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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 11:28

      Le CILAC  est une association nationale dont l'intitulé définit l'objet :

COMITE D'INFORMATION ET DE LIAISON POUR L'ARCHEOLOGIE, L'ETUDE ET LA MISE EN VALEUR DU PATRIMOINE INDUSTRIEL.

    Il publie "ARCHEOLOGIE INDUSTRIELLE",  belle revue semestrielle diffusée par abonnements, ou sur commande à son secrétariat : BP 251, 56007 Vannes Cedex - (non vendue en kiosques) ; il distribue à ses adhérents des lettres d'information.

      On peut accéder à son site internet à l'adresse  : www.cilac.com.

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       Les 19 et 20 juin 2010, le voyage annuel du CILAC s'est intéressé à l'agglomération stéphanoise : le samedi, visites dans la vallée du Gier et au musée de la mine de Saint-Etienne ; le dimanche matin, découverte de la cité du Design et du Val d'Ondaine, avant de visiter l'après-midi le musée d'art et d'industrie.

      Ayant eu l'honneur de guider dans le val d'ONDAINE le groupe d'une quarantaine de personnes  venues de plusieurs régions, je propose de rappeler à leur intention, mais aussi pour tout public susceptible de s'intéresser à ce territoire, l'itinéraire de cette visite en bus, un peu rapide à mon gré car elle devait s'effectuer en deux heures trente.

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      1 - De Saint-Etienne, rue Agricol Perdiguier nous amène à l'entrée est de La Ricamarie : ancien territoire minier entièrement transformé après la fin de l'exploitatin charbonnière.

     Dès le rond-point, on observe au passage les deux sites miniers reconvertis dès la fin des années 70 :

     -  à droite, la zone d'activités du Crêt de Mars ( petites entreprises, commerces, hôtel),  

    -  un peu plus bas à gauche, le site de Bel Air-La Béraudière occupé depuis 1975 par une grande surface commerciale et ses parkings, opportunément installés sur les vastes surfaces et les crassiers horizontaux des puits Dièvre et Saint Dominique.

 

      2 - Route de Caintin : on longe des terrains voués au sport, puis à des entrepôts légers : minés par l'exploitation charbonnière, les sols n'auraient pu supporter sans risques des installations urbaines lourdes.

 

    3 - Un arrêt s'impose au monument du Brûlé, de l'artiste lyonnais Victor Caniato, érigé 1989 pour le 120 ème anniversaire du drame de 1869. (cf. dans ce blog l'article du 4 juin 2008 : "patrimoines miniers de La Ricamarie / le drame du Brulé").  

 

    4 - On longe ensuite le grand crassier Saint Pierre, masqué par les arbres. Rapide lecture de paysage à partir du giratoire Saint Pierre  ; disposant de plus de temps, les visiteurs auraient eu la possibilité de voir auparavant sur un grand panneau le plan d'aménagement de la zone Pigeot-Montrambert. Le puissant puits Pigeot a été démoli en 1989-90. De 1980 à 1990, la zone a été exploitée profonde découverte, remblayée (en partie avec les déblais de démolition des installations minières), puis après le temps nécessaire à la stabilisation du terrain, aménagée en zone d'activité en 1999-2000. Des entreprises ont commencé dès lors à s'installer. 

      Au loin, repérage du château d'eau de La Silardière....

 

     5 - Continuer vers le giratoire suivant dit "de Marseille" et de là vers la cité des Combes : cet itinéraire permet de mieux observer en arrivant le site de son implantation. On est dans la commune du Chambon-Feugerolles.

       Un court parcours à pied suffit pour découvrir l'organisation originale cette cité, réalisée par la Compagnie des mines au début des années 20 pour accueillir des mineurs de Pologne. Leur gouvernement considérait leur exil comme temporaire et a voulu qu'on les installe à l'écart de la population locale.  La cité se présente comme un petit village d'une quarantaine de pavillon individuels séparés, disposés en ovale autour d'un espace ouvert de jardins privatifs et de circulation piétonne.

 (voir dans ce blog les articles du 30 mai 2008 ( sur les friches industrielles reconverties à La Ricamarie et au Chambon-Feugerolles - et des 4 et 18 juin 2008 sur les patrimoines miniers de La Ricamarie)sur les patrimoines miniers de La Ricamarie)

       Continuant pour revenir au giratoire  Saint Pierre, on signale au passage les extensions de la cité des Combes vers les vallons voisins, où cette fois les pavillons s'alignent en une seule file. Un wagonnet de mine est exposé à l'entrée de leur impasse.

 

    6 - Du giratoire St Pierre, par la rue Jean Pierre, aller prendre en tournant deux fois à droite la rue Rémi Moïse qui descend à travers le lotissement industriel incomplètemet occupé ; Le soin apporté à son apparence paysagère  (bordures de voierie jardinées avec arbustes d'ornement) doit inverser l'image de "pays noir". On passe exactement à l'emplacement de l'ancien puits Pigeot, énorme masse de béton totalement  démolie en 1989-90 sans laisser la moindre trace.

    Prenant à gauche la rue Michel Rondet, on arrive vers d'anciens bâtiments d'administration minière et de l'école de la cité de Pontcharra (deux immeubles collectifs de 4 étages). Dans l'un des bâtiments fraîchement repeint, la mosquée du quartier(sans minaret). 

 

    7 - Le chevalement à deux molettes du Puits du Marais, conservé et mis en valeur monumentale sur un giratoire. cf dans ce blog les deux articles sur ce site.

 

     8 - lotissement industriel de la Silardière, auquel on accède en prenant à droite après le passage sous la voie ferrée. Aménagé après la disparition :

    - de la cokerie (1976) dont il ne reste que le château d'eau (conservé grâce aux bureaux installés à l'intérieur et à l'hôtel construit à côté de l'autoroute),

    - du puits Flottard (1983).

    Lotissement rempli en 1987, sans aménagement paysager ; le principal problème était le raccordement à l'autoroute...

 

     9 - Halle Crozet-Fourneyron : arriver rue Crozet frères ; après le pont sur l'autoroute, puis prendre tout de suite à droite puis à gauche (rue Clarholz). 

  (sur cette halle de 1912, aux très grands vitrages, cf. l'article de Luc Rojas dans Archéologie industrielle n° 57, décembre 2007 ; voir aussi l'article du 11 juillet 2007 dans ce blog.)

 

    10 - Pour gagner à la sortie ouest du Chambon-Feugerolles le site des usines métallurgiques Claudinon (créées en 1852, fermées en 1966), revenir prendre à gauche la rue Victor Hugo ; au rond point, à droite pour franchir d'autoroute ; aller prendre en face de la gare l'avenue Ch. De Gaulle, la suivre jusqu'aux berges de l'Ondaine qu'on longera vers la gauche : on longe le  tout nouveau lycée Testud 'de la mode et de l'habillemement", inauguré fin 2009 ; il était primitivement installé dans l'ancienne villa Claudinon, belle maison de maître que l'on verra conservée à côté du lycée  et dont la réutilisation n'est pas encore définie. 

      Site Claudinon : occupait le côté nord de la rue de la République ; après les bâtiments restants  utilisés par une entreprises de verrerie, "la Forge" est un atelier (belle charpente)réaménagé en salle des fêtes (voir panneau sur le parking devant la Forge) ; en face, côté sud : alignement d'habitations collectives destinée aux ouvriers de Claudinon. 

       Arrêt facile sur le parking de La Forge, d'où l'on peut voir de l'autre côté de l'Ondaine l'ancien mur de clôture de l'aciérie, qui s'était agrandie au-dessus de la rivière couverte d'une épaisse voûte. De récents travaux ont remis l'Ondaine à l'air libre.

 

     11 - Zone d'activités du Bec. 

     Continuer vers Firminy et prendre à gauche la rue de Bergognon jusqu'au rond-point (orné d'un palan venant de Crozet-Fourneyron). Tourner à droite  rue Lavoisier (traversée de la coulée verte) et finalement encore à droite la rue André Citroën (bordures gazonnées et fleuries).

     Intérêt : à la place de l'ancienne centrale thermique du Bec, créer un nouvel espace de travail dans un environnement paysager qui soit l'un de ses "faire-valoir". Une coulée verte au milieu d'usines de belle  apparence architecturale, tenues de verdir leur terrain et de n'exposer du côté rue aucun élément inesthétique (déchets, cuves, matériaux, stocks et même parkings). 

cf dans ce blog : La Ricamarie et le Chambon-Feugerolles : friches reconverties (30 mai 2008).

  

     12  - ancien bureau des mines de Monterrad. Reprendre vers Firminy la rue de la Malafolie. Au n° 68, les extrémités des tirants en fonte  qui consolident l'ancien bureau représentent les outils du mineur. 

 

     13 - Avant d'aller vers les aciéries de Firminy ( ancienne usine Verdié), un détour vers le site du patrimoine Le Corbusier pour voir au minimum la forme sculpturale de l'église Saint- Pierre, oeuvre posthume commencée en 1973 et terminée seulement en 2006 après un très long abandon du chantier. (cf plusieurs articles et pages dans ce blog en particulier la série sur "les détours d'une reconnaissance patrimoniale") .

 

        14 - Sites d'ex-Creusot-Loire (faillite en 1983). 

    A son sujet, cf par René Commère :"inventaire archéologique de l'ancienne usine de l'Ondaine" dans Archéologie industrielle n° 46, juin 2005.

 

     a / dans les anciennes aciéries de Firminy. Le meilleur point d'observation pour commenter le site (à travers les fenêtres du bus si nécessaire) est dans la rue du Colonel Riez ; à droite (côté est), la zone dans laquelle a subsisté l'activité industrielle : forges d'Aubert et Duval, Clextral, laminoir à foid d'Arcelor-Mittal ; à gauche, la zone entièrement reconvertie depuis la fin des années 90, dans laquelle subsiste, inoccupé, l'imposante halle de ce qui fut la "moyenne forge". 

       En avançant devant le "centre urbain" de Cote Quart, on peut voir de plus près la tour de trempe, accolée à l'atelier de trempe d'Aubert et Duval (cf dans ce blog les articles à son sujet).  

     Un demi-tour est possible au rond-point dans la rue Jean Jaurès. Prendre au retour la rue Elisée Reclus qui longe l'Ondaine.  

 

       b / ancien site Holtzer. Au bout de la rue E. Reclus, prendre au rond-point la rue Charles de Gaulle, voie récente qui traverse l'ancien site des usines Holtzer. On arrive devant la première maison des Holtzer (1833 : voir le linteau).

      Autres éléments du site : la caserne ouvrière de 1861, bien visible depuis la place du Vigneron (rue Boussingault) ; du château Holtzer, masqué par les arbres, on ne voit au bord de la ue Holtzer que le pavillon de la conciergerie. Les Holtzer avaient en fait réalisé autour de l'usine une sorte de "company-town" assez exemplaire.

 

   cf. pour plus d'informations mon ouvrage : "Mémoires d'acier en Ondaine" (2000, publications de l'Université de Saint-Etienne. 

 

    Retour à St-Etienne par Roche la Molière avec des apercus sur les habitats hérités de l'époque minière, leurs seuls vestiges après la disparition des puits d'extraction dont le plus massif et imposant était le puits Charles (à côté de la cité du Pontin).

 

           _____________________________________________________________

 

Bien entendu, chaque site pourrait mériter une visite moins superficielle. Pour le guide, le temps disponible des visiteurs est toujours trop bref ! Et je remercie leur diligence, grâce à laquelle le programme a pu être accompli pour le mieux.

 

     René Commère.

 

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 11:33
       
Avant-propos, sur l'organisation touristico-administrative des gorges de la Loire dans la région stéphanoise. 
    
      Cet article sur les gorges de la Loire entre Le Pertuiset et le barrage de Grangent évoque un territoire qui, malgré sa manifeste  unité paysagère,  se partage entre les cinq communes d'Unieux, de Caloire, de Saint-Etienne (pour Saint Victor), de Chambles et de Saint Just-Saint Rambert). Pour les trois premières, appartenant à la Communauté d'agglomération de Saint Etienne-Métropole, l'information et la valorisation  touristiques sont l'affaire de TOTEM, office intercommunautaire créé en 2007.
       Les territoires de Chambles et de Saint Just- Saint Rambert, relèvent de l'Office intercommuanutaire de tourisme de  Loire-Forez (siège à Montbrison, bureau d'accueil à Saint Rambert)).
       Il n'existe donc pas d'organisme touristique habilité à faire valoir l'ensemble des territoires des gorges.
       C'est encore plus manifeste si on y ajoute la partie amont entre Le Pertuiset et Aurec, puisqu'on y trouve Saint Paul en Cornillon ((valorisé par TOTEM), mais aussi Aurec et Saint Maurice en Gourgois, situés en Haute Loire, donc dans la région Auvergne.
      C'est là l'héritage de découpages administratifs fondés sur des  frontières traditionnellement  accrochées à des obstacles naturels, dont résulte pour l'instant  l'absence de documentation touristique sur l'ensemble !
      Il existe bien un  syndicat mixte d'aménagement des gorges de la Loire (SMAGL), créé en 1969, seule structure d'action intecommunale sur l'ensemble de ces territoires (Haute Loire exclue). Mais, compétent en matière d'aménagement et d'animation des sites, il n'a pas vocation à s'occuper de tourisme. En outre, menacé de disparition depuis deux ans, son action se limite à l'entretien du paysage. Son bulletin périodique d'information, précédemment distribué dans les communes adhérentes, ne paraît plus. A son actif, le classement des gorges en espace naturel protégé.
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Toute l'année, mais plus encore avec les beaux jours, on se promène dans la partie la plus "sauvage" des gorges de la Loire, celle que ne parcourt aucune route, et dont beaucoup de lieux ne sont accessibles que par de bons chemins piétonniers (à noter l'inexistence de cheminements piétonniers le long de la rive ouest du lac.

. En gros, cela va du Pertuiset ( Unieux) au barrage de Grangent : six kilomètres et demi à vol d'oiseau, entre huit et neuf si l'on épouse les sinuosités du fleuve.


    Un exemple :  cet extraordinaire méandre de la presqu'île du Châtelet, au-dessous de Saint Victor. L'amont est à gauche. Chambles est au sommet du versant qui nous fait face ; c'est de là que part l'unique et plaisant chemin piétonnier en forte pente conduisant vers ce site, transformé en île depuis l'inauguration du barrage de Grangent (1957) ; mais une île accessible à pied sec grâce au pont qui enjambait l'ancienne voie ferrée aujourd'hui noyée sous les eaux.
    
        Au milieu de cette photo, prise d'un rocailleux chemin de crête reliant Les Camaldules à Chambles (donc sur la rive ouest des gorges), c'est le village de Saint Victor, annexé en 1969 par la commune de Saint-Etienne qui souhaitait se doter d'un site touristique et résidentiel, avec un port de plaisance sur le nouveau lac, ce qui en outre autorisait la ville à prendre le nom de Saint-Etienne sur Loire.
Le fleuve arrive à droite, conflue ave l'Iseron dont le golfe agrandit le site du port, puis décrit un ample méandre qui occcupe la moitié inférieure de l'image.

    Continuons vers l'aval jusqu'au site réputé de l'île de Grangent. Isolés sur leur un socle de granite, les restes du château et d'une chapelle du 11ème siècle décorent les abords du barrage mais restent un espace privé qui ne se visite pas.
   Nous sommes sur le territoire de la commune de Saint Just-Saint Rambert.




    Rive gauche, presque en face (commune de Chambles) : le hameau aujourd'hui désert des Camaldules, ancien refuge de moines cherchant à vivre à l'écart du monde pour y pratiquer la règle de Saint Benoît. Fondé en 1628 par Vital de Saint Pol, avec deux compagnons. Au 19ème siècle, ce fut une ferme isolée, mais moins que depuis la formation du lac de barrage. Autour de l'église du 17ème siècle, dans un site verdoyant plein de charme, quelques maisons plus ou moins entretenues. Pour y accéder : en bateau si possible, sinon par deux rudes chemin descendant, l'un d'Essalois, l'autre de Chambles.
       Très fréquenté par les promeneurs, sur la rive droite (côté est), ce tronçon de l'ancienne voie ferrée, avec ses tunnels et ses viaducs conduit un peu au-delà de la Noierie, avant de disparaître dans les eaux du lac. Quelques chemins s'en échappent vers le haut des versants. On peut ensuite continuer par un sentier vers Saint Victor. Un autre, au départ de l'ancien hameau de la Noierie (jadis, avant le chemin de fer, lieu d'embarquement du charbon de l'Ondaine sur les barques appelées "rambertes"), conduit à un site d'escalade d'où l'on surplombe l'ancien viaduc ferroviaire.













        Un panorama inoubliable attend ceux qui oseront grimper au sommet de la tour de Chambles : un escalier d'abord, puis des échelles....Il vaut mieux accompagner les enfants. Pour ceux qui hésiteraient à monter, le panorama reste de grande ampleur depuis le pied de la tour. 
                                                                               
 
      Il  resterait beaucoup à dire et à montrer ! Pour une visite plus complète et des promenades variées, pourquoi ne pas envisager une étape et même quelques jours de séjour dans la magnifique auberge des jeunesse des Echandes, installée dans un ancien hameau rénové ,aujourd'hui totalement isolé sur sa presqu'île, au fond des  gorges de la Loire, à quelques minutes du Pertuiset ? Un site unique.... 

Autres articles de ce blog sur les gorges de la Loire :
-  Le Pertuiset (Unieux) : un by-pass en question (5 mai 2009)
-  Un dolmen à Unieux : préhistoire, ou géologie, aux Echandes ? ( 14/ 01/ 2009).
-  Gorges de la Loire : Le Pertuiset et ses histoires de ponts (11 juillet 2008).
- Unieux : le moulin de la Fenderie ( 3 juin 2008).

et une page :
- 2 novembre 2008 à Grangent (image spectacualaire du barrage au moment de la de la crue de la Loire ).  

 Références touristiques : www.tourisme-st-etienne.com
                                             www.st-etienne.tv
                                             www.loire-forez      
   René Commère.
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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 11:24
          ARCHEOLOGIE INDUSTRIELLE

                             
  
                                                                                                 
     Pour H.B.C. Rogers qui lui a consacré un livre (2002), André Chapelon était le "génie français de la vapeur". 
    
      Si la société d'histoire de Firminy consacre une salle du château des Bruneaux à sa vie et à son oeuvre, c'est parce qu'il a été un enfant du pays. Il est né en 1892 au château de Bois de la Rive, construit à Saint Paul en Cornillon par son grand'père Antoine ; par sa grand'mère Elisabeth, il est descendant de James Jackson.
    Bien que sa carrière se soit déroulée sous d'autres cieux, il conservé toute sa vie (1892-1978) un fidèle attachement à sa demeure natale. Après plusieurs décennies d'abandon, sa rénovation récente a permis d'aménager plusieurs appartements. 

      Sorti en 1921 ingénieur de l'Ecole Centrale des arts et manufactures, André Chapelon se passionnait pour le fonctionnement des locomotives à vapeur. Partant de l'idée qu'elles s'étaient perfectionnées de façon assez empirique au cours du 19ème siècle, il pensait nécessaire de réfléchir plus scientifiquement sur la mécanique des fluides et la thermodynamique.

     Entré à la Compagnie PLM (Paris-Lyon-Méditrerranée), il ne réussit pas à convaincre la Direction lorsqu'il lui en proposa le principe.
    A partir de 1925, au contraire, la Compagnie Paris-Orléans lui demanda d'améliorer le rendement de son parc de locomotives, et surtout de la toute nouvelle Pacific 3500.

      Les principales améliorations portèrent sur :
- l'augmentation de la section des conduits de vapeur,
- l'amélioration du rendement du foyer, en provoquant l'augmentation du tirage,
- et l'étude scientifique de tous les éléments de la locomotive.

     Les résultats furent spectaculaires (la Pacific 3566) : doublement de la puissance avec des consommations moindres de 30% pour l'eau et de 20 % pour le charbon. Il travailla aussi à rendre plus performantes d'autres locomotives de la Compagnie.

     Il acquit rapidement à l'étranger la réputation d'un ingénieur de premier plan. Il travailla pour la SNCF, mais aussi pour des réseaux étrangers. On le consulta encore lorsqu'il fut à la retraite.                                                                                                                 

(ci-dessous : la Pacific 231-3500 du Paris-Orléans transformée en1934)
      
     Son rôle fut ainsi majeur dans le perfectionnement mondial des locomotives à vapeur. Mais vint le moment où celles-ci furent peu àpeu détrônées par la traction Diesel et par l'électrification des grandes lignes. S'orientant vers l'électrification après 1950, la SNCF s'intéressa moins à ses compétences, qu'il continua, même pendant sa retraite, à mettre à disposition de réseaux étrangers.

      La salle Chapelon du château des Bruneaux, riche de souvenirs, de documents et d'images, est donc pour notre temps un lieu intéressant d'archéologie industrielle.
    On peut aussi examiner dans cette salle la grande maquette de l'ancienne Usine de l'Ondaine de Creusot-Loire telle qu'elle était dans les années 70. Beaucoup d'anciens se plaisent à y retrouver les lieux où ils ont travaillé...                                    
________________________________

ci-contre : Une "Chapelon" aérodynamique : presque une oeuvre d'art...qui a inspiré le monument inauguré pour le centième anniversaire de la naissance de l'ingénieur.


                                        

 
                Ce monument, qui accueille les visiteurs à l'entrée du parc du château,  au voisinage immédiat de Firminy-Vert, a été érigé après souscription nationale par la Société d'histoire de Firminy.

- On trouvera dans le tome 1 de l'ouvrage de Jean Vigouroux : "C'était hier dans l'Ondaine", paru en 2003, cinq pages (267 à 271) sur le château du bois de la  Rive et André Chapelon.
- Les illustrations de cet article sont loin de représenter toute la richesse iconographique de la salle André Chapelon. 
- J'invite les lecteurs désirant plus d'informations sur Firminy et sa région à consulter le sommaire de ce blog
(articles sur l'urbanisme, sur Firminy-Vert, Le Corbusier, l'histoire et le patrimoine industriels etc...)

René Commère.
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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 19:13


        Un dolmen souvent cité, même par des auteurs qui ne l'ont jamais vu sur place. 
      Pour en avoir le coeur net, le mieux est donc d'arpenter la petite montagne à laquelle il s'adosse, mais de préférence après avoir visité ailleurs d'authentiques dolmens, par exemple en Bretagne, et si possible après une visite dans l'un des musées qui reconstituent et expliquent la construction de ce genre d'édifices (exemples : Carnac, ou Les Eyzies).  Disons tout de suite que, jusqu'à qu'on me démontre le contraire, je n'ai vu aucun dolmen authentique installé sur un site aussi escarpé que celui d'Unieux.  Allons-y !


          Les Echandes : une presqu'île dans les gorges de la Loire, au confluent du fleuve et de l'Ondaine. Jadis, un hameau bien isolé valorisait les seules surfaces sans pente excessive de ce territoire très accidenté ; depuis quelques années, une magnifique auberge de jeunesse est installée dans les anciennes bâtisses rurales. 
           Lieu de calme, auquel on n'accède que par une route étroite, sinueuse et à fortes déclivités, car à partir du Pertuiset, on doit franchir un col avant d'atteindre le lieu d'accueil.

      C'est là, au col, qu'un escalier vous invite à grimper à la recherche du dolmen. 
      La pente est forte, le chemin pas toujours bien tracé. On le devine sur la photo, montant vers la droite, mais il faut bientôt tourner à gauche pour atteindre dans le bois un sommet arrondi  culminant à  546 mètres : donc une dénivelée de 75 m. depuis le col (ou de 125 depuis Le Pertuiset). 


        Au sommet, descendez le long de la crête, vers la gauche, en direction du sud-est. Dépassez en les contournant par la gauche les pointements rocheux qui accidentent cette crête. Puis cherchez vers la droite, derrière une crête hérissée de pitons granitiques. Vous êtes à l'aplomb du pont du Pertuiset. 

       C'est dans une très forte pente (photo) que vous finirez par découvrir une sorte de table rocheuse (soulignée sur la photo par un restant de neige). 

       Ne trouvez-vous pas ce site plutôt insolite pour un authentique dolmen ?

      Essayons de descendre devant le monument ; il vaut mieux avoir de bonnes chaussures pour arriver à se placer en face, et forcément en contrebas compte tenu de la déclivité. Difficile de prendre du recul : trop de broussailles.


  







  













  Sommes-nous vraiement en présence d'une oeuvre humaine ? Ou d'un chaos  de blocs éboulés depuis les pinacles granitiques voisins ? 
    La question se pose en examinant la position hasardeuse de la table sur les blocs qui la supportent (photo ci-dessous), et l'allure même du bloc de gauche, qu'on imagine difficilement choisi et dressé par des humains. D'ailleurs, lui-même repose sur quelque chose de chaotique....
             
                          
     
 
                    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Un coup d'oeil maintenant sur le matériel environnant : un granite diaclasé qui se débite naturellement en dalles plus ou moins épaisses et en blocs souvent parallélépipédiques.

       Certes, cela pouvait fournir à des humains les éléments d'une construction sommaire, mais pour quel usage ? Trop petit en tout cas pour une tombe ou un abri, de surcroît bien inconfortable....Sinon, lieu d'un culte ? Mais sur un site trop malcommode et difficile d'accès pour que des gens s'y rassemblent....             
                                                                        
    
  

 

        Pour ma part, je pense jusqu'à preuve du contraire que  c'est le hasard de chutes de blocs détachés des parois rocheuses qui a fabriqué ce dolmen, ce qui n'exclut pas qu'il ait été un site repéré de tous temps pour la qualité du tableau qui s'offre aux regards.

 

         Car, si escarpé qu'elle fût, la péninsule des Echandes a été occupée et aménagée jusque dans ses parties hautes comme en témoignent les murets que l'on peut observer

sur le versant nord, à proximité de l'itinéraire de montée, en gros à la limite floue mais réelle entre la hêtraie qui domine vers le bas et la pinède plus présente à l'approche de la crête.  


                                                                                                             
      C'est dans cette zone que se situe sur un petit replat, un peu en contrebas sur le côté nord de la  ligne de crête,  l'énigmatique structure courbe reproduite sur la photo de droite : peut-être le vestige d'un abri circulaire à la manière des bories : genre de ces constructions précaires dont on sait qu'elles peuvent dater de périodes pas tellement lointaines (entre le Moyen-âge et le 19ème siècle).

     Quant au dolmen, que chacun en pense ce qu'il veut.  L'essentiel est qu'il soit le but d'une belle et presque insolite promenade.
     Il a pu être aussi l'occasion de chantiers bénévoles de débroussaillage, opération nécessaire de temps en temps ; par exemple, en 1988, des jeunes animés par le Centre social d'Unieux, avec l'aide de la Municipalité, ont nettoyé les abords, et gagné ainsi de quoi participer au financement  d'un voyage en Corse. Comme quoi un dolmen, qu'il soit vrai ou imaginaire, peut-il se révéler utile à qui sait s'en servir....pour le tourisme par exemple. 

      Je précise : il vaut mieux avoir de bonnes chaussures, et se soucier d'accompagner les jeunes enfants, en raison des risques de chutes dans les escarpements qui dominent le méandre de la Loire. Quant au balisage, il y a bien çà et là de petites marques accrochées aux arbres, mais il faut être vigilant pour les repérer.

      Attention : les pique-niqueurs sont priés de ne pas laisser leurs déchets dans cette forêt encore indemne de ce genre de salissures.

BONNE PROMENADE !

René Commère.


                                                                                                                   

    


                                                                                                                      

 

 

 

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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 17:18
       Par cet article, je voudrais signaler la série de cinq "pages" que je viens d'éditer dans ce même blog (lunieutaire.over-blog.com) à propos de la reconnaissance patrimoniale de l'oeuvre de Le Corbusier à Firminy, et donner aux lecteurs éventuels la possibilité de s'exprimer par des commentaires, ce qui n'est pas possible dans le format "page". 
      
     A peu de variantes près, j'ai reproduit le texte d'un chapitre qui m'avait été demandé par François Tomas pour son ouvrage  : "Variations autour du patrimoine - un cas d'école : le Forez" (publications de l'Université de Saint-Etienne, 2004). Ouvrage que je recommande d'ailleurs très fortement au public cultivé s'intéressant aux questions de patrimoine, de gestion des espaces publics, d'urbanisme, de tourisme, de protection des sites, voire de développement durable.
    
     François Tomas  
     Arrivé au terme de sa brillante et féconde carrière universitaire, fort de tous ses travaux de recherche et de tous ceux des étudiants qu'il avait dirigés sur l'histoire et la géographie du département de la Loire, nourri de son expérience d'adjoint à l'urbanisme à Saint Etienne, et de Directeur de l'école d'architecture, François Tomas venait d'obtenir du ministère la création à l'Université de Saint Etienne d'un l'institut d'études destiné à former des spécialistes et praticiens de haut niveau sur les questions d'identification, de gestion, de valorisation des patrimoines. Cet institut, l'IERP, forme avec succès chaque année des étudiants au niveau du troisième cycle (DEA). On trouvera à son sujet de plus amples informations, sur le site de l'Université de Saint Etienne.  
      Brusquement emporté en septembre 2003 par une maladie foudroyante, il avait réussi à écrire ses "Variations", à l'approche de la retraite, particulièrement à l'intention des étudiants auxquels les exemples vécus en Forez pourraient apporter des éléments de réflexion et des repères méthodologiques. 

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     C'était pour moi un honneur d'être invité à y participer en ce qui concerne Le Corbusier à Firminy, avec en arrière-plan l'interrogation suivante, sous-jacente à l'ensemble des cas traités dans l'ouvrage : qu'est-ce qui définit un patrimoine, et peut conditionner sa reconnaissance en tant que tel ?
      Le milieu stéphanois et ligérien constituait un bon terrain pour cette étude, dans la mesure où beaucoup d'éléments reconnus à la fin du siècle pour définir des villes ou territoires "d'art et d'histoire" n'étaient l'objet d'aucune considération quelques décennies plus tôt. Questionnement  d'autant plus pertinent lorsqu'il s'agit, comme c'est fréquemment le cas en région stéphanoise, d'oeuvres du 20ème siècle ne bénéficiant pas du prestige d'une grande ancienneté historique.
        
      A cette occasion, je voudrais signaler aussi le très bel ouvrage paru en 2008 : "Firminy, Le Corbusier en héritage", réalisé par différents auteurs universitaires et magnifiquement illustré (publications de l'Université de Saint-Etienne).
    
      Les différents édifices corbuséens y sont analysés, dans leur réception, leur histoire, leur devenir, leur fonctionnement ; il faut voir en particulier, les études conduites par Christelle Morel-Journel et Loïc Etiembre sur la maison de la culture, et par Vincent Veschambre sur l'Unité d'habitation. Une partie : "du conflit au consensus", replace les denières décennies de l'histoire apppelouse dans le contexte de la désindustrialisation et de nouvelles stratégies territoriales qui dépassent le seul cadre géographique appelou : il suffit pour comprendre cette notion d'évoquer des cadres qui n'existaient pas au moment de Claudius-Petit, comme Saint-Etienne Métropole ou Rhône-Alpes, et qui introduisent de nouvelles échelles dans les conceptions territoriales et patrimoniales.
     Sont inclus dans l'ouvrage deux DVD : l'un retraçant l'évolution du chantier de l'église (filmée par une équipe de l'école d'architecture), l'autre basé sur des interviews des principaux acteurs de cette réalisation.


 
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