

     Le retentissement national de ce tragique incident, dont Zola s'est inspiré dans Germinal, contribua à l'évolution libérale de la dernière année du Second Empire.
     Les mineurs étaient en grève (alors illégale) pour de meilleurs salaires, la réduction de la durée du travail, et la cessation du contrôle exclusif des Compagnies minières sur les fonds de secours.
     Au milieu de l'après-midi du 16 juin, sixième jour de la grève, la troupe chargée de faire respecter la liberté du travail arrêta au puits de Montrambert au Chambon-Feugerolles) une quarantaine de grévistes. Elle les conduisait sous escorte vers la prison de Saint-Etienne.
     Solidaires des grévistes, leurs compagnons, leurs femmes et enfants, les attendaient sans armes au "Brûlé", où le chemin passait dans une tranchée surmontée d'une passerelle. Ils demandèrent au capitaine de les libérer, ce qu'il refusa. Des pierres atteignent les soldats. Se croyant pris en embuscade, ils ouvrirent le feu sans sommation. On releva de nombreux blessés, mais il y avait quatorze morts, dont une femme de 49 ans et une fillette de 16 mois. Le commissaire de police ne trouva personne pour faire enlever les corps, qui restèrent jusqu'au lendemain là où ils étaient tombés.
      Aujourd'hui conservée par le petit musée de la mine de La Ricamarie, la plaque rendant hommage aux victimes était apposée sur un modeste lavoir situé sur le lieu du drame, jusqu'à son remplacement par une sculpture moderne en 1989.

Le monument moderne (1989).

    Il se situe sur les lieux du drame, dont la configuration a totalement changé depuis. Le nom du "Brûlé" rappelle que jadis, juqu'à la fin du 19ème siècle, des couches de charbon spontanément inflammables au contact de l'oxygène de l'atmosphère, étaient en combustion lente et continue. Plusieurs documents à partir du 15ème siècle décrivent ce phénomène, accompagné d'émission de fumées malodorantes.   
   
Au-dessus d'une table d'offrande évoquant la notions de sacrifice, s'élèvent quatorze étoiles portées par des tiges ayant des longueurs et des déroulements différents, symbolisant les destins variés des victimes. Au-dessous de celles-ci, un enfant endormi représente l'espoir et l'avenir des humains.
   Les noms des victimes sont gravés sur l'habillage de bronze qui ceinture la table.
   La table et le socle sont en béton teinté, la sculpture est en bronze.
   Le créateur du monument est Victor Caniato, qui a réalisé plusieurs oeuvres dans l'agglomération de Lyon.

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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 19:13

Statue de Michel Rondet.

     Commandée en 1909 par la Fédération C.G.T. des mineurs, et payée par souscription de 4800 F. auprès des mineurs, cette statue fut l'oeuvre du sculpteur Joseph Lamberton..
     D'abord refusée par la Municipalité (sous contrôle de la Compagnie des Mines), elle fut installée discrètement en 1913 à l'écart du centre, dans une zone insalubre. Elle ne prit sa place actuelle devant la Mairie qu'avec son inauguration officielle en 1923.
     Lorsqu'en 1942 l'occupant allemand projeta de l'abattre pour récupérer le bronze, le Maire la sauva en faisant habilement comprendre sa forte valeur symbolique pour les mineurs, alors que le gouvernement de Vichy les pressait de participer à l'effort productif.  La déboulonner, se serait donc compromettre localement la politique de collaboration.  
     Michel Rondet est représenté en mineur de fond, la lampe accrochée à la ceinture. Né en 1841, ce fut son métier dès l'âge de douze ans. Militant pour la dignité de sa corporation et pour qu'elle prenne part au contrôle de la prévention des accidents miniers, il a été en 1868 l'un des fondateurs de la Caisse Fraternelle des Mineurs (les syndicats étant alors interdits). L'année suivante, il participe à la grève déclenchée pour obtenir l'indépendance de cette Caisse vis-à-vis de la Compagnie.
     Le drame du Brûlé (voir la fiche n°2) lui conféra un retentissement national.
     Condamné, il bénéficia de l'amnistie décrétée par Napoléon III pour le centenaire de la naissance de Napoléon Ier. Mais sa participation à la Commune de Saint-Etienne lui valut une nouvelle condamnation. A la fin de sa peine, en 1877, ses camarades lui confièrent la responsabilité du Syndicat de Mineurs récemment créé dans la Loire.
     En 1883, il organisa à Saint-Etienne le congrès fondateur de la Fédération Nationale des Syndicats de Mineurs, dont il resta responsable.
     Reçu en 1893 par le Président du Conseil Casimir Périer, consulté en 1895 par une commission parlementaire consacrée au Travail, il contribua à l'évolution de la législation, particulièrement sur les questions de sécurité des mineurs, des caisses de secours et de retraites.
     En 1895, il fut écarté de son syndicat et du Parti ouvrier de Saint-Etienne en raison de son état d'esprit plus réformiste que révolutionnaire, ce qui lui valut d'être suspecté de collusion avec le patronat. Il termina ses jours en Haute-Loire comme directeur au barrage de La Valette qui alimente Saint-Etienne en eau. Il mourut de silicose en 1908.

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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 09:19
                                                              

Nous sommes en présence d'un des plus anciens sites industriels de la vallée de l'Ondaine, à l'endroit où celle-ci, quittant les roches peu résistantes du bassin houiller stéphanois, s'enfonce en gorge dans le socle granitique pour aller confluer avec la Loire. A cet endroit, on a pu exploiter au mieux la force de la rivière.

A/ la fenderie.

Au début du XVIIème s., le baron de Cornillon autorisa l'aménagement d'un bief amenant une partie des eaux de l'Ondaine, captées à deux kilomètres en amont, pour actionner une fenderie, établissement industriel exigeant beaucoup plus de force qu'un simple moulin car il fallait à la fois aplatir des barres de fer, les découper pour produire des verges destinées aux nombreux cloutiers de la région, et actionner les soufflets attisant les foyers des fours. Des documents attestent qu'au milieu du XVIIème s., l'affaire était entre les mains de marchands lyonnais, qui concédaient la production à un gérant local.

Un examen attentif des traces conservées au bas de l'actuelle maison d'habitation montre que l'agencement de ces installations et leurs dimensions correspondent à ceux du modèle décrit et illustré au 18ème siècle dans la célèbre Encyclopédie de Diderot et d'Alembert.

      A quelques mètres plus haut que le lit de la rivière, un bassin de retenue stockait l'eau amenée par le bief : deux grosses roues pouvaient tourner sous la force de la chute. De tout cela, il ne reste guère de traces ; le bief a été comblé en 1995, le bassin converti en une prairie dans le parc attenant à la grosse maison grise visible sur le site. On pourrait voir dans les murs du rez-de-chaussée de cette maison des traces des installations de l'ancienne fenderie (ne se visite pas), remplacée par un moulinage de soie au début du XIXème s. et plus tard par une scierie.

 B/ Le moulin.

La fenderie a cessé de fonctionner à l'époque de la Révolution.
      Ce qui nous importe, c'est qu'il y avait assez d'énergie disponible pour actionner aussi un moulin à farine, dans un bâtiment dont on ignore à quelle date il a été construit puis agrandi.

Mais cet ancien bâtiment n'est plus utilisé depuis la construction en 1910 de la petite minoterie qui a été active jusqu'en 1992 : il a servi au meunier et à sa famille comme débarras, réserve de pièces de rechange et d'outils, entreposage de sacs de grain ou de farine. Depuis quelques années, des fresques décorent ses ouvertures. Deux d'entre elles représentent M. Garonnaire, le dernier meunier, et son épouse. La toiture a été entièrement reconstruite en automne 2007, ce qui devrait rendre réalisable le projet d'y installer un local d'accueil pour les visiteurs et peut-être un écomusée sur les moulins et minoteries. Une étude en ce sens a déjà été réalisée en 2006.

 En face du moulin, le totem mis en place par le SMAGL (syndicat mixte d'aménagement des gorges de la Loire) affiche une image de 1910, où l'on peut voir que l'Ondaine coulait tout près du bâtiment, avant les aménagements routiers qui l'ont plusieurs fois repoussée vers l'ouest. Le totem donne aussi des explications sur la grande roue qui orne le rond-point depuis l'an 2000, et n'a rien à voir avec le moulin, mais évoque le passé sidérurgique d'Unieux.

 C/ La minoterie de 1910 apportait par rapport à l'ancien moulin deux innovations majeures :

1 – le broyage du grain par des machines à cylindres, au lieu des meules traditionnelles. Cette innovation d'origine hongroise s'est répandue en Europe et dans les pays producteurs de blé pendant le dernier quart du XIXème siècle. Il s'agit d'une machinerie plus compliquée, qui permettait d'obtenir un plus fort pourcentage de farine très pure qu'avec les méthodes traditionnelles, et que nous allons essayer d'expliquer au cours de la visite.

Cette machinerie exigeait la superposition de machines sur au moins quatre niveaux, ce qui explique la hauteur du bâtiment. Elle exigeait aussi une source d'énergie assez puissante pour actionner les multiples machines que nous allons voir.

2 – d'où l'importance de la deuxième innovation : utiliser comme moteur une turbine hydraulique qui, à hauteurs de chute et débits égaux, a un rendement bien supérieur à celui des roues classiques.

C'est l'occasion de rappeler que l'invention de la turbine hydraulique est dûe à un inventeur stéphanois, Benoît Fourneyron, l'un des premiers ingénieurs sortis de l'Ecole des Mines de Saint-Etienne crée en 1816. Sa première turbine fut expérimentée en 1827 et le modèle connut un succès rapide. Par exemple, Fourneyron fut récompensé en 1846 par un diplôme de l'Université de Boston qu'il n'avait nullement sollicité. Il créa en 1850 au Chambon-Feugerolles sa propre usine de fabrication de turbines, dont il vendit des exemplaires dans le monde entier. Mais c'est une autre histoire....

Le moulin a donc fonctionné de façon très écologique avec sa turbine jusqu'à 1992, date de la fermeture du moulin lorsque M. Garonnaire, le dernier minotier, a pris sa retraite.

 D/ Depuis 1992 ?

C'est assez exceptionnel qu'après sa fermeture une minoterie conserve aussi durablement sa machinerie à peu près intacte, alors qu'il ne manque pas d'anciens moulins ruraux assez bien conservés et offerts aux visites touristiques (ici, le plus proche est celui d'Apinac).

D'autre part, il est rare en France de pouvoir visiter un minoterie avec machines à cylindres pour comprendre comment est produite la farine de notre pain quotidien, car :

  • soit la minoterie est un établissement industriel en activité : ce n'est pas un espace aisément accessible aux visites, en raison de la densité d'implantation des machines, de leur bruit et des risques liés à leur fonctionnement

  • soit elle démolie après cessation d'activité

  • soit elle est reconvertie pour d'autres usages : en raison des vibrations des machines, ce sont généralement des bâtiments assez robustes pour être réutilisés.

  • Exemple spectaculaire : la reconversion à usage universitaire des Grands Moulins de Paris (inauguration au printemps 2007), tout près de la grande bibliothèque François Mitterrand. Toute la machinerie a été enlevée, en dépit d'un projet initial qui prévoyait d'en conserver une partie à titre de mémoire et de démonstration, mais n'a pas été réalisé pour des raison de financement. De sorte qu'il pourrait être suggéré aux Parisiens eux-mêmes de venir visiter Unieux pour découvrir et comprendre le fonctionnement d'une minoterie du XXème siècle...

  •  

  • Or la modeste minoterie d'Unieux a conservé assez d'éléments pour que cette démonstration puisse se faire. En effet, ses propriétaires et leur famille ont accepté en 1999 de céder le bâtiment et ses machines au SMAGL pour que soient conservés le caractère historique du quartier et le souvenir de leur histoire familiale.

  • Le projet d'aménagement muséal mentionné plus haut ne dépend plus que d'un problème de financement et donc de volonté à la fois publique et éventuellement privée.

Pour les groupes, des visites guidées peuvent être organisées sur rendezvous  : s'adresser à l'Office de tourisme de Saint-Etienne Métropole, tel.04 77 49 39 00, fax : 04 77 49 39 05 ; ou au bureaud'accueil de Firminy : 04 77 56 30 22.
                                                                                                                                   
  
 
Nous ajoutons quelques réponses aux questions soulevées lors des visites guidées des journées "Patrimoine" de septembre 2008.

1 - Beaucoup de visiteurs regrettent que l'on ne puisse voir ni entendre fonctionner les machines, ou du moins une partie d'entre elles à titre de démonstration.
     Cela paraît difficile, à moins de trouver les moyens d'un investissement considérable. En effet :
     - l'eau n'arrive plus, le bief qui alimentait la turbine ayant été comblé : faute d'entretien, et parce que des riverains avaient tendance à le considérer comme un égout, son voisinage devenait un défi à l'hygiène ; rappelons d'ailleurs qu'avant la réalisation (années 90) du collecteur des eaux usées de la vallée de l'Ondaine, la rivière elle-même était une sorte d'égout malodorant à ciel ouvert ;
     - n'ayant pas été entretenues, toutes les machines sont irrémédiablement grippées, et de plus, aucune des multiples courroies du système ne résisterait à une remise en marche ;
     - Un fonctionnement partiel ? Les explications données aux visiteurs démontrent bien que l'ensemble des machines constitue un système dont aucune partie ne pourrait fonctionner séparément.  Ainsi en est-il, par exemple, de la complémentarité des machines à cylindres, dont chacune a une fonction particulière dans le processus de mouture ; il en va de même pour la complémentarité entre elles et le système de blutage ;
     - enfin, à supposer qu'elles puissent être remises en mouvement, il ne serait pas possible de faire tourner les machines à vide ! Car elles s'emballeraient, si on ne les alimentait pas en reconstituant le processus intégral de production de farine. Il faudrait donc les alimenter et donc restaurer le processus  complet de production...

 2 - Parmi les visiteurs, nous avons été honorés de la présence du directeur d'une grande minoterie de la région.
    S'étant fait connaître à l'issue de la visite, il a bien précisé que notre moulin n'a plus la moindre ressemblance avec les minoteries du 21ème siècle, hautement automatisées,  pilotées par l'informatique, et organisées pour pouvoir produire une grande variété de sortes de farines. Bien que voisine d'une puissant rivière, sa minoterie a dû renoncer à la force hydraulique car elle n'est plus compatible avec les exigences de régularité et de précision des machines.
     Cette brève et brillante mise au point a bien confirmé que le site de la Fenderie est un objet d'archéologie, une pièce de musée d'intérêt patrimonial, comme le sont d'ailleurs les multiples moulins à meules qu'on peut découvrir dans les campagnes françaises, et qui ont peut-être l'avantage, au niveau archéologique, d'être moins difficiles à restaurer et à remettre partiellement en marche. 

3 - Il faut redire que la conservation à titre patrimonial et touristique d'une installation comme celle d'Unieux est finalement un phénomène RARE.
     Ainsi, contrairement à un projet initial, la conversion des grands moulins de Paris en bâtiments universitaires (tout près de la Bibliothèque Nationale François Mitterrand) n'a pas permis de conserver sur place le moindre vestige des machineries mises au rebut.
     Il en est de même de beaucoup de minoteries plus modestes, dont les installations techniquement périmées disparaissent rapidement dès qu'elles sont arrêtées.

4 - reste à savoir ce qu'il adviendra de la Fenderie, sachant par ailleurs que la charpente et la toiture de l'ancien moulin (bâtiment du 17ème siècle) accolé à la minoterie ont été refaites à neuf (financements obtenus par le SMAGL, syndicat mixte d'aménagement des gorges de la Loire) en novembre 2007. Est-ce la première étape de réalisation d'un projet muséal étudié par un bureau spécialisé dans les dernières années, visant à valoriser le patrimoine industriel local ou évoquer une histoire plus générale  de la meunerie ? 
    Sous ce nouveau toit, que saura-t-on, que voudra-t-on faire ?
    L'afflux inattendu d'un si nombreux public d'origine principalement locale montre en tout cas que la question n'est pas indifférente. C'est gratifiant pour ceux et celles (personnels du SMAGL, bénévoles de l'Office de tourisme de Firminy-Ondaine, ancienne et nouvelle équipe municipale) qui, d'une manière ou d'une autre ont oeuvré depuis plus de quinze ans. pour que ce patrimoine ne sombre pas dans la ruine et l'oubli....  

     Qu'en sera-t-il dans dix ans ? 

René Commère

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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 14:53
Est-il pertinent de lancer ce pavé qui paraîtra indigeste à certains ? J'ai établi cette chronologie en 2004-2006, dans le cadre d'une étude historico-géograhique souhaitée par la Municipalité à l'occasion du classement de l'Hôtel de ville au patrimoine du 20ème siècle. Les deux articles produits à cette occasion ont paru dans les bulletins municipaux n° 94 et 95, de novembre 2004 et janvier 2005, consultables sur le site : www.ville-unieux.fr
Ce qui suit est inédit et vous est livré tel quel, sans commentaire ni organisation par thème. Chacun y trouvera les repères susceptibles de l'intéresser..

CHRONOLOGIE

 

1794 - création de la commune

1829- Holtzer s'installe au Vigneron

1830 - construction de l'église du bourg

1840 - école-mairie du bourg  (le bâtiment existe toujours)

1842 - pont suspendu du Pertuiset (à péage jusqu'en 1884, racheté alors par le Département)

1862 - château Holtzer et "caserne" ouvrière du Vigneron

1870- l'usine Verdié déborde sur Unieux à Sampicot

1886 - école du Vigneron

1893 - effondrement de la voûte de l'église du bourg - reconstruction avec agrandissement

1900 - Emile Zola enquête pour son roman "Travail". Logé au château Dorian, il visite les ateliers d'Unieux.

1907 - tramway à vapeur Firminy-Le Pertuiset.

1908 - Arc en Ciel, la plus ancienne société de la commune.(initiative cléricale. Hist. dans le bulletin de juin 73.) but initial : clique, musique, gymnastique.

1912 - Jean-Baptiste Geyssant maire : un ouvrier socialiste, ...c'est la fin du "règne" municipal des Holtzer.

1919-40 et 1944-45 : Jean-Baptiste Mallard.

1921 - lavoir du pont d'Unieux (avant on lavait dans l'Egotay)

1930 - création de l'Amicale laïque d'Unieux (installée au foyer rural en 1935).

1931 - des bus vont remplacer le tramway entre Firminy et Le Pertuiset.

1934 - première reconstruction du pont du Pertuiset

1946 - stade Paul Buffard.

1946-1949 - Cité de La Fontaine (aciéries de Firminy)

1949 - création de la "Familiale métallurgique", en commune par lesAciéries de Firminy et les établissements Holtzer.

1950 - construction de l'église de Saint Paul sur Ondaine à Côte Quart (curé : M. Labrosse).

1951 - groupe scolaire Langevin à Cote Quart

1951 - 29 octobre, Mairie de Firminy : réunion d'information EDF sur le projet de barrage de Grangent.

1953 - Aciérie Holtzer intégrée à la CAFL : avec les aciéries de Firminy, l'ensemble constituera l'Usine de l'Ondaine.

1955 - Grangent : début des travaux

1956 - école maternelle du Vigneron

1956 - Rue Penel : 102 HLM occupés : "les Planches".

1957 - inauguration du barrage de Grangent

1958 - groupe scolaire Jean Jaurès (bourg), école Joliot-Curie..

1959 - nouvelle mairie à Fraisses dans villa achetée à la CAFL

 

1960 - avril (info : CM de déc 1960) le syndicat intercommunal du 19 avril 60 a adopté le principe de réalisation d'une Auberge de jeunesse sur les terrain acquis à EDF aux Echandes. Un architecte sera chargé d'une étude sur l'utilisation de la ferme située sur ce terrain et sur l'équipement d'un camping.

1960 - déc. - (C.M.) Constatant l'intérêt touristique du lac de Grangent, le ministère de la construction invite les communes situées entre St Paul et S Rambert-St Just à constituer un groupement d'urbanisme "qui tracera les cadres d'un aménagement tourtistique et les éléments essentiels de l'aménagement rural".

années 60 : début du lotissement du pont d'Unieux

1960 - 61 - centre urbain de Cote Quart.

Antoine Vachon, ancien instituteur de Côte Quart, ancien président de la caisse d'épargne de St-Etienne, a présidé à de nombreux prêts pour les constructions à Unieux.

1962 - un éditeur toulousain demande la participation de la commune pour un guide touristique de la Loire. Le Maire approuve pour Le Pertuiset "pour favoriser le commerce hôtelier local". Caloire et St Paul, sollicitées par lui, prendront en charge le payement de deux pages supplémentaires. Contribution d'Unieux : 327,9 F.

1962 - construction de la chapelle, plaine des Planches.

1963 - CM du 28 déc. - En réponse aux besoins des administrations, PTT, Contributions, Pompiers etc...64 rues nouvellement baptisées ( 20 rues et places étaient déjà nommées). On fera 177 nouvelles plaques. Numérotation des maisons, pose de 1171 numéros, effectif à partir de 1965.

(autres désignations en mai 68 au lotiss. de la Fenderie : Denis Papin, Jacquart, Marguerite Barbier, cette dernière, ancienne directrice d'école libre, héritière d'une vieille famille d'Unieux, et qui avait cédé à la ville des terrains, en particulier pour le Foyer résidence :"méritant donc la gratitude de ses concitoyens" -  et en janvier 70 : Louis Pergaud (guerre des boutons).

1964 - nouvelle mairie "oeuvre maîtresse de la Municipalité" (projet adopté le 7 janvier 62). Arguments : augmentation de la population, exiguité et vétusté des locaux de 1840, leur éloignement par rapport au centre de l'agglomération et à l'itinéraire des transports en commun.

1964 - 1er mars - acquisition de terrain pour le relais télé du Dorier : 1050 m² de terrain estimés par les Domaines à 82,6 F le m² (550 m²) et 75 F (500 m²)

1964 - id - Approbation du blason d'Unieux ( en application d'une mesure nationale).

1964 - création du Comité d'action sociale du commerce d'Unieux. But : 1/ regrouper... 2/ venir en aide aux nécessiteux, organiser fêtes et manifestations, en premier lieu une sortie annuelle des Anciens...

1964 - 25 04 - 1ère garantie d'emprunt pour les 43 logements du parc Holtzer par la Familiale métallurgique. Deuxième garantie en janvier 69.

1964 - voyage d'études des élus et notables en URSS (Paris-Moscou en avion "en raison des obligations des membres de la délégation") - invitation France-Urss.

1964 - avant-projets de piscines, soit communale (Cote Quart), soit intercommunale (Pertuiset)

1964 - en cours : 65 HLM au Pont d'Unieux (autoris. d'emprunt). Livrés en 1965.

1964 - projet lotiss. communal La Fenderie : 26 lots en accession ( + 8 approuvés en 68). 1964 - OK pour chauffage central au lavoir municipal de Sampicot (tarifs fixés par le C.M. du 25 04 65)

 

1965 - Résidence Mallard : 44 pavillons et 65 HLM terminés

1965 - lancement de l'étude du plan d'urbanisme (Ferraz et Seignol). Procédure qui arrivera à son terme en 1970. " Ce n'est pas la ville, ce n'est plus la campagne... Objectif du plan : relier les "quartiers" (pour éviter le mot "écarts"), les faire vivre ensemble tout en préservant la nature aimable du territoire" (F.et S., bulletin de 1965).

1965 - 21 mars - NOUVEAU Conseil Municipal - La Préfecture autorise 3ème et 4ème adjoints.

1965 - 27 juin - Enfin la cabine téléphonique demandée depuis 1961 aux PTT pour le quartier de l'Hopital ! Refusée plusieurs années en raison du manque de lignes... - Le CM de fevrier 66 en demandera d'autres (rue Penel, bourg, Pt d'Unieux, l'Echo)- en fev 66, décision d'"installer le téléphone à l'école des garçons de Cote Quart".

1965 - id - Nouveau lavoir municipal projeté sur parcelle achetée à la CAFL rue Molière (quartier La Fontaine). Utilité Publique demandée au Préfet...(En 1966, le lavoir du Pont d'Unieux passe en régie municipale, faute de réponse à l'appel d'offres pour remplacer la gérante...Lavoir fermé en 1975 "par suite de la diminution du nombre des laveuses").

1965 - nov. : le Préfet veut rassurer sur les conséquences de la suppression de la taxe locale.

Autres sujets d'inquiétude : fermeture à la CAFL des fraises et forets (100 emplois) ; (et en juin 66, motion contre les réductions d'horaires à la CAFL.)

1965 - nov - Projet définitif et financement de l'hôtel des postes (approuvé dès 1962). Achevé : 1966.

 

1966 - fev. - Protestation du conseil municipal contre la fermeture du service voyageurs sur la ligne Firminy-Dunières

1966 - juin - décision d'installer le chauffage central à l'école de la Croix de Marlet, la dernière à en être pourvue.

1966 - Nov. - Les Eclaireurs sollicitent une subvention d'aide à organiser des sorties de ski le jeudi pour les scolaires. OK : pour détendre et "revivifier" les jeunes citadins à l'air pur. (voir 1971 sorties de ski scolaire)

1966 - déc. - Encore des projets :

- 21 lots au "groupe résidentiel" des Noyers

- le collège du Bois de la Rive,

- le gymnase A. France (avant-projet approuvé en déc 66 ; en avril 69, on lui annexera une Maison des Jeunes, l'ensemble étant approuvé définitivement en juin 1971), à proximité de la Mairie et de l'hôtel des Postes, avec lesquels se constituera un ensemble d'une certaine homogénéité architecturale, confié à MM. Ferraz et Seignol.

 

1966-67 : les 90 logements HLM réalisés rue Pierre Curie

1967 - Avril - Unieux adhère à EPURES, agence d'urbanisme récemment créé pour la région stéphanoise. En mai 68, la Commune cotise pour participer au SDAU de St Etienne (2745 F)

1967 - mai. C'est la fin du charbon, remplacé par le fuel domestique, pour chauffer les écoles, "ce qui fera faire des économies appréciables et se révèlera d'une plus grande souplesse de fonctionnement".

1967 - juin - avant-projet du groupe scolaire du Val Ronzière.

1967 - Claudius-Petit inaugure le gymnase Jules Ferry de Fraisses

 

1968 - Fév.- Naissance du SMAGL, approuvée par arrêté préfectoral août 67. Partenaires : Unieux, Chambles, St Victor, Caloire + le département. Zone d'aménagement différé ( ZAD), sur laquelle il aura droit de préemption (voir Schéma Directeur. déc 69 + dissolution en juillet 71 du syndicat intercommunal pour l'aménagement du plan d'eau de Grangent et du bassin du Pertuiset, dont le patrimoine est cédé au SMAGL). voir déc 1969, juin 77

1968 - août - les bâtiments communaux seront chauffés au gaz naturel ("économie sensible")

1968 - Plusieurs réunions de travail sur la question de la pollution de l'Ondaine vont aboutir en 1969 à la création d'un syndicat intercommunal pour étudier et conduire le projet d'une station d'épuration. (voir la suite en juin 1971).

 

1969 - fev.- OK pour abri-bus (convention avec entreprise de St Dizier).

1969 - avril - rénovation et aménagement du stade Buffard (pour élèves du futur collège).

Bulletin "Echo municipal" d'avril 1969 : Val Ronzière en construction pour un projet total de 271 logements HLM. Lancement de la première tranche en 1965. En 69, le premier immeuble est terminé (tour de 11 étages montrée dans bull. de février 70). A venir aussi : école, centre commercial, 10 pavillons. (projet présenté dès l'été 66 par l'OHLM Loire).

(en 68 s'est poursuivie l'acquisition de terrains pour le lotissement. En janv 69, accord pour avant-projet d'école)

- CES du bois de la Rive en cours d'achèvement ("semble déjà trop petit" selon le maire en février 70)

1969 - avril - Ferraz et Seignol achèvent le PUD (plan d'urbanisme directeur) d'Unieux

1969 - août - en projet, création Office Municipal des sports (coordonner activités + répartir subventions)

1969 - septembre - première rentrée au collège

1969 - décembre - approbation du Schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme des gorges de la Loire (couvre les communes du SMAGL (cf fev 68) + St Paul, St Maurice et parties de St Just).

 

1970 - 1ère réunion de constitution du syndicat d'assainissement de la vallée de l'Ondaine. Schéma de principe : collecteur intercommunal, station d'épuration)

- décision d'agrandir le

cimetière

1970 -

achèvement de l'autoroute Givors-Firminy (sauf traversée de Firminy)

1970 - Creusot-Loire absorbe la CAFL

1970 - achèvement première bande du lotissement des Noyers (rue Jules Verne). Le nombre de lots pour les tranches suivantes  est réduit par décision de novembre 1971 "car ce programme n'a pas eu le succès commercial escompté, faute de jardins privatifs".

1970 - janv - Feux tricolores au Pont de Sauze. - Juillet : au Pertuiset (avant le futur rond-point) - avril 72 : au Pont d'Unieux.

1970 - Janv. Préparation du 6ème plan, 1971-75.

Bulletin municipal février 70

- décharge publique de la rue Karl Marx (Raboin) saturée (déjà noté dès 1966). Solution de rechange (idem dès 1966) au Lardier, loin des habitations, en attendant une future usine d'incinération pour l'agglomération.

L'aménagement de la rue Massenet a été décidé en juin 68 pour l'accès à Lardier. Aménagement de la décharge approuvé en fev 69.

mais en mai 71, on va commencer à parler d'une décharge contrôlée au Pâteux....

En attendant, en octobre 1974, Caloire et St Paul sont autorisées à utiliser la décharge d'Unieux (Lardier) moyennant une participation, respectivement de 500 et 2000 F/an.

 

1971 - Elections municipales. M. Crouzet réélu.

1971 - février - garantie d'emprunt à l'OHLM de la Loire pour lancement du Foyer-résidence.

1971 - mai - approbation pour gymnase et M.J. Anatole France

1971 - mai - première mention d'un projet de décharge contrôlée au Pâteux

1971 - juin - OK pour idée d'un SIVOM / Ondaine ....celui-ci prendra corps en mai 1973 quand les communes auront rejeté la proposition préfectorale de fusion en 1972. On y retrouvera les communes déjà réunies dans le syndicat pour assainissement créé en 1969.

1971 - novembre - Le maire souhaite la réalisation de la Z.I. prévue depuis plusieurs années. Convention d'étude avec la SEDL courant 1972. - 1ère tranche de travaux lancée dès fin 72 (avant même l'étude SEDL qui a pris du retard) pour répondre au désir d'installation d'une entreprise.

1971 - Premières sorties de ski scolaire gratuites organisées au Bessat en horaire scolaire (tiers temps pédagogique). En hiver 70-71, 2000 demi-journées skieur. Recours à des parents bénévoles pour épauler les instituteurs. Dans le même esprit, cours d'initiation musicale (confiés à Mlle Velicitat, des centres musicaux ruraux - concerneront, en 74, 14 classes, et en 1975, toutes les classes primaires) et de natation à la charge de la Municipalité, de même que depuis 1970 des cours d'initiation à la poterie, suite à l'acquisition d'un four à céramique.

 

1972 - Ouverture du Centre Social du Val Ronzière.

1972 - mars - demande de nationalisation du CES

1972 - avril - Synd. intercommunal  pour Maison de l'Amitié

1972 - mai - classe verte à la Souchère, 3 semaines pour un CM 2 du Bourg (M. Peyrard).

1972 - juin - OMS crée centre médico-sportif.

1972 - novembre - OK pour participation au boulodrome couvert de Firminy (décision intercommunale de nov. 1971). Unieux contribuera pour 35021 F sur 300 000 soit 11,7 %.

1972 - déc - Annonce de parution d'un bulletin municipal trimestriel ( "Unieux Municipal"). Ce rythme ne sera pas tenu dès 1974...(un n° en fév., un en décembre).

 

1973 - Ouverture de la Maison de l'Amitié.

fin janvier 73 - nationalisation du C.E.S.

12 mai 73 - inauguration du gymnase Anatole France

1973 - mai - création du SIVOM (voir juin 71). Seule vocation retenue pour l'année 1974 : l'enseignement secondaire et spécialisé. A l'étude, l'enlèvement des ordures et leur traitement. (Mais dissolution en février 1975 car suite au retrait de Fraisses et du Chambon "il n'est plus viable"..)

(bref article sur les Echandes (auberge de jeunesse) : mars-avril 73 : la route et le pont existent...)

mars 73 bulletin municipal - Les Echandes, propriété du SMAGL...Depuis le rachat par le SMAGL, un pont a été construit sur l'Ondaine, la route aménagée vers le village, l'adduction d'eau réalisée ; l'électrification est en cours..

fin 73 -début 74 - lancement des travaux de la station d'épuration. Mais en corollaire, annonce (bulletin de déc. 74) des travaux de pose des égouts collecteurs, qui vont perturber notablement la voieirie.

1974 - création du syndicat de communes pour la coordination des transports en commun de la région stéphanoise.

1974 - lancement du lotissement artisanal de la plaine, sur 12 hectares. D.U.P. le 29 juillet. 14 entreprises = >200 personnes

1974 - inquiétude devant la fermeture de la chaudronnerie inox à Creusot-Loire (700 emplois). Rappel : 2500 emplois disparus depuis 1954.

1974 - novembre - 10 ans après, la Mairie est trop exigüe...Nouveau projet d'aménagement (par Ferraz et Seignol) : 417 000 F. Achèvement en 1976 pour un coût effectif de 518 176 F (+24 %). On a utilisé au niveau du sol les espaces sous pilotis.

1974 - achat d'un nouveau camion benne pour le ramassage des déchets

1974 - fin de l'année : Unieux compte 10028 habitants. Incidence sur la dotation et sur les indemnités du Maire et des Adjoints. Bulletin de février : "Côte quart se dépeuple, des commerces ferment"...

 

1975 - fermeture de la chaudronnerie inoxydable de l'Ondaine (1er juillet). -356 emplois.

-1975 - avril - présentation du POS prescrit par le préfet en 73. Approuvé seulement en 1977 après longue enquête publique.

1975 - élargissement de la rue M. Pepier sur terrains acquis à Creusot-Loire.

1975 - printemps - implantation de Formuling sur la zone industrielle de la plaine

1975 - octobre - suppression du lavoir du Pont d'Unieux (voir 1965). Réutilisation : ateliers municipaux, mais on conserve aussi une partie laverie.

1975 - déc. fête du 30ème anniversaire de la Municipalité. Son bilan (bulletin spécial)...Exposition.

 

1976 - Les régistres du C.M. ne sont plus manuscrits (en fait, celui de 1974-76 est dactylographié sur feuilles collées sur le régistre)

1976 - M. Salanon crée l'école de musique d'Unieux. A l'école du Val Ronzière. 95 élèves la fréquentent. ( ce sera 200 en 1980). Un piano est prêté par l'Amicale laïque. Un autre est acheté par la commune (6985 F.). (à noter que dès 1972, dans le cadre du tiers temps pédagogique -comme pour le ski scolaire- la Municipalité avait pris à sa charge des cours d'initiation musicale). Frais d'occupation des locaux scolaires pris en charge par la Municipalité.

1976 - janvier - lancement de la Halle des sports de Cote-Quart (Ferraz et Seignol). (sur fonds d'équipement des collectivités locales). Fonctionnera à partir du 15 juillet 1976.

1976 - octobre - C.M. saisi de demandes de garanties d'emprunts

- de COGECOOP pour HLM du Plat du Rio (accordé en déc. 77)

- de la Familiale métallurgique pour 16 logements rue Boileau (pour familles immigrées, en remplacement de logements insalubres).

1976-77 - Elargissement du pont du Sablat ("un carrefour coupe-gorge" car un W C public bouchait la vue aux usagers venant d'Unieux. Un encorbellement au-dessus de l'Ondaine permettra l'élargissement du virage sur la rue Elisée Reclus. Coût total : 240 000 F.

1977 - mise en service de la station d'épuration (en l'absence de collecteur, elle traite directement les eaux de l'Ondaine, qui joue le rôle d'égout à ciel ouvert.

Bulletin préelectoral de 1977 p. 13 : "Promotion du tourisme". Suggestion de créer des chambres d'hôtes, information utiles en Mairie.

1977 - Elections municipales - M. Fressonnet élu maire. Il y aura 6 adjoints : MM Blaison, Moulin, Menet, Mlle Chambe, Mme Vallet, M. Montcoudiol.

1977 - juin -OK pour projet SMAGL exprimé en 1975 visant à l'inscription des gorges de la Loire comme site naturel protégé.

1977 - mai et juillet - Inondations de la plaine d'Unieux. Deux sinistrés à Boiron. Polémique avec la presse sur les responsabilités de la Municipalité. Sont en cause le gué de Boiron (dont les buses furent bouchées par les détritus, entraînant le débordement en amont), et une digue privée (l'Ondaine étant de 1ère catégorie, c'est possible) construite pour la protection de Formuling. Solution : la nouvelle route en projet fera office de digue. Le Bulletin municipal ne parle pas encore d'un futur pont

1977 - déc - lancement du projet de HLM au Vigneron. Projet Ferraz de 80 logements, présenté en mai 1978.

1977 - déc. - Environnement : lancement du ramassage du verre (opération nationale) une fois par mois. Revente à Saint-Gobain-Emballages / St Romain le Puy

1977 - vente du château Holtzer par Creusot-Loire à Mrg Lefevre, sans négociation préalable avec la Municipalité qui aurait souhaité utiliser les bois comme parc municipal.

 

1978 - juin - Désignation du collège : "Bois de la rive"

1978 - décembre - On parle du CD 3 et de la déviation de l'Ondaine.

1978 - travaux d'élargissement des rues Littré et Ernest Renan

bulletin de sept.1978, association "vivre à Unieux" président M. Sagne, secrétaire JP Perrier...

dec 78 - bulletin - projets en cours :

HLM Vigneron, (maquette sur la couverture du bulletin de septembre 79)

réhabilitation vieux Vigneron,

carrefour du Pont d'Unieux,

déviation Ondaine à Boiron

1979 - deux courts de tennis à Cote-Quart

1980 - Travaux au pont d'Unieux (restructuration du carrefour)

- prolongement de la rue de la Paix (plat du Rio)

- progression du nombre de demandeurs d'emploi (proche de 280-290)

- sur ce que signifiera la réhabilitation du Vigneron (juin)

- Croix de Marlet : assainissement, réservoir d'eau, voierie. Travaux en bonne fin.

- enquête en cours sur Cote Quart (quels besoins ?) Etude achevée fin 82.

- château d'eau du Lardier (2 pages de photos/octobre 80)

- crues de septembre : plaine et Boiron inondés.

1981 - début de la réalisation des HLM du Vigneron. Démolition de la maison Bonet. dans le n° de décembre, photo des maisons qui vont disparaître. (premiers logements livrés rue Louise Michel en 83)

- pont de Boiron sur le futur lit de l'Ondaine

- extension des services techniques

- plan du lotissement industriel de la plaine

1982 - lancement de l'école de rugby

1983 - n° de décembre - reportage sur "le Vigneron" et dessin du projet sur Côte Quart (plus complet dans le n° d'avril 85)..

- rentrée à l'école de musique : 212 élèves.

1984 - rénovation de la façade et du clocher de l'église du bourg.

- rénovation de la salle cinéma Vachon : confort + qualité acoustique. (2 000 000 F)

- création du nouveau stade ("Pierre Poty", rugbyman, médecin du sport, mécecin de l'ASSE, chercheur, soutien de l'école de rugby d'Unieux) inauguré en sept.86. : 960 000 F. Construction de tribunes en 1991.

juin 84 - le Bureau municipal décide d'avoir recours à la SATROD pour les ordures ménagères, qui seront préalablement compactées à Saint-Etienne.

1985 - Noël Thiébaud maire

1987 - nouveaux logements rue Holtzer et première tranche à Côte-Quart

1987 - inauguration salle Gaby Crépet (a légué l'ensemble de ses biens au CCAS).

1988 - subv. municipale pour campagne de ravalement des façades ds 3 secteurs : Reclus-Combe Blanche, Vigneron, Bourg.

1988 - ouverture du Centre équestre.

1988-91 - campagne de ravalement des façades d'une centaine d'immeubles (subvention communale exceptionnelle) : secteurs Combe Blanche-Cote Quart, Vigneron, Bourg.

1989 - Maire : Marcel Doutre

Mise à l'étude d'un schéma directeur (réanimer le Centre, dégager ou reconvertir des terrains et bâtiments industriels, améliorer l'image de la ville...). ex. : réhabilitation des bureaux Holtzer.

Nouveau pont du Pertuiset, sur un tracé nouveau. Innovation architecturale qui servira de modèle pour le pont de Normandie sur l'estuaire de la Seine.

Unieux cherche un logo : concours lancé dans bulletin de décembre

article de décembre sur l'A.J. des Echandes.

années 90 : apparition des conteneurs pour verre et pour papier. recueil des huiles de vidange dans la cour des services techniques.

1990-91 - mise à plat des terrains d'Unieux laissés par C3F = préparation de la future déviation.

1990 - fermeture de la gare de Fraisses-Unieux - démolie en 1994.

1990 (novembre) - reboisement au Dorier (les enfants reboisent...avec l'ONF)

1990 - Parc Holtzer : des activités s'installent. Inauguration printemps 1991

1990 - Fleurissement

1991 - 93 : OPAH + améliorations dans les anciens groupes d'HLM.

1991 - aménagement d'un nouveau site d'escalade près du tunnel de la Noierie. Tribunes du stade Poty.

1991 - spectacles pyrotechniques du 14 juillet au Pertuiset.

 

1993 - début de l'aménagement du CD 30. Achèvement du rond-point du Pont du Sauze.

1993-94 - pose du collecteur des eaux usées dans la vallée de l'Ondaine. Opérationnel en juin 95.

1993 - mai - inauguration de la piste forestière du Dorier aménagée en 1992. (l'opération obtient en 1994 à Strasbourg le prix du centre de rencontres et d'intiatives pour le développement local). (à noter une deuxième opération de plantation en 93, et une troisième en décembre 95)

1993 - rachat du bief, comblé en 1994.

1994 - 1er festival Cziffra dans l'église du bourg.

1994-95 - début des constructions quartier de La Fontaine (1er imm. occupé en juin 95). Réaménagement de l'ensemble du quartier en 1997...

1994 - 5 novembre - journée portes ouvertes à Tecphy.

 

1995 - la Familiale métallurgique devient "habitations modernes et familiales".

1995 - janvier - première pierre du nouveau centre du Vigneron (logements sociaux de haute qualité environnementale). (nouvelle place inaugurée en déc. 99).

1995 - juin : élections municipales - Recours de l'opposition - Annulation. - nouveau scrutin en décembre 1996( deux tours, car égalité de voix au premier tour !).

1995 - été - rénovation du stade Buffard (drains, tapis synthétique).

1995 - au collège, de nouveaux bâtiments (structure bois, 3 salles de classes, une salle audiovisuelle et des bureaux) remplacent les préfabriqués. Le collège compte 21 classes, 40 enseignants, 540 élèves.

1995 - 11 décembre. 22 communes O K pour intercommunalité stéphanoise.

1995 - décembre - adhésion de la commune (pour le Dorier) à la Réserve naturelle volontaire - naissance officielle en déc 95.

1996 - première ouverture du moulin de la Fenderie aux visites (journées patrimoine).

1996 - octobre - l'Ondaine coule dans son nouveau lit, dans le cadre de l'aménagement du CD 30

1996 - mise en oeuvre du nouveau local pour la Sarbacane-boules Holtzer

1997 - printemps - (avec un an de retard par rapport au projet ?) pose de la première pierre de la nouvelle station d'épuration, celle réalisée en 1976 ne répondant plus aux normes de rejet (phosphates, nitrates...). coût global estimé pour collecteur + nouvelle station : 2000 F par habitant de l'Ondaine.

1997 - Maison de quartier de Côte-Quart mise à disposition du Centre social.

1997 - au bourg, premier marché de Noël

1997-98 - le SMAGL prend en charge l'élargissement de la route des Echandes, pour permettre le passage d'un car.

- juin 98 : coupe du monde de foot-ball. L'auberge de jeunesse des Echandes fait le plein de visiteurs étangers.

1998 - classement des gorges de la Loire en site du patrimoine national.

1998 - réalisation de la 1ère partie du nouveau centre technique municipal. (achèvement : 1999).

1998 - achèvement du nouveau tracé routier et du rond-point de Boiron. Ouverture à la circulation = 1er trimestre 99.

1998 - décembre - volant d'inertie du laminoir Holtzer installé sur le rond-point devant le moulin de la Fenderie au Pertuiset.

1998 - Fraisses : vente du château Dorian à un investisseur privé

1999 - 4 décembre - inauguration place du Vigneron. Fontaine par Guy Lartigue, sculpture en acier d'Albert Louis Chanut, acier fourni gratuitement par Ugine-inox.

1999 - 2ème rénovation et fresque ("l'univers métallurgique") de la "caserne" Holtzer de 1862.

2000 - juin - inauguration de la nouvelle station d'épuration (voir 1997 et 1995).

2000 - construction rue J-J. Rousseau (Côte Quart) de 20 logements par société "bâtir et loger" - dont 5 pour personnes à mobilité réduite.

2000 - 4ème trimestre - giratoire de l'Hôpital - Giratoire et parking du Sablat.

2002 - printemps - décès de M et MMe Garonnaire (moulin de la Fenderie).

2002 - 20 juin - début du chantier de l'auberge de jeunesse des Echandes.

2002 - rénovation du gymnase A. France.

2003 - chantier "soleil d'argent" place du Vigneron - chantier "Halesia" au Pont d'Unieux - Plaine de jeux.

2004 - inauguration à Côte Quart des nouveaux tennis couverts intercommunaux.

2005 - ré-ouverture de l'Auberge de jeunesse des Echandes.

- ascenseur (pour handicapés) de la Mairie.

- Aire commerciale de Leader Price au long de la voie rapide

- travaux sur la grande rue, suite.

 

Cela fait beaucoup de repères dans le passé d'Unieux, et pourtant on trouvera sûrement des lacunes. A de futurs érudits locaux de les détecter et de compléter cette liste établie pour le quarantième anniversaire de la nouvelle mairie.

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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 17:41

( cette fiche a été établie pour accompagner plusieurs visites guidées sur le thème des reconversions de sites industriels entre 2004 et 2007)



Memento sur la reconversion des friches industrielles au Chambon-Feugerolles et à La Ricamarie.CHA

 

La Ricamarie : 90 hectares de sites miniers reconvertis entre 1960 et 1980  



Au début, la politique des Houillères (HBCM), nationalisées depuis la guerre, fut d'aménager les sols libérés pour les céder à des entreprises qui s'engageraient à créer des emplois pour les mineurs. Trop contraignante, cette condition dut être assouplie. Dès 1971, il fut décidé d'admettre toute entreprise créatrice d'emplois et contribuant au renouvellement du tissu économique. On retiendra :

- l'implantation du Géant Casino en 1975 sur le site de Bel Air-La Béraudière, intéressant pour l'entreprise en raison : 1/ de l'héritage de "crassiers" à surface horizontale, convenant à l'accueil d'une grande surface commerciale et de ses parkings ; 2/ de la position, proche d'un carrefour de voies rapides périurbaines ; 3/ d'une aire de chalandise englobant Saint-Etienne.

- le parc d'activités du crêt de Mars (artisanat, commerces, hôtel) - mêmes avantages.

- la zone d'activités du Bayon-Béraudière, en contrebas du crassier du Géant Casino, et toujours dominée par un alignement de corons (habitat pour mineurs).

- les aménagements sportifs de Caintin, sur des terrains au sous-sol miné donc peu constructibles pour des installations lourdes ou de l'habitat.

- les petites zones artisanales de Caintin et de "La Mine".

Noter au passage le monument de 1989 commémorant la fusillade sanglante du Brûlé (1869).

-   Parc d'activités de Pigeot-Montrambert  

en partie à l'emplacement du Puits Pigeot, fermé en 1983, démoli en 1989-90. Entre 1980 et 1990, exploitation d'une profonde découverte, dans laquelle ont été enfouis les gravats de démolition du puits Pigeot et de la Centrale du Bec. Après le temps nécessaire à la stabilisation du terrain, l'aménagement est entrepris en 1999-2000 par la Communauté urbaine de S.E.M. Une voie rapide donne accès à la future zone industrielle et rejoint l'ancienne R.N. 88 au rond-point où est conservé à titre monumental l'ancien chevalement du puits du Marais.

Cet espace est aménagé selon le label "qualité Loire" (accès, réseaux, signalétique, espaces verts). Sur les 25 hectares, 15 sont disponibles, avec des parcelles entre 1700 et 50000 m2. Le reste : voieries et espaces verts replantés et en partie jardinés.

A noter à côté : le crassier Saint Pierre, exploité par une entreprise de travaux publics, et la petite cité des Combes, réalisée en 1922 par la Compagnie des Mines pour héberger des mineurs polonais. Ceux-ci, selon le contrat entre le gouvernement polonais la Compagnie des Mines, devaient rester à l'écart pour conserver leur langue et leur culture, en vue d'un retour au pays.

   Zone de Flottard-La Silardière au Chambon-Feugerolles.

 Après démolition de la cokerie en 1976 et fermeture du puits Flottard, abattu en 1983, reconversion commencée en 1981, après nécessaire raccordement à l'autoroute. Lotissement entièrement réoccupé dès 1987, dans des procédures n'impliquant pas à l'époque de réelles contraintes paysagères et environnementales. L'ancien château d'eau de la cokerie, occupé par des bureaux à côté de l'Hôtel de la Tour, constitue un repère majeur et sert de porte-enseigne à la commune.

 ZAC du Bec.

  50 hectares requalifiés à partir de 1992, autour du site de la centrale thermique (construite en 1950, démolie en 1986) et de celui de l'ancien puits Monterrad. 20 hectares ont été réservés aux voieries et aux aménagements paysagers, dont le plus remarquable est la coulée verte d'un hectare au long d'un ruisseau auquel on a rendu son aspect "naturel".

Se voulant exemplaire par rapport aux pratiques industrielles traditionnelles de la région, un idée conductrice a été que "l'environnement paysager d'un espace de production, c'est son faire-valoir". Le paysage n'est pas seulement un décor, c'est un cadre de travail, et une image essentielle qu'une entreprise donne d'elle-même. De plus les entreprises ont été aidées et conseillées pour leur image architecturale (car rien n'oblige à ce qu'un atelier de travail industriel soit laid). Elle ont dû s'engager à clôturer proprement leur terrain, à le verdir, à ne pas disposer en façade les installations inesthétiques (déchets, stocks, cuves, et même parking).

Une signalétique de qualité (et mise à jour) doit rendre clairs les parcours d'accès.

Parmi les entreprises installées, Dervaux, qui a de ce fait libéré de l'espace pour l'extension et l'embellissement du centre-ville.

  Le centre-ville du Chambon-Feugerolles

Après les premiers programmes de rénovation engagés au cours des années 70 (éradication de l'habitat insalubre, nouvel hôtel des postes et nouveau tribunal, piscine intercommunale...), a été entreprise la reconversion urbaine des sites industriels autrefois accolés au centre ville.

Le déménagement de Dervaux (cf. ci-dessus) en 1991 a permis un programme immobilier lancé en 1994, avec surfaces commerciales visant à renforcer la centralité. Les Ecrins offrent 51 logements avec parkings souterrains.

Rénovation de la Mairie achevée en 2000.

Le pôle de services, près de la gare, ouvert fin 2000. D'autres opérations ont suivi, par exemple des maisons de ville près de l'Ondaine.

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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 10:27
En 2003, ce document a été trouvé à la mairie d'Unieux au fond d'un tiroir que débarrassait une responsable municipale au moment de quitter son bureau pour partir en retraite.
Rendons hommage à la perspicacité de cette personne qui, en présence d'un document d'une dizaine de feuilles agrafées et très médiocrement ronéotypées, aurait pu jeter au panier une vieillerie oubliée et de peu d'intérêt. Au contraire, après un coup d'oeil sur la date et le titre, elle m'a immédiatement averti par téléphone.
Le document étant difficilement photocopiable en l'état, j'ai intégralement saisi son texte dans la copie que vous pourrez lire ci-dessous, immédiatement communiquée à la Société d'Histoire de Firminy et environs et installée sur le site du "réseau patrimoine". 
A cette copie de l'original, il manque néanmoins les plans cotés dont la photocopie ne serait pas satisfaisante car leur reproduction en 1935 avait été assez défectueuse ; d'autre part, leur format dépassant le standard 21x29,7, imposerait une réduction qui aggraverait les difficultés de lecture. A défaut, je joins la reproduction d'un document établi en 2004 par les services d'urbanisme d'EPURES pour une plaquette de présentation de la tour de trempe à l'occasion d'une visite

                                                           



PAGE DE COUVERTURE

 

S

Ame des ACIERIES et FORGES de FIRMINY

________________________________________

NOUVEAU FOUR ELECTRIQUE VERTICAL

DE 30 METRES

pour

TRAITEMENT THERMIQUE

des

GROSSES PIECES EN ACIERS SPECIAUX

----------------------------------------------

1935

____________________________________________________________________

TEXTE

 

SOCIETE ANONYME DES ACIERIES ET FORGES DE FRIMINY

AU CAPITAL DE VINGT ET UN MILLIONS

R.C . PARIS 255.530 B

USINES DE FIRMINY (Loire)

 

Nouvelle installation de trempe verticale pour arbres et pièces diverses de grande longueur (jusqu'à 30 mètres)

 

CHAPITRE I - CONCEPTION GENERALE

Le traitement thermique des grosses pièces de forge, dans la fabrication desquelles les Usines de FIRMINY sont spécialisées depuis plus de cinquante ans, est devenu peu à peu, avec l'emploi des aciers spéciaux qui s'est généralisé en même temps que les dimensions des dites pièces ne cessaient de croître, l'une des opérations les plus importantes et les plus délicates de la dite fabrication.

Les procédés de traitement thermique qui ont été employés de façon générale jusqu'ici pour les pièces forgées de grosses dimensions, sont devenus insuffisants à tous points de vue.

Le four de trempe verticale à gazogènes accolés construit en 1901 aux Usines de Firminy, et cependant modernisé à diverses reprises depuis cette époque, tout en ayant donné jusqu'ici des résultats équivalents à ceux généralement obtenus en fabrications similaires, n'a pu suffire aux exigences qui ont vu le jour ces dernières années.

Son remplacement par une installation entièrement nouvelle et susceptible de donner les garanties les plus complètes pour le traitement des pièces de forge les plus grosses actuellement envisagées a été décidé en août 1934.

Le programme alors adopté a été le suivant :

La nouvelle installation devra pouvoir assurer le traitement en position verticale des plus gros arbres de Marine, ou de machines terrestres (en particulier Rotors de Turbines à vapeur, de turbo-alternateurs, etc...), des collecteurs de chaudières à haute pression, des bouteilles ou capacités pour fluides comprimés à haute pression (et éventuellement à hautes températures de service) et de toutes pièces de grosses dimensions et de grande longueur par rapport à leur section transversale.

La position verticale des pièces longues pendant leur traitement thermique s'impose, pour réduire au strict minimum les déformations et, moyennant l'emploi de cycles thermiques appropriés, les tensions internes subsistant dans les pièces finies.

La trempe de ces pièces devra pouvoir être faite à toutes températures comprises entre 750 et 1000°, et être pratiquée soit à l'air, calme ou soufflé, soit au liquide : eau, huile, etc...

Le revenu en devra pouvoir être pratiqué à toutes températures entre 200 et 700°.

Les cycles de montée en température, maintien et descente, devront pouvoir être aussi lents et aussi rapides que désirable, et être cependant, dans tous les cas, suivis avec une précision rigoureuse.

La régularité de la température en tous points de la pièce devra être parfaite.

L'atmosphère du four devra pouvoir être maintenue neutre pour éviter absolument la recarburation, la décarburation et même la calamine superficielle.

L'étude aussitôt entreprise dans ces conditions a montré que le seul type de four susceptible de réaliser complètement un tel programme est le four électrique à résistances.

Les Usines de FIRMINY avaient d'ailleurs adopté ce type de four pour le traitement des petites pièces, et en particulier les éprouvettes d'essais, depuis plus de trente ans, et avaient commencé à l'employer pour des pièces de plus en plus grosses depuis une dizaine d'années ; la dernière et la plus importante réalisation faite avant la nouvelle installation en cause étant celle d'un four vertical pour pièces de 10 m de longueur jusqu'à 1 m de diamètre, d'une puissance équipée de 800 KW.

 

En se basant sur ces réalisations diverses d'importance progressivement croissante, il semblait de prime abord possible, sans trop de risques, de tracer, puis de réaliser un four de dimensions suffisantes pour le programme des plus grosses pièces à tremper verticalement.

Les dimensions finalement adoptées ont été celles ci-dessous :

diamètre maximum : 1m60

Longueur maximum uitile de la pièce finie 30 m soit 31 m à traiter avec les surlongueurs d'essais

Poids maximum à traiter : 70 tonnes.

 

Le four a été prévu complètement enterré, pour permettre de le loger dans une enveloppe entièrement circulaire, forme qui assure les plus grandes facilités pour une parfaite calorifugation, et la plus grande indéformabilité à l'usage.

Cette disposition oblige toutefois à construire le four entièrement en dessous du sol, dans un puits de la profondeur voulue, et elle impose un appareil de levage à grande vitesse, pour permettre une sortie suffisamment rapide de la pièce au moment de la trempe.

La suppression de la porte latérale régnant sur toute la hauteur du four, qui existait dans les anciennes installations à gazogènes, compense et au-delà, les obligations précédentes

Tout naturellement, le four étant placé dans un puits, on a prévu la trempe au liquide dans un deuxième puits situé aussi près que possible du premier. Les 2 puits ont dû être prévus entièrement étanches pour éviter toute infiltration tant du côté du four que dans le puits de trempe qui est destiné au double usage ci-dessous :

a) trempe au liquide : à l'eau directement, avec possibilité d'injection sous pression dans l'alésage des pièces creuses ; à l'huile par adjonction d'une bâche cylindrique immergée dans l'axe du puits.

b) frettage à chaud : les opérations de frettage à chaud en position verticale qui sont assez fréquentes (en particulier la pose des chemises en bronze sur les arbres porte hélices) seront exécutées également dans le puits de trempe, dont l'eau peut être vidée par une pompe spéciale.

 

Le poids total maximum des pièces à manipuler après frettage à chaud a été fixé à 150 tonnes, ce qui achève de définir les caractéristiques du treuil de levage.

Les chapitres suivants précisent comment ont été réalisées, pour répondre au programme ci-dessus, les 4 parties principales qui constituent cette installation : puits, four et son appareillage, charpente, treuil.

 

CHAPITRE 2 - PUITS POUR FOUR ET PUITS DE TREMPE.

 

Ces puits ont chacun un diamètre intérieur maximum de 5,50 m, une profondeur de 35 m, et sont espacés de 6 m 200 de centre en centre.

Par suite de ce faible écartement le fonçage des 2 puits a été fait en un seul trou et entièrement dans le rocher, sauf pour les quelques premiers mètres en terrain rapporté.

L'étanchéité des puits a été obtenue par une chemise en tôle d'acier semi-inoxydable au cuivre molybdène, d'une épaisseur de 3 mm 5. A l'intérieur de cette chemise on a coulé du béton de ciment et gravier (dosage 350 k dans les parties basses et 300 k ensuite) sur une épaisseur de 250 mm ; entre la chemise et le rocher on a coulé du béton maigre de ciment sur une épaisseur de 350 mm.

Un sommier en béton armé a été établi sur ce fond pour lui permettre de résister à une poussée totale de 1000 tonnes environ susceptible de se produire sous l'effet des eaux du sous-sol.

Chaque virole cylindrique de la chemise a été soudée à côté des puits, au jour, et descendue ensuite à l'aide d'un treuil de façon à n'avoir à souder dans les puits que les joints circulaires de raccord.

L'exécution des 2300 m3 de fouilles en grande partie dans le rocher compact a nécessité 260 k de dynamite ; les burins pneumatiques et les pompes d'épuisement ont absorbé une puissance totale de 360 000 KWh.

Pour l'étanchéité des puits on a employé 900 m3 de béton de ciment et gravier et 37 tonnes de tôle d'acier semi-oxydable.

 

Puits de trempe et de frettage

 

L'eau de ce puits peut être vidée rapidement par une pompe spéciale. Deux planchers amovibles pouvant recevoir une charge de 150 T viennent se placer sur les recoupes du puits.

Un plancher de travail mobile dessert la partie supérieure du puits sur une hauteur de 20 mètres environ. Ce plancher peut recevoir une surcharge de 800 K, il est suspendu par 4 câbles s'enroulant sur les tambours d'un treuil électrique situé dans une fosse recouverte d'un dallage, les attaches des câbles ont été prévues pour un enlèvement et un remontage rapides du plancher entre les opérations de frettage et de trempe.

Pour la trempe des pièces creuses il a été installé un appareil pour l'injection d'eau sous pression dans l'alésage ; cet appareil peut occuper une position quelconque dans l'axe du puits selon la longueur des pièces à traiter.

Afin de protéger le fond du puits contre la chute éventuelle d'une pièce, on a prévu un matelas de bois de forte épaisseur.

Le fonçage et les maçonneries des puits ont été exécutés par l'entreprise DRAMAIS de Saint-Etienne ; le façonnage et la soudure des chemises en tôle ont été faits par la Soudure Autogène Française.

 

CHAPITRE III - FOUR ELECTRIQUE, SON APPAREILLAGE, SA PYROMETRIE.

 

 

Construction du four.

Le four est situé au centre du puits de 5m500 de diamètre, il a une hauteur de 35 mètres, la partie supérieure affleurant sensiblement le sol de l'atelier ; son diamètre extérieur est de 3m100 sauf à la partie supérieure où il a été porté à 3m800 pour loger l'étrier de suspension. Le diamètre utile est de 1m750 et la hauteur utile de 32 m.

Les maçonneries sont logées à l'intérieur d'une enveloppe en tôle de 8 à 10 mm d'épaaisseur en trois tronçons avec joints de dilatation ; la partie inférieure de l'enveloppe est étanche à l'eau.

Les pièces à chauffer sont suspendues dans le four par un fort étrier en acier, qui repose sur un sommier en acier moulé couronnant la partie supérieure utile de four.

Le four est divisé en 14 zones de chauffage séparées par un couronnement en briques réfractaires, supporté en partie par des piles en brique qui servent également à protéger les éléments chauffants contre les chocs éventuels pendant les manoeuvres d'entrée et de sortie des pièces. Un plafond mobile étanche vient limiter le nombre de zones à chauffer suivant les longueurs des pièces à traiter.

Dans chaque zone il a été prévu :

- un regard avec glace en quartz permettant de voir à l'intérieur du four

- deux cannes pyrométriques chromel-alumel (1), une pour le régulateur automatique de température, l'autre pour l'enregistreur.

Ces appareils, ainsi que les sorties des éléments chauffants avec leurs connexions et amenées de courant, sont groupés sur une même génératrice à l'extérieur de l'enveloppe en tôle. Un ascenseur de 500 k de charge se déplaçant le long de cette génératrice entre la paroi intérieure du puits et le four facilite la visite rapide des principaux organes.

Pour accélérer le refroidissement du four entre les opérations de trempe et de revenu, des ouvertures fermées par des bouchons étanches ont été prévues sur différents points. Un ventilateur peut souffler de l'air froid dans ces ouvertures à l'aide de tuyères mobiles ; pendant les dernières heures de chauffage, il assure également le refroidissement de l'air autour du four pour permettre la visite des organes dans de bonnes conditions à l'aide de l'ascenseur. Les ouvertures de refroidissement sont desservies par des passerelles en tôle perforée.

Les éléments chauffants sont constitués par des rubans en notre alliage nickel-chrome NYS laminés à froid d'une seule longueur et pliés en accordéon ; ils sont alimentés par du courant triphasé à 220 volts. Chaque zone en possède trois, un par phase, montés en triangle et absorbant 150 KWH ; l'intensité admise dans chaque élément est de 227 ampères.

Les amenées de courant ainsi que les connexions du montage triangle sont faites par des barres en cuivre de 40 mm x 5 mm.

Les éléments chauffants sont portés par des supports en réfractaire de forme spéciale. Ces supports sont maintenus par des tiges en alliage réfractaire (Nichrofy).

Les maçonneries du four ont nécessité 27500 briques silico-alumineuses de 60 formes différentes et 56 m3 de Kieselguhr (2) calciné. Malgré la précision demandée et les difficultés que présentaient l'exécution de ces maçonneries, il a suffi d'un délai de sept semaines pour mener à bien ce travail.

L'ascenseur de 500 k. ainsi que le plancher du puits de trempe ont été construits par la maison BERLIAT de Grenoble.

 

Appareillage électrique de pyrométrie

Tout l'appareillage électrique est groupé dans un appentis avec rez-de-chaussée et un étage, adossé au bâtiment principal.

Au rez-de-chaussée, les tableaux de commande et de contrôle pyrométrique ; les transformateurs.

Au 1er étage : les cellules de l'appareillage haute tension et le tableau portant les contacteurs automatiques.

Le four divisé en 14 zones de 150 kW plus la partie supérieure de 50 KW. La puissance absorbée peut atteindre 2.150 KW.

La construction du four permet son utilisation sur tout ou partie de la hauteur : la puissance utilisée peut donc être inférieure à la puissance installée ; pour cette raison ainsi que pour des considérations de sécurité on a adopté une distribution fractionnée par 5 transformateurs qui donnent une grande souplesse à l'installation.

 

Caractéristiques des transformateurs :

- puissance : 550 KVA

- tension au primaire : 5700 volts

- tension au secondaire 220 volts + - 5 % + - 10 %

Les transformateurs ont été munis de commutateurs manoeuvrables hors tension et qui permettent de faire varier la tension de + ou - 5% ou de + ou - 10%

Chacun de ces transformateurs alimente 3 zones du four.

 

Le tableau de commande comprend :

1 panneau portant un wattmètre enregistreur, un compteur, un voltmètre et 2 ampèremètres pour la haute tension.

5 panneaux de commande des transformateurs portant en schéma lumineux l'indication des zones commandées et en travail, la commande à distance des disjoncteurs, les voltmètres et ampèremètres pour chaque transformateur.

 

Le tableau faisant suite porte les appareils de contrôle pyrométrique. Il comprend :

1 panneau portant l'enregistreur de température sur lequel sont connectés les couples chromel-alumel (un pour chaque zone) ; il permet de suivre avec précision toutes les variations de température dans le four.

3 panneaux portant les régulateurs de température du type potentiométrique à plusieurs directions ; ils reçoivent les conducteurs des couples chromel-alumel venant de chaque zon. Ces régulateurs portent 2 cadrans, un pour les températures jusqu'à 500°, l'autre jusqu'à 1000° ; ils agisse à l'aide d'un relais sur les contacteurs.

Pour éviter l'action des chocs mécaniques causés par les manoeuvres des 15 contacteurs sur les appareils de contrôle, les panneaux portant ces contacteurs ont été placés au premier étage au-dessus des transformateurs.

Le courant haute tension est distribué par les barres omnibus aux cellules des disjoncteurs et des transformateurs de tension et d'intensité situés également au premier étage au-dessus du tableau de commande.

Le courant à 220 volts est envoyé des contacteurs au four par 14 câbles armés triphasés de 200mm2 x 3.

(ci joint le schéma de l'appareillage électrique d'une zone)

Les transformateurs ont été fournis par la société Savoisienne ; les contacteurs par la société Alsthom, l'appareillage haute tension par la société Merlin et Gerin, les régulateurs et l'enregistreur de température sont du type Leeds et Northrup construits per M.E.C.I.

 

CHAPITRE IV - CHARPENTE SUPPORTANT LE TREUIL ET ABRITANT L'INSTALLATION

 

Cette charpente est constituée par une tour rectangulaire de 10 mètres de largeur, 25 mètres de longueur et 53 mètres de hauteur totale. Elle est orientée perpendiculairement à une halle de 25 mètres de largeur dont elle prolonge les façades et les chemins de roulement du pont de 70 tonnes existant.

L'ossature métallique de la tour est composée de 4 piliers principaux fortement entretoisés et contreventés sur lesquels viennent prendre appui les chemins de roulement du pont de 70 tonnes situés à 12 mètres du sol, du pont auxiliaire de 20 tonnes à 25 mètres du sol et enfin du pont de 150 tonnes à 43 mètres du sol.

La stabilité de la construction a été étudiée non seulement sous l'action des efforts horizontaux des ponts roulants agissant dans les conditions les plus défavorables mais encore sous l'action simultanée d'un vent horizontal donnant une pression de 150 K par mètre carré sur la paroi frappée et une dépression de 50 K par mètre carré sur la façade opposée à sa direction.

Tous ces efforts sont reportés aux pieds des poteaux par les divers systèmes de contreventements clairement visibles sur les photos.

Cette disposition permet de ne transmettre aux massifs de fondations que des réactions verticales et horizontales à l'exclusion de tout effort tendant au renversement de ces massifs. La charge verticale maximum supportée par chaque massif peut atteindre 490 tonnes

Ces massifs ont été exécutés en béton de ciment, ils ont 3 x 3 m de côté et 6 m de profondeur environ

Le cas considéré donnant les efforts maxima est celui produit par le vent sur les longs pans avec les réactions du treuil de 150 tonnes seul en fonctionnement.

Afin de diminuer le plus possible la flèche des poutres de roulement de 25 mètres de portée, sur lesquelles circule le pont roulant de 150 tonnes, celles-ci ont été établies avec une hauteur correspondant sensiblement au 1/10 de leur portée. Dans le sens vertical, elles sont indépendantes de l'ossature de la tour, de façon à n'entraîner aucune déformation dans les éléments de cette dernière. Dans le sens horizontal, elles ont été rendues solidaires des poutres au vent, au moyen de barettes de liaison horizontales, articulées à leurs extrémités.

Dans le but de réaliser une construction aussi légère que possible, présentant néanmoins toute garantie au point de vue solidité et durée, l'ossature principale ainsi que toutes pièces dont le taux de travail est supérieur à 13 kg par mm2 ont été exécutées en acier spécial à haute résistance chromo-cuivre donnant R = 54 kgs avec emploi de rivets et boulons en acier AC 50. Le taux de travail maximum pour les pièces en acier spécial a été fixé à 18k500 par mm2.

Pour les parois et la toiture, il a été fait usage de tôles ondulées galvanisées en acier semi-inoxydable au chrome cuivre qualité MARTIN. Afin d'obtenir un supplément de protection à la corrosion ces tôles ont été goudronnées à chaud avant mise en place.

Cette charpente a été construite par les Constructions Métalliques et Entreprises Générales à Lyon. Son poids total est de 400 tonnes.

 

CHAPITRE V - PONT ROULANT DE 150 TONNES

 

 

Cet appareil a été conçu pour assurer à la fois les opérations de trempe et de frettage des pièces très longues. Les opérations de trempe exigent une grande vitesse de levage pour sortir rapidement la pièce du four électrique et une vitesse d'affalage plus grande encore pour l'immersion de la pièce dans l'eau ou l'huile du puits.

Les opérations de frettage demandant une grande précision, une vitesse très lente (0m500 à la minute) est nécessaire pour les mouvements de levage, d'affalage et de translation. Ces conditions ont été remplies par l'alimentation des moteurs de levage et de translation à l'aide d'un groupe Léonard.

Caractéristiques du Pont roulant

 

:

- Mouvement de levage.

Charge maximum au crochet ...........................................................150 tonnes

Vitesse de levage sous charge de 150 T. ..........................................6 m. minute

" " " à vide .............................................................14m,50 "

" " " graduelle de 6 à 14m,5 pour charges < 150 T

Vitesse d'affalage rapide ................................................................60m. minute

charge maximum pour affalage rapide ..............................................70 tonnes

course verticale du crochet ..............................................................60 mètres

- mouvement de translation

vitesse max avec charge de 150 T....................................................12 m. minute

course .............................................................................................20 m.

- mouvement de direction

vitesse ............................................................................................0m500 minute

course..............................................................................................0m500 minute

 

La particularité de l'engin réside dans le mécanisme de treuil avec train planétaire qui permet d'obtenir l'affalage rapide de la charge par simple gravité, grâce à l'action d'un frein mécanique à autorégulation centrifuge et sans qu'il soit besoin de désolidariser les tambours du mécanisme d'entraînement électrique.

Le mouvement d'affalage est obtenu par simple desserrage du frein effectué à distance par l'intermédiaire d'un vérin électrohydraulique. L'arrêt de l'affalage rapide peut être obtenu soit automatiquement par un dispositif réglable de déclanchement à vis, soit à la main par simple appui sur un bouton poussoir commandant un électro-aimant.

Le frein d'affalage situé dans le carter du réducteur de vitesse est du type à sabots multiples, le reforidissement du tambour est obtenu par barbottage et arrosage par pompe.

Les différents organes de commande et les appareils de mesure sont centralisés sur une plateforme de manoeuvre adossée au pignon du bâtiment à 5 mètres au-dessus du sol. Un transmetteur de position à rampe lumineuse situe le pont sur la voie de roulement en face du four et du puits de trempe, favorisant ainsi la précision et la rapidité des manoeuvres.

La vitesse instantanée de la charge est mesurée par une dynamo tachymétrique entraînée par le mécanisme réducteur. Des cadrans indicateurs sont installés sur la plateforme de manoeuvre et sur la plateforme du treuil, d'où il est possible d'actionner un frein de secours.

Comme nous l'avons dit plus haut, les moteurs de levage et de translation sont alimentés par un groupe convertisseur Léonard dont le moteur de 400 CV est alimenté par un courant triphasé à 5700 volts - 50 périodes et tourne à 1455 tours-minute. La génératrice est à courant continu sous 0 à 460 volts ; excitation sous courant continu de l'usine à 220 volts. Ce même courant alimente les appareils auxiliaires (vérins, freins électro-magnétiques ainsi que le moteur du mouvement de direction).

La commande électrique est assurée par un combinateur à crans multiples actionné à la main. Ce combinateur contrôle les contacteurs des circuits de puissance et règle le sens de l'intensité du courant d'excitation des moteurs et de la génératrice par insertion de résistance rhéostatique.

Un commutateur à deux positions permet de passer sur l'un ou l'autre mouvement.

Les moteurs des mouvements de levage et de translation sont du type blindé réversible à excitation séparée sous 220 volts. Le moteur de levage a une puissance de 330 CV à 750 tours, celui de translation est de 20 CV à 750 tm.

L'alimentation par groupe Léonard donne beaucoup de souplesse à la commande électrique. La vitesse des moteurs est réglable de + - 80 tours minute à + - 750 t.m. par variation de 0 à 460 volts de la tension d'alimentation à couple constant et de + - 750 t.m. à + - 1800 t.m. par diminution graduelle du champ moteur et couple décroissant pour manutention des charges inférieures à 150 tonnes.

Ce pont roulant a été construit par la société APPLEVAGE.

Cet important ensemble de travaux commencé fin octobre 1934, après environ 3 mois d'études préliminaires a été achevé fin septembre 1935 soit en 11 mois.

Plusieurs traitements, recuits et trempes de diverses grosses pièces ont été effectués depuis, en particulier celui d'un "tube chaud" pour la fabrication des Essences Synthétiques, dont le poids à ce moment dépassait 40 tonnes.

Toutes ces opérations ont permis de reconnaître que le fonctioneement de toutes les parties de l'installation ci-dessus décrite est rigoureusement correct et que le programme pour lequel elle avait été conçue est complètement rempli.

 

ACIERIES FIRMINY

____________________________________________________________________

(1) chromel : nom commercial d'un alliage nickel+10 à 20 % de chrome pour constituer avec l'alliage alumel (nickel +2% d'aluminium, 2% de manganèse et 1% de silicium, résistant à la corrosion oxydante) les couples thermo-électriques couramment employés pour mesurer les températures entre 500 et 1100 ° .

(2) kieselguhr : variété de silice pulvérulente (provenance géologique : diatomées, fossiles constitués de de microscopique coquilles siliceuses, de faible densité et capable d'absorber de grandes quantités de liquide).



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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 10:18

Découvrir Unieux, ville de rencontre avec la nature.

 "Unieux, vous voyez ? - Ah ! cette rue interminable entre Firminy et les gorges de la Loire ! - Mais encore ? - Vous savez, quand on y passe, c'est qu'on est pressé de quitter la ville, d'aller se mettre au vert. Et au retour, rien à voir, rien à y faire. En plus, depuis quelques années, avec la nouvelle déviation, on passe encore plus vite..."

Imaginaire, un tel dialogue ? Pas si sûr. En traversant Unieux, beaucoup n'y voient qu'une banlieue tentaculaire de Firminy. Et arrivé au bord de la Loire, on a l'impression d'avoir laissé Unieux derrière soi, alors qu'on y est encore, côté "nature".

Présenter Unieux, c'est donc s'intéresser aux deux visages de son territoire, le vert et l'urbain.

 1 - Unieux côté nature : les gorges de la Loire et leurs abords.

Au sortir des villes de l'agglomération stéphanoise, c'est presque sans transition qu'on découvre l'environnement des gorges de la Loire. Brusquement, les vigoureuses pentes boisées encadrent les perspectives ouvertes par le fleuve. Mieux, on entre dans un site classé, et bientôt dans la réserve naturelle volontaire qui s'étend jusqu'au barrage de Grangent, où  l'impact humain est limité et contrôlé. L'étroit goulet par lequel l'Ondaine va confluer avec la Loire isole la curieuse "presqu'île" des Echandes, dont l'ancien hameau aménagé en auberge de jeunesse héberge visiteurs et touristes.

Dominé par le haut pylône du pont suspendu reconstruit en 1989 (le "pont du bicentenaire", annoncé en son temps comme un avant-modèle du pont de Normandie), le site du Pertuiset vous accueille, avec sa charge d'histoire. Jadis s'échelonnaient en effet le long de l'Ondaine des ateliers utilisant la force de la rivière : fenderie, moulins, moulinage, scierie. Passé le confluent, le port de la Noirie (noyé depuis 1957 par la retenue du barrage de Grangent ) servit à l'embarquement du charbon sur les célèbres Rambertes, avant l'avènement du chemin de fer. Après le percement du tunnel conduisant au premier pont suspendu lancé sur la Loire en 1842 (l'un des tout premiers en France, que dessina Jules Verne), l'attrait des rives du fleuve, accessibles par la nouvelle route, plus tard par le train (la ligne arriva en 1866) et finalement par le tramway (électrifié en 1906), engendra une floraison de cafés-restaurants et d'hôtels, dont la clientèle stéphanoise ne fut pas la moindre.

Si les berges noyées du fleuve n'ont plus l'attrait d'antan, les cafés et restaurants sont toujours là, près du viaduc jadis emprunté par les trains reliant Firminy à Saint-Just sur Loire, avant que la ligne disparaisse dans le lac.

Non loin, le "moulin de la Fenderie" est le dernier témoin des industries passées. Dans cette modeste minoterie, entraînée par une turbine jusqu'à la fermeture en 1991, la machinerie du 20ème siècle reste intacte : une curiosité pédagogique et touristique pour les visiteurs peu au courant de la mouture industrielle pratiquée depuis la fin du 19ème siècle avec des machines à cylindres, au lieu des meules traditionnelles des moulins ruraux.

Au sortir du bourg d'Unieux, il faut aussi découvrir la piste forestière piétonne du Dorier, aménagée en 1992 pour prévenir des incendies de broussailles tels que celui de 1984. Encadrés par leurs maîtres et par des forestiers, les enfants des écoles y ont plusieurs fois planté des arbres, pour reconstituer des morceaux de forêt. En balcon sur le lac de Grangent, cette confortable et magnifique promenade peut se prolonger sur plusieurs kilomètres, jusqu'à Saint Victor. D'où une réputation qui dépasse le cadre local, puisqu'elle attire souvent de lointains clubs de randonneurs. De là, d'amples vues panoramiques sont à découvrir si l'on gravit le sommet du Dorier (650-680 mètres). C'est plus difficilement qu'on accède plus à l'est, au profond ravin de l'Egotay, un morceau peu connu et à peine fréquenté de nature quasi sauvage.

On trouvera plus facilement, lové dans un vallon évasé, le dynamique centre équestre d'Unieux, synthèse de l'environnement rural et du loisir urbain. 

 2 - Unieux, côté ville.

C'est le cadre de vie des 8500 Unieutaires.
Si l'on en croit les conclusions d'un diagnostic social réalisé en 2004, résumé dans le bulletin municipal de janvier 2005, la plupart semblent apprécier l'environnement de leur commune, ses équipements, ses services publics et les commerces de proximité. L'impression globale est qu'on se sent bien à Unieux. Mais d'un quartier à l'autre, les avis apparaissent plus nuancés, et cela peut se comprendre si l'on s'intéresse quelque peu à leur histoire.

 - Le bourg est l'ancien centre, le village qui donna son nom à la commune lorsqu'elle a été créée en 1794 pour ses 786 habitants. Village don les fondateurs avaient bien choisi le site : sur une colline à portée de marche de la plaine de l'Ondaine, loin des risques d'inondations, et en bordure du plateau agricole et vallonné qui s'abaisse peu à peu depuis Roche la Molière. Surtout, à 475 mètres, exposé au sud et à l'abri du massif du Dorier, il jouissait d'un microclimat (toujours apprécié) qui a valu à cette partie d'Unieux le qualificatif de "perle de l'Ondaine" ou de "petit Nice", avec son ciel souvent lumineux capable de faire fructifier des vignes !

Las de payer pour restaurer l'église de Firminy, leur ancienne paroisse, les villageois décidèrent en 1828 d'en construire une. Suivirent les écoles, dont la mairie-école en 1852 (le bâtiment reconverti en habitations existe toujours).

Malgré sa position à l'écart des itinéraires qui se sont perfectionnés au fil du siècle dans la vallée, le bourg demeura le chef-lieu des multiples hameaux dispersés dans les collines, nommés sur la célèbre carte de Cassini de la fin du 18ème siècle : la Ronzière, l'Hôpital (du nom de l'ancien domaine des hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, lieu d'accueil des pélerins vers Le Puy et Saint Jean de Compostelle), Triolière, Les Planches etc...

Mais sa centralité se trouva confrontée dès le 19ème siècle à l'éclosion de nouveaux quartiers autour des usines métallurgiques. Ainsi, en 1886,  le local dans lequel les propriétaires de l'aciérie Holtzer installèrent le premier bureau de poste de la commune était à côté de l'usine, non de la mairie. 

- Loin du bourg, de nouveaux quartiers industriels.

Sur le plan urbain, l'industrialisation est à l'origine de la déroutante structure multipolaire du territoire communal, un héritage encore sensible dans la mesure où bien souvent les quartiers se connaissent mal les uns les autres, comme l'ont observé les enquêteurs du diagnostic évoqué plus haut..

Autour de l'aciérie Holtzer.
Venu d'Alsace, Jacob Holtzer installe en 1829 son première établissement métallurgique sur un bief de l'Ondaine. Un site bien repérable, puisque l'immeuble originel d'habitation et de bureaux est toujours là, avec sa belle et sobre architecture datée de 1833 par une inscription gravée sur le linteau de la porte d'entrée. Très vite renommée pour ses aciers à outils, l'usine prospère et recrute des ouvriers, parfois jusqu'en Alsace pour les plus qualifiés. Ainsi se développe le quartier du Vigneron
, à distance de marche à pied du lieu de travail. On peut encore lire dans le paysage la hiérarchie sociale de cette époque : en haut, dans son parc dominant la plaine, symbole du pouvoir et de la réussite, le "château" achevé en 1864 ; à l'écart, dans leurs jardins le long de l'Ondaine, des demeures d'ingénieurs ou de contremaîtres ; aux portes de l'usine, les "casernes" ouvrières, dont celle de 1861 (date gravée sur le porche d'entrée), la mieux conçue, a échappé aux démolitions et reste toujours habitée après avoir mérité plusieurs restaurations. N'oublions pas qu'il eut aussi au voisinage les tristes taudis observés par Emile Zola en 1900 enquêtant pour son roman "Travail".

Au 20ème siècle, la rue principale du quartier, jalonnée de commerces et desservie par le tramway (Firminy-Le Pertuiset), a été un axe d'extension urbaine linéaire en direction du bourg.

Près des aciéries de Firminy
D'autres quartiers, Sampicot, Côte-Quart, Combe Blanche
, se sont constitués aux limites sud du territoire municipal, en rapport avec les Aciéries de Firminy créées en 1853 par Félix Verdié. Relativement séparés du reste de la commune, ces lieux d'habitations ouvrières pauvrement bâties (voir encore Zola !) ont eu leur vie propre, leurs commerces, leurs multiples cafés, une école en 1888, un lavoir municipal en 1922, l'église paroissiale en 1950. La Municipalité y a développé à partir de 1961 le "Centre urbain" culturel et sportif de Côte Quart, autant destiné à l'épanouissement de la vie locale qu'à servir à tous les Unieutaires, comme cela a été le cas des tennis couverts inaugurés en 2004.

Isolé au nord-est du territoire, la Croix de Marlet est un autre quartier à tendance centrifuge, développé en rapport avec les mines de Roche la Molière toutes proches. Situé sur la ligne d'autobus reliant Firminy à Roche la Molière, aucun transport en commun ne le joint au reste de la commune.

- Les nouvelles extensions urbaines au cours du dernier demi-siècle.
C'est le temps des HLM et des extensions pavillonnaires. De classiques barres
de logements HLM accompagnent la croissance démographique de l'après-guerre et contribuent à remplacer de trop nombreuses habitations insalubres. Mais on sut éviter à Unieux de trop concentrer ces nouvelles constructions, la municipalité veillant à ce qu'elles soient réparties au plus près des quartiers et des équipements scolaires existants .

Une exception, le Val Ronzière, un quartier de 271 logements HLM créé de toutes pièces entre 1965 et 1971 à l'écart du bourg et des vieux sites industriels, avec ses écoles, son centre social, sans pour autant réussir à fixer des commerces de proximité.

Enfin, à partir des années 80 enfin, l'accélération des emprises pavillonnaires, déferlant d'abord sur les versants tournés vers la vallée avant de déborder de façon plus sporadique sur les plateaux, a contribué à garnir des intervalles vacants entre les quartiers.

Bilan
Pour donner la mesure du renouvellement immobilier, notons qu'au recensement de 1999, 75 % des 3600 logements étaient postérieurs à 1945 (département : 62 %). A parcourir les collines où se poursuit la conquête pavillonnaire, on imagine que ce pourcentage est aujourd'hui dépassé. Notons aussi qu'Unieux est l'une des rares communes de l'agglomération stéphanoise qui ait enregistré une augmentation de sa population au recensement de 1999.
 

.Afin de donner plus de cohérence urbaine à un ensemble encore désarticulé, le plan d'urbanisme des années 60 préconisait la réalisation d'un continuum bâti, tout en préservant sur les plateaux et collines de la partie orientale du territoire une bonne part d'espaces ruraux. C'est à peu près ce qui s'est fait au fil des ans, de Sampicot au Pertuiset en passant par le bourg et le Val Ronzière, sans toutefois empêcher ailleurs l'amorce d'un certain "mitage" résidentiel.

La quête d'un centre : en 1964, un nouveau site pour un Hôtel de ville moderne.
Le choix municipal se porta sur un lieu mieux situé que l'ancien bourg, tenant compte de la configuration urbaine envisagée et du futur centre de gravité du peuplement. La meilleure accessibilité joua donc en faveur d'un emplacement sur la principale artère de la circulation communale (Vigneron-Le Pertuiset).

C'est donc un hôtel de ville d'architecture résolument moderne qui a été réalisé, ce qui lui a valu d'être inscrit 2004 au titre du patrimoine du 20ème siècle. Autour de ce symbole quelque peu futuriste dans son allure corbuséenne, on souhaitait que se cristallise au fil du temps un nouveau centre ville, groupant les fonctions administratives essentielles, les principaux services, et des commerces. Vocation confortée avec les réalisations de l'Hôtel des postes (1966), du collège d'enseignement secondaire (1969), du gymnase Anatole France (1973), de la bibliothèque municipale et du CLAJ (animation jeunesse,1982). Il faut reconnaître qu'à ce jour, les services publics contribuent plus à la nouvelle centralité que les commerces, mais cela se comprend en raison des difficultés du commerce de détail. En outre, on sait que certaines évolutions urbaines demandent du temps.

Enfin, la question de la centralité a changé d'échelle avec le traitement urbain d'une désindustrialisation qui n'était pas prévue à l'origine.

 3 - La récupération urbaine des friches industrielles.

Le désengagement de Creusot-Loire, repreneur final des anciennes aciéries, a débuté en 1977 avec la vente du château Holtzer à une communauté religieuse, au grand dam de la municipalité trop impécunieuse pour l'acquérir, et dépitée de ne pas pouvoir transformer le parc en promenade publique. En 1990-91, les bulldozers rasent l'essentiel du site métallurgique Holtzer, à l'exception de quelques ateliers et de la zone des bureaux aménagée pour l'accueil d'activités tertiaires. Une nouvelle voie rapide départementale a pu être ouverte à travers les friches à la fin des années 90, soulageant l'artère centrale d'une circulation qui devenait insupportable après l'ouverture du nouveau pont du Pertuiset aux poids lourds. De part et d'autre, de nouveaux espaces ont été lotis à des établissements commerciaux (une petite partie reste encore en friche).

Surtout, la Municipalité a disposé d'espaces pour de nouveaux immeubles d'habitation, et pour créer la belle place du Vigneron, qui semble inspirée de celle de Sienne. Une naissance de Vénus, du sculpteur Albert Louis Chanut, en acier inoxydable offert par Ugine-Inox (établissement unieutaire situé dans les anciennes Aciéries de Firminy, aujourd'hui détenu par Arcelor-Mittal) orne symboliquement la fontaine de Guy Lartigue. De plus, à deux pas du "centre ville", un vaste espace de loisirs et de verdure est venu compléter le stade Buffard. Enfin, depuis 2007, une nouvelle et belle médiathèque a été construite sur une rue ouverte entre la voie rapide et l'ancienne rue principale. Tout cet ensemble paraît donc conçu pour faire désormais partie du "centre ville" initialement imaginé, mais encore assez confusément perçu, tant par les Unieutaires que par ceux qui transitent par l'ancienne route ou la voie rapide.

 

 4 - Environnement, culture et patrimoine.

Une nouvelle urbanité ne se conçoit guère sans un contexte environnemental, culturel et, si possible, patrimonial. -

L'Ondaine retrouvée

Dépassant les capacités d'initiative communale, la pollution de l'Ondaine était un grave problème, et source constante d'odeurs nauséabondes. La station d'épuration du Pertuiset (1974-77) a d'abord été destinée à traiter les eaux avant leur rejet dans le lac de Grangent. Pour qu'elle ne déshonore pas le site et ne rebute pas les promeneurs, les bâtiments techniques ont été conçus dans le style des constructions régionales, et un strict avec un cahier de charges a imposé l'élimination absolue des odeurs. Au passage le long de la station, des panneaux illustrés renseignent sur son fonctionnement.

Mais il a fallu attendre la mise en service d'un collecteur dans toute la vallée, en 1994, pour que l'Ondaine cesse d'être un malodorant égout à ciel ouvert. Dès lors, les truites absentes depuis belle lurette sont de retour.. 

 

L'animation culturelle.
Impossible de détailler ici les initiatives culturelles et sportives Unieutaires, sous l'impulsion de la Municipalité et de nombreuses associations. Le fait le plus marquant par son prestige est le festival des lauréats de la Fondation Cziffra, lancé en 1994, qui renouvelle à chaque printemps des prestations musicales exceptionnelles. Mais il faudrait aussi évoquer, dans des locaux accueillants, des expositions très appréciées comme clles des artistes locaux, Enfin le cinéma de Côte Quart (le Quarto) projette confortablement les films à la mode et propose occasionnellement un florilège de spectacles.
 

 

Et le patrimoine ?
Le classement de l'Hôtel de ville a ravivé la question du patrimoine, d'autant que tout près se situe l'ensemble Le Corbusier de Firminy, promis à un classement par l'UNESCO dans le patrimoine de l'humanité, et dont l'église, depuis son inauguration en 2006, est devenue un pôle important d'attraction culturelle et touristique.

Il serait faux de penser qu'en dehors de l'Hôtel de ville, il n'existe rien à Unieux. On peut considérer les témoins de la brillante histoire métallurgique initiée par Holtzer, dont les aciers eurent dès 1870 une réputation internationale. Dans le paysage, il en reste ce qui a été mentionné à propos du quartier du Vigneron (voir ci-dessus), particulièrement le château Holtzer, du second empire, contemporain de la caserne ouvrière, un des plus anciens spécimens d'intervention du paternalisme patronal en matière d'habitat. Il faudrait y rattacher ce qui existe à Fraisses (château Dorian, cité Holtzer, laboratoire de 1931).
Si les ateliers décrits par Zola ont disparu, et s'il est trop tard pour regretter que le laminoir arrêté en 1989 n'ait pas pu être conservé comme témoin technique et inspirateur d'une page littéraire, du moins a-t-on su valoriser son volant d'inertie, trop massif pour être évacué par les bulldozers de la démolition, en l'installant au centre du rond-point situé devant le moulin de la Fenderie. Des images de l'ancienne usine ornent son support. Un panneau rappelle le passé métallurgique révolu.

Conservé aussi, par un heureux concours de circonstances, le moulin de la Fenderie, dont on s'aperçoit qu'il constitue un des très rares témoins en France de la minoterie du 20ème siècle. L'expérience touristique nous a appris que les visiteurs, à condition de franchir le seuil et de se donner quelques minutes pour suivre le guide, vont de découverte en découverte à mesure qu'ils montent les étages et se font expliquer le fonctionnement de l'installation. Sait-on qu'aux Grands Moulins de Paris (proches de la Bibliothèque François Mitterrand), en cours de reconversion pour l'Université de Paris VII, on va renoncer par manque de moyens à conserver en état de marche une colonne de machines qui aurait pu être destinée à des visites techniques et touristiques ? On pourrait donc venir à Unieux pour voir une minoterie. D'autant plus qu'une toiture toute neuve a recouvert en 2007 la  partie la plus ancienne du site, celle du moulin antérieur au 20èmes siècle.

Deux mots sur les murs peints consacrés à des souvenirs d'histoire industrielle. A Sampicot, c'est un atelier d'usinage photographié en 1918 chez Holtzer. Au Vigneron, sur le pignon nord de la "caserne", ce sont des évocations stylisées de machines sidérurgiques.

Reste ce grand édifice incrusté dans le paysage au sud d'Unieux, à la limite de Firminy : la tour de trempe construite dans les années trente par les aciéries de Firminy. C'est une construction d'un type unique en Europe, et peut-être dans le monde, ce qui justifierait son adoption comme élément de patrimoine, sans compter la forte signification identitaire qu'il peut avoir localement. Car le patrimoine, tel qu'on le comprend dans le cadre des "journées patrimoine", ce sont des biens reconnus et appropriés par la collectivité pour leur valeur historique, esthétique ou culturelle. Or on sait que les peuples sans mémoire n'ont pas d'avenir.

 Alors, si vous passez par Unieux, ne pensez-vous pas que cette ville, moins banale qu'il ne semble, mériterait un peu plus d'attention ?

 René Commère.

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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 10:07
 

Note de René Commmère sur la tour de trempe
située dans l'usine Aubert et Duval (anciennement : Tecphy, et avant 1983 : Creusot-Loire)
Communes de Firminy et Unieux

Un élément de la mémoire industrielle.

Ce sombre et vertical édifice, ancré dans le paysage des habitants de la vallée de l'Ondaine, peut sembler insolite aux nouveaux arrivants et aux visiteurs qui peuvent le découvrir depuis la passerelle de la gare SNCF de Firminy. Il ne s'offre à la vue qu'à distance, puisqu'il se dresse au coeur d'un ensemble de bâtiments industriels plus ou moins anciens. Si beaucoup savent sans doute qu'il n'est plus utilisé actuellement, il n'est pas sûr que chacun comprenne au juste quelle a été son utilité dans le processus industriel. Il n'en est pas moins un témoin unique en son genre, spectaculaire et quelque peu mystérieux, d'une longue histoire métallurgique (cf. mon ouvrage : "Mémoires d'acier en Ondaine, publié en 2000 par les éditions de l'Université de Saint-Etienne).

 Pourquoi fut-elle édifiée ?

Sa construction remonte au début des années trente (achèvement en 1935). Situées loin des frontières menacées, riches d'un savoir-faire industriel séculaire dans le travail du fer, les aciéries de Firminy, fondées en 1854 par Felix Verdié, ont le soutien de la Défense Nationale pour se doter d'un équipement permettant la trempe des pièces de grande longueur forgées en acier dans l'usine, essentiellement des canons de marine et les arbres de marine exigeant une élaboration de grande précision. Il est donc nécessaire d'éviter les déformations en cours de traitement, d'où le choix d'un processus de trempe verticale, en plaçant côte à côte un four de chauffe par résistances électriques et une fosse de trempe, profonds chacun de 31 mètres, avec un diamètre d'environ 5 mètres. Pour dresser les pièces, et les déplacer du four à la fosse, un treuil de 150 tonnes et un pont roulant sont perchés au sommet de la "tour" (en fait, une halle verticale), haute de 53 mètres. Au sol, une surface allongée de 24,4 mètres sur 10 est nécessaire pour les manipulations.

Tant par sa forme que par les fabrications qui l'ont impliqué, cet ensemble a donc constitué l'une des originalités fortes de l'usine de l'Ondaine. Il a représenté un dispositif jamais égalé dans la région stéphanoise, et d'une dimension rarement atteinte  dans le monde. Il semble du moins qu'elle n'ait pas d'équivalent en Europe.

 

Architecture.

La tour est accolée à la halle des traitements thermiques, édifiée en 1913, longue de 170 mètres sur 24 m. de large, dont elle constitue l'extrémité occidentale et sur laquelle elle est largement ouverte.

La réalisation a été confiée à "Constructions métalliques et entreprises" (C.M.E.), ancien établissement Dérobert, Lyon.

C'est une prouesse de construction métallique. L'ossature métallique est faite d'un assemblage de poutrelles de fer riveté, avec une base renforcée par des moellons cimentés. Le sommet doit pouvoir supporter pour les manipulations une charge de 150 tonnes, non compris le poids propre du treuil et du pont roulant. Les façades se répartissent entre :

- des moellons

- un habillage en tôles ondulées d'acier de construction (norme AFNOR XC 38), à 0,8% de cuivre devant ajouter de la souplesse.

- de grandes baies vitrées aux niveaux inférieur, moyen et supérieur.

 

Productions les plus notables

 - canons de marine : pour les cuirassés "Dunkerque"(1935), "Strasbourg", le "Jean Bart, le "Richelieu", des "tubes" de canon de 330 à 380 mm. de diamètre, atteignant jusqu'à 22 m. de long et pouvant tirer des obus d'une tonne jusqu'à 25 kilomètres. Ces tubes étaient monoblocs, entièrement réalisés par l'aciérie, depuis la fusion de l'acier (fours Martin ou fours électriques à arc) jusqu'à l'usinage. A noter que l'usine fabriqua aussi les obus, que l'on numérotait car il fallait les tirer dans un ordre donné, pour tenir compte de l'usure du "tube" à chaque coup....

- arbres de marine ou "arbres de ligne". Dans les bateaux, c'était la pièce la plus longue, allant des machines jusqu'à l'hélice. Sur un bateau de 200 m., l'arbre mesurait 100 m. On le faisait par éléments de 20-25 m. Sont ainsi sortis de Firminy les arbres du "Foch", du "Clémenceau" (refaits à Firminy en 1976 et en 1982) , de la "Glissonnière", du porte-hélicoptère "Jeanne d'Arc". Un arbre de marine mesure 400 mm. de diamètre. Il est foré à l'intérieur. Il exige des caractéristiques mécaniques bien précises, et surtout de ne pas être exposé au risque de déformation.

 Le fonctionnement

Le four vertical était divisé en 14 zones de chauffage électrique, dont 12 seulement étaient équipées. Le chauffage absorbait une puissance d'environ 1500 kvh.

Les pièces à tremper étaient forgées à partir de lingots étirés à la presse. De plus, en cours d'usinage, plusieurs trempes pouvaient être nécessaires pour "adoucir" le métal : c'était le "recuit", ou le "revenu" précédant la finition.

La pièce arrivait sur des wagons. Depuis le pont, on l'amarrait et on la soulevait pour la mettre en position verticale. Avec des étriers et des cales, on la suspendait, puis on la descendait dans le four qui avait été préchauffé pendant 5 à 6 heures. L'étrier supportait tout le poids de la pièce pendant qu'elle s'échauffait. La montée en température durait environ 6 heures, suivies d'un maintien en température de 2-3 à 4-5 heures suivant l'épaisseur de la pièce, pour être sûr d'avoir une température égale sur toute la pièce.

A la sortie du four, pour aller vers la trempe, il fallait faire le plus vite possible, sauf pour déplacer la pièce, car on devait éviter l'effet de balancier. Ensuite, la descente dans le bain de trempe devait être rapide. Il faut s'imaginer l'effet de geyser quand la pièce chauffée à environ 875 degrés, surtout si elle était creuse, entrait en contact avec le liquide froid !

A noter que le four et la fosse de 31 m. n'avaient pas été fabriqués pour fonctionner en permanence. Ils servaient à traiter des pièces très spéciales pour lesquelles les autres aciéristes n'étaient pas équipés. Donc ils ne servaient que quand on en avait besoin, tandis que les autres fours de traitement thermique (un vertical de 11 m et une dizaine d'horizontaux), étaient utilisés de façon plus continue.

Faute de document précis sur l'arrêt de ce fonctionnement, des témoignages oraux le situent vers la fin des années 70. Pour des raisons de coût et de sécurité, l'évolution s'est faite vers la généralisation des opérations en position horizontale, avec pour corollaire l'allongement des bâches de trempe, et l'installation d'une "presse à arcade mobile" destinée à "dresser" c'est-à-dire à rectifier et à uniformiser les épaisseurs. A noter aussi que le marché évolue : les bateaux modernes (exemple le Queen Mary II) n'ont plus le système traditionnel de motorisation, avec leurs moteurs proches des hélices (elle-mêmes orientables).

Mais l'installation demeure...Actuellement, les puits servent à l'entraînement des pompiers ...et les pigeons s'en servent comme colombier. Aux dires d'un ingénieur de l'entreprise, sa remise en service pourrait être envisagée si l'entreprise devait satisfaire une commnade importante répondant à des critères ès spécifiques d'élaboration, exigeant une trempe en position verticale. En quelques mois de travaux, la remise enmarche intégrale serait possible.

Conclusion

Cet édifice suscite depuis quelques années une attention et un intérêt nouveaux. Même si sa valeur symbolique prend plus de poids que son intérêt esthétique, il entre de façon originale et unique dans le catalogue des formes et dimensions architecturales qui ont caractérisé l'équipement industriel du 20ème siècle. S'ajoutera-t-il un jour à la liste des monuments historiques du bassin de Firminy ?

 * Quelques informations sur l'architecture et le fonctionnement sont empruntées au mémoire non publié de M. Mathieu BLANCHARDON (DESS gestion et valorisation du patrimoine industriel), Université Condorcet, Le Creusot, année universitaire 2001-2002. Il s'appuie lui-même sur des entretiens avec M. Léon Glénat, ancien chef du service de contrôle de l'usine de l'Ondaine (1950-1980) et avec M. Pierre Laurençon, ancien chef du service de pyrométrie dans la même usine (1952-1979).

- dans un autre "blog", à paraîttre bientôt, vous pourrez trouver copie intégrale d'un document technique inédit datant de 1935 dont un exemplaire dormait dans un tiroir de la Mairie d'Unieux, et fut heureusement sauvé par une secrétaire lorsqu'elle vida son bureau au moment de partir à la retraite.

- Que ce soit aussi l'occasion de remercier à nouveau la Direction locale d'Aubert et Duval pour avoir autorisé et accompagné en mai 2007 une visite de l'édifice par les stagiaires en formation du CILAC (association qui édite notamment le périodique semestriel :"Archéologie industrielle").

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