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      Il y a 82 ans parut à Firminy un "Annuaire de Firminy et de la région du Forez-Vivarais", tiré à 10 000 exemplaires.
      Signée de M. A. de Compigny des Bordes de Villiers de l'Isle-Adam, une introduction en expose les objectifs : "s'attacher à étendre le renom de notre région, à faire aimer notre sol, à signaler toutes les productions et toutes les beautés de cette partie de la terre française".
     
Qu'apprenons-nous sur  Firminy et la région en ces temps d'avant-crise ?

Sur l'évolution de la ville et de sa zone d'influence, réelle et potentielle.

      "Une ville de près de 30 000 habitants, qui crée sans cesse de nouvelles maisons, de nouvelles rues, de nouveaux quartiers ; une ville qui étonnera dans quelques années par une prospérité sans rapport avec la prospérité de jadis, et qui peut aspirer à devenir un centre économique important ; une ville évoluant à vue d'oeil, quittant ses vieux habits pour des habits nouveaux, jouant des coudes dans l'âpre lutte industrielle et commerciale..."

     ..." Nous restons, pour bien des choses (et en particulier pour les journaux), tributaires de Saint-Etienne....mais autour de nous gravitent des centres : Le Chambon, Fraisses, Unieux, dont les industries sont mondialement connues... Et il y a aussi à nos portes des bourgades touristiques : Le Pertuiset, Chazeaux, Chambles, Saint Just Malmont.
Tout le canton de Saint Didier et Velay, rattaché de mille manières au Forez, risque fort, à nouveau, de l'être sous peu administrativement : Yssingeaux, en effet, n'a plus maintenant, ni sous-préfet ni tribunal. Les justiciables de cet arrondissement relèvent normalement des tribunaux de Saint-Etienne, non de ceux du Puy".

      Plus loin, l'auteur précise l'un des buts de l'annuaire : " un but utilitaire, attirer à Firminy la population de Saint Didier en Velay...Nous répandrons à profusion notre annuaire dans la région vellave. Nous le répandrons aussi avec obstination dans la région vivaraise. Là, notre action ira jusqu'à Annonay et La Louvesc. Annonay, par chemin de fer, est en commmunication directe avec Firminy ; La Louvesc est un lieu de pélerinage très fréquenté par les Appelous" (en fait, il s'agit aussi d'attirer des annonceurs).
 
Rumeurs de réforme administrative, en faveur d'une région stéphanoise agrandie...      Page 28, l'évocation d'un article paru dans la Gazette d'Yssingeaux laisse entendre qu'une réforme du découpage administratif entre Loire et Haute Loire était de l'ordre du possible. Son titre : "La région stéphanoise existera-t-elle ? Le pays d'Yssingeaux y sera-t-il rattaché ?"
      "N'en doutons pas !",  commente M. D'Assigny. "La chambre de commerce du Puy a pu donner un avis défavorable. M. Louis Vissaguet (président de ladite chambre ?) a pu protester. Yssingeaux va être rattaché à la région forézienne, d'autant plus qu'il n'y a ni sous-préfet, ni tribunal. Le sous-préfet n'est plus qu'une boîte aux lettres....C'est ce qui milite en faveur du rattachement à Saint-Etienne..." Et pour conclure : "...Admettez-vous qu'un justiciable de Saint Just-Malmont, qui peut prendre une auto à sa porte pour aller à Saint-Etienne, doive aller se faire juger au Puy ?"    

Un grand article d'Albert Boissier sur :
LA REGION DE FIRMINY ET SES RAPPORTS AVEC LE VELAY ET LE LANGUEDOC.

     Presque 30 pages érudites sur l'histoire de ces relations géographiques et culturelles.
     L'auteur démontre que le pays de Firminy a constitué une "marche" languedocienne du Lyonnais et du Forez. : là se situait à la veille de la Révolution la limite entre le Velay (languedocien) et le Forez, ou plus anciennement entre le Diocèse de Lyon et celui du Puy, qui suivait précisément aux portes de Firminy le cours de la Gampille. 
     De plus, Firminy était le point de départ des routes anciennes qui conduisaient du Lyonnais et du Forez..
     Quant au saint Firmin, patron  éponyme de la ville, c'était Firmin d'Uzès, descendant d'un ancien préfet des Gaules : Tonnance Ferréol.

     Autre preuves historiques de ces relations avec le Languedoc : les monnaies, verroteries et poteries de provenance méditerranéenne trouvées dans des oppida comme celui d'Essalois. 
      La légende veut qu'au 13ème siècle, Firminy fut sur la route de Saint Louis et de Blanche de Castille se rendant au Puy, et qu'ils firent au passage leurs dévotions aux reliques de Saint Sigismond alors déposées dans la chapelle du château d'Oriol. 
     Au 14ème siècle, c'est par les voies d'origine languedocienne que déferlèrent pendant la Guerre de Cent Ans les Anglo-Gascons, routiers, Mange-bacon et pillards de tout poil venus rançonner la contrée. En 1360, Cornillon fut surpris et pillé par Béraud de Retournac. Au 16ème siècle, les mêmes chemins guidèrent les troupes huguenotes venant du Vivarais et du Languedoc.
     Plusieurs des familles nobles qui possédèrent des châteaux dans la région appartenaient aux provinces languedociennes : ainsi les Baudiner, les De Laire, les Nerestang, les Levis-Ventadour, les Jourda de Vaux etc..
    Enfin, innombrables ont été les familles de travailleurs qui, dès le début de l'exploitation minière et de la grosse métallurgie, quittèrent les pays vellaves, vivarais et languedociens pour devenir les artisans et les auxiliaires de la prospérité du pays et fonder sa croissance démographique. 

Un service pour le pèlerinage au tombeau de Saint  François Régis.
     Au fil des pages, on découvre des traits oubliés du passé local. Ainsi, p. 58, cette réclame de M. Bancel pour les transports qu'il propose en belle saison aux très nombreux pèlerins de Firminy et de la région désirant se rendre à La Louvesc. Un service très bien minuté : on part de Firminy à cinq heures du matin, et l'on est de retour vers le soir. L'itinéraire est le suivant : Firminy, Saint Just Malmont, Saint Romain, Dunières, Saint Bonnet le Froid (visiter l'église), La Louvesc (liste des quatre hôtels pour ceux qui voudraient prolonger le séjour). Le tarif n'est pas précisé.

MASSENET.
    Du fait qu'un monument à Massenet a été inauguré en 1926 au Jardin du Luxembourg, un article d'Ulysse Rouchon évoque l'enfance du compositeur à Pont-Salomon. Son père, ancien officier de l'armée impériale, y fut maître de forges, et fabricant de faulx associé avec Dorian. Tout cela est historiquement bien connu. Ce que l'on sait moins ce sont les
pages dans lesquelles Jules Vallès, collégien à Saint-Etienne,et ami du frère aîné du musicien, a raconté la joie des "copains" lorsqu'ils pouvaient s'échapper de la ville noire et prendre la direction de la verdoyante vallée de la Semène. On y allait volontiers taquiner la truite.
     Autre évocation : au soir de la première du "Roi de Lahore", Jules Massenet reçut un télégramme affectueux des anciens ouvriers de son père et du directeur des ateliers de Pont-Salomon, M. Fleury-Binachon. Le compositeur y fut, paraît-il,  plus sensible qu'aux compliments de son entourage.

LE MAJESTIC !
     Une pleine page publicitaire sur le Majestic-cinéma :
"les plus beaux films,
la plus belle installation moderne de la région !
la plus grande scène avec décors !

ORCHESTRE SYMPHONIQUE (il faut rappeler que les films encore muets étaient projetés avec un accompagnement musical),
chauffage central
 
On ne donne au Majestic que des spectacles de familles.
C'est le ciné favori de la bonne société.
(A suivre)

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